L’OTAN 3.0. La cage transatlantique et la croissance de l’État bunker


Une analyse de la transformation de l’OTAN et du nouveau rôle de l’Europe en tant que nœud d’attrition


Par Nel Bonilla – Le 10 août 2026 – Source Blog de l’auteur

Le sommet de l’OTAN à Ankara est terminé, mais son ombre plane encore. De nombreux analystes ont fait valoir que la réunion de cette année était principalement un moyen de doper l’industrie de l’armement. Bien que cela soit manifestement vrai, réduire le sommet aux contrats de défense laisse de côté un virage qualitatif plus sévère. À savoir : qu’est-ce exactement que la doctrine « OTAN 3.0 » qui a maintenant été formellement ratifiée et rendue publique ?

Un aperçu révélateur de ce changement s’est produit le 9 avril 2026. Lorsqu’on lui a demandé sur CNN si l’Alliance avait échoué au test établi par le président américain Trump concernant la guerre américano-iranienne, le Secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a offert une évaluation étonnamment franche :

“Ils ont fait ce qu’ils avaient promis dans un cas comme celui-ci, parce qu’ils savent que lorsqu’il s’agit de l’OTAN, elle est là pour protéger les États-Unis parce que les États-Unis doivent sécuriser l’Atlantique et l’Arctique et sécuriser l’Europe pour rester en sécurité ici sur le continent américain, mais elle est également là pour s’assurer que l’Europe est en sécurité et pour être une plate-forme de projection de puissance pour les États-Unis. Donc, ce que les États-Unis ont fait avec l’Iran, ils pouvaient le faire parce que tant de pays européens ont respecté ces engagements“.

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L’Occident unitaire. Une interprétation civilisationnelle du corps politique occidental


Par Pascal Lottaz – Le 29 juillet 2026 – Source Blog de l’auteur

La crise de l’Occident, une crise du Réalisme

Comment expliquer les politiques contreproductives et autodestructrices des États occidentaux ?

L’Europe semble heureuse de se désindustrialiser, la guerre par procuration des États-Unis en Ukraine tue des centaines de milliers (voire des millions) d’Ukrainiens – ceux-là mêmes que l’OTAN jure vouloir protéger – et, à présent, cette guerre est sur le point de se répandre sur tout le continent. Et que fait l’Europe ? Remettre une dose de politiques qui échouent depuis douze ans en créant un 21e paquet de sanctions. Toujours pas de diplomatie en vue. Dans le même temps, la guerre que l’alliance américano-israélienne a déclenchée contre l’Iran ravage les installations militaires et dégrade l’hégémonie américaine au Moyen-Orient. Pourtant, l’ensemble des dirigeants euro-atlantiques semble déterminé à poursuivre une voie que beaucoup d’entre nous, qui sommes dans le commentaire critique, considèrent comme manifestement ruineuse et suicidaire pour la plupart des membres du club.

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Je ne vois aucun moyen fonctionnel de mettre fin à la guerre en Ukraine


Par Ian Proud – Le 14 juillet 2026 – Source Blog de l’auteur

Une paix durable en Ukraine : diplomatie, neutralité et limites de l’ordre actuel

Je ne vois aucun moyen fonctionnel de mettre fin à la guerre en Ukraine, au motif que l’OTAN et l’UE ont volé la souveraineté de leurs membres, refusent de parler à la Russie et voient que peu de leurs citoyens sont intéressés à faire la paix.

Dans un monde parfait, l’OTAN et la politique étrangère commune de l’UE cesseraient d’exister, mais cela n’arrivera pas dans la prochaine décennie.

Donc je prédis, qu’à un moment donné au cours de l’année prochaine, Zelensky sera évincé et, qu’à partir de 2027, le soutien aux partis traditionnels globalistes commencera à s’effriter à travers l’Europe quand les citoyens se rendront de plus en plus compte que leur prospérité et leur sécurité ont été vendues pour prolonger une guerre éternelle dont plus personne ne voudra.

