Par Roger Scruton – Janvier 2012 – Source Daily Telegraph

Ce matin, des centaines de compagnies de chasse se rassembleront à travers tout le royaume pour la rencontre du Boxing day. Ma famille et moi-même nous y paraîtrons dans nos uniformes aussi impeccables que nos chevaux, pour nous tenir, cérémonieusement, à côté de nos voisins, dans le Parc de Cirencester. Avec nous il y aura une foule de milliers de gens qui seront venus profiter du spectacle. Pendant une heure, trois espèces – chiens, chevaux et humains ; carnivores, herbivores et omnivores – se tiendront paisiblement côte à côte sur un morceau de prairie, rayonnants de sérénité. Un des orchestres locaux jouera. L’Ecole Royale Agricole des Beagles sera présente, avec des gens de tous les milieux, qui sont venus pour jouir du spectacle avant d’aller déjeuner au village.


Il existe une théorie très répandue selon laquelle un monde multipolaire est nécessairement plus violent et que certains des conflits auxquels nous assistons – l’Ukraine, la guerre en Iran – ne sont que les premières salves du futur chaos.



J’ai écrit, souvent et longuement, sur le déclin des formes de gouvernement en Occident, et la destruction parallèle et conséquente de la capacité de l’appareil d’État, et même des entreprises du secteur privé et des organisations non gouvernementales. D’autres ont abordé le même sujet. Je ne vais pas revenir sur tout cela ici, mais, fidèle à ma thèse selon laquelle la politique est un peu comme l’ingénierie, je veux examiner certains des processus négatifs qui ont été à l’œuvre au cours des quarante dernières années et, plus important encore, les processus positifs et essentiels qui ont été abandonnés ou considérablement réduits. Il y a plusieurs explications possibles à cet état de fait : comme je vais l’expliquer, je penche de plus en plus vers celle qui frôle l’apocalyptique.