Par Alastair Crooke – Le 31 décembre 2025 – Source Conflicts Forum
Lors de la réunion du 30 décembre avec Netanyahu et son équipe, le président Trump s’est publiquement engagé à attaquer l’Iran. S’ils poursuivent leur programme de missiles balistiques, « Oui« . Et pour leur programme nucléaire : « Immédiatement« . “Nous allons déchainer un enfer sur leurs têtes“, a déclaré Trump.
A l’inverse de cette belligérance, le langage de Trump, lors de la réunion de Mar-a-Lago, ne reflétait que chaleur et éloges complets envers Netanyahu et Israël. Publiquement, Netanyahu a reçu le soutien public de Trump pour une attaque contre l’Iran et pour la phase deux de Gaza, mais dans les coulisses, écrit Anna Barsky (en hébreu), de nombreux détails restent indéfinis et contestés.
Le 24 septembre 2025, le président iranien Masoud Pezeshkian est arrivé en retard à une réunion avec des personnalités anti-guerre américaines en marge de l’Assemblée générale des Nations Unies. Il arrivait d’un tête-à-tête fatidique avec Emmanuel Macron, où il avait tenté d’amadouer son homologue français pour qu’il autorise l’expiration de l’accord nucléaire JCPOA sans instituer de sanctions « snapback ». Le lobbying de Pezeshkian fut infructueux ; les Européens avaient déjà décidé d’intensifier la guerre économique contre Téhéran. Pendant ce temps, Israël se prépare à une autre attaque contre l’Iran avec le soutien américain pratiquement garanti.
Voici la traduction en français d’un entretien donné récemment au Japon. M’exprimer régulièrement au Japon sur les questions géopolitiques (depuis vingt ans au moins) m’a aidé à développer une vision désoccidentalisée du monde, une conscience géopolitique non-narcissique. On verra ainsi dans cet entretien que c’est ma réflexion déjà ancienne sur l’éventuelle acquisition par le Japon de l’arme nucléaire qui m’a conduit à une vision plutôt sereine de la question iranienne.
Il y a des nouvelles extrêmement alarmantes sur la situation autour de l’Iran. En consultation avec l’administration Trump — ou plutôt par déférence pour le commandement de Washington — les pays du E3 (Grande-Bretagne, France et Allemagne) qui sont les signataires occidentaux restants de l’accord nucléaire iranien de 2015 connu sous le nom de JCPOA, ont lancé le processus de déclenchement du soi-disant mécanisme de relance dans le but de réimposer toutes les sanctions de l’ONU contre l’Iran au motif qu’il a violé les termes de l’accord vieux de dix ans.

