Poutine : les sanctions vont continuer


Alexander Mercouris

Alexander Mercouris

Par Alexander Mercouris – Le 17 avril 2015 – Source Russia Insider

Poutine a dit clairement, dans sa séance marathon de questions et réponses, qu’il ne s’attend pas à ce que la Grèce mette son veto au renouvellement des sanctions.

 

 

La « ligne rouge » d’Obama. Euh… soyons clairs, euh, ça va vous coûter… euh, ne vous y trompez pas… euh. Le couple: Je pense pas qu’il prend ça au sérieux!

Poutine a tenu une nouvelle séance marathon de questions et réponses le 16 avril 2015. Parce qu’il y avait moins de problèmes urgents cette fois, la séance avait moins de contenu dramatique que d’autres. Dans un contexte d’amélioration constante de l’économie, Poutine était détendu et confiant. Sur le conflit ukrainien, il n’avait rien de nouveau à dire.

Poutine a cependant soulevé un point dont l’importance a été largement omise. Il a dit clairement qu’il s’attend à ce que les sanctions se prolongent au-delà de cette année. C’est le point de vue officiel du gouvernement russe, dont les projections économiques sont basées sur des sanctions restant en place toute l’année 2015 et au-delà.

Même en tenant compte du fait que Poutine a dit aussi que le conflit en Ukraine est le prétexte des sanctions plutôt que leur cause, cela signifie qu’il n’attend pas que ce conflit prenne fin cette année. Même si le conflit en Ukraine est seulement un prétexte pour les sanctions, il est difficile de voir comment elles pourraient continuer si le prétexte pour les maintenir n’existe plus.

Ce que cela signifie est que la crainte qu’éprouvent encore certaines personnes que la Russie va sacrifier la Novorussie en échange d’une levée des sanctions n’a aucun fondement. Un tel accord n’est clairement pas envisagé ni en préparation. Poutine, en fait, n’a donné aucune indication à propos d’un tel accord pendant la séance de questions et réponses, ni d’ailleurs aucun autre responsable russe.  Au contraire, il a insisté sur la mise en œuvre complète par Kiev des accords de Minsk.

Par ailleurs, les commentaires de Poutine montrent aussi que les Russes n’attendent pas que le nouveau gouvernement grec dirigé par Syriza oppose son veto au renouvellement des sanctions sectorielles de l’Union européenne en juin. Les affirmations sur une sorte d’accord en suspens où la Russie apporterait un soutien financier à la Grèce en échange d’un vote de cette dernière contre les sanctions sont manifestement fausses. Comme c’est une certitude que les sanctions ont été discutées pendant la récente visite à Moscou du Premier ministre grec Tsipras, cela doit signifier que Tsipras a dit à Poutine de ne pas s’attendre à ce que la Grèce mette son veto aux sanctions au moment de leur renouvellement en juin.

Ce que cela signifie est que les attentes (ou les craintes) que certains ont d’un réalignement fondamental des relations de la Grèce avec la Russie et l’Ouest sont également infondées. Je suis sûr que personne d’important à Moscou n’a jamais pensé qu’elles l’étaient.

Je soulève ces points parce qu’il y a eu un excès d’optimisme récemment à propos de la suppression des sanctions. Les commentaires de Poutine montrent que l’optimisme est déplacé. Les résultats économiques du premier trimestre de cette année montrent que leur impact a été de toute façon grossièrement exagéré et que l’économie russe peut prospérer malgré les sanctions.

Traduit par Diane, relu par jj pour le Saker Francophone

 

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L’Amérique militarise l’ignorance


Finian Cunningham

Finian Cunningham

Par Finian Cunningham  – Le 17 avril 2015 – Source strategic-culture

Le meurtre commandité de deux figures de l’opposition à Kiev cette semaine est la preuve indiscutable que le pays, sous le régime soutenu par l’Occident, sombre dans un état total de chaos et de  criminalité.

