Moon of Alabama – Le 17 avril 2021
La politique de l’administration Biden vis-à-vis de la Russie et de la Chine est délirante. Elle pense pouvoir faire pression sur ces pays tout en réussissant à leur demander de coopérer. Elle surestime la position des États-Unis et présuppose donc que la Chine et la Russie sont beaucoup plus faibles qu’elles ne le sont en réalité.
Sa politique est également pleine de projection. Les États-Unis accusent les deux pays de vouloir créer un empire, de vouloir annexer davantage de terres et de violer les droits de l’homme. Mais les États-Unis sont les seuls à avoir des aspirations d’expansion. Ni la Chine ni la Russie ne sont intéressées par la gestion d’un empire. Elles n’ont aucun intérêt à implanter des bases militaires dans le monde entier. Bien que toutes deux aient des conflits frontaliers marginaux, elles ne veulent pas acquérir davantage de terres. Et tandis que les États-Unis critiquent ces deux pays pour de prétendus problèmes de droits de l’homme, ils affament des populations entières (Yémen, Syrie, Venezuela) par la violence et les sanctions économiques.
L’alliance Quad, comportant l’Australie, l’Inde, le Japon et les États-Unis, et bâtie à l’initiative de ce dernier pays, pourrait être au bord de l’effondrement si l’on en croit Subramanian Swamy, l’influent idéologue du BJP, qui a prévenu : Washington pourrait expulser New Delhi du bloc si cette dernière décidait de concrétiser son projet d’achat de missiles de défense S-400.

Tous les yeux sont tournés vers l’élection américaine et l’anticipation des conséquences du résultat. Mais dans l’ombre de « The Election », il y a d’autres « parties en mouvement » : L’Allemagne vient d’offrir à Washington un « accord entre amoureux » dans lequel l’Europe – avec l’Allemagne à sa tête – accepte de booster la stratégie américaine d’isolement et d’affaiblissement de la Russie et de la Chine. En retour, elle demande aux États-Unis d’accepter que l’Allemagne fasse de l’entité européenne une « puissance politique » qui serait à parité avec les États-Unis. Poutine a reconnu une telle possibilité – l’Allemagne aspirant à devenir une superpuissance – lors de son
L’Inde est incluse dans le groupe de participants arrivant en tête de la phase actuelle du « Grand jeu mondial ». Occupant la cinquième place mondiale en termes de PIB (le pays a atteint cette place à la fin de 2019, passant devant son ancienne mère-patrie), avec une population de 1,3 milliard d’habitants et une position géographique extrêmement avantageuse au niveau stratégique, qui devient de plus en plus importante face au déplacement de l’attention des processus mondiaux vers l’Indo-Pacifique : tout cela confère une importance particulière à la manière dont l’Inde se positionne dans l’arène de la politique étrangère.
Après des années de promesse d’abandon du dollar américain, la Russie et la Chine sont passées à l’acte. Au premier trimestre de 2020, la part du dollar dans le commerce entre les pays est tombée pour la première fois sous les 50%.