Pourquoi la Chine est devenue riche et l’Inde non ?


Par David Oks – Le 3 juin 2026 – Source Blog de l’auteur

Voici une question à laquelle je réfléchis beaucoup.

En 1950, tout comme aujourd’hui, les deux plus grands pays du monde en termes de population étaient la Chine et l’Inde. La Chine était beaucoup plus peuplée à l’époque, détenant 22 pour cent de la population mondiale contre 15 pour cent pour l’Inde mais, en réalité, les deux pays étaient dans une position très similaire. Tous deux étaient des nations géantes qui avaient entamé le chemin vers leur état actuel – l’Inde en tant que République indépendante de l’Inde, la Chine en tant que République populaire de Chine – au cours des trois années précédentes. Tous deux étaient parmi les endroits les plus pauvres de la planète. Et tous deux étaient sur le point de passer les décennies suivantes à essayer, par des moyens très différents, de s’enrichir.

Pour la Chine, cette expérience a été un long cauchemar. La Chine était détruite par une guerre civile prolongée et par la brutale invasion japonaise au cours des décennies précédentes, l’ensemble de l’expérience tuant des dizaines de millions de personnes. La guerre civile a pris fin en 1949, par la victoire communiste ; mais ce qui a suivi n’a pas été moins catastrophique. Le chef des communistes, Mao Zedong, s’est immédiatement lancé dans des campagnes de vengeance contre des ennemis de tous bords, assassinant bien plus d’un million de personnes dans le processus; il s’est ensuite lancé dans une campagne de modernisation agricole malheureuse, le Grand Bond en avant, qui a produit la plus grande famine de l’histoire, tuant entre 30 et 45 millions de personnes ; puis une période frénétique de radicalisation idéologique, la Révolution culturelle, qui a suspendu la vie nationale pendant une décennie et tué 1,6 million de personnes supplémentaires. Au moment de la mort de Mao en 1976, la Chine était isolée sur le plan international, économiquement stagnante et toujours désespérément pauvre.

Pour l’Inde, l’expérience a été beaucoup plus douce. L’Inde avait été une colonie britannique et elle avait pu accéder à l’indépendance sans prendre les armes. Des institutions britanniques comme la fonction publique indienne – la bureaucratie coloniale, rebaptisée Indian Administrative Service – ont été transférées au nouvel État indien. Il y a eu un accès de violence extrême à la fin des années 1940, lorsque le pays a été divisé entre l’Inde à majorité hindoue et le Pakistan à majorité musulmane, mais cela était incomparable à ce que la Chine subissait. Et après cet épisode, l’Inde a connu de longues décennies de paix, de stabilité et de régime démocratique. Elle fut dirigée par un laïc à l’esprit large nommé Jawaharlal Nehru, qui avait été éduqué dans les meilleures institutions britanniques et gouvernait au nom de la science, de la raison et du progrès social. Tout au long de sa période post-indépendance, l’Inde a maintenu des élections ouvertes, un pouvoir judiciaire indépendant et une presse libre. Elle n’a jamais rien connu de tel que le Grand Bond en avant ou la Révolution culturelle.

Je soupçonne que si j’avais vécu en 1950, il aurait été évident pour moi que l’Inde réussirait et que la Chine ne réussirait pas. J’aurais fait le même pari en 1960, lorsque la Chine affamait des dizaines de millions de ses propres habitants tout en exportant des céréales à l’étranger ; et j’aurais refait le même pari en 1970, pendant la folie de la Révolution culturelle. Je n’aurais pas non plus été le seul. Pas plus tard qu’en 1985, d’éminents économistes écrivaient des articles dans le New York Times suggérant quebien plus que la Chine aujourd’hui, l’Inde est un miracle économique qui attend de se produire.”

Mais nous avions tort.

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La fraude à la souveraineté : Taipei encourage son propre morcellement, tant que cela agace Pékin


Par Arnaud Bertrand – Le 6 juin 2026 – Source Blog de l’auteur

Si vous comprenez cette histoire, vous aurez compris beaucoup de choses sur la géopolitique autour de Taïwan.

Voici ce qui s’est passé.

Récemment, le 28 mai, le Premier ministre japonais Takaichi et le président philippin Marcos Jr. ont publié une déclaration commune annonçant qu’ils ouvriraient des négociations pour délimiter leurs limites de leur ZEE et de leur plateau continental là où ils se chevauchent

Pour rappel, une ZEE – Zone Économique Exclusive – est la zone s’étendant à 200 milles marins des côtes d’un pays à l’intérieur de laquelle ce pays dispose de droits exclusifs d’exploitation de toutes les ressources naturelles.

Et, fait célèbre, les ZEE d’Asie de l’Est et du Sud-Est se chevauchent à peu près toutes les unes les autres. Dans ce cas, non seulement la ZEE du Japon chevauche celle des Philippines (d’où les négociations), mais elle chevauche également celle de la Chine, à la fois du point de vue de Pékin et de Taipei, car les ZEE en question se trouvent à moins de 200 milles marins des côtes de Taïwan.

Les revendications de la ZEE qui se chevauchent entre le Japon et les Philippines – notez comment les deux s’étendent dans les eaux à l’est de Taïwan. Source: Indice Nikkei Asie

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La ruée vers les ressources


Trump a causé tellement de dégâts au libtardisme que les Démocrates auront besoin d’une décennie au pouvoir sans interruption pour réparer les dégâts, et ils n’y arriveront pas. − Matt Forney sur X


Par James Howard Kunstler – Le 15 mai 2026 – Source Clusterfuck Nation

Si vous avez tiré une leçon de la grande fête de cette semaine à Pékin, c’est que Donald Trump est en train de redéfinir de manière agressive les relations mondiales afin que les États-Unis ne finissent pas parmi les perdants de la ruée vers les ressources mondiales qui se profile sinistrement derrière tous les événements actuels. La Chine n’a pas l’intention non plus d’être une perdante à terme, même si elle a perdu beaucoup de terrain ces derniers temps. Les pays de la zone euro sont certainement les principaux perdants, embrassant leur statut de perdants comme les vieux et les malades aspirent à la mort. L’Inde et certains pays du BRIC ont l’air un peu perdants en ce moment.

