Davos : le récit du témoin d’un empire en feu


Yana Afanasieva partage ses impressions depuis la Suisse : La musique s’est arrêtée, la maison est en feu, mais les élites dansent toujours.


Par Pascal Lottaz – Le 25 janvier 2026 – Source Blog de l’auteur

Note de Pascal : Ce qui suit est le courriel d’une de mes invitées YouTube, Yana Afanasieva. Elle est en Suisse et s’est promenée à Davos pour “absorber la réaction du public à ce qui se passe sur la scène principale.” Il semble que les élites – en particulier celles d’Europe – soient prises dans leurs propres fictions. Tant qu’ils prétendent que rien n’a changé, ils peuvent continuer la petite mascarade selon laquelle le Moment unipolaire règne toujours en maître. Davos me rappelle beaucoup Crans-Montana, cette autre station de ski suisse où, au début du mois, les fêtards dansaient encore alors que le sol était déjà en feu.

Par Yana Afanasieva :

Il était visible que de nombreux Américains et en particulier les médias américains sont venus à Davos d’humeur très joyeuse anticipant l’humiliation des élites européennes. Une sorte de “nous sommes ici pour vous dire ce qui va se passer et vous ne pouvez rien y faire”. Je m’attendais à voir des drapeaux danois ou groenlandais dans les rues et je n’en ai vu aucun.

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Carney déclare la mort de « l’Ordre fondé sur des règles »


Par Moon of Alabama – Le 21 janvier 2026

Hier, Mark Carney, un ancien directeur de la banque centrale et maintenant Premier ministre du Canada, a prononcé un discours remarquable (vidéo, transcription) au Forum économique mondial de Davos.

Ce discours fut une attaque contre « l’ordre international fondé sur des règles« , le concept que les nations impériales occidentales promouvaient et utilisaient pour justifier leurs innombrables déviations et abus du droit international :

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La politique de destruction mène à la destruction de la politique


Par Aurelien – Le 7 Janvier 2026 – Source : le blog de l’auteur

J’ai écrit, souvent et longuement, sur le déclin des formes de gouvernement en Occident, et la destruction parallèle et conséquente de la capacité de l’appareil d’État, et même des entreprises du secteur privé et des organisations non gouvernementales. D’autres ont abordé le même sujet. Je ne vais pas revenir sur tout cela ici, mais, fidèle à ma thèse selon laquelle la politique est un peu comme l’ingénierie, je veux examiner certains des processus négatifs qui ont été à l’œuvre au cours des quarante dernières années et, plus important encore, les processus positifs et essentiels qui ont été abandonnés ou considérablement réduits. Il y a plusieurs explications possibles à cet état de fait : comme je vais l’expliquer, je penche de plus en plus vers celle qui frôle l’apocalyptique.

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Le Venezuela a tué les États-Unis


Par Arnaud Bertrand – Le 6 janvier 2026 – Source Blog de l’auteur

Dans l’histoire des relations entre les États-Unis et l’Amérique latine, ce qui vient de se passer au Venezuela n’est guère unique : en un peu moins de cent ans, de 1898 à 1994, le gouvernement américain est intervenu avec succès pour changer de gouvernement en Amérique latine au moins 41 fois au total, avec une intervention directe dans 17 des 41 cas.

Ce qui est sans précédent cependant, c’est l’effronterie, la nature prédatrice sans vergogne de l’intervention.

Trump ne prétend pas qu’il s’agit d’autre chose que d’extraction de ressources. Il a explicitement déclaré « nous allons retirer une énorme quantité de richesses du sol » et que cette richesse « irait aux États-Unis d’Amérique sous la forme d’un remboursement pour les dommages qui nous ont été causés par ce pays. »

Étonnamment, les États-Unis n’insistent même pas sur un changement de régime. Ils sont très heureux que le gouvernement chaviste reste en place sous la présidence par intérim de Delcy Rodríguez tant qu’elle “fait ce que nous voulons”, a déclaré Trump, jurant de bombarder à nouveau le pays si elle ne le faisait pas.

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Le Rubicon est franchi à cause du nihilisme de l’équipe Trump


Par Alastair Crooke – Le 8 janvier 2026 – Source Conflicts Forum

Finalement, une action prédatrice sans fard de Trump et de son équipe – l’enlèvement du président Maduro lors d’un raid militaire nocturne éclair – a poussé 2026 dans un moment charnière. Un moment charnière non seulement pour l’Amérique latine, mais aussi pour la politique mondiale.

La « méthode Venezuela » est alignée sur l’approche « business first » de Trump qui est basée sur la construction d’un « système de récompense financière« , par lequel diverses parties prenantes à un conflit se voient offrir des avantages financiers qui permettent aux États-Unis d’atteindre (ostensiblement) leurs propres objectifs, tandis que les habitants continuent d’obtenir des bribes financières de cette exploitation (dans ce cas) des ressources vénézuéliennes – sous la surveillance étroite des États-Unis.

Dans ce modèle, les États-Unis n’ont pas besoin de créer un nouveau régime gouvernemental à partir de zéro, ni de mettre des « bottes sur le terrain« . Pour le Venezuela, le plan est que le gouvernement actuel de la présidente nouvellement assermentée, Delcy Rodriguez, restera aux commandes du pays tant qu’elle obéit aux désidératas de Trump. Si elle ou l’un de ses ministres ne suit pas ce plan, ils recevront le « traitement Maduro« , voire pire. Les États-Unis auraient déjà menacé le ministre vénézuélien de l’Intérieur, Diosdado Cabello, qu’il serait ciblé par Washington s’il n’aidait pas le président Rodriguez à répondre aux demandes américaines.

En d’autres termes, le plan se résume à une prémisse sous-jacente unique, l’argent.

