Où vont les profits de la guerre ?


Par Gabriel Zucman − Le 7 avril 2026 − Source Blog de l’auteur

Pour les peuples et les dirigeants des années 1970, il était évident que les profits engendrés par l’explosion des prix de l’or noir à la suite des chocs pétroliers de 1973 et 1979 avaient vocation à être, en grande partie, socialisés.

Certains pays producteurs, comme l’Arabie Saoudite et le Venezuela, choisirent de nationaliser leur production (entre 1973 et 1980 pour le premier pays, en 1976 pour le second) ; d’autres de la taxer à des taux quasi-confiscatoires.

Les États-Unis créèrent ainsi en 1980 une taxe sur les superprofits pétroliers au taux de 70 %, qui s’appliquait après avoir payé l’impôt normal sur les sociétés au taux de 46 %. Soit une imposition totale de près de 85 %. Le Royaume-Uni fit de même en 1975.

Tout comme les bénéfices des marchands d’armes s’étaient vus confisqués pendant les guerres du 20e siècle – avec une imposition à 95 % des superprofits aux États-Unis en 1942 – il était hors de question que la rente pétrolière, fruit de conflits armés et de révolutions, puisse être appropriée par quelque puissance privée que ce soit.

C’est ainsi que les richesses pharaoniques générées par l’explosion du cours de l’or noir, ce prix tant convoité, échappèrent aux majors et à leurs propriétaires.

Fort mécontents, ces derniers se promirent qu’on ne les y reprendrait plus.

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Premières impressions concernant le cessez-le-feu surprise entre les États-Unis et l’Iran


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Par Andrew Korybko — Le 8 avril 2026 — Source korybko.substack.com


On ne pourra véritablement désigner de vainqueur qu’une fois un accord de paix signé, en examinant les décisions concernant l’uranium enrichi, le programme nucléaire, le programme de missiles de l’Iran, ses exportations pétrolières vers la Chine, et le pétroyuan.
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La chute de Singapour, Dien Bien Phu… et la bataille de l’île de Kharg?


Par Ron Unz − Le 30 mars 2026 − Source Unz Review

Les premiers chapitres de mes manuels d’histoire générale consacraient tous beaucoup de place à l’attaque japonaise contre Pearl Harbor qui fit entrer les États-Unis en guerre. Mais ils n’accordaient que quelques paragraphes aux victoires militaires majeures remportées peu après par le Japon. À peine plus d’une seule phrase était consacrée à la chute de Singapour face à l’armée japonaise, en dépit de l’importance mondiale qu’eut cet événement.

Durant de nombreuses années, les Britanniques avaient compté sur Singapour, qui tenait lieu de pilier militaire centrale de leurs possessions en Asie orientale : une ville-forteresse qu’ils désignaient souvent comme « Gibraltar de l’Orient. » Occupée par une vaste garnison britannique de 85000 hommes, elle était considérée comme imprenable. Pourtant, quelques semaines à peine après la destruction du plus gros de la flotte étasunienne à Hawaï, loin de là, un général japonais attaqua Singapour par les terres, faisant progresser ses hommes à travers ce que les Britanniques avaient considéré comme une jungle malaisienne absolument infranchissable. La garnison britannique, dont les « canons de Singapour » marquèrent l’histoire comme braqués dans la mauvaise direction, fut totalement prise au dépourvu lorsque le général japonais investit la ville et lança son attaque. Le premier ministre britannique Winston Churchill ordonna à ses troupes de combattre jusqu’au dernier homme, mais celles-ci se rendirent à l’issue de la première semaine de combat, et furent constituées prisonnières d’une force japonaise forte d’à peine plus du tiers de leur propre nombre. L’événement constitua une humiliation nationale absolue pour le puissant Empire britannique.

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Qui se cache derrière la mystérieuse « cellule terroriste soutenue par l’Iran » qui hante l’Europe ?


Par Wyatt Reed – Le 28 mars 2026 – Source The Grayzone

Les déclarations selon lesquelles un groupe soutenu par l’Iran mène des attaques dans des villes européennes soulèvent des questions sur les raisons pour lesquelles ils ne ciblent pas les pays directement impliqués dans la guerre américano-israélienne, et pourquoi ils semblent communiquer entre eux comme des Israéliens.

Étrangeté supplémentaire, les suspects arrêtés lors des attentats ont été libérés sous caution.

Un spectre hante l’Europe, le spectre d’Ashab al-Yamin. Officiellement connu sous le nom de « Harakat Ashab al-Yamin al-Islamia (HAYI) », ou « Mouvement islamique des Compagnons de la Justice« , le groupe est mystérieusement apparu début mars et, selon les médias grand public, il prend d’assaut le continent européen.

