L’Amérique n’est plus l’alliée de l’Europe et cette fois c’est structurel


Source Leon Vermeulen – Le 23 janvier 2026 – Source Blog de l’auteur

L’Europe a commis une erreur familière. Encore une fois.

Face au retour au pouvoir de Donald Trump et à ses menaces croissantes – du Groenland à la coercition commerciale en passant par son ingérence ouverte dans la politique européenne – de nombreux dirigeants européens s’accrochent encore à l’illusion réconfortante qu’il s’agit d’un problème de personnalité. Une fièvre passagère. Une déviation de la ”vraie” Amérique qui reviendra si l’Europe retient son souffle assez longtemps.

Cette illusion est maintenant dangereuse.

Continuer la lecture

Le gaullisme peut-il devenir un confucianisme européen ?


Par Arnaud Bertrand – Le 16 janvier 2026 – Source Blog de l’auteur

Il y a peu de controverse de nos jours pour dire que l’Europe, plutôt l’Occident dans son ensemble, est spirituellement et idéologiquement morte.

Il est loin le triomphe supposé de l’hégémonie libérale illustré par la “Fin de l’Histoire” de Fukuyuama il y a à peine 3 décennies. Il n’est même plus sous assistance respiratoire : il est à la morgue, en attente d’autopsie.

Étrangement, beaucoup dans la classe dirigeante européenne n’ont pas encore semblé s’en rendre compte (ou n’osent pas le dire à haute voix). Ironiquement, le dernier endroit sur terre où vous entendrez une défense à gorge déployée de l’hégémonie libérale dirigée par les États-Unis n’est pas Washington – ils ont bien compris que c’était fini – mais à Bruxelles. Cela ne rend pas l’idéologie moins morte mais fait simplement de ces dirigeants de l’UE les derniers fidèles d’une secte dont le gourou se moque maintenant ouvertement d’eux pour y avoir cru (littéralement, il suffit de lire la dernière Stratégie de sécurité nationale des États-Unis pour le voir).

La question qui s’ensuit logiquement est : qu’est-ce qui pourrait combler le vide idéologique ?

Continuer la lecture

Trump et le Groenland : voici pourquoi l’Europe va céder


Par Thomas Fazi – Le 9 janvier 2026 – Source Blog de l’auteur

Quelques heures à peine après l’enlèvement de Maduro lors d’une attaque meurtrière contre le Venezuela, Trump a de nouveau réitéré son ambition de prendre le contrôle du Groenland, un territoire autonome du Danemark qui est un membre de l’UE et de l’OTAN. « Nous avons besoin du Groenland du point de vue de la sécurité nationale« , a déclaré Trump, sans plus de précisions, comme si la revendication allait de soi.

Les réactions européennes furent dispersées, confuses et profondément révélatrices. La Première ministre danoise, Mette Frederiksen, a répondu de manière prévisible en réfutant les déclarations de Trump et en avertissant que l’agression américaine contre le Groenland marquerait effectivement la fin de l’OTAN. Dans une déclaration commune, les dirigeants de la France, de l’Allemagne, de l’Italie, de la Pologne, de l’Espagne, du Royaume-Uni et du Groenland lui-même ont réaffirmé leur engagement envers l’OTAN tout en déclarant que le Groenland appartient à son peuple et que les décisions concernant l’île ne concernent que le Danemark et le Groenland. Mais ces déclarations sonnent creux.

Continuer la lecture

Le prêt de 90 milliards d’euros à l’Ukraine prolongera la guerre et détruira l’Europe


Par Thomas Fazi – Le 20 décembre 2025 – Source Blog de l’auteur

J’ai écrit pour UnHerd sur la façon dont le braquage des avoirs gelés russes a été déjoué pour l’instant, en grande partie grâce à la courageuse résistance du Premier ministre belge Bart De Wever, qui a fait passer les intérêts de son pays avant ceux du lobby pro-guerre ; une position rare dans l’Europe d’aujourd’hui.

Mais il n’y a pas grand-chose à célébrer : dans sa tentative désespérée de maintenir la guerre, la Commission et le lobby pro-guerre ont réussi à faire adopter un prêt massif de 90 milliards d’euros à l’Ukraine, soutenu par le budget de l’UE et souscrit par tous les États membres sauf trois (Hongrie, Slovaquie et République tchèque), qui ont obtenu des dérogations.

En effet, l’obstacle politique a été contourné non pas en changeant de stratégie, mais en transférant le risque financier directement sur le dos des contribuables européens. Comme von der Leyen l’a clairement indiqué avant le sommet, il y avait peu de place pour la dissidence : “Personne ne quittera le sommet de l’UE tant que la question du financement de l’Ukraine ne sera pas résolue”.

Continuer la lecture

Le vol des « actifs russes » a échoué mais les va-t-en-guerres européens s’emparent quand même de l’argent des autres


Par Moon of Alabama – Le 20 décembre 2025

Le 10 septembre, lors de son discours sur l’état de l’Union européenne, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen avait introduit l’idée de voler les avoirs de l’État russe qui sont actuellement gelés en Europe en vertu des sanctions de l’UE :

C’est la guerre de la Russie. Et c’est la Russie qui devrait payer.

C’est pourquoi nous devons travailler d’urgence à une nouvelle solution pour financer l’effort de guerre de l’Ukraine sur la base des actifs russes immobilisés. Avec les soldes de trésorerie associés à ces actifs russes, nous pouvons accorder à l’Ukraine un prêt pour réparations. Les actifs eux-mêmes ne seront pas touchés. Et le risque devra être porté collectivement. L’Ukraine ne remboursera le prêt qu’une fois que la Russie aura payé les réparations. L’argent aidera déjà l’Ukraine aujourd’hui.