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La Pologne prend enfin conscience du défi géostratégique que lui pose l’Ukraine


Par Andrew Korybko – Le 6 juillet 2026 – Source Blog de l’auteur

Le journaliste polonais Marek Kutarba a publié un article sur la façon dont « Volodymyr Zelensky aimerait prendre la place de Donald Tusk dans les salons européens ». Il a écrit que « Du point de vue de Kiev, [le différend polono-ukrainien] n’est pas un différend au sujet du passé. C’est le début d’une rivalité pour l’avenir de la région : qui sera le principal partenaire de l’Occident dans la politique envers la Russie, qui définira l’agenda de sécurité de l’Europe centrale et orientale, et qui deviendra le centre de gravité politique dans cette partie du continent ».

Kutarba y explique que « Le problème de Varsovie est que [l’Allemagne et l’Ukraine] sont à la fois nos partenaires clés et nos concurrents les plus importants. Ils ne diffèrent que par l’ampleur et la nature de cette compétition. Dans le cas de l’Allemagne, il s’agit de la domination structurelle de l’UE et de sa capacité de dicter la politique européenne. Dans le cas de l’Ukraine, il s’agit de se disputer le statut d‘ »État clé » pour l’Occident, dont les États-Unis, dans le contexte de l’endiguement de la Russie ».

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La future guerre contre la Russie. Une route vers la ruine de l’Europe


Par Steve Jermy – Le 2 juillet 2026 – Source Blog de l’auteur

Résumé

Les dirigeants de l’OTAN, de l’UE et de l’E3 préparent l’Europe à une guerre [contre la Russie] d’ici 2030. À la lumière du bellicisme européen, la Russie pourrait décider de la commencer bien plus tôt. Si tel était le cas, les États-Unis ne seraient pas disposés à combattre la Russie au nom de l’Europe. Incapable de se défendre contre les missiles balistiques/hypersoniques conventionnels russes, l’Europe subirait une défaite rapide et des pertes militaires très élevées. Même après avoir demandé la paix, la destruction du système énergétique européen plongerait l’Europe dans une crise économique. La population européenne devrait être invités publiquement à débattre de ces risques et à faire entendre son point de vue. [Vu la propagande médiatique dans laquelle elle baigne, il n’est pas sûr que son point de vue soit si avisé, NdT]

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L’arnaque de la Pax Silica


La « Pax Silica » étasunienne est censée être une protection contre la Chine, alors qu’il s’agit en réalité d’une cage pour que les « partenaires » américains deviennent dépendants de la technologie américaine et soient incapables de construire la leur.


Par Arnaud Bertrand – Le 4 juin 2026 – Source Blog de l’auteur

Typiquement, lorsque les grandes puissances mettent en place une initiative de nature impérialiste, elles choisissent un nom qui évoque le contraire: “alliance pour le progrès”, “partenariat pour la paix”, “coalition des volontaires”, etc…

Cette fois, manifestement sans aucun sens de l’euphémisme, les États-Unis ont carrément appelé leur initiative “Pax Silica”, le nom le plus impérialiste imaginable, directement inspiré de l’Empire romain.

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Comment l’Europe a perdu la guerre américano-iranienne


Par Doug Rooney – Le 16 avril 2026 – Source China up close

L’Europe a réussi l’exploit assez remarquable de perdre la guerre américano-iranienne bien qu’elle n’y ait pas officiellement participé. Le chancelier allemand Friedrich Merz a déclaré que la guerre imposerait un fardeau à l’économie européenne « aussi lourd que celui que nous avons récemment connu pendant la pandémie de Covid ou au début de la guerre en Ukraine ». Le chef de l’énergie de l’UE, Dan Jørgensen, a conseillé aux Européens de réduire l’utilisation des transports pour économiser du carburant. Christine Lagarde, la présidente de la Banque centrale européenne, a averti que les effets seront « probablement au-delà de ce que nous pouvons imaginer pour le moment ». La possibilité très réelle d’une stagflation plane sur l’économie alors que les chiffres de croissance projetés plongent et alimentent les manifestations qui sont de plus en plus nombreuses.

