L’Europe du Sud-Est dans les relations internationales au tournant du XXe siècle 1/4


Par Vladislav B. SOTIROVI – Le 29 avril 2019 – Source Oriental Review

À l’aube du XXe siècle, les grandes puissances européennes 1, réparties entre deux alliances politico-militaires antagonistes, se préparaient à un grand règlement de comptes autour de la nouvelle répartition des sphères d’influence politico-économiques et de la redistribution des colonies à travers le monde. Leurs intérêts respectifs se télescopèrent sur le territoire du Sud-Est de l’Europe, bien plus que dans d’autres parties du globe. Ces puissances étaient motivées par l’exploitation des richesses naturelles de la région et par le potentiel militaro-stratégique de cette arrière-cour stratégique de la méditerranée orientale, point de passage privilégié entre l’Europe centrale et le Moyen-Orient.

Continuer la lecture de L’Europe du Sud-Est dans les relations internationales au tournant du XXe siècle 1/4

  1. Une grande puissance est « un État s’inscrivant parmi les plus puissants d’un système hiérarchique dans lequel ils se classent, et dont la puissance se mesure à l’aune de l’influence qu’il exerce sur les États modestes »,  Heywood A., Politics, Third Edition, New York : Palgrave Macmillan, 2007, 450

Foi orthodoxe : Yvonne Lorenzo interviewe The Saker


Par Yvonne Lorenzo − Le 4 octobre 2019 − Source thesaker.is

2015-09-15_13h17_31-150x112 Yvonne Lorenzo réside en Nouvelle-Angleterre dans une maison pleine à craquer de livres, y compris des ouvrages sur la Grèce classique et des œuvres théologiques. Elle s’intéresse au jardinage, à la mythologie, à l’histoire ancienne, à l’Univers électrique et à la musique classique, notamment aux compositions de Haendel, Mozart, Bach, Haydn, Tchaïkovski, Wagner, Mahler et au répertoire Bel Canto. Elle est l’auteur de Son of et Cloak of Freya. Continuer la lecture de Foi orthodoxe : Yvonne Lorenzo interviewe The Saker

Trump, F.D. Roosevelt et la guerre


Par Jacob G. Hornberger − Le 20 septembre 2019 − Source FFF

hornbergerLa campagne de «pression maximale» du président Trump contre l’Iran me rappelle la campagne similaire du président Franklin Roosevelt contre le Japon avant l’attaque japonaise de Pearl Harbor.

Continuer la lecture de Trump, F.D. Roosevelt et la guerre

L’Amérique du père de Trump : une « aspiration » au fascisme régnait à New York


Par Wayne Madsen − Le 2 octobre 2019 − Source Strategic Culture

Wayne MadsenOn aurait peut-être été dérouté par la loyauté réelle des Américains pendant les années de tumulte précédant la Seconde Guerre Mondiale si l’on vivait dans la grande région de New York. New York et ses banlieues de Long Island et du New Jersey comptent une communauté dynamique d’américains d’origine germanique de première et de deuxième génération, dont Fred Trump Senior, étoile montante de l’immobilier et du commerce de détail.

Madsen-930x520

Continuer la lecture de L’Amérique du père de Trump : une « aspiration » au fascisme régnait à New York

Une courte histoire de la Yougoslavie (6/6)


Par Vladislav B. SOTIROVI − Le 24 avril 2019 − Source Oriental Review

https://orientalreview.org/wp-content/uploads/2019/04/Signing-the-Dayton-Agreement-1-380x280.jpg

La destruction brutale de la Yougoslavie (1991-1995)  

La destruction brutale de l’État fédéral de l’ex-Yougoslavie a pris la forme de guerres civiles ou, en d’autres termes, d’une chaîne de conflits violents de 1991 à 1995. Dès le printemps 1992, la RFSY n’existait plus en tant qu’État et les conflits se sont transformés en guerres de succession yougoslave. Les guerres civiles yougoslaves comprennent trois conflits armés étroitement liés :

  1. La guerre en Slovénie en 1991.
  2. La guerre en Croatie de 1991 à 1995.
  3. La guerre en Bosnie-Herzégovine de 1992 à 1995. 1

Continuer la lecture de Une courte histoire de la Yougoslavie (6/6)

