Le trumpisme coercitif et la riposte multipolaire


Par Alastair Crooke – Le 8 septembre 2026 – Conflicts Forum

Un redécoupage géopolitique : Le pouvoir préserve-t-il la paix ou pousse-t-il à faire la guerre ? – Conférence donnée au Club de Discussion Valdai, Moscou, le 8 septembre 2026.

Avant d’aborder la thèse académique conventionnelle sur la concurrence dominante entre les trois Grandes Puissances, nous devons d’abord nous demander ce qui compte pour le peuple – le peuple russe, par exemple ?

Nous devrions d’abord parler des gens, plutôt que de simplement parler des attributs d’un État puissant. Qu’est-ce qui compte le plus pour un peuple ? Nous avons, d’une part, la réponse classique selon laquelle le matériel militaire, la taille de la population et le PIB résument tous les enjeux de survie.

D’un autre côté, je dirais que la chose qui compte le plus pour les peuples est leur souveraineté.

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Premier jour à New Delhi. Les BRICS contournent le dollar, l’Iran presse le plus fort


Par Larry C Johnson – Le 12 septembre 2026 – Source Son of the new American revolution

NEW DELHI – Le 18e sommet des BRICS s’est ouvert le 12 septembre avec le bloc prenant sa mesure la plus concrète à ce jour pour relâcher l’emprise du dollar américain, adoptant une « Déclaration de New Delhi » de 45 pages, dès le premier jour, et approuvant une architecture de paiement conçue pour établir un commerce transfrontalier contournant le système financier occidental. Pour la plupart des membres, c’est un changement progressif. Pour l’Iran – sous le coup de sanctions américaines radicales, d’un blocus naval et environ six mois après le début d’une guerre avec les États-Unis et Israël – c’est plutôt une bouée de sauvetage.

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Une transition désordonnée vers la multipolarité


Par Glenn Diesen – Le 5 Septembre 2026 – Source Blog de l’auteur

Le système international est en train de graviter naturellement vers un équilibre international des pouvoirs, dans lequel aucun État ou groupe d’États ne pourra dicter leur conduite aux autres. L’équilibre des pouvoirs, qui contraint toutes les grandes puissances, peut être perturbé si une grande puissance est vaincue par une guerre ou s’effondre de l’intérieur. Pourtant, les États ne s’équilibrent pas d’eux-mêmes et poursuivent des politiques expansionnistes s’ils n’ont pas de contraintes. La conséquence prévisible est donc qu’un pouvoir déséquilibré poursuivra des politiques expansionnistes qui l’épuiseront, tandis que d’autres puissances montantes à la périphérie commenceront à équilibrer collectivement l’hégémon. Le système international retombe ainsi vers un équilibre.

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La Déclaration de Bichkek : Le document que l’OCS a signé et pourquoi la signature de l’Inde est importante


Par Larry C Johnson – Le 2 septembre 2026 – Source Son of the new American revolution

L’Organisation de coopération de Shanghai a clôturé son 26e sommet des chefs d’État, à Bichkek le 1er septembre, par une déclaration commune – la Déclaration de Bichkek – programmée pour le 25e anniversaire du bloc et signée par les dirigeants des dix États membres : Russie, Chine, Inde, Pakistan, Iran, Biélorussie, Ouzbékistan, Kazakhstan, Tadjikistan et le pays hôte, le Kirghizistan. Il s’agit d’un long texte anniversaire, adopté aux côtés de quelque 28 autres documents finaux et amendements à la Charte de l’OCS, et son libellé sur la guerre en Iran est sans ambiguïté. Mais le fait le plus important de la déclaration n’est pas ce qu’elle dit. Le plus important est qui l’a signée. L’Inde de Narendra Modi – un membre du Quad, un partenaire stratégique des États-Unis et un pays que la même déclaration protège implicitement contre les tarifs douaniers de Washington – a mis son nom sur un texte condamnant l’action militaire américaine et israélienne, pleurant un dirigeant suprême iranien décédé et rejetant l’architecture de sanctions que les États-Unis ont construite. Cette signature est le fait historique.

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Des nœuds, pas des pôles. Voici pourquoi le nouvel ordre géoéconomique est multinodal, pas multipolaire


Par Larry C Johnson – Le 27 août 2026 – Source Son of the new American revolution

Chaque commentateur arrive à la même conclusion de nos jours. Le siècle américain se termine, l’emprise du dollar se desserre, de nouveaux blocs se forment et le monde, nous dit-on, le monde devient « multipolaire ». Le mot semble précis. Mais il ne l’est pas. « Multipolaire » ramène à un ensemble d’hypothèses datant du XXe siècle qui décrivent mal ce qui émerge de l’économie mondiale actuelle, et parce que le mot que nous choisissons détermine ce que nous recherchons et ce que nous mesurons, un mauvais mot produit une mauvaise analyse. Il y en a un plus adapté, et ce n’est pas qu’une question de sémantique. L’ordre en train de prendre forme est vraiment « multinodal ».