Mais un examen plus attentif de l’organisation terroriste prétendument soutenue par l’Iran suggère qu’elle n’existe sous aucune forme concrète et pourrait être une confection des renseignements israéliens.

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Penser à rebours et en attendre des miracles


Par Aurelien – Le 25 février 2026 – Source Blog de l’auteur

J’espérais éviter d’écrire un autre essai sur la guerre en Ukraine et ses conséquences, mais les inepties issues de la récente Conférence de Munich sur la sécurité et le niveau décourageant des commentaires à ce sujet me laissent penser que, encore maintenant, l’Occident ne comprend rien. Je ne parle pas seulement de l’idée que la Russie pourrait “perdre” car, après tout, si vous créez des conditions de victoire fantastiques et impossibles à atteindre et les faites passer pour les objectifs russes, alors bien sûr, vous pourrez toujours prétendre qu’ils ont « perdu« . En effet, au cours des derniers jours, le quatrième anniversaire de la guerre a été la bonne occasion pour diffuser une analyse de ce genre, approximative et mal informée. En fin de compte, bien sûr, l’inévitable « ils gagnent mais à un coût trop élevé » est une affirmation qui est logiquement impossible à réfuter, tant que vous pouvez contrôler la définition des mots “élevé” et “coût

Non, ce que je veux aborder ici, c’est le problème de l’ignorance combiné à un problème de pensée incohérente. J’ai déjà abordé chacun d’eux, dans le cadre de mon argument selon lequel la défaite de l’Occident est essentiellement intellectuelle. Prenons donc d’abord le problème de l’ignorance, en distinguant au fur et à mesure entre le refus de reconnaître la défaite, qui est essentiellement politique, et l’incapacité à comprendre la défaite, qui est une défaillance intellectuelle. Dans chaque cas, le processus de réflexion commence par la fin, en partant de conclusions prédéterminées, et s’agite à la recherche de preuves pour étayer les conclusions imposées au départ. Prenons d’abord le premier problème.

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La tour d’ivoire occidentale


Par Kishore Mahbubani – Le 17 février 2026 – Source Foreign Affairs

Dans son essai intitulé “La dernière chance de l’Occident”, Alexander Stubb, le président finlandais, prédit la trajectoire future de l’ordre mondial. ”Les pays du Sud“, écrit-il, ”décideront si la géopolitique de la prochaine ère penchera vers la coopération, la fragmentation ou la domination”. Il a également raison d’affirmer que “c’est la dernière chance pour les pays occidentaux de convaincre le reste du monde qu’ils sont capables de dialoguer plutôt que de monologuer”. Pourtant, pour dialoguer, il faut d’abord écouter. La triste vérité est que l’Occident ne semble pas disposé à écouter les pays du Sud.

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Qui peut arrêter l’ambitieuse « Amérique d’abord » de s’imposer au monde ? La Chine peut le faire


Par Alastair Crooke – Le 18 février 2026 – Source Conflicts Forum

Nous pouvons maintenant voir plus clairement la voie choisie par l’administration Trump. À la suite du Forum de Davos et de la Conférence de Munich nous avons un peu de clarté, à la fois sur les ambitions imposantes de Trump et sur les moyens par lesquels il espère les réaliser. Il est peut-être néanmoins trop tard. Les politiques passées entravent l’avenir de l’Amérique. La Russie agissant seule ne pourra peut-être pas faire éclater la bulle de Trump, mais la Chine, la Russie et l’Iran ensemble le peuvent, et le devront.

À Munich, Marco Rubio a exposé le contexte d’une ambition impudemment impétueuse : Sa prémisse est fondée sur l’idée que la décolonisation était effectivement un sinistre complot communiste qui a détruit 500 ans d’empires occidentaux :

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« La Jordanie est la prochaine » : l’annexion de la Cisjordanie annonce un « transfert silencieux »


Par Mohammad Mansour – Le 17 février 2026 – Source  Al Jazeera

Pendant des décennies, la « patrie alternative » – l’idée que la Jordanie devrait devenir l’État palestinien – était rejetée dans les cercles diplomatiques d’Amman comme un cauchemar lointain ou une théorie du complot.

Aujourd’hui, sous l’ombre d’un gouvernement israélien d’extrême droite et d’une guerre génocidaire dévastatrice à Gaza, ce cauchemar est devenu une réalité opérationnelle.