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Voici pourquoi « la loi du plus fort » est dangereuse pour nous tous


Par Moon of Alabama – Le 6 janvier 2025

Jaqcues Baud, qui a récemment été sanctionné par l’Union européenne, déplore sur Dialog Works que le monde entre dans une phase anarchique. (vidéo).

Il a raison bien sûr, mais trop tard.

Le droit international, développé au fil des siècles, a été violé par les États-Unis et d’autres forces impériales depuis sa création.

Mais après la Seconde Guerre mondiale, de telles violations, même lorsqu’elles étaient évidentes, étaient recouvertes d’une propagande qui prétendait que chacune d’elles concernait l’application de valeurs supérieures. Les méchants devaient être combattus, les dictateurs opposés, les méchants communistes devaient être empêchés de voler leur peuple. Les anciens et les nouveaux néo-conservateurs étaient passés maîtres en la matière. Les attaques impériales flagrantes contre l’Irak et contre l’Afghanistan ont été vendues comme des missions humanitaires pour apporter la démocratie aux pauvres opprimés et aux peuples réprimés dans ces pays. Nous devions libérer leurs femmes.

Cette propagande faite pour couvrir des guerres brutales de conquête sous le manteau de la promotion de la démocratie a résisté pendant un certain temps. Elle servait deux objectifs.

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Une lecture critique de la nouvelle Stratégie de sécurité nationale des États-Unis


Par Alastair Crooke – Le 7 décembre 2025 – Source Conflicts Forum

Une Stratégie de sécurité nationale (SSN) est produite périodiquement par les administrations américaines (Trump en a rédigé une lors de son premier mandat). La plupart du temps, ces documents présentent une version idéalisée de la politique étrangère et de sécurité d’une administration, et n’ont pas une grande importance pratique, à cause de ce qui est laissé de côté – c’est-à-dire les intérêts politiques et économiques enracinés des États-Unis ; le profond consensus de politique étrangère supervisé par la classe conservatrice de l’État de sécurité profonde ; et les politiques adoptées par le collectif des méga donateurs.

Néanmoins, cette SSN récemment publiée se lit assez différemment en donnant un aspect distinctif « l’Amérique d’Abord » à la politique étrangère américaine, évitant l’hégémonie mondiale, la « domination » et les croisades idéologiques en faveur d’un réalisme pragmatique et transactionnel axé sur la protection des intérêts nationaux fondamentaux ; la sécurité intérieure, la prospérité économique et la domination régionale dans l’hémisphère occidental. Les États-Unis « ne soutiendront plus tout l’ordre mondial tel ”Atlas“ et s’attendent à ce que l’Europe assume davantage ses propres charges de défense« .

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La Marine est un exemple expliquant pourquoi les États-Unis perdent leur relative puissance


Par Moon of Alabama – Le 27 novembre 2025

La défaite de l’Occident est en partie due à sa perte de capacité d’analyser et de gérer raisonnablement les choses. Une des conséquences est la perte de puissance.

Ici, c’est la marine américaine qui démontre le problème :

La Marine abandonne son programme pour les frégates de classe Constellation car les délais de construction augmente – gCaptain

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Retour vers le passé


Par Aurelien – Le 19 novembre 2025 – Source Blog de l’auteur

Prenez un échantillon aléatoire d’une centaine d’experts occidentaux écrivant sur le système politique occidental aujourd’hui, et vous trouverez un consensus assez large sur le fait que les choses ne vont pas bien. Selon l’endroit où l’individu se situe politiquement, c’est parce que notre démocratie libérale est menacée par « l’autoritarisme » ou le « populisme » (parfois curieusement présenté comme étant la même chose), ou parce que le système a été corrompu par « l’élite mondialiste« , ou parce que les politiciens sont déconnectés des souhaits et des aspirations des gens ordinaires. Les partis politiques traditionnels s’effondrent et les différences politiques entre eux sont maintenant difficiles à distinguer. Les échos effrayants des années 1930 sont partout. Et cetera… Compte tenu de ces diagnostics très différents, il n’est pas surprenant que les solutions potentielles – quand elles sont proposées – soient très différentes. Pourtant, presque personne, à l’exception de ceux qui sont actuellement au pouvoir (et même pas tous), n’est réellement prêt à défendre le fonctionnement du système actuel.

Tout cela est-il vraiment une surprise ? N’aurait-ce pas dû être anticipé il y a au moins une génération ? D’où vient le sentiment omniprésent de déception, de colère et d’impuissance ? Pourquoi des partis et des dirigeants marginaux se soulèvent-ils, menacent-ils parfois de prendre le pouvoir, parfois même presque de réussir, puis disparaissent-ils ? Est – ce un bogue dans le système ou est-ce, comme je vais le suggérer, une fonctionnalité de ce système, même si cela fait des décennies que les gens refusent de reconnaître ? Il y a plusieurs années, le théoricien de droite Patrick Deneen soutenait que le libéralisme, moteur de notre système politique actuel, était victime non pas de son échec, mais de son succès. Une fois que le libéralisme a été autorisé à devenir pleinement lui-même, il a commencé à produire le désert social, économique et politique que nous voyons autour de nous. Je pense que la même critique pourrait être formulée pour la gauche, notamment parce que l’identité paresseuse entre libéraux et Gauche assumée dans certains milieux ignore le fait que la Gauche a toujours été axée sur le bien collectif, alors que le libéralisme n’est au fond rien de plus qu’un égoïsme individuel rationalisé. En effet, la gauche a toujours soutenu que les individus ne peuvent s’épanouir que dans une société correctement organisée et équitablement gérée. Donc rien de ce que nous voyons maintenant ne devrait être une surprise. Alors comment en est-on arrivé là ?

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