L’Empire et ses techniques de guerre hybride


Le quartier général de l’OTAN à Bruxelles

Animé d’un complexe de supériorité à toute épreuve, alimenté par sa supériorité technologique, l’Europe d’abord, puis les États Unis, ce que nous appelons « le monde occidental » dans nos textes, a toujours prétendu régner sur le monde. Piller ses ressources, imposer sa loi et son idéologie, combattre avec acharnement tout peuple ou dirigeant résistants. Bien sûr, tout cela au nom de « la civilisation », histoire de conserver bonne conscience.

Mais, au contraire de ce que pense la majorité des occidentaux, la décolonisation n’a pas entraîné la fin de la volonté de domination occidentale. Celle-ci n’a fait que prendre des moyens détournés, beaucoup moins visibles mais toujours bien présents. Nous allons vous montrer, dans ce chapitre, que la volonté impériale occidentale est toujours bien présente et les techniques utilisées pour l’exercer sans que les peuples, occidentaux ou pas, n’en soient conscients.

Pourquoi cacher « l’Empire » et son impérialisme aux yeux des peuples occidentaux ? Parce que, comme s’en est aperçu le gouvernement étasunien pendant la guerre du Vietnam, le peuple occidental, dans sa grande majorité et en particulier chez les jeunes, ne veut plus de colonisation ni de guerre d’agression. Ce peuple à une image de lui-même qui reflète la bienveillance, le sens de l’humanité et de la justice, la liberté de penser et la démocratie, les droits de l’homme…Notions que les gouvernements occidentaux vont donc être obligé d’accoler à chacune de leurs initiatives impériales afin que leurs peuples ne se rebellent pas contre elles. Guerres humanitaires, obligation de protéger des peuples martyrisés par leur « dictateur », défense des droits des minorités opprimés…Les États-Unis maquillent d’un vernis de bienveillance toutes leurs guerres impériales. Et, sous l’effet d’une intense propagande médiatique complice, la population gobe l’alibi et se débarrasse ainsi de toute culpabilité.

Mais alors pourquoi les médias, qui ne sont maintenant plus aux mains de l’État mais sont soit disant « indépendants », collaborent-ils à ce néocolonialisme ? D’une part parce que les propriétaires de ces médias sont les riches fortunes qui profitent financièrement de ce néocolonialisme et doivent donc l’entretenir pour accroître encore plus cette fortune, d’autre part pour manipuler les consciences afin que la population continue de croire qu’elle vit dans un pays démocratique, égalitaire, bienveillant. Enfin, que le meilleur et unique système socio-économique est celui dans lequel nous vivons et qu’il est « logique et bienveillant » de l’imposer aux autres, pour leur bien, les pauvres. Ce monopole médiatique permet, en dernier lieu, de cacher aux populations occidentales la décadence dans laquelle le monde occidental est engagé à cause de l’incurie du système ultralibéral que ses élites cherchent à imposer au monde entier.

Nous verrons donc dans ce chapitre les techniques que le monde occidental, en particulier le monde anglosaxon qui est un expert en guerre hybride, utilise contre les pays qui ne veulent pas coopérer avec « l’Empire ». Ingérence politique en soutenant l’opposition, Révolutions de couleurs et installation d’une marionnette au pouvoir, attaques sous fausses bannières, assassinats politiques, chantages et sanctions économiques, propagande mensongère et autres « psyops » [opérations psychologiques pour créer une situation de toute pièce], intimidation militaire allant jusqu’à lancer une « guerre humanitaire »…Entre approches théoriques et exemples concrets, nous allons vous montrer ces techniques de guerre hybride utilisées pour mettre au pas les récalcitrants (Venezuela, Cuba, Corée du Nord, Iran…) les gêneurs (Irak, Syrie, tout homme politique populaire se voulant indépendant) et les concurrents potentiels (Russie, Chine).

Mais voyons d’abord cette notion « d’Occident », « d’Empire » et de guerres hybrides impérialistes qui touchent le monde entier.

La Russie est depuis longtemps l’ennemi né de l’Empire, comme nous le verrons plus en détail dans le chapitre « le combat USA-Russie ».

L’Amérique du sud, dite l’arrière-cour des Etats Unis, en particulier Cuba, le Venezuela riche en pétrole et tout pays virant à gauche, sont sous les fourches caudines des Etats Unis.

