Par Alastair Crooke – Le 19 avril 2021 – Source Strategic Culture
Si nous considérons le Moyen-Orient comme un réseau complexe, il est possible de discerner un certain nombre de dynamiques qui arrivent maintenant au point de changer complètement la matrice régionale – pour la mettre sur une nouvelle voie.
Certaines « graines » ont été semées il y a quelque temps : En 2007, à Munich, le président Poutine faisait remarquer à un auditoire majoritairement occidental que l’Occident avait adopté une position d’opposition à l’égard de la Russie, en la défiant. « D’accord », a dit Poutine, « Nous acceptons le défi, et nous allons le gagner ». Sa déclaration a été accueillie avec une franche dérision par le public de Munich.

L’alliance Quad, comportant l’Australie, l’Inde, le Japon et les États-Unis, et bâtie à l’initiative de ce dernier pays, pourrait être au bord de l’effondrement si l’on en croit Subramanian Swamy, l’influent idéologue du BJP, qui a prévenu : Washington pourrait expulser New Delhi du bloc si cette dernière décidait de concrétiser son projet d’achat de missiles de défense S-400.

L’Inde est incluse dans le groupe de participants arrivant en tête de la phase actuelle du « Grand jeu mondial ». Occupant la cinquième place mondiale en termes de PIB (le pays a atteint cette place à la fin de 2019, passant devant son ancienne mère-patrie), avec une population de 1,3 milliard d’habitants et une position géographique extrêmement avantageuse au niveau stratégique, qui devient de plus en plus importante face au déplacement de l’attention des processus mondiaux vers l’Indo-Pacifique : tout cela confère une importance particulière à la manière dont l’Inde se positionne dans l’arène de la politique étrangère.