Par Alastair Crooke – Le 17 septembre 2026 – Source Conflicts Forum
L’Arabie saoudite est confrontée à un choix stratégique : capituler devant les exigences d’AnsarAllah, ou être entraînée dans un piège de crédibilité. Le piège est que MbS peut chercher à maintenir la crédibilité du prétendu devoir que s’impose le Royaume de garder les Lieux Saints [La Mecque, NdT] et, en tant que « pôle » islamique sunnite, de refuser les demandes d’AnsarAllah.
Le dilemme est que, d’une part, toute concession risque de fournir plus d’oxygène à la « révolution » d’AnsarAllah, qui gagne du terrain et dynamise les gens dans tout le Moyen-Orient. D’autre part, en insistant sur la position monarchique de l’Arabie saoudite et les avantages accessoires liés à son système, MbS peut dynamiser son opposition interne ; le panthéon des tribus saoudiennes, dont beaucoup nourrissent encore une colère persistante face à leur mise à l’écart, leur baisse de statut imposé par « l’entreprise monarchique familiale unique« .
Les commentaires faits par les analystes occidentaux ont fait de l’accord de La Mecque un événement confortable. Lorsque l’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan ont signé l’Accord de défense conjoint de La Mecque le 7 août – une attaque armée contre l’un devant être traitée comme une attaque contre tous – l’étiquette apposée par réflexe fut “une OTAN islamique”, un bloc sunnite, trois des plus grandes armées du monde musulman soudées par une identité sectaire. Cette lecture est devenue obsolète avant que l’encre ne sèche. Ce qui se dessine en réalité n’est pas une alliance sunnite contre l’Iran. C’est le premier pilier porteur d’une architecture de sécurité post-américaine que la Russie et la Chine réclament depuis un moment – et Téhéran est sur le point d’en franchir la porte.
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Par M.K. Bhadrakumar – Le 14 juin 2024 – Source