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L’État profond technocratique : 2ème partie — Les dynamiques macro et micro de la technocratie

Le sombre seigneur Sauron forgea en secret un anneau maître pour les contrôler tous. — J. R. R. Tolkien, le Seigneur des Anneaux


Par The Real Left — Le 19 avril 2026 — Source realleft.substack.com

Dans la première partie, en me basant sur le dernier ouvrage d’Iain Davis — l’État profond technocratique — j’ai discuté de la nature de la technocratie, et analysé une partie de l’idéologie sous-jacente à ce mouvement. Dans cette deuxième partie, toujours fondée sur le livre d’Iain, je vais analyser les dynamiques aux niveaux macro et micro qui caractérisent la technocratie. En fin de première partie, j’avais précisé que je poserais quelques questions fondamentales sur le Bitcoin. Cependant, pour que cette deuxième partie reste concise, j’ai décidé de passer en revue les sujets monétaires dans une troisième partie à suivre.

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La tyrannie du « Nous »


Voici pourquoi « nous sommes tous une seule Humanité » est l’idée la plus dangereuse sur Terre.


Par Arnaud Bertrand – Le 10 mai 2026 – Source Blog de l’auteur

Il existe une théorie très répandue selon laquelle un monde multipolaire est nécessairement plus violent et que certains des conflits auxquels nous assistons – l’Ukraine, la guerre en Iran – ne sont que les premières salves du futur chaos.

En fait, c’est plus qu’une théorie répandue. C’est en grande partie l’orthodoxie enseignée dans les cours de relations internationales, dans le monde entier. Prenons par exemple la Théorie de la politique internationale de Kenneth Waltz, qui est sur la liste de lecture de pratiquement tous les programmes de relations internationales en Occident. Cette théorie soutient que les systèmes bipolaires sont plus stables que les systèmes multipolaires, car l’incertitude est plus faible, la dissuasion est plus claire et il y a moins de relations donc moins de possibilités qu’une erreur de calcul puisse se métastaser en guerre.

En substance, la théorie est la suivante : plus de pôles, plus de problèmes.

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L’ennemi temporaire de mon ennemi temporaire…peut devenir mon ami temporaire


Par Aurelien – Le 5 mai 2026 – Source Blog de l’auteur

L’une des plus grandes difficultés pour les politiciens et les experts qui tentent de comprendre les changements dans le monde est ce que j’appelle le problème de la classification. La plupart des changements apparemment soudains et violents ont trois caractéristiques communes. La première est, qu’en réalité, ils ne sont pas soudains mais couvent depuis longtemps. Mais comme personne ne les voit venir, ils ne sont donc pas compris. La seconde est qu’un événement, souvent inattendu, se déroule et rend soudain évidents ces changements qui étaient auparavant invisibles. La troisième est que, dans presque tous les cas, les changements obéissent à des règles simples en vigueur depuis des millénaires, mais ne sont généralement pas abordées dans les manuels de politique et de relations internationales.

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La première guerre multipolaire


Par Arnaud Bertrand – Le 24 mars 2026 – Source Blog de l’auteur

À l’heure actuelle, il est douloureusement évident que la guerre en Iran est d’une nature qualitativement différente de la plupart des autres guerres américaines de ces dernières décennies.

Prenez le Vietnam, l’Afghanistan, la Libye, l’Irak, la Serbie, etc. (la liste est malheureusement très longue) : le schéma était à peu près toujours le même avec un immense différentiel de pouvoir entre l’agresseur et la victime. Ces guerres étaient, dans l’ensemble, impériales : l’empire tentait d’écraser un peuple beaucoup plus faible dont le seul recours réaliste était la résistance par la guérilla, pour ceux qui avait la volonté de résister. Certains – comme la Libye – s’en sont à peine inquiétés, se résignant simplement à leur sort.

En tant que spectateurs de ces guerres, si vous aviez un sens moral, l’émotion dominante était un sentiment d’impuissance dégoûté : vous regardiez un géant piétiner la maison de quelqu’un d’autre.

Bien sûr, les États-Unis ont en fait perdu beaucoup – sinon la plupart – de ces guerres, remplaçant notoirement les Talibans par les Talibans ou étant expulsés la queue entre les jambes du Vietnam, mais le différentiel de puissance n’était pas moins réel entre eux. C’est juste que la puissance ne garantit pas toujours la victoire ; parfois, le géant n’arrive pas à tuer tout le monde et finit par se lasser d’essayer. Mais les « victoires » remportées de cette manière étaient toujours, au mieux, à la pyrrhus ; le peuple a enduré, oui, mais ce qui lui reste est un pays en cendres. Pendant ce temps, dans le grand schéma des choses, le géant est reparti avec à peine plus de dégât qu’un ego meurtri.

L’Iran se révèle – remarquablement – être une bête entièrement différente : alors que les autres ne faisaient que tenter de survivre aux attaques d’un géant, l’Iran semble être en mesure de lui faire face.

Examinons le tableau tel qu’il est aujourd’hui.

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La tour d’ivoire occidentale


Par Kishore Mahbubani – Le 17 février 2026 – Source Foreign Affairs

Dans son essai intitulé “La dernière chance de l’Occident”, Alexander Stubb, le président finlandais, prédit la trajectoire future de l’ordre mondial. ”Les pays du Sud“, écrit-il, ”décideront si la géopolitique de la prochaine ère penchera vers la coopération, la fragmentation ou la domination”. Il a également raison d’affirmer que “c’est la dernière chance pour les pays occidentaux de convaincre le reste du monde qu’ils sont capables de dialoguer plutôt que de monologuer”. Pourtant, pour dialoguer, il faut d’abord écouter. La triste vérité est que l’Occident ne semble pas disposé à écouter les pays du Sud.

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