Ce n’est pas en votant que l’on s’en sortira


Par Alex Krainer – Le 12 août 2026 – Source Blog de l’auteur

On ne peut pas voter pour sortir de la matrice

Les « démocraties libérales » occidentales semblent bloquées sur une route qui les mène nulle part. L’aspect le plus consternant dans tout cela est que les électeurs semblent totalement incapables de corriger le cap vers la ruine de leurs nations. Au contraire, nous ne faisons que nous précipiter vers l’effondrement, plus rapidement et avec plus de conviction. Les économies de tous les pays du G7 sont embourbées dans des crises chroniques auto-infligées causées par trop de dettes, trop d’aventurisme militaire et des politiques sociales pathogènes.

Et pourtant, nos élus semblent déterminés à nous offrir encore plus de la même chose. Même lorsque les gens votent pour le changement, les candidats qui proposent des changements sont soit disqualifiés, soit sabotés dans leur travail, soit cooptés pour perpétuer les programmes que les électeurs avaient pourtant rejetés. L’exemple le plus évident est le président Trump qui a remporté trois élections sur une plate-forme MAGA, promettant de mettre fin aux guerres éternelles, de ramener des troupes à la maison et de faire des États-Unis une superpuissance manufacturière mondiale.

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Les gens sont étranges, surtout les politiciens


Par Aurelien – Le 10 juin 2026 – Source Blog de l’auteur

La semaine dernière, nous avons discuté de l’énorme fossé qui existe entre la pensée de la classe politique et les parasites dans la Caste Professionnelle et Managériale (CPM) d’une part, et les attitudes et les désirs des gens ordinaires d’autre part. Ces derniers – des gens comme vous et moi – valorisent la société, la communauté, l’histoire et la culture d’une manière que les élites ne peuvent pas comprendre et dont elles se méfient profondément. L’incapacité de ces mêmes élites à gérer les problèmes d’aujourd’hui, et encore moins ceux qui sont sur le point de nous frapper, ne peut plus être compensée par la solidarité traditionnelle entre les gens ordinaires, fondée sur la société, la culture, etc. parce qu’une trop grande partie a été délibérément détruite par quarante ans de néolibéralisme.

Je n’ai pas eu le temps d’explorer deux questions connexes. Premièrement, pourquoi y a-t-il cette énorme disparité, non seulement d’opinion, mais aussi de croyance et d’éthique, entre ceux qui sont au pouvoir et leurs acolytes, et le reste d’entre nous ? Deuxièmement, c’est le point sur lequel je veux me concentrer particulièrement aujourd’hui, car il est rarement discuté, est la raison pour laquelle les élites persistent dans ces idées et croyances étranges même lorsqu’il est clair qu’elles ne sont pas seulement défectueuses, mais aussi mauvaises pour leur réputation et leur carrière. Je pense que quelque chose s’est très mal passé à la fin de la guerre froide, ce qui a conduit à toute une série d’erreurs et de malentendus, dont ceux impliquant l’Ukraine et l’Iran ne sont que les plus récents. Je suggère également que certaines des explications sont procédurales et structurelles, mais que d’autres sont psychologiques et, qu’en général, nous devrions accorder beaucoup plus d’attention à la manière dont les facteurs psychologiques influencent le comportement en politique internationale.

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Jared et Ivanka en Albanie ou l’émergence de cités-états privées


Par Alexandre Krainer – Le 12 Juin 2026 –  Source TrendCompass

Vers la fin du mois de mai et jusqu’en juin, l’affaire de l’Albaniagate a de nouveau attiré l’attention sur le clan Trump/Kushner. Apparemment, la fille du président Trump, Ivanka, et son gendre Jared Kushner ont simplement acheté une île dans la mer Adriatique où ils allaient construire un complexe de luxe. Quoi de moins controversé, n’est-ce pas ?

Eh bien, l’achat de Jared et Ivanka concernait non seulement l’île de Sazan au large des côtes de l’Albanie, mais également quelque 2,5 kilomètres carrés du paysage côtier protégé de Vjosa-Narta sur le continent. Les lois albanaises protègent spécifiquement cette zone car elle abrite des flamants roses, des phoques moines méditerranéens et des sites de nidification des tortues marines, et le projet de “station balnéaire” nécessitait d’annuler ces lois. Étonnamment, le Premier ministre albanais Edi Rama a discrètement baissé la tête, et les travaux de construction ont commencé en mai, avec le défrichage des forêts de pins et des dunes.