  1. Jeffrey Haynes et al., World Politics, New York: Routledge Taylor & Francis Group, 2011, 587.

Les leçons de la libération du camp de concentration de Majdanek


Par Martin Sieff − Le 8 septembre 2019 − Source Strategic Culture

Résultat de recherche d'images pour "Martin Sieff"Le 22 juillet, le monde aurait dû se souvenir du 75e anniversaire de la libération de Majdanek, le premier des camps d’extermination tristement célèbres d’Hitler à être capturé et fermé. Mais bien sûr, les courageux soldats russes, ukrainiens, kazakhs et d’autres nationalités soviétiques, n’ont bénéficié d’aucune reconnaissance de l’Ouest pour cet événement.

Continuer la lecture de Les leçons de la libération du camp de concentration de Majdanek

Une courte histoire de la Yougoslavie (5/6)


Par Vladislav B. SOTIROVI − Le 19 avril 2019 − Source Oriental Review

https://orientalreview.org/wp-content/uploads/2019/04/Milosevic-Tudjman-Izetbegovic-380x280.jpgLa politique de Tito dans les années 1970, qui consistait prétendument à « encourager et réprimer » pour lutter contre les nationalismes ethniques politiquement indésirables et menaçants, en particulier ceux des croates et des serbes, semblait incohérente. En d’autres termes, si certains nationalismes ethniques et leurs idéologies étaient considérés comme dangereux pour le système et, par conséquent, ont été réprimés et leurs défenseurs emprisonnés ou interdits d’emploi 1 (le cas, par exemple, des professeurs dissidents serbes de l’université de Belgrade), d’autres nationalismes, censés être non dangereux pour le régime ont été encouragés par les élites communistes locales (le nationalisme albanais au Kosovo-et-Métochie). Néanmoins, une tentative titoïste de supprimer les nationalismes croates et serbes et leurs idéologies politiques, en tant que doctrines « réactionnaires » et « contre-révolutionnaires », n’a pas réussi à les éradiquer2. En substance, une telle politique titoïste a relégué les nationalismes croate et serbe dans le champ de la dissidence politique et des manifestations.

Continuer la lecture de Une courte histoire de la Yougoslavie (5/6)

  1. Une telle politique de persécution politique n’était pas nouvelle en Titoslavie puisqu’elle n’était que la continuation de la pratique depuis la première décennie après octobre 1944. A propos des méthodes titoïstes pour créer une atmosphère de pouvoir et de peur, voir dans Алекс Н. Драгнић, Титова обећана земља Југославија, Београд: Задужбина Студеница−Чигоја штампа, 2004, 141−158
  2. Sur l’idéologie du nationalisme serbe, voir dans Др Војислав Шешељ, Идеологија српског национализма. Научно и публицистичко дело проф. др Лазе М. Костића, Београд: Српска радикална странка, 2003. L’auteur de cette publication (Vojislav Šešelj) est un Croate de Bosnie-Herzégovine. A propos d’un nationalisme croate et des idéologies nationalistes d’avant 1945, voir dans Jere Jareb, Pola stoljeća hrvatske politike, 1895−1945, Zagreb: Institut za suvremenu povijest, 1995. L’auteur était un émigrant oustashi vivant en Argentine après la seconde guerre mondiale. Le livre a été publié à l’origine à Buenos Aires en 1960.

Une courte histoire de la Yougoslavie 4/6


Par Vladislav B. SOTIROVI – Le 9 avril 2019 – Source Oriental Review

Yugoslavia mapAu cours des dernières années de la Guerre Froide (1949-1989), la République fédérative socialiste de Yougoslavie (RFSY) était le pays le plus grand, le plus développé et le plus diversifié sur le plan ethnoculturel de la péninsule des Balkans (Europe du Sud-Est). C’était une fédération non alignée composée de six républiques : Bosnie-Herzégovine, Croatie, Macédoine, Monténégro, Serbie et Slovénie. Outre ces six républiques, deux territoires distincts, le Kosovo-et-Métochie et la Voïvodine, avaient le statut de provinces autonomes en république de Serbie. Sans aucun doute, l’ex-Yougoslavie était un mélange de groupes ethniques et de religions, le christianisme orthodoxe, le catholicisme romain et l’islam étant les trois principales religions du pays. 1

