Par Alastair Crooke – Le 17 octobre 2026 – Source Conflicts Forum
Le paradigme change. Le réseau de la strate supranationale qui a longtemps poursuivi son « Grand Dessein » mondial en façonnant le consentement du public pour lui faire accepter les guerres s’est enfin heurtée aux limites de son pouvoir. Nous sommes, en effet, à un moment où « le roi est nu« . Tout le monde peut le voir.
Les outils traditionnels de cette strate – l’armée américaine, le système du dollar, le piège du crédit, les structures de Bretton Woods, la thérapie de choc économique et les guerres monétaires – ne parviennent plus à préserver la weltanschauung de l’élite américaine dans laquelle il était « inimaginable » que les États-Unis, les vainqueurs de la Guerre froide, soient obligés de faire face à un monde dans lequel ils ne peuvent plus imposer leur programme.
« Dans la lumière dorée d’un soir d’Athènes, avec l’Acropole au-dessus de son épaule », le secrétaire d’État américain Marco Rubio, le 7 octobre, a ouvertement fait l’éloge du colonialisme ; il s’est engagé dans des détournements flagrants de l’histoire et a exigé un retour à la domination occidentale sur le monde. Rubio a affirmé que l’Occident devait utiliser la force militaire pour “maintenir sa place à la tête du monde” ; l’Occident est “la plus grande civilisation du monde”, a-t-il déclaré, soulignant qu’il s’agit d’une “civilisation pour laquelle nous devons combattre pour la défendre aujourd’hui avec la même passion que nos ancêtres l’ont fait”.
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Il est extrêmement rare qu’un document provenant d’un groupe de réflexion de Washington déclenche une tempête des deux côtés du Pacifique, mais c’est exactement ce qui s’est passé avec celui écrit par Jennifer Kavanagh, intitulé “ 

Je suis de retour à Moscou après dix mois, et la première chose qui vous frappe est la distance existant entre la ville qui se tient devant vous et la ville telle qu’elle est décrite par les médias situés à cinq mille kilomètres de là. Moscou et Saint-Pétersbourg sont prospères, modernes et – c’est le mot que je cherche sans cesse – vibrantes. Les rues sont propres et sûres. Elles ne sont pas remplies par des files de sans-abris ou de mendiants. En deux semaines, je n’ai vu qu’un seul homme demander de l’argent, sur un perron à Saint-Pétersbourg, et il était visible précisément parce le phénomène est rare. Comparez cela à New York, Philadelphie, Washington, Atlanta – n’importe quelle grande ville américaine — et le contraste n’est pas marginal. Il est énorme.
Le système international est en train de graviter naturellement vers un équilibre international des pouvoirs, dans lequel aucun État ou groupe d’États ne pourra dicter leur conduite aux autres. L’équilibre des pouvoirs, qui contraint toutes les grandes puissances, peut être perturbé si une grande puissance est vaincue par une guerre ou s’effondre de l’intérieur. Pourtant, les États ne s’équilibrent pas d’eux-mêmes et poursuivent des politiques expansionnistes s’ils n’ont pas de contraintes. La conséquence prévisible est donc qu’un pouvoir déséquilibré poursuivra des politiques expansionnistes qui l’épuiseront, tandis que d’autres puissances montantes à la périphérie commenceront à équilibrer collectivement l’hégémon. Le système international retombe ainsi vers un équilibre.
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