Oles Buzina, journaliste assassiné à Kiev le 16 avril 2015

Nous avons déjà vu la montée du militarisme néo-nazi, et maintenant l’assassinat d’opposants politiques dans les rues de Kiev. Pourtant, encore maintenant, les gouvernements occidentaux et leurs médias serviles refusent obstinément de faire face à la triste réalité. Au lieu de cela, ils continuent à régurgiter l’agression calomnieuse contre la Russie. Et quand l’Occident ne peut pas faire face à la réalité, ils dénigrent tout simplement la Russie en l’accusant de mentir  et de militariser l’information. Mais la vérité est que c’est l’Occident qui militarise l’ignorance. L’ignorance lamentable, intentionnelle, éhontée.

Ancien rédacteur en chef d’un journal ukrainien, Oles Buzina aurait été abattu par deux assaillants masqués près de son domicile dans la capitale ukrainienne jeudi.

La veille, l’ancien parlementaire Oleh Kalachnikov a également été assassiné à son domicile de Kiev. Les deux hommes étaient connus pour leurs critiques virulentes du régime ultra-droitier qui a pris le pouvoir l’année dernière avec le soutien de Washington et de Bruxelles. Kalachnikov avait été un membre éminent du Parti des régions – le parti du président déchu Viktor Ianoukovitch.

Le style d’exécution  de ces derniers meurtres suit une série d’au moins quatre morts suspectes de même nature, entre autres d’anciens parlementaires qui avaient également appartenu au gouvernement Ianoukovitch avant qu’il ne soit renversé en février 2014 lors du coup d’État sponsorisé par les Occidentaux.

Le nouveau régime a continué à entretenir un état de guerre illégal dirigé contre les régions pro-russes dissidentes en Ukraine de l’Est, il mène le pays à la faillite économique et à la misère sociale généralisée. Il a encouragé la création de milices privées sous le contrôle d’oligarques concurrents et corrompus, ainsi que la glorification systématique des anciens collaborateurs du nazisme. La date de la formation de l’Armée insurrectionnelle ukrainienne, qui a perpétré des massacres au nom de la Waffen SS nazie pendant la Deuxième Guerre mondiale, a été déclarée jour férié officiel en commémoration de la création de cet escadron de la mort.

La semaine dernière, le parlement du régime à Kiev, qui est dominé par des partis ouvertement fascistes, a voté l’interdiction des organisations communistes et l’éradication de tous les symboles de l’histoire de l’ère soviétique. Les statues publiques des dirigeants soviétiques et des héros de l’Armée rouge qui ont libéré l’Ukraine de la domination nazie ont été détruites. Le régime prévoit de dépenser plus de $200 millions pour purger les villes et villages de leurs noms russes.

Maintenant, l’assassinat d’opposants politiques qui sont considérés comme pro-russes élève le régime de Kiev à un nouveau degré d’anarchie et d’extrémisme idéologique.

L’an dernier, les gouvernements occidentaux et leurs médias serviles ont persisté à donner au régime de Kiev une image pro-démocratique d’avant-garde qui s’efforcerait  de réorienter l’ex-République soviétique vers les valeurs occidentales, vers l’adhésion à l’Union européenne et à l’alliance militaire de l’Otan dirigée par les Etats-Unis.

La représentation par l’Ouest de l’évolution du régime de Kiev est un exploit prodigieux de déni de ce qui se passe réellement en Ukraine. La pratique de l’oligarco-banditisme et la flambée des paramilitaires de style nazi; l’exhibition effrontée des emblèmes SS et l’exécution de crimes de guerre contre la population d’origine russe; le bombardement aveugle de villes ukrainiennes de l’Est et de villages suite aux ordres des dirigeants de Kiev; et enfin le blocus économique de la région séparatiste dans une politique nazie de punition collective – toutes ces violations ont été complètement niées par les gouvernements occidentaux et leurs médias de masse.

