L’enquête chinoise sur le dessous des manifestations à Hong Kong


Par Wei Xinyan et Zhong Weiping – Le 17 aout 2019 – China Daily

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Il n’est pas difficile d’imaginer la réaction des États-Unis si des diplomates chinois rencontraient des dirigeants d’Occupy Wall Street, de Black Lives Matter ou des activistes Never Trump.

Pourtant, le 6 août, les médias de Hong Kong relataient deux rencontres entre un conseiller politique américain et des dirigeants séparatistes. Julie Eadeh, qui travaille au consulat général des États-Unis à Hong Kong, a été filmée lors d’une réunion à huis clos avec Martin Lee et Anson Chan, figures de l’opposition.

Plus tard dans la journée, Eadeh a également rencontré Joshua Wong, l’un des dirigeants du mouvement illégal Occupy Central de 2014.

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Mais bien avant ces rencontres, il était de plus en plus évident que les États-Unis avaient délibérément contribué à l’aggravation de la situation à Hong Kong. Des politiciens américains avaient déjà rencontré Lee et d’autres leaders de l’opposition de Hong Kong, dont Jimmy Lai.

Ces réunions n’ont fait qu’aggraver les actes criminels qui mettent Hong Kong en danger.

Jimmy Lai rencontre le vice-président américain Mike Pence à la Maison-Blanche, le 8 juillet 2019.

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La Chine a demandé à plusieurs reprises aux États-Unis de cesser de s’immiscer dans les affaires intérieures des autres pays, mais il semble que ces derniers n’aient pas l’intention de cesser leurs « interférences ».

Le but de la manifestation et les groupes qui y sont associés soulèvent un certain nombre de questions sur le caractère réellement organique du mouvement.

MintPress News, un site d’information américain, rapportait que certains groupes impliqués dans les récentes émeutes à Hong Kong avaient reçu d’importants sommes d’argent de la National Endowment for Democracy, qu’il décrit comme « un organe de soft power dirigé par la CIA qui a joué un rôle important dans d’innombrables opérations américaines de changement de régime ».

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Bien qu’elle se présente comme une « organisation non gouvernementale », le site Web de la NED indique qu’elle « reçoit une dotation annuelle du Congrès américain par l’intermédiaire du Département d’État, pour aider le gouvernement américain ».

« Le statut d’ONG de la NED lui permet de travailler là où il n’y a pas de relations de gouvernement à gouvernement et dans d’autres environnements où il serait trop compliqué pour le gouvernement américain de travailler. »

La NED & la CIA

La NED a été fondée en 1983, lorsque les projecteurs étaient tellement braqués sur la CIA qu’il a fallu trouver de nouvelles méthodes – sans lien évident avec l’État américain – pour promouvoir les intérêts américains dans les systèmes politiques étrangers.

Se présentant comme une ONG indépendante et privée, sa fonction était de reprendre en main les programmes politiques de changement de régime de la CIA.

« Nous ne devrions pas avoir à faire ce genre de travail secrètement. Il serait terrible pour les groupes démocratiques du monde entier d’être considérés comme subventionnés par la CIA », déclarait le président de NED, Carl Gershman, au New York Times en 1986. « Nous l’avons vu dans les années 60, et c’est pourquoi cela a été abandonné. Nous n’avons plus la capacité de le faire, et c’est pourquoi la NED a été créé. »

En 1991, le Washington Post citait un autre fondateur de la NED, Allen Weinstein, qui déclarait que « beaucoup de ce que nous faisons aujourd’hui était fait secrètement par la CIA il y a 25 ans de cela ».

Capture d’écran de The News avec Rick Sanchez de RT TV

La NED ne cache pas son soutien à la « démocratisation » dans certains pays d’Asie, proclamant sur son site Internet : « En 2017, le Fonds de dotation a accordé la priorité aux pays d’Asie… où la NED était positionnée pour avoir le plus grand impact. En s’appuyant sur la stratégie de la NED des années précédentes, les programmes ont continué à se concentrer sur les pays clés de chaque sous-région. »

Voice of America a interviewé Louisa Greve, alors vice-présidente des programmes de la NED pour l’Asie, le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, en 2014. Elle déclarait alors que l’organisation finançait des programmes à Hong Kong depuis une vingtaine d’années, avec des subventions s’élevant à plusieurs millions de dollars. Mme Greve a précisé que le niveau de soutien avait été constant au cours de cette période.

Voice Of America indiquait que les trois partenaires de la NED à Hong Kong étaient le Solidarity Center (SC) et le Hong Kong Human Rights Monitor (HKHRM), organisations basées aux États-Unis, qui ont reçu chacun des subventions d’environ 150 000 dollars et travaillent à Hong Kong depuis 1997, et l’US National Democratic Institute (NDI), qui a reçu une subvention de 400 000 dollars.

Selon MintPress News, le financement groupes à Hong Kong par la NED remonte en fait à 1994, HKHRM ayant reçu plus de 1,9 million de dollars entre 1995 et 2013.