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Le test de Sarmat par la Russie envoie trois messages


Le message fondamental est que Sarmat dissuade l’OTAN d’envahir la Russie.


Par Andrew Korybko − Le 19 mai 2026 − Source korybko.substack.com

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La Russie a récemment testé son missile balistique intercontinental Sarmat (désigné par l’OTAN sous le nom de Satan II), qui peut emporter plusieurs véhicules planant dotés de têtes nucléaires pour pénétrer tous les systèmes de défense antimissile, et Poutine a déclaré que ce nouveau dispositif allait assurer la sécurité nationale du pays pour les années à venir. Le test envoie également trois messages, dont le premier a été clairement formulé par Sergey Ryabkov, adjoint au ministre des affaires étrangères, qui a suggéré que la France était le destinataire visé plutôt que les États-Unis, contrairement à ce que supposaient la plupart des observateurs.

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La « relation constructive et stratégiquement stable » sino-américaine marquera l’époque


Par M.K. Bhadrakumar – Le 16 mai 2026 – Source Indian Punchline

Les récits dans la diplomatie internationale sont mieux compris en suivant un processus organique, car les variables dans une situation donnée se jouent dans la plénitude du temps jusqu’à ce qu’une « nouvelle normalité » atteigne la masse critique. Sinon, ils risquent d’être de faux récits.

Un cas classique est le récit occidental concernant l’Ukraine à la suite de l’intervention russe en 2022. À peine la présidence de Biden a-t-elle pris fin que le mondialisme a commencé à s’effriter.

Les alliés européens des États-Unis se retrouvent abandonnés aujourd’hui et sont dans un état d’aigreur et incapables d’expliquer de manière claire pourquoi ils continuent à forcer l’adhésion de l’Ukraine à l’UE, sans parler de leur plaidoyer pour la guerre elle-même.

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Trump a quitté la Chine avec peu de choses en mains


Par Moon of Alabama – Le 15 mai 2026

La visite du président Trump en Chine est terminée.

J’avais prédit que ce voyage ne fournirait aucun résultat tangible :

Trump arrive à Pékin avec sa casquette à la main. Il, comme d’habitude, essaiera de bluffer un chemin vers la « victoire ». Il procédera comme si les États-Unis étaient dans une excellente position. Les Chinois seront polis, mais n’en penseront pas moins.

Il y a eu peu de préparatifs pour le voyage. Les sherpas ne se sont pas réunis au préalable pour régler de graves problèmes entre les pays. Il n’y a pas de gros contrats ou traités à signer.

L’un des espoirs était de vendre environ 500 avions Boeing à plusieurs compagnies aériennes chinoises. De retour du voyage, Trump a affirmé que la Chine achèterait 200 avions. Le ministère chinois des Affaires étrangères a refusé de le confirmer. Le cours de l’action de Boeing a chuté.

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Sous-performance chronique de la machine de guerre étasunienne – 2ème partie


Par Hua Bin − Le 26 avril 2026 − Source huabinoliver.substack.com

L’armée étasunienne ne peut pas rivaliser avec les contre-attaques de l’Iran ni l’avance technologique fulgurante et les avantages de coûts de la Chine.

Dans la première partie de cet article, j’ai détaillé les dégâts infligés par l’Iran sur le champ de bataille aux États-Unis durant le premier mois de guerre.

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Sous-performance chronique de la machine de guerre étasunienne – 1ère partie


Par Hua Bin − Le 17 avril 2026 − Source huabinoliver.substack.com

Les systèmes d’armement à basse densité, à coût élevé, usant d’une technologie dépassée et à faible capacité d’emport de munitions ne produisent pas les résultats attendus.

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Une civilisation sans Dieu


La religion et l’évolution des sociétés complexes


Par Peter Turchin − Le 18 février 2026 − Source Cliodynamica

Illustration par ChatGPT

Dans un récent article, Arnaud Bertrand affirmait que la Chine, contrairement à l’Europe, avait bâti une civilisation sophistiquée sans placer la religion au centre de sa vie politique. Il s’agit là d’une thèse intéressante, qui a apparemment suscité de nombreux débats.

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Mon discours à des patrons allemands au sujet de la Chine


Par Arnaud Bertrand – Le 18 décembre 2025 – Source Blog de l’auteur

Voici le discours que j’ai prononcé, destiné à un public d’hommes d’affaires allemands et aux Européens plus généralement. Le titre était « Voir clairement la Chine : Comment comprendre une puissance en plein essor » :

Bonjour à tous, et merci à China-Bridge pour l’invitation.

Quand j’ai déménagé en Chine en 2015, je pensais avoir compris le pays. Je lisais les journaux, j’avais lu des livres à ce sujet, et j’avais suivi divers débats. Ce que je pensais savoir était la sagesse conventionnelle qu’on nous avait tous enseignée : que la Chine était une dictature avec une économie construite sur une main-d’œuvre bon marché, que ses citoyens étaient endoctrinés par la propagande d’État et que l’ensemble du système était un anachronisme qui s’effondrerait inévitablement ou se libéraliserait.

Puis j’y ai vécu pendant huit ans. Et j’ai découvert que pratiquement tout ce que je pensais savoir était faux.

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