Continuer la lecture de Une courte histoire de la Yougoslavie 4/6

  1. À propos de la structure ethno-nationale et confessionnelle de la Yougoslavie de 1918 à 1991, voir dans Tim Judah, The Serbs: History, Myth & the Destruction of Yugoslavia, New Haven−London: Yale University Press, 1997, 311−317

Pourquoi l’Allemagne a envahi la Pologne en 1939…


… une provocation britannique pour détruire le Troisième Reich dans une guerre mondiale ou le chèque en blanc de la Grande-Bretagne à la Pologne



Par John Wear − Le 15 janvier 2019 − Source Unz Review

Battle_of_Poland-600x444
Crédit: Wikimedia Commons. CC BY-SA 3.0

 

Le 21 mars 1939, lors de l’accueil du Premier ministre français, Édouard Daladier, le Premier ministre britannique, Neville Chamberlain, a discuté d’un front commun avec la France, la Russie et la Pologne afin d’agir ensemble contre l’agression allemande. La France a immédiatement accepté, et les Russes ont accepté à la condition que la France et la Pologne signent d’abord. Le ministre polonais des Affaires étrangères, Józef Beck, a opposé son veto à l’accord le 24 mars 1939 1. Les hommes d’État polonais craignaient plus la Russie que l’Allemagne. Le maréchal polonais Edward Śmigły-Rydz a déclaré à l’ambassadeur de France : « Avec les Allemands, nous risquons de perdre notre liberté. Avec les Russes, nous perdrions notre âme. » 2

Continuer la lecture de Pourquoi l’Allemagne a envahi la Pologne en 1939…

  1.  Taylor, A.J.P., The Origins of the Second World War, New York: Simon & Schuster, 1961, p. 207.
  2.  DeConde, Alexander, A History of American Foreign Policy, New York: Charles Scribner’s Sons, 1971, p. 576.

Une courte histoire de la Yougoslavie 3/6


Par Vladislav B. SOTIROVI – Le 3 avril 2019 – Source Oriental Review

https://orientalreview.org/wp-content/uploads/2019/03/grb_ii-380x280.jpg
Titoslavie : Les questions nationales et les frontières inter-républicaines

Après la Seconde Guerre mondiale, le mythe officiel parrainé par l’État du combat antifasciste et de la libération de la Yougoslavie par les partisans de Tito, fondé sur des mensonges notoires et des faits historiques falsifiés a acquis une vie politique qui lui était propre jusqu’aux années 90. Le dogme du lavage de cerveau officiel est devenu la soi-disant libération nationale de la Yougoslavie tandis que le culte personnel de Josip Broz Tito encadrait la propagande selon laquelle le « maréchal » autoproclamé de Yougoslavie (le 29 novembre 1943, dans la ville de Jajce en Bosnie) était un des dirigeants nationaux les plus intelligents et ingénieux de la coalition antifasciste en Europe pendant la guerre 1. Dans la République fédérative socialiste de Yougoslavie (RFSY) d’après 1945, ce mythe a toutefois servi d’instrument politique et moral de légitimation du pouvoir illégitime et incontesté du Parti communiste de Yougoslavie (la LCY, la Ligue des Communistes de Yougoslavie depuis 1963) sur la Yougoslavie. Selon le mythe, ce parti de brigands était devenu le « libérateur » du pays des occupants étrangers ainsi que leurs satellites nationaux et seul ce parti méritait et était capable, après la guerre, d’assurer une protection continue contre différents ennemis étrangers qui menaçaient encore la Yougoslavie, que ce soit par l’Est (l’URSS) ou l’Ouest (l’impérialisme occidental).

Continuer la lecture de Une courte histoire de la Yougoslavie 3/6

  1. Voir l’un des livres les plus typiques de la biographie officielle de Tito blanchi à la chaux pour maintenir son culte personnel. Branislav Ilić, Vojislav Ćirković (priredili), Hronologija revolucionarne delatnosti Josipa Broza Tita, Beograd : Export-Press, 1978. Comparer avec la biographie plus objective et académique de Tito dans Jože Pirjevec, Tito i drugovi, I-II, Beograd : Laguna, 2013