L’Europe s’enfonce une fois de plus dans une crise économique et politique, et cette fois, elle pourrait ne pas être en mesure de trouver une issue.

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Non la guerre contre l’Iran ne concerne pas la Chine. L’Europe devrait être beaucoup plus inquiète


Par Arnaud Bertrand – Le 11 mars 2026 – Source Blog de l’auteur

Le grand sujet de discussion en Occident ces jours-ci, pour justifier la guerre d’agression illégale contre l’Iran, est de dire qu’il s’agit en fait de la Chine, dans le cadre d’une stratégie visant à encercler l’approvisionnement énergétique de la Chine et à la priver d’un partenaire géopolitique.

Ce récit est poussé jusqu’à l’absurdité, l’ancien ambassadeur des États-Unis en Chine, Nicholas Burns, se moquant littéralement de la Chine pour être ce qu’il appelle “un ami irresponsable” en n’aidant pas l’Iran à combattre les Américains. Cela en dit long sur ce que sont devenues les élites sociopathes américaines qu’un haut responsable étasunien se moque d’une grande puissance nucléaire pour ne pas entrer en guerre contre l’Amérique. On en rirait si le sujet n’était pas si grave.

Ce récit ne vient pas seulement de Washington, mais aussi d’Europe, y compris de certains milieux qui m’ont surpris (et déçus). Un exemple est celui du Français Jean-Luc Mélenchon, le chef de La France Insoumise, le principal parti d’opposition de gauche en France, qui répète comme un perroquet ce qui se dit à Washington : la guerre contre l’Iran concerne la Chine car elle « limite les capacités d’approvisionnement en pétrole de la Chine« . Il est inattendu que Mélenchon répète presque mot pour mot ce que Lindsey Graham ou le Hudson institute (un think tank néoconservateur de droite américain) disent sur Fox News, et pourtant…

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L’Amérique n’est plus l’alliée de l’Europe et cette fois c’est structurel


Source Leon Vermeulen – Le 23 janvier 2026 – Source Blog de l’auteur

L’Europe a commis une erreur familière. Encore une fois.

Face au retour au pouvoir de Donald Trump et à ses menaces croissantes – du Groenland à la coercition commerciale en passant par son ingérence ouverte dans la politique européenne – de nombreux dirigeants européens s’accrochent encore à l’illusion réconfortante qu’il s’agit d’un problème de personnalité. Une fièvre passagère. Une déviation de la ”vraie” Amérique qui reviendra si l’Europe retient son souffle assez longtemps.

Cette illusion est maintenant dangereuse.

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Le gaullisme peut-il devenir un confucianisme européen ?


Par Arnaud Bertrand – Le 16 janvier 2026 – Source Blog de l’auteur

Il y a peu de controverse de nos jours pour dire que l’Europe, plutôt l’Occident dans son ensemble, est spirituellement et idéologiquement morte.

Il est loin le triomphe supposé de l’hégémonie libérale illustré par la “Fin de l’Histoire” de Fukuyuama il y a à peine 3 décennies. Il n’est même plus sous assistance respiratoire : il est à la morgue, en attente d’autopsie.

Étrangement, beaucoup dans la classe dirigeante européenne n’ont pas encore semblé s’en rendre compte (ou n’osent pas le dire à haute voix). Ironiquement, le dernier endroit sur terre où vous entendrez une défense à gorge déployée de l’hégémonie libérale dirigée par les États-Unis n’est pas Washington – ils ont bien compris que c’était fini – mais à Bruxelles. Cela ne rend pas l’idéologie moins morte mais fait simplement de ces dirigeants de l’UE les derniers fidèles d’une secte dont le gourou se moque maintenant ouvertement d’eux pour y avoir cru (littéralement, il suffit de lire la dernière Stratégie de sécurité nationale des États-Unis pour le voir).

La question qui s’ensuit logiquement est : qu’est-ce qui pourrait combler le vide idéologique ?

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