Par Aurelien – Le 13 mai 2026 – Source Blog de l’auteur
Je ne me souviens pas du moment où