Le Moyen orient et ses richesses pétrolières. L’Afghanistan en 2001 puis l’Irak, la Somalie, la Syrie, la Lybie et enfin l’Iran qui, depuis la destitution du Shah, résiste à l’impérialité étasunienne.

Nous aurons un chapitre détaillé sur la Syrie qui, depuis 2015, subit les foudres de l’Empire.

Même les alliés récalcitrants sont mis au pas.

L’Afrique, l’Asie, le monde entier doit obéissance à l’hégémon.

Après ces quelques exemples pour vous montrer la réalité d’un « empire étasunien », nous allons passer en revue les différentes « armes de guerre hybride » utilisées par l’Empire pour exercer son pouvoir impérial.

Voyons d’abord les maîtres d’œuvre officiels de cet impérialisme, la CIA pour l’action dans l’ombre et l’OTAN pour la force visible.

L’OTAN, le bras armé de l’Empire.

La CIA, le maître d’œuvre caché de l’impérialisme étasunien et ses supplétifs du Mi6, du Mossad et des « Five Eyes » (le regroupement des services secrets étatsuniens, anglais, canadiens, australiens, néo-zélandais).

Sans oublier le Pentagone.

A notre époque de privatisation totale, pourquoi ne pas privatiser les outils de l’impérialisme ? c’est le cas avec George Soros et les « ONG humanitaires ».

Conséquence de cette guerre hybride menée par l’intermédiaire d’ONG,

Une des plus vieilles techniques occidentales pour continuer à exercer un pouvoir sur les anciennes colonies fut d’y placer leurs propres marionnettes à la tête. Le changement de régime et sa version plus « démocratique », la révolution de couleur, continuent d’être pratiqués.

Le dollar qui est devenue la monnaie internationale est utilisé comme arme financière.

Grace au dollar et au système financier occidental, les sanctions et pressions sur l’économie des pays sont faites pour affamer le peuple afin que celui-ci se révolte contre son dirigeant qui est dans la ligne de mire de « l’Empire ».

Les attaques sous fausse bannière, un vieil outil toujours d’actualité.

Le terrorisme est depuis longtemps utilisé pour déstabiliser les gouvernements en place. La manipulation d’attentats terroristes sous fausse bannière ne date donc pas d’aujourd’hui. Après la seconde guerre mondiale, la CIA avait déjà monté l’opération Gladio et des groupes appelés Stay Behind pour empêcher l’idéologie communiste de s’étendre en Europe de l’Ouest.

Voyons maintenant ce qu’il en est du terrorisme à notre époque.

Arrestations arbitraire et assassinats par drones.

Même si on en parle peu, le risque de guerre bactériologique est bien là.

Attaques informatiques et cyber guerre comme dernière arme de guerre hybride en date.

La perversion des organismes internationaux.

Et même du sport.

Les manipulations psychologiques des populations par les médias, dites propagande de guerre ou « psyops » en anglais, sont faites pour que les peuples ne comprennent pas les causes réelles de tous ces événements qui troublent une hypothétique paix mondiale et en viennent à soutenir ces « guerres hybrides » qui ne ressemblent pas à de vraies guerres.

Voici un chapitre entier pour donner un exemple détaillé de « psyop » montée contre la Russie, l’affaire Skripal.

Pour une bonne vue d’ensemble de l’Empire, lisez l’interview de Daniele Ganser, l’auteur du livre « les guerres illégales de l’OTAN ».

Et pour ceux qui veulent rentrer dans les détails théoriques, voici le travail d’Andrew Korybko, le spécialiste de la théorie des guerres hybrides.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une fois ces techniques de guerre hybride bien comprises, voyons maintenant le « terrain de jeu » sur lequel l’Empire va exercer son pouvoir, l’Eurasie, dont il faut à tout prix empêcher l’intégration en sapant ses deux gros piliers de soutien, la Russie et la Chine. Ce que les spécialistes du sujet nomment « le Grand jeu ».

Ceux que la géopolitique internationale intéresse peu, peuvent passer directement au chapitre montrant que derrière le système dit démocratique du monde occidental se cache en réalité une ploutocratie et un État profond qui dirige l’Empire.

 

 

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