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La tyrannie du « Nous »


Voici pourquoi « nous sommes tous une seule Humanité » est l’idée la plus dangereuse sur Terre.


Par Arnaud Bertrand – Le 10 mai 2026 – Source Blog de l’auteur

Il existe une théorie très répandue selon laquelle un monde multipolaire est nécessairement plus violent et que certains des conflits auxquels nous assistons – l’Ukraine, la guerre en Iran – ne sont que les premières salves du futur chaos.

En fait, c’est plus qu’une théorie répandue. C’est en grande partie l’orthodoxie enseignée dans les cours de relations internationales, dans le monde entier. Prenons par exemple la Théorie de la politique internationale de Kenneth Waltz, qui est sur la liste de lecture de pratiquement tous les programmes de relations internationales en Occident. Cette théorie soutient que les systèmes bipolaires sont plus stables que les systèmes multipolaires, car l’incertitude est plus faible, la dissuasion est plus claire et il y a moins de relations donc moins de possibilités qu’une erreur de calcul puisse se métastaser en guerre.

En substance, la théorie est la suivante : plus de pôles, plus de problèmes.

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Maintenant c’est important. Envoyez les mauvais signaux et vous obtiendrez la mauvaise société.


Par Aurelien – Le 29 avril 2026 – Source Blog de l’auteur

En 1943, Jorge Semprùn, un espagnol exilé en France, a été arrêté et envoyé au camp de concentration de Buchenwald pour ses activités de résistance. Semprùn, à peine âgé de vingt ans à l’époque, aurait pu être exécuté immédiatement mais sa vie a été sauvée car il avait rejoint le Parti Communiste espagnol (illégal) l’année précédente, puis le FTP-MOI, l’organisation clandestine de Résistance en grande partie recrutée parmi les étrangers et organisée par le Parti Communiste français. Le camp de concentration, comme beaucoup en Allemagne, était effectivement administré par un groupe de détenus d’élite, en l’occurrence des membres du Parti communiste allemand dont beaucoup y avaient passé la majeure partie de la décennie. Ils ont reconnu Semprùn comme étant l’un des leurs et ont falsifié ses documents personnels pour montrer qu’il possédait des compétences qui valaient la peine de le maintenir en vie. Il a passé l’année suivante dans le camp à travailler dans l’administratif. Il a survécu à la guerre, devenant un haut fonctionnaire du Parti communiste espagnol en exil, avant de rompre avec eux, et de développer une carrière d’écrivain, terminant comme ministre de la Culture après la mort de Franco. Une vie sauvée d’un trait de plume.

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Un Iceberg ? Quel Iceberg ?


Par Aurelien – Le 15 Avril 2026 – Source Blog de l’auteur

La première fois que j’ai traversé une frontière terrestre en Europe, j’étais adolescent, dans un train en provenance d’un endroit en Belgique dont j’ai oublié le nom, en route pour Amsterdam. Pendant le voyage, deux douaniers néerlandais ont remonté le train, vérifiant que tout le monde avait un passeport ou une carte d’identité. Après tout, nous traversions une frontière nationale et allions dans un autre pays.

Non pas que c’était difficile à l’époque. Parce que je ne savais pas dans combien de temps je voyagerais à nouveau à l’étranger, je m’étais rendu au bureau de Poste local avec une photo d’identité pour acheter un passeport de visiteur britannique, valable un an. Cela m’avait coûté dix shillings et m’avait permis de voyager pratiquement partout en Europe occidentale. L’ensemble du processus m’a pris environ quinze minutes, si je me souviens bien. Quelques années plus tard, des amis de l’Université ayant plus d’argent ont passé l’été à faire de l’auto-stop en Grèce et à dormir sur la plage, ce qui était tout à fait possible même au temps des colonels. Certains sont allés jusqu’en Afghanistan, sans trop de difficultés.

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C’est comme ça. Et ça a toujours été comme ça, en fait.


