Maintenant c’est important. Envoyez les mauvais signaux et vous obtiendrez la mauvaise société.


Par Aurelien – Le 29 avril 2026 – Source Blog de l’auteur

En 1943, Jorge Semprùn, un espagnol exilé en France, a été arrêté et envoyé au camp de concentration de Buchenwald pour ses activités de résistance. Semprùn, à peine âgé de vingt ans à l’époque, aurait pu être exécuté immédiatement mais sa vie a été sauvée car il avait rejoint le Parti Communiste espagnol (illégal) l’année précédente, puis le FTP-MOI, l’organisation clandestine de Résistance en grande partie recrutée parmi les étrangers et organisée par le Parti Communiste français. Le camp de concentration, comme beaucoup en Allemagne, était effectivement administré par un groupe de détenus d’élite, en l’occurrence des membres du Parti communiste allemand dont beaucoup y avaient passé la majeure partie de la décennie. Ils ont reconnu Semprùn comme étant l’un des leurs et ont falsifié ses documents personnels pour montrer qu’il possédait des compétences qui valaient la peine de le maintenir en vie. Il a passé l’année suivante dans le camp à travailler dans l’administratif. Il a survécu à la guerre, devenant un haut fonctionnaire du Parti communiste espagnol en exil, avant de rompre avec eux, et de développer une carrière d’écrivain, terminant comme ministre de la Culture après la mort de Franco. Une vie sauvée d’un trait de plume.

Continuer la lecture

Le prix de l’« amitié » de l’Europe


Par Dmitry Orlov − Le 26 Avril 2026 − Source Club Orlov

L’Europe a franchi une nouvelle étape dans son processus de deuil face à la perte subie face à la Russie. Cette perte est plus symbolique que réelle, et elle existe davantage dans l’esprit des Européens que dans la réalité. Ils ont fourni leurs stocks d’armes aux Ukrainiens ainsi que des sommes considérables (dont une grande partie a ensuite été détournée), et ils s’apprêtent désormais à y consacrer encore plus d’argent.

Continuer la lecture

La crise alimentaire mondiale qui arrive


Par Adam Hanieh – Le 19 avril 2026 – Source Financial Times

Peu de transformations du XXe siècle ont autant changé le monde que la « Révolution verte« . À partir des années 1950, de nouvelles variétés de cultures à haut rendement, des engrais synthétiques, des pesticides chimiques et une irrigation à grande échelle ont entraîné une forte augmentation de la production des cultures de base telles que le blé et le riz. Dans ses récits les plus festifs, cette transformation a repoussé la famine et a contribué à soutenir une croissance démographique rapide dans une grande partie de l’Asie et de l’Amérique latine. L’Inde, l’un des principaux centres de la Révolution verte, a plus que doublé sa production de blé entre le milieu des années 1960 et le début des années 1970.

Comme de nombreux critiques l’ont noté, la Révolution verte a également entraîné d’énormes coûts écologiques et sociaux. Mais l’une de ses conséquences les moins discutées est le lien qu’elle a établi entre la production alimentaire et l’industrie des combustibles fossiles à chaque étape de la production. Ces rendements plus élevés dépendent d’une vaste expansion de la mécanisation, de l’irrigation par pompage et, surtout, de l’utilisation d’engrais synthétiques.

Avant le milieu du 20e siècle, les agriculteurs des pays du Sud comptaient sur des intrants organiques tels que le fumier et le compost pour maintenir les nutriments du sol. Les nouvelles variétés à haut rendement de la Révolution verte, en revanche, ne peuvent fournir la production promise que par des applications importantes et répétées d’engrais industriels, en particulier de produits à base d’azote tels que l’urée et le nitrate d’ammonium. Étant donné que bon nombre de ces engrais sont dérivés du gaz naturel, la Révolution verte a fait que la production alimentaire mondiale est devenue de plus en plus étroitement liée à une offre sans cesse croissante d’intrants hydrocarbonés.