Continuer la lecture

Le plus grand braquage de banque de l’histoire


Par Ian Proud – Le 17 décembre 2025 – Source The Peacemonger

Depuis plus de deux ans, on entend des appels bruyants et répétés pour que les actifs immobilisés que la Russie avait placé en Europe – évalués à environ 245 milliards de dollars – soient saisis de manière permanente. Ces avoirs étaient jusqu’à présent immobilisés en vertu de sanctions de l’UE qui nécessitaient un accord unanime tous les six mois.

Plus maintenant. Compte tenu de la forte résistance de la Belgique à l’utilisation de 165 milliards de dollars d’actifs immobilisés détenus dans Euroclear, la Commission européenne a déclenché une clause d’urgence dans le Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne pour contourner le principe de l’unanimité sur la politique de sanctions.

Continuer la lecture

L’UE sanctionne Jacques Baud, un expert suisse en renseignement


Par Moon of Alabama – Le 15 décembre 2025

L’Union européenne tente d’éliminer les sources d’information qui ne confirment pas son interprétation officielle des événements du monde réel.

L’une des dernières personnes frappées de restrictions officielles de l’UE est l’ancien responsable du renseignement suisse et auteur Jacques Baud :

Continuer la lecture

Après la « paix », les ultra-nationalistes ukrainiens et l’OTAN continueront-ils à mener une guerre hybride ?


Une conclusion formelle de la guerre en Ukraine ne sera pas la fin de la violence. Ce qui nous attend est une alliance structurelle à long terme entre les forces ukrainiennes ultra-nationalistes et le militarisme européen


Par Andrea Zhok – Le 10 Décembre 2025 –  Source Le blog de Thomas Fazi

Au cours du dernier mois, l’armée russe a pris 505 kilomètres carrés de territoire. Cela reste une petite quantité pour un pays aussi grand que l’Ukraine, mais qui montre une nette accélération par rapport à la période précédente.

L’omniprésence des drones rend impossible les avancées rapides avec des chars et des véhicules blindés, mais cela signifie également que les gains réalisés sont plus résistants aux éventuelles contre-attaques.

Les signes d’un déclin des capacités opérationnelles de l’Ukraine sur le front sont évidents ; pourtant, les indications d’une fin rapide du conflit restent contestées.

Du front, certains commandants ukrainiens ont informé Zelensky que, s’il signait un accord exigeant un retrait du Donbass, ils n’obéiraient pas.

Continuer la lecture

Une lecture critique de la nouvelle Stratégie de sécurité nationale des États-Unis


Par Alastair Crooke – Le 7 décembre 2025 – Source Conflicts Forum

Une Stratégie de sécurité nationale (SSN) est produite périodiquement par les administrations américaines (Trump en a rédigé une lors de son premier mandat). La plupart du temps, ces documents présentent une version idéalisée de la politique étrangère et de sécurité d’une administration, et n’ont pas une grande importance pratique, à cause de ce qui est laissé de côté – c’est-à-dire les intérêts politiques et économiques enracinés des États-Unis ; le profond consensus de politique étrangère supervisé par la classe conservatrice de l’État de sécurité profonde ; et les politiques adoptées par le collectif des méga donateurs.

Néanmoins, cette SSN récemment publiée se lit assez différemment en donnant un aspect distinctif « l’Amérique d’Abord » à la politique étrangère américaine, évitant l’hégémonie mondiale, la « domination » et les croisades idéologiques en faveur d’un réalisme pragmatique et transactionnel axé sur la protection des intérêts nationaux fondamentaux ; la sécurité intérieure, la prospérité économique et la domination régionale dans l’hémisphère occidental. Les États-Unis « ne soutiendront plus tout l’ordre mondial tel ”Atlas“ et s’attendent à ce que l’Europe assume davantage ses propres charges de défense« .

Continuer la lecture

Partir en guerre contre la Russie ?


Par Aurelien – Le 26 novembre 2025 – Source Blog de l’auteur

Les experts nous fournissent beaucoup d’innocentes drôleries ces jours-ci, et génèrent beaucoup de controverses colorées, en analysant des questions telles que les plans de paix possibles pour l’Ukraine, les coups d’État possibles à Kiev, les prétendues tentatives occidentales de remplacer Zelensky, l’impact potentiel des enquêtes sur la corruption, les futurs déploiements théoriques des forces occidentales en Ukraine, et ainsi de suite. Tout cela est (pour la plupart) un amusement inoffensif, et satisfait le besoin des experts d’avoir un public et de l’argent, malgré leur manque d’expertise politique ou militaire. Car tout cela reste au niveau de la fiévreuse spéculation.

D’un autre côté, depuis plusieurs années maintenant, j’essaie d’encourager les gens à se pencher sur des questions à plus long terme et plus fondamentales concernant les adaptations que l’Occident va devoir apporter face à une victoire russe et à la prééminence militaire russe en Europe. Aujourd’hui, je veux discuter d’une question qui, à ma connaissance, n’a même pas été soulevée, et encore moins correctement examinée. Si les relations post-ukrainiennes entre la Russie et l’Occident doivent être tendues et conflictuelles, et si la possibilité d’un conflit ouvert réel n’est pas à exclure, alors comment pouvons-nous comprendre ce que cela pourrait signifier, et comment, le cas échéant, pouvons-nous nous y préparer ?

Continuer la lecture