La distorsion préférée de l’Occident est d’inverser la réalité en accusant la Russie d’envahir l’Ukraine et de parrainer les rebelles indépendantistes dans l’est. Peu importe qu’il n’existe aucune preuve crédible à l’appui de ces revendications; peu importe que Moscou ait maintes fois nié les allégations, y compris cette semaine par le président Vladimir Poutine dans son émission publique annuelle de Questions-Réponses et dans sa conférence de presse d’hier; peu importe que les rebelles de l’Est ukrainien nient l’accusation de travailler pour le compte des russes; peu importe que les contrôleurs de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe ne puissent pas trouver de preuves de l’invasion russe; peu importe que le chef du renseignement militaire français Christophe Gaumard ait dit cette semaine à l’Assemblée nationale de son pays qu’il n’existe aucune preuve d’incursion militaire russe en Ukraine, ou même de plans pour une telle incursion.

Cependant, avec la campagne d’assassinats en cours contre des politiciens de l’opposition et des journalistes à Kiev, la distorsion de la réalité occidentale tend sa crédulité élastique jusqu’au point de rupture.

Des innocents, des civils non armés sont abattus dans les rues de Kiev pour la seule raison que ces personnes ont exprimé des opinions politiques qui critiquent le régime de Kiev installé par l’Occident. Si ce n’est pas la preuve que ce dernier fait l’éloge d’un régime qui s’enfonce dans les pratiques fascistes, alors qu’est-ce que c’est ?

Ironiquement, dans ce contexte effroyable de collusion occidentale avec la barbarie nazie atavique de Kiev, le Congrès des États-Unis a tenu cette semaine des audiences sur ce qu’il a appelé la militarisation de l’information par la Russie.

Des dirigeants du Congrès ont fait part au Comité sénatorial des affaires étrangères de leurs craintes que la Russie soit en train de gagner une guerre de propagande. Leur témoignage? Eh bien, parce que des canaux de presse russes réputés, tels que Russia Today, Itar-Tass et Spoutnik touchent le public occidental avec un autre point de vue sur la crise en Ukraine. Un point de vue qui explique la nature du conflit en Ukraine dans un contexte géopolitique crédible. A savoir que Washington a provoqué un changement de régime, par un coup d’État, afin d’augmenter son emprise sur la domination militaire mondiale par rapport à la Russie.

Tout simplement parce que les médias russes ne colportant pas un récit anti-Poutine, anti-Moscou – comme le font les médias occidentaux sans vergogne – c’est interprété comme une preuve que le Kremlin mène une guerre de l’information et la militarise.

Plus tôt cette année, le secrétaire d’État américain John Kerry a déclaré au Congrès que «l’agression militaire de la Russie n’a d’égal que sa propagande». Kerry a demandé plus de $630 millions, pour contrer l’influence des nouveaux médias russes sur le public américain, en mettant en place des stations de télévision par satellite, en langue russe, qui vont diffuser des infos du style Fox News en Russie. [Radio Free Europe existe depuis 1972 et Voice of America depuis 1976 dans les pays de l’Est!, NdT]

La logique de la pensée de Kerry partant de fausses affirmations pour arriver à une fausse conclusion est épousée à l’unanimité par la Maison Blanche, le Département d’État, les médias américains et les deux chambres du Congrès – Sénat et Chambre des représentants. En d’autres termes par l’ensemble de l’establishment politique américain.

Le mois dernier, la Chambre des représentants a voté à une écrasante majorité une demande au président Barack Obama d’envoyer des armes meurtrières pour soutenir le régime de Kiev contre l’agression russe.

Un des représentants, membre du parti républicain, Steve Pearce (Nouveau-Mexique), avait ceci à dire à un citoyen américain concerné, qui lui avait écrit en déplorant le soutien du Congrès au régime de Kiev et le risque de guerre avec la Russie.

Fait troublant, la lettre de Pearce révèle un manque incroyable de connaissances.