Continuer la lecture

C’est comme ça. Et ça a toujours été comme ça, en fait.


Par Aurelien – Le 8 avril 2026 – Source Blog de l’auteur

Au cours des deux dernières semaines, j’ai exposé les deux tiers d’un argument, que j’espère terminer aujourd’hui. En bref, je suggère que la nature du conflit sous tous ses aspects (militaire et technologique, mais aussi économique et politique) a changé et continue de changer, et généralement au détriment de l’Occident. L’espace de combat militaire n’est plus régi par des armements de haute technologie extrêmement coûteux, dont l’efficacité est de plus en plus contestée par les drones et les missiles. Ces nouveaux systèmes peuvent rendre toute attaque extrêmement chère, mais ils peuvent également être utilisés de manière offensive, et s’en défendre est difficile. De plus, les ressources et les technologies nécessaires pour les construire et les utiliser sont relativement modestes et dans les capacités de beaucoup de nations qui ne pouvaient se permettre de produire un avion à réaction de cinquième génération. De même, des leviers économiques non exploités auparavant deviennent des armes avec les nouvelles capacités que ces systèmes offrent.

Ces développements poseraient moins de problèmes si les États occidentaux disposaient d’une plus grande flexibilité intellectuelle et de systèmes gouvernementaux plus opérationnels. Mais coincés entre des déclarations ambitieuses mais nébuleuses et leur mise en œuvre effective sur le terrain, ils ont perdu la capacité de faire des plans au niveau opérationnel et de les mener à bien. Cela suggère qu’à mesure que les conséquences indirectes de la crise iranienne commenceront à se faire sentir, les gouvernements occidentaux seront de moins en moins capables d’y faire face à mesure qu’elles affecteront leurs économies et leurs sociétés et, en effet, n’auront pas la capacité de planifier, et même de comprendre ce qui se passe.

Tout cela suggère qu’il y aura un rééquilibrage considérable du pouvoir stratégique et politique dans le monde au cours des prochaines années. La dimension purement militaire est importante, bien sûr, mais ce n’est pas la seule, car la puissance économique, l’utilisation du contrôle sur les matières premières, la transformation et la fabrication, et même la stabilité interne des pays font également partie de l’équation. Alors, que pouvons-nous dire sur la façon dont ces tendances pourront évoluer et se combiner dans les années à venir ?

Continuer la lecture

Premières impressions concernant le cessez-le-feu surprise entre les États-Unis et l’Iran


andrew-korybko

Par Andrew Korybko — Le 8 avril 2026 — Source korybko.substack.com


On ne pourra véritablement désigner de vainqueur qu’une fois un accord de paix signé, en examinant les décisions concernant l’uranium enrichi, le programme nucléaire, le programme de missiles de l’Iran, ses exportations pétrolières vers la Chine, et le pétroyuan.
Continuer la lecture

Guerre, pétrole et dette : quelles menaces pèsent réellement sur l’économie américaine ?


Par Brandon Smith − Le 14 mars 2026 − Source Alt-Market

C’est le chiffre magique, la ligne qu’il ne faut pas franchir : celle où la dette publique d’un pays dépasse enfin son PIB. D’un point de vue historique, ce n’est pas un signe de catastrophe comme le suggèrent de nombreux économistes. De nombreux pays ont survécu pendant des décennies avec un ratio bien supérieur à 100 %, et de nombreux autres facteurs doivent être pris en compte avant qu’il ne soit officiellement temps de paniquer. Bien sûr, il existe quelques exemples édifiants.

Continuer la lecture

Réflexions dérangeantes autour du dossier Epstein


Par Emmanuel Leroy − Le 10 février 2026

Si la publication – partielle – du dossier Epstein semble agir comme un électrochoc auprès du public occidental, celle-ci ne fait que révéler, une fois de plus, que ceux que les médias de grand chemin appellent des « conspirationnistes » sont en fait des prévisionnistes remarquables avec une capacité d’anticipation et d’exactitude largement supérieure à celle de Météo France, notamment dans ses prévisions réchauffistes les plus caniculaires.

