Par Stratediplo − Le 14 mars 2020 − Source Les Lundis de Stratediplo

Nous évitons généralement les questions de politique intérieure, mais c’est de futures relations inter-microétatiques qu’il s’agit ici.
La cinquième république va bientôt s’effondrer, comme la vingtaine de régimes d’intérim institutionnalisé qui l’ont précédée depuis deux cents trente ans et n’ont jamais survécu à une crise majeure, à l’exception notable de la troisième république qui a résisté à la Première Guerre Mondiale. Or la pandémie de coronavirus est bien pire qu’une guerre mondiale puisqu’elle amène déjà une désorganisation sociale supérieure et se soldera par une mortalité très supérieure, nonobstant l’absence de destructions matérielles.

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Nous sommes au centenaire de la publication du livre de John Maynard Keynes « Les conséquences économiques de la paix ». Cet ouvrage a été décrit comme « l’un des livres les plus influents du XXe siècle »
En août 1914, les grandes puissances européennes se sont lancées dans la guerre avec une joyeuse insouciance. L’Allemagne, une puissance montante aux vastes ambitions, a écrasé la Belgique, cherchant à mater la France rapidement avant que la Russie ne puisse se mobiliser, évitant ainsi la perspective d’une guerre sur deux fronts. Des milliers de jeunes Allemands, anticipant un conflit de six semaines, sont montés à bord des trains de troupes chantant le refrain optimiste : «Ausflug nach Paris. Auf Widersehen auf dem Boulevard.» : «Excursion à Paris. A bientôt sur le Boulevard. »

Suite à l’annonce par Annegret Kramp-Karrenbauer, ministre de la Défense allemande, la semaine dernière, de l’expansion du déploiement de la Bundeswehr [l’armée allemande, NdT], les hommes politiques allemands de premier plan ont fait monter les enchères et ont énergiquement appelé de leurs vœux une politique étrangère et militaire plus agressive de la part de l’Allemagne et de l’UE. Vendredi dernier, Ursula von der Leyen, la prochaine présidente 