Il écrit :

Merci de me contacter pour exprimer vos préoccupations concernant l'Ukraine. J'apprécie de vous entendre sur cette question... 
Le 22 Février 2014, le Parlement ukrainien a voté à l'unanimité pour destituer le président Viktor Ianoukovitch, après des mois de protestations dans la rue. L'ancien président Ianoukovitch a depuis fui vers la Russie – qui conteste maintenant la souveraineté de l'Ukraine. Il est très préoccupant que la Russie agisse en Ukraine en ne permettant pas au peuple de déterminer l'avenir de la nation. L'État-Unis [sic] devrait se lever et faire savoir que nous ne tolérerons pas que la Russie envahisse ses voisins. L'Ukraine a le droit de suivre son propre cours.

Notez qu’il n’est pas question pour le membre du Congrès de la façon dont le Département d’État américain a financé les violentes protestations de Maidan à Kiev à la fin de 2013, ou comment la CIA a agi, en liaison avec le groupe de paramilitaires néo-nazis Pravy Sector pour renverser violemment le gouvernement Ianoukovitch constitutionnellement élu.

Le citoyen US concerné qui a partagé cette correspondance, Randy Martin, un activiste des médias sociaux, dit de la réponse du Congrès Pearce :

Dans sa réponse à ma lettre, il n'avait apparemment aucune idée sur le rôle des États-Unis dans le soutien au coup d’État néo-nazi qui a entraîné l'effondrement général de l'économie en Ukraine, une guerre civile brutale et un génocide contre les russophones en Ukraine, et enfin le fait que l'armée américaine entraîne maintenant activement les seuls militaires néo-nazis restant dans le monde.
Le membre du Congrès - comme le reste de l'élite dirigeante à Washington – vit évidemment dans un état d'ignorance béate de ce qui se passe réellement en Ukraine. Pourtant, sur la base de cette ignorance, lui et ses collègues membres du Congrès ont voté la fourniture de milliards de dollars d'armes pour le régime de Kiev qui adule les nazis – un régime où les politiciens de l'opposition et les journalistes sont abattus dans leurs maisons.
Dans l'ensemble de la politique officielle américaine et dans un des piliers de la démocratie – les médias – ce que nous voyons n'est que de «l'ignorance systématique».

Finian Cunnigham

Originaire de Belfast, en Irlande, Finian Cunningham (né en 1963) est un expert de premier plan dans les affaires internationales. L’auteur et commentateur des médias a été expulsé de Bahreïn en juin 2011 pour son journalisme critique, dans lequel il a souligné les violations des droits de l’homme par le régime soutenu par l’Occident. Il est titulaire d’une maîtrise en chimie agricole et a travaillé comme rédacteur scientifique de la Royal Society of Chemistry, Cambridge, en Angleterre, avant de poursuivre une carrière dans le journalisme. Il est également musicien et compositeur. Pendant de nombreuses années, il a travaillé comme éditeur et écrivain dans les médias traditionnels de nouvelles, y compris The Mirror, Irish Times et Independent. Il est maintenant basé en Afrique orientale où il est écrit un livre sur Bahreïn et les printemps arabes. Finian Cunningham est un collaborateur régulier des médias internationaux, y compris la télévision et MSNBC PRESS, où il a commencé à contribuer en 2012.

Traduit par jj, relu par Diane pour le Saker Francophone

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Est-ce que Washington nous tuera tous?


Par Paul Craig Roberts – Le 16 avril 2015 – Source Global Research

Saviez-vous que Washington maintient 450 ICBM [missiles balistiques intercontinentaux] nucléaires en alerte instantanée?  Washington pense que cela nous met en sécurité. Le raisonnement, si on peut appeler cela de la raison, est qu’en étant capables de tirer en quelques minutes, personne n’essaiera d’attaquer les États-Unis avec des armes nucléaires. Les missiles états-uniens sont en mesure de faire ce qu’ils doivent avant que les missiles de l’ennemi puissent atteindre les États-Unis pour détruire les nôtres.