Le site Web de la NED montre qu’il a été accordé 155 000 dollars à SC, 200 000 dollars au NDI pour son travail à Hong Kong, et 90 000 dollars au Hong Kong Justice Center en 2018. NDI a reçu 650 000 dollars de 2016 à 2017 et SC 459 865 dollars de 2015 à 2017.

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Grâce au travail de ses trois partenaires à Hong Kong, la NED a entretenu des relations étroites avec d’autres groupes de la région.

Un émission de The News, avec Rick Sanchez sur la chaîne de télévision russe RT, diffusé en juillet, révélait que six organisations reçoivent de l’argent de la NED et travaillent avec elle.

Il s’agit de l’Institut de gestion des ressources humaines de Hong Kong, de la Confédération des syndicats de Hong Kong, de l’Association des journalistes de Hong Kong, du Parti civique, du Parti travailliste et du Parti démocrate, dont le président fondateur est Martin Lee.

Ils sont tous membres du Front des droits civils, une coalition de médias de Hong Kong, dont le South China Morning Post et la Hong Kong Free Press, qui ont organisé les manifestations contre la loi d’extradition.

Capture d’écran de The News avec Rick Sanchez de RT TV

Dans une interview accordée à l’émission DEFCON 3 de Fox News en 2014, Michael Pillsbury, chercheur principal à l’Institut Hudson, y déclarait que les États-Unis avaient une certaine influence sur les affaires politiques à Hong Kong.

« Nous avons également financé des millions de dollars de programmes par l’intermédiaire de la National Endowment for Democracy… donc, en ce sens, l’accusation chinoise (selon laquelle les États-Unis ont joué un rôle dans les manifestations de Hong Kong) n’est pas totalement fausse… », a-t-il expliqué.

Il est inconcevable que les organisateurs des manifestations actuelles à Hong Kong ignorent les liens de la NED avec certains membres de la coalition. Dans son interview à Voice Of America en 2014, Mme Greve y déclarait que les militants connaissaient les risques de travailler avec les partenaires de la NED, « mais ils continuent de dire que la coopération internationale est légitime ».

En mars, le vice-président américain Mike Pence a rencontré Anson Chan et les législateurs de l’opposition Charles Mok et Dennis Kwok, à Washington.

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Deux mois plus tard, Lee se rendait aux États-Unis et y rencontrait le secrétaire d’État américain Mike Pompeo. Il a aussi participé à un événement organisé par la NED.

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Au début du mois dernier, Lai a rencontré des politiciens américains, dont Pence, Pompeo, le conseiller à la sécurité nationale John Bolton et quelques sénateurs républicains.

La même séquence d’événements s’était produite au cours du mouvement illégal Occupy Central de 2014.

Lee et Chan ont discuté avec Greve des plans pour Occupy Central à Washington, en avril 2014, lui parlant du mouvement, de ses principaux acteurs, de son agenda et de ses revendications.

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Deux jours plus tard, Martin Lee et Anson Chan rencontrait Joe Biden, alors vice-président américain.

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La NED, décrite par l’historien américain William Blum comme une organisation qui fait souvent exactement le contraire de ce que son nom implique, n’a jamais cessé de se mêler de tout. Elle utilise l’argument de la démocratie pour propager des révolutions de couleur dans le monde entier.

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Le South China Morning Post affirme qu’elle s’engage à verser plus de 170 millions de dollars chaque année à « des syndicats, des factions politiques, des clubs étudiants, des groupes civiques et autres organisations ».

Dans les années 1980, elle a financé des « forces démocratiques » en Tchécoslovaquie, en Hongrie, en Roumanie et en Bulgarie pour militer en faveur d’un « changement de régime », selon un article du Washington Post datant de 1991.

Plus récemment, elle a cherché à influencer les élections en Mongolie, en Albanie, en Bulgarie et en Slovaquie et a créé « des mouvements anti-russes en Ukraine, en Biélorussie, en Moldavie, en Géorgie, en Serbie, au Kosovo et en Bosnie-Herzégovine », selon Stephen Kinzer, spécialiste des affaires internationales et publiques à la Brown University, qui a déclaré que l’organisation devrait plutôt être nommée la « National Endowment for Attacking Democracy ». La NED a également donné de l’argent à des « groupes civiques » dans les régions autonomes chinoises du Xinjiang/Ouygur et du Tibet, pour saboter la stabilité de la région.

Zhang Guoqing, un expert de l’Académie chinoise des sciences sociales, a déclaré à Global People que cela faisait longtemps que la NED planifiait des révolutions de couleur dans le monde, en particulier au Moyen-Orient, en Asie Centrale et en Amérique du Sud. « Ce genre de « révolutions » est devenu un outil politique majeur pour les États-Unis afin de renverser le pouvoir de l’État », a déclaré Zhang.

Ils prétendent sauvegarder la démocratie dans le monde entier mais en fait ils déstabilisent les pays qu’ils ciblent, aux frais des contribuables américains.

Wei Xinyan et Zhong Weiping

Traduit par Wayan, relu par Hervé pour le Saker Francophone

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