Continuer la lecture

La guerre en Iran est décrite comme une « grande opportunité » au sommet du lobby pétrolier américain à Washington


Par Max Blumenthal – Le 13 février 2026 – Source The Grayzone

Lorsque l’American Petroleum Institute (API) a réuni des dirigeants de l’industrie pétrolière et des lobbyistes pour un sommet sur l’état de l’énergie américaine, le 16 janvier 2026, le paysage géopolitique semblait changer radicalement en leur faveur. Cependant, un participant à la plus importante conférence annuelle de lobbying du cartel de l’extraction des ressources a déclaré à The Grayzone que les participants se plaignaient en privé des tentatives brutales du président Donald Trump d’orienter leur programme, en particulier au Venezuela, où il a exigé qu’ils redémarrent immédiatement les opérations.

Deux semaines avant le sommet de l’API, l’armée américaine a enlevé le président vénézuélien Nicolas Maduro lors d’un raid violent, permettant à l’administration Trump de réquisitionner les réserves pétrolières du pays. Pendant ce temps, des émeutes soutenues par l’étranger ont fait des milliers de morts dans l’Iran riche en pétrole, les 8 et 9 janvier, générant suffisamment d’instabilité pour exciter les gouvernements occidentaux sur les perspectives de changement de régime.

Depuis la scène du théâtre Anthem de Washington DC, le consultant chevronné de l’industrie, Bob McNally, du groupe Rapidan Energy, ne pouvait contenir son enthousiasme face à la perspective de renverser la République islamique d’Iran.

Continuer la lecture

À quoi ressemblerait un Wall Street socialiste ? Xi Jinping nous l’explique


Par Arnaud Bertrand – Le 3 février 2026 – Source Blog de l’auteur

À quoi ressemblerait un Wall Street socialiste ? Eh bien, plus besoin de se le demander ; Xi Jinping vient de publier un discours dans lequel il explique tout cela.

Un discours prononcé en janvier 2024 mais publié il y a à peine 3 jours (accompagné d’un commentaire et d’un éditorial plus détaillé), le discours de Xi a été largement cité par les médias occidentaux ces derniers jours parce qu’il appelle explicitement le Yuan à “atteindre le statut de monnaie de réserve mondiale” (全球储备货币).

Mais, comme c’est souvent le cas, les médias n’ont vu que l’arbre sans voir la forêt en réduisant son discours à un appel simpliste à contester le statut du dollar. Ce que Xi a décrit est en fait beaucoup plus intéressant que cela : c’est une vision radicale de la construction d’un pouvoir financier mondial organisé autour de principes socialistes, sans cupidité et sans financiarisation de l’économie (ce que Xi appelle 脱实向虚, “la dérive de l’économie réelle vers le virtuel”).

En substance, Wall Street avec une philosophie totalement opposée.

Continuer la lecture

L’incroyable histoire d’Alex, contraint de fuir en Chine pour avoir documenté la pauvreté aux États-Unis


Par Arnaud Bertrand – Le 29 janvier 2026 – Source Blog de l’auteur

Le terme le plus en vogue sur les réseaux sociaux chinois en ce moment est “kill-line”: si vous surfez sur Xiaohongshu, Bilibili ou Douyin, tout le monde en parle.

Pourquoi ? À cause de l’histoire d’Alex, connu sous le nom de “ERVA” (”Láo A », littéralement « prison A » où A signifie Alex), un étudiant chinois en médecine/biologie basé à Seattle, aux États-Unis, qui travaillait à temps partiel comme assistant médico-légal collectant des corps non réclamés (principalement des sans-abri).

Vous n’avez sans doute jamais entendu parler de lui, mais il a probablement brisé à lui seul ce qui restait du mythe du “rêve américain” pour toute une génération de jeunes chinois.

Continuer la lecture