 

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Rafale : l’accord français de Modi prend son envol


Par MK Bhadrakumar – Le 12 avril 2015 – Source mkbhadrakumar

Si le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi était encore en vie, nous aurions pu lui demander comment les Français s’arrangent avec les dirigeants autoritaires et les dictateurs de pacotille des pays en développement qui portent de gros chéquiers dans leurs poches quand ils voyagent à l’étranger.

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Donbass : Sanctuaires profanés


Par Dagmar Henn – Le 12 avril 2015 – Source thesaker.is

Voici le premier article qui m’a été envoyé par la représentante de la communauté du Saker en Novorussie, Dagmar Henn, du Saker allemand. Dagmar a fait un voyage difficile, avec très peu d’occasions d’écrire et seulement quelques connexions sporadiques et lentes à Internet (après tout, c’est une zone de guerre). J’espère que ce sera le premier d’une série de témoignages oculaires, envoyés par Dagmar sur la réalité de la vie en Novorussie aujourd’hui.

The Saker

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Quand la Nouvelle Route de la Soie rencontre l’Union eurasienne


Pepe Escobar

Pepe Escobar

Par Pepe Escobar – Le 10 avril 2015 – Source sputniknews

Tous les rêves des exceptionnalistes qui prient pour que la Russie et la Chine abandonnent leur solide partenariat stratégique gagnant-gagnant, entièrement conçu pour leurs intérêts nationaux communs, ont été dissipés par la visite cruciale à Moscou du ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi.

A Moscou, Wang a souligné à la fois la politique Look East de la Russie et celle de la Chine Go West – qui englobent essentiellement l’immense projet de Nouvelles Routes de la Soie – disant que ce projet «a créé des opportunités historiques pour l’amarrage des stratégies de développement des deux pays.»

Vladimir Poutine avec le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi à Moscou. [DAI TIANFANG / XINHUA]

Ils sont entièrement en phase. Look East, la stratégie de la Russie, ne concerne pas seulement la Chine, mais au moins autant l’intégration eurasienne que les routes de la soie de la Chine Nouvelle, car Moscou en a besoin pour développer la Sibérie orientale et l’Extrême-Orient russe.

Le partenariat stratégique, en perpétuelle évolution n’englobe pas seulement l’énergie, y compris la possibilité d’investissements chinois dans des projets cruciaux de pétrole et de gaz russes, mais aussi l’industrie de la défense; il est de plus en plus question d’investissement, de banque, de finance et de haute technologie.

La portée du partenariat est extrêmement large, de la coopération Russie-Chine au sein de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) au rôle de la Russie et de la Chine dans la nouvelle banque de développement BRICS, et du soutien de la Russie à l’infrastructure chinoise dirigée par la Banque asiatique d’investissement (AIIB) et la Fondation de la Route de la Soie.

Pékin et Moscou, avec les autres nations du BRICS, se dirigent rapidement vers un commerce débarrassé du rôle du dollar US, en utilisant leurs propres monnaies. En parallèle, ils étudient la création d’un système SWIFT de remplacement – qui sera nécessairement rejoint par les pays de l’UE, comme ils se joignent à l’AIIB; car si en théorie l’Allemagne pourrait se permettre de perdre son commerce avec la Russie en raison de la politique de sanctions de Berlin – au grand mécontentement des industriels allemands –, elle ne peut tout simplement pas se passer de l’énergie russe. Et pour l’Allemagne, perdre le commerce avec la Chine est totalement impensable.

Le Trans-Siberian boosté aux stéroïdes

Deux jours après sa visite à Moscou, Wang est allé jusqu’à rencontrer le ministre des Affaires étrangères de Mongolie Lundeg Purevsuren, soulignant que la Nouvelle Route de la Soie développera une nouvelle plate-forme, un corridor économique trilatéral reliant la Russie, la Chine et la Mongolie.