Par Aurelien – Le 8 avril 2026 – Source Blog de l’auteur

Au cours des deux dernières semaines, j’ai exposé les deux tiers d’un argument, que j’espère terminer aujourd’hui. En bref, je suggère que la nature du conflit sous tous ses aspects (militaire et technologique, mais aussi économique et politique) a changé et continue de changer, et généralement au détriment de l’Occident. L’espace de combat militaire n’est plus régi par des armements de haute technologie extrêmement coûteux, dont l’efficacité est de plus en plus contestée par les drones et les missiles. Ces nouveaux systèmes peuvent rendre toute attaque extrêmement chère, mais ils peuvent également être utilisés de manière offensive, et s’en défendre est difficile. De plus, les ressources et les technologies nécessaires pour les construire et les utiliser sont relativement modestes et dans les capacités de beaucoup de nations qui ne pouvaient se permettre de produire un avion à réaction de cinquième génération. De même, des leviers économiques non exploités auparavant deviennent des armes avec les nouvelles capacités que ces systèmes offrent.

Ces développements poseraient moins de problèmes si les États occidentaux disposaient d’une plus grande flexibilité intellectuelle et de systèmes gouvernementaux plus opérationnels. Mais coincés entre des déclarations ambitieuses mais nébuleuses et leur mise en œuvre effective sur le terrain, ils ont perdu la capacité de faire des plans au niveau opérationnel et de les mener à bien. Cela suggère qu’à mesure que les conséquences indirectes de la crise iranienne commenceront à se faire sentir, les gouvernements occidentaux seront de moins en moins capables d’y faire face à mesure qu’elles affecteront leurs économies et leurs sociétés et, en effet, n’auront pas la capacité de planifier, et même de comprendre ce qui se passe.

Tout cela suggère qu’il y aura un rééquilibrage considérable du pouvoir stratégique et politique dans le monde au cours des prochaines années. La dimension purement militaire est importante, bien sûr, mais ce n’est pas la seule, car la puissance économique, l’utilisation du contrôle sur les matières premières, la transformation et la fabrication, et même la stabilité interne des pays font également partie de l’équation. Alors, que pouvons-nous dire sur la façon dont ces tendances pourront évoluer et se combiner dans les années à venir ?

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Où vont les profits de la guerre ?


Par Gabriel Zucman − Le 7 avril 2026 − Source Blog de l’auteur

Pour les peuples et les dirigeants des années 1970, il était évident que les profits engendrés par l’explosion des prix de l’or noir à la suite des chocs pétroliers de 1973 et 1979 avaient vocation à être, en grande partie, socialisés.

Certains pays producteurs, comme l’Arabie Saoudite et le Venezuela, choisirent de nationaliser leur production (entre 1973 et 1980 pour le premier pays, en 1976 pour le second) ; d’autres de la taxer à des taux quasi-confiscatoires.

Les États-Unis créèrent ainsi en 1980 une taxe sur les superprofits pétroliers au taux de 70 %, qui s’appliquait après avoir payé l’impôt normal sur les sociétés au taux de 46 %. Soit une imposition totale de près de 85 %. Le Royaume-Uni fit de même en 1975.

Tout comme les bénéfices des marchands d’armes s’étaient vus confisqués pendant les guerres du 20e siècle – avec une imposition à 95 % des superprofits aux États-Unis en 1942 – il était hors de question que la rente pétrolière, fruit de conflits armés et de révolutions, puisse être appropriée par quelque puissance privée que ce soit.

C’est ainsi que les richesses pharaoniques générées par l’explosion du cours de l’or noir, ce prix tant convoité, échappèrent aux majors et à leurs propriétaires.

Fort mécontents, ces derniers se promirent qu’on ne les y reprendrait plus.

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L’incroyable histoire d’Alex, contraint de fuir en Chine pour avoir documenté la pauvreté aux États-Unis


Par Arnaud Bertrand – Le 29 janvier 2026 – Source Blog de l’auteur

Le terme le plus en vogue sur les réseaux sociaux chinois en ce moment est “kill-line”: si vous surfez sur Xiaohongshu, Bilibili ou Douyin, tout le monde en parle.

Pourquoi ? À cause de l’histoire d’Alex, connu sous le nom de “ERVA” (”Láo A », littéralement « prison A » où A signifie Alex), un étudiant chinois en médecine/biologie basé à Seattle, aux États-Unis, qui travaillait à temps partiel comme assistant médico-légal collectant des corps non réclamés (principalement des sans-abri).

Vous n’avez sans doute jamais entendu parler de lui, mais il a probablement brisé à lui seul ce qui restait du mythe du “rêve américain” pour toute une génération de jeunes chinois.

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