L’alarme dans le Royaume hachémite a atteint son paroxysme dimanche, à la suite de l’approbation par le cabinet israélien de mesures visant à enregistrer de vastes étendues de la Cisjordanie occupée en tant que “terres appartenant à l’État” et relevant du ministère israélien de la Justice. Cette décision, décrite par le ministre israélien des Finances Bezalel Smotrich comme une « révolution des colonies« , contourne effectivement l’administration militaire qui gouvernait le territoire occupé depuis 1967, le considérant maintenant comme un sol israélien souverain.

Pour la Jordanie, cette annexion bureaucratique est le signal final que le statu quo est mort. Avec l’opération “Mur de fer” de l’armée israélienne écrasant les camps de réfugiés à Jénine et Tulkarem, l’establishment politique et militaire jordanien ne se demande plus si un transfert forcé est à prévoir, mais plutôt comment l’arrêter.

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La Russie et la Chine élargissent leur coopération pour contrer les efforts américains visant à intimider l’Iran et Cuba


Par Larry C Johnson – Le 14 février 2026 – Source Son of the new American revolution

C’est un assez long article, mais vous devez savoir ce que la Russie et la Chine font dans une série d’actions étroitement coordonnées qui montrent un engagement sérieux à contrer les actions américaines visant à punir et à isoler l’Iran et Cuba. Commençons par l’Iran. Depuis la guerre Iran-Israël de 12 jours de juin 2025 (qui s’est terminée par un cessez-le-feu négocié par les États-Unis le 24 juin 2025), la Russie et la Chine ont fourni à l’Iran une combinaison de soutien diplomatique, économique, militaro-technique et stratégique. Cela a aidé Téhéran à se remettre des frappes sur ses sites nucléaires, rétablir ses défenses aériennes et ses infrastructures de missiles, tout en approfondissant leur alignement dans “l’axe” contre la pression occidentale. Le soutien a été pragmatique plutôt qu’inconditionnel – ni la Russie ni la Chine n’a offert d’intervention directe pendant le conflit, entraînant une certaine frustration iranienne – mais s’est accéléré au cours des mois qui ont suivi.

La plus grande nouvelle – un développement qui a été largement ignoré par l’Occident – a été la signature du Pacte stratégique trilatéral (signé le 29 janvier 2026), qui fournit un cadre global pour la coordination diplomatique, économique et sécuritaire (mettant l’accent sur la souveraineté, la résistance aux sanctions et la multipolarité mais pas d’alliance de défense formelle). La signature a eu lieu lors de cérémonies simultanées à Téhéran, Pékin et Moscou, confirmées par les médias d’État des trois pays et rapportées par des médias tels que Middle East Monitor, GV Wire et d’autres.

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Lavrov prévoit une nouvelle ère de développement mondial


Par M.K. Bhadrakumar – Le 13 février 2026 – Source Indian Punchline

La rare apparition du ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov à la Douma d’Etat est toujours une occasion spéciale de lire le marc de café de la politique russe. L’importance ici, à mon avis, réside dans la confirmation, s’il en était besoin, que le Kremlin observe avec une anxiété croissante la transition de la politique étrangère américaine qui, contrairement aux affirmations énoncées par l’administration Trump au cours de la dernière année annonçant une sorte de retrait de la politique internationale, se dirige en réalité vers une nouvelle forme de domination mondiale des États-Unis.

Il est tout à fait concevable que la capitulation de l’Inde ait été un grand choc pour Moscou et cela si peu de temps après la fanfaronnade théâtrale du Premier ministre Modi au sommet de l’OCS à Tianjin en août/septembre. Les remarques prudentes de Lavrov sur le saut périlleux de l’Inde vis-à-vis de l’achat de pétrole russe sont teintées de déception – du genre popularisée par Shakespeare dans sa pièce où César, en voyant son ami de confiance Marcus Brutus parmi ses assassins a assimilé le choc ultime, l’incrédulité et la trahison par un proche allié en rappelant la phrase latine « Et tu, Brute » [Toi aussi, Brutus?].

La voix de Lavrov semblait distante. Il est concevable que ce moment aussi passera dans la saga des relations russo-indiennes, mais il n’en reste pas moins que le monde de demain que le grand maître de la diplomatie internationale décrit ici – reliant le Venezuela, Cuba, le Groenland, le Conseil de Paix, l’Iran, le détroit de Taiwan et la mer de Chine Méridionale comme des maillons inséparables d’une chaîne d’événements, montre bien que l’Inde vit sur une autre planète, dans un état d’abondon langoureux désirant seulement vivre dans une indolente aisance.

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