La Chine construit 7000 km du TGV Moscou-Pékin estimé à $278 Mds © AP Photo / Xinhua, JIAO Hongtao

Ce à quoi Wang faisait allusion est le corridor de transport eurasien prévu – qui mettra en vedette, un chemin de fer flambant neuf haute vitesse Trans-Siberian de $278 milliards reliant Moscou à Pékin, en seulement 48 heures, avec toutes les escales intermédiaires.

Il était donc inexorable que Wang lui-même assemble les pièces du puzzle que Washington refuse de voir: «La construction du corridor économique Chine-Russie-Mongolie relierait la Ceinture économique de la Route de la Soie en Chine au plan ferroviaire transcontinental de la Russie et au programme de la Route de la Prairie en Mongolie.»

Ce que nous avons ici avant tout, c’est la Nouvelle Route de la Soie, qui établit une connexion directe entre la Chine et l’Union économique Russie-Eurasie-(EEU). La Chine et l’EEU sont tenues de mettre en place une zone de libre-échange. Rien de plus naturel en pratique, car il s’agit du sujet de l’intégration eurasienne. Les détails seront entièrement discutés lorsque le président chinois Xi Jinping ira en visite à Moscou le mois prochain, et au Forum économique de Saint-Pétersbourg en juin.

La connexion IP chinoise

La politique chinoise à couper le souffle du Go West débloque enfin aussi un défi clé du  Pipelineistan dans la Nouvelle Route de la Soie; le gazoduc Iran-Pakistan (IP), qui à l’origine incluait l’Inde, était sans relâche harcelé par les deux administrations Bush et Obama et bloqué par les sanctions américaines.

Le tronçon iranien de 900 km, jusqu’à la frontière pakistanaise, est déjà terminé. Ce qui reste – 780 km, coût $2 milliards – sera essentiellement financé par Pékin, le travail technique étant effectué par une filiale de la CNPC. Le Président Xi va annoncer l’accord à Islamabad ce mois-ci.

Donc, ce que nous avons ici, c’est une Chine qui intervient activement, dans le  style gagnant-gagnant, afin de mettre en place un cordon ombilical d’acier entre l’Iran et le Pakistan, pour le transport de gaz, avant même que les sanctions sur l’Iran soient levées, progressivement ou non. Appelez cela l’esprit d’entreprise des Nouvelles Routes de la soie en action – chapitre Asie du Sud.

Bien sûr, il y a aussi des avantages innombrables pour Pékin. L’Iran est déjà une question de sécurité nationale pour la Chine – en tant que premier fournisseur de pétrole et de gaz. Le pipeline passera par Gwadar, le port stratégique de l’océan Indien, déjà sous gestion chinoise. Le gaz pourra alors être expédié en Chine par la mer ou – mieux encore – un nouveau pipeline de Gwadar au Xinjiang, parallèle à l’autoroute du Karakoram, pourrait être construit au cours des prochaines années, contournant ainsi le détroit de Malacca, qui est un objectif crucial de la stratégie de diversification énergétique complexe de la Chine.

Et puis il y a l’Afghanistan – qui, du point de vue de Pékin s’inscrit dans le projet de la Nouvelle Route de la Soie en tant que corridor de ressources entre le Sud et l’Asie centrale.

Pékin veut idéalement investir dans le développement des infrastructures de l’Afghanistan pour accéder à ses ressources et consolider encore une autre tête de pont du Xinjiang à l’Asie centrale et plus loin vers le Moyen-Orient. Les produits fabriqués en Chine doivent actuellement passer par le Pakistan pour être exportés vers l’Afghanistan .

CNPC et la China Metallurgical Group Corp. sont déjà en Afghanistan, par le biais d’investissements dans le bassin pétrolifère de l’Amou-Daria et dans l »énorme mine de cuivre d’Anyak. C’est pas simple, mais c’est un début. La Russie et la Chine membres de la SCO ont grand besoin d’un Afghanistan stable, mûr pour le business à la fois dans la Nouvelle Route de la Soie et dans l’EEU. La question clé est de savoir comment satisfaire les talibans. Certes, en n’appliquant pas les méthodes de Washington.

