Bon vent Brexit


2015-05-21_11h17_05Par Moon of Alabama − Le 31 janvier 2020

Ce soir, la Grande-Bretagne quittera l’Union européenne. Vient ensuite la partie difficile.

La Grande-Bretagne a jusqu’à la fin de cette année pour conclure un nouvel accord commercial avec l’Europe, les États-Unis et d’autres pays.

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La coopération de l’après-Brexit


Berlin dépend de la Grande-Bretagne pour ses projets politiques mondiaux


Le 16 décembre 2019 – Source German Foreign Policy

Suite à la victoire électorale des conservateurs britanniques menée par le premier ministre Boris Johnson, le gouvernement allemand appelle de ses vœux une poursuite de la coopération étroite avec l’île. Heiko Maas, le ministre allemand des affaires étrangères, a exprimé ses espoirs que le Royaume-Uni « reste un partenaire de proximité ». La chancelière, Angela Merkel, « espère que notre coopération se poursuivra, pour l’amitié, ainsi qu’un partenariat étroit entre nos pays. » Berlin dépend des moyens politiques et militaires britanniques pour mettre en œuvre les projets allemands à l’échelle européenne. Les forces armées britanniques restent considérées comme les plus puissantes d’Europe, et Londres conserve une influence considérable en matière de politique mondiale. Les exemples politiques et économiques indiquent que refuser de prendre en compte les intérêts britanniques peut mettre Londres sur une trajectoire de rivalité frontale avec Berlin. Ce facteur est à présent d’autant plus important, du fait que le Brexit donne au Royaume-Uni des alternatives économiques et politiques à l’Union européenne.

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Boris Johnson : un improbable Jacobin remettant en cause le paradigme en place


Par Alastair Crooke − Le 23 décembre 2019 − Source Strategic Culture

crooke alastairLa question du Brexit est réglée – par un résultat électoral clair : nous pouvons maintenant respirer et, avec un soupir de soulagement, nous enfoncer plus profondément dans nos chaises et tourner notre attention vers d’autres questions. Est-ce bien sûr ? La vie est-elle sur le point de se normaliser ? Peut être pas.

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© Photo: Wikimedia

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La Belgique : le laboratoire du fédéralisme 2/2


Par Vladislav B. SOTIROVIĆ − Le 3 décembre 2019 − Source orientalreview.org

Belgium coat of arms

Formation, langue et instabilité politique

Les Hollandais furent la peste de l’existence de l’Espagne Habsbourg du roi Philippe II (1556-1598). Ils menaçaient tant l’unité catholique romaine de son empire que son unité politique. Les peuples des provinces du Nord parlaient le hollandais, les provinces du centre parlaient le flamand (un dialecte hollandais)1, et les provinces du Sud parlaient le dialecte wallon basé sur le français. Ces provinces disposaient d’une constitution médiévale. Philippe II avait cependant pour objectif de modifier leur position : pour lui, la Hollande était espagnole, et devait se soumettre à l’autorité royale et à l’orthodoxie catholique romaine. Le fait que de nombreux Wallons, Flamands et Hollandais se fussent déjà tournés vers le Calvinisme et atteignent une solidarité religieuse en adoptant la Confession belge en 1566 redoubla leur détermination à résister à ces pressions espagnoles et catholiques. Quoi qu’il en fût, leur résistance finit par se transformer pour devenir la première révolution visant à l’indépendance nationale de l’histoire moderne2.

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  1. Le terme Flamand décrit les dialectes basés sur le hollandais en Belgique du Nord, c’est-à-dire les variétés germaniques parlées dans les provinces de Flandres de l’Est et de l’Ouest, le Brabant et le Limbourg belge. Cependant, le terme peut être trompeur du fait que les seuls dialectes de Flandres de l’Est et de l’Ouest peuvent également se voir nommés Flamand en contraste avec ceux du Brabant et de Limbourg. Pour autant, jusqu’à présent, on n’a pas de terme plus précis et, en réalité le terme correspond à l’utilisation courant du Vlaams en Belgique, comme terme couvrant l’ensemble des dialectes hollandais dans le pays. Voir : Robert B. Howell, « The Low Countries: A Study in Sharply Contrasting Nationalisms », Stephen Barbour, Cathie Carmichael, (eds.), Language and Nationalism in Europe, Oxford−New York: Oxford University Press, 2000, 130−150
  2. Dragoljub Živojinović, Uspon Evrope (1450−1789), Novi Sad: Matica srpska, 1985, 111−127.

La Belgique : le laboratoire du fédéralisme 1/2


Par Vladislav B. SOTIROVIĆ − Le 29 novembre 2019 − Source orientalreview.org

La Belgique constitue le centre politique de l’Union européenne (l’UE) et de l’OTAN, et figure parmi les 6 pays de l’UE ayant établi au départ le marché unique européen 1. La question du fédéralisme multiculturel belge est d’une importance essentielle pour le processus futur de l’intégration ou de la désintégration européenne à venir.