Pendant ce temps, la proposition du Pentagone, pour ce que son nouveau chef Ash Carter décrit dédaigneusement comme cette partie du monde, est de déployer – devinez quoi – de nouvelles armes qui vont du système de défense antimissile THAAD encore en production, jusqu’aux derniers bombardiers furtifs en passant par les les unités spécialisée dans la cyber-guerre. La coopération économique eurasienne? On oublie. Pour le Pentagone et l’Otan – qui, soit dit en passant, ont récemment perdu une guerre de treize ans contre les talibans – la coopération économique est pour les poules mouillées.

Pepe Escobar est l’auteur de Globalistan: How the Globalized World is Dissolving into Liquid War (Nimble Books, 2007), Red Zone Blues: a snapshot of Baghdad during the surge (Nimble Books, 2007), Obama does Globalistan (Nimble Books, 2009) et le petit dernier, Empire of Chaos (Nimble Books).

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Rafale : le mur du çon a été franchi


Le 13 avril 2015 – Source dedefensa.org

En un tout petit moins de deux mois, l’avion français Rafale de Dassault a enregistré deux commandes à l’exportation (24 de l’Égypte le 12 février, 36 de l’Inde le 10 avril), qui présentent plusieurs caractéristiques les rendant extrêmement singulières et formant un événement hors du commun. On évoque ici quelques points qui justifient le qualificatif de “singulière” et décrivent cet “événement hors du commun”.

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Guerre civile en hausse, humanisme en baisse


Pepe Escobar

Pepe Escobar

Par Pepe Escobar – Le 10 avril 2015 – Source Asia Times

“…the backward half-look
Over the shoulder, towards the primitive terror”

T.S.Eliot, The Dry Salvages

[« … le coup d’œil vers l’arrière
Par dessus l’épaule, vers la terreur primitive »]

Nous vivons des temps tristes – et dangereux. Nous sommes impuissants face aux souffrances continuelles du Moyen-Orient ou à la préparation de la guerre froide 2.0 ; face aux ramifications innombrables de la guerre permanente du Pentagone ou la paupérisation des classes moyennes du monde occidental. Le sentiment d’une guerre civile mondiale ne fait aucun doute. Au moins, dans quelques obscurs recoins de l’Otanistan, quelques-uns des meilleurs et des plus brillants esprits pensent, en silence.

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Bombarder l’Iran ? Pas tout de suite. Commençons par le Yémen !

Pepe Escobar

Pepe Escobar

Par Pepe Escobar – Le 8 avril 2015 – Source : Russia Today

L’Opération Tempête décisive, ce bombardement horrible du Yémen à la manière du Pentagone glorifié par la maison des Saoud, se résume en un paragraphe.

Le pays arabe le plus richissime, la pétro-hacienda de la maison des Saoud, avec l’appui d’autres rackets pétroliers membres du Conseil de coopération du Golfe ainsi que de l’Occident bien nanti, a lancé au nom de la démocratie un bombardement, une guerre et une opération cinétique contre le pays arabe le plus pauvre, et ce, en toute illégalité.

Le pire, c’est que cette absurdité n’est que le prélude.

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Poutine et Tsipras : quelques petits pas de sirtaki


M.K. Bhadrakumar

M.K. Bhadrakumar

Par MK Bhadrakumar – Le 9 avril 2015 – Source mkbhadrakumar

La visite du Premier ministre grec Alexis Tsipras à Moscou mercredi a causé beaucoup d’angoisse dans les capitales européennes craignant qu’il ne vise à conclure un pacte faustien avec le Kremlin afin d’obtenir une aide et, en contrepartie, briser l’unité de l’Union européenne sur les sanctions contre la Russie (à cause de l’Ukraine) et augmente la pression sur ses partenaires de l’UE dans le but d’obtenir un financement pour soulager la crise de la dette grecque. En l’occurrence, rien de tout cela ne s’est déroulé de la manière prévue.

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