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  1. Le marché unique européen fut établi comme noyau en 1957, par le traité de Rome, qui institua le cadre pour la communauté économique européenne (CEE), un marché commun et une union douanière entre les six États fondateurs : la Belgique, la France, l’Italie, le Luxembourg, les Pays-Bas et l’Allemagne de l’Ouest. Plus d’information dans l’ouvrage écrit par Dennis Swann (ed.): The Single European Market and Beyond : A Study of the Wider Implications of the Single European Act, London−New York: Routledge, 1992 – Le marché unique européen et ce qui s’ensuit : une étude des implications élargies de l’acte unique européen

Large victoire électorale de Boris Johnson : quelles conséquences pour le Royaume-Uni et pour le Brexit ?


Par Laura Hood − Le 15 décembre 2019 − Source The Conversation

Les résultats ne sont pas encore tout à définitifs mais la large victoire électorale de Boris Johnson aux élections générales britanniques du jeudi 12 décembre ne fait aucun doute. À la veille du scrutin, le premier ministre se trouvait à la tête d’un gouvernement minoritaire ; il dispose désormais d’une majorité très confortable. Son parti conservateur a remporté 364 sièges sur les 650 que compte le Parlement de Westminster.

Le Parti travailliste, qui a subi sa pire défaite depuis des décennies – et sa quatrième défaite d’affilée aux élections générales –, ne récolte que 203 sièges. Le Scottish National Party (SNP) a nettement progressé en Écosse (48 sièges) ; la percée des tenants d’un deuxième référendum d’indépendance pourrait poser une nouvelle question constitutionnelle majeure au Royaume-Uni.

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Le populisme n’est plus à vendre


Par Tom Luongo − Le 16 novembre 2019 − Source Gold Goats’N Guns

Tom LuongoIl y a quelque chose que les oligarques non élus, que j’aime appeler la « Bande de Davos », détestent plus que tout : il semble qu’ils n’ont plus le pouvoir d’acheter les peuples.

2019-11-18_12h29_48Lorsque nous observons, dans le monde d’aujourd’hui, la pléthore de soulèvements populaires / populistes à la fois pacifiques et indisciplinés, nous voyons le même fil conducteur qui les traverse.

Les gens ne croient tout simplement pas que le système fonctionne pour eux. Quel que soit le catalyseur qui les a fait sortir de leurs canapés pour les envoyer dans les rues, ce fut la proverbiale dernière goutte du vase qui le fait déborder.

Et ils ne peuvent plus être achetés.

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Bruits de bottes outre-Rhin


Le 11 novembre 2019 − Source german-foreign-policy.com

Suite à l’annonce par Annegret Kramp-Karrenbauer, ministre de la Défense allemande, la semaine dernière, de l’expansion du déploiement de la Bundeswehr [l’armée allemande, NdT], les hommes politiques allemands de premier plan ont fait monter les enchères et ont énergiquement appelé de leurs vœux une politique étrangère et militaire plus agressive de la part de l’Allemagne et de l’UE. Vendredi dernier, Ursula von der Leyen, la prochaine présidente de la commission européenne, dans son discours auprès de la Fondation Konrad Adenauer — affiliée à la CDU [le parti social démocrate au pouvoir en Allemagne, NdT] — a affirmé que le « soft power » ne suffisait plus dans le monde d’aujourd’hui, et que « l’Europe doit apprendre le vocabulaire de la puissance » 1.

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  1. Ursula von der Leyen: Europa-Rede. Berlin, 8 novembre 2019.

Le Brexit est le symptôme, pas le problème


Par Tom Luongo − Le 29 octobre 2019 − Source Strategic Culture

Tom LuongoDepuis le moment où les votes ont été totalisés, lors du référendum sur le Brexit de juin 2016, il n’y a eu que des lamentations sur ce que cela impliquait. Le vote sur le Brexit a clairement montré que le développement des unions politiques était insoutenable.

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© Photo: Wikimedia

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Europe, Union européenne… Les dégâts induits par la lutte de pouvoir entre France et Allemagne


Le 17 octobre 2019 − Source german-foreign-policy.com

BERLIN/PARIS — Les affrontements pour le pouvoir entre la France et l’Allemagne mettent un coup d’arrêt à l’expansion de l’Union européenne et éclipsent le somment de l’UE, lancé ce jour à Bruxelles. Berlin met une pression maximale pour que des négociations d’entrée dans l’UE aient lieu avec la Macédoine du Nord et l’Albanie, afin d’empêcher que ces pays ne quittent l’influence de l’Union — qui leur apporte bien peu d’avantages — et se tournent vers d’autres puissances, telles la Chine et la Russie, qui leurs proposent des bénéfices bien plus considérables. Paris s’oppose aux exigences de Berlin. Tant que le gouvernement allemand rejettera les projets français, comme celui d’un budget de la zone euro, la France ne se pliera plus aux souhaits allemands, dit-on à Paris. Des discussions sur le sujet des négociations d’adhésion de la Macédoine du Nord et de l’Albanie se poursuivront au cours du sommet. Pendant que l’UE reste ainsi enlisée, Pékin et Moscou — et également Washington — s’emploient à renforcer leurs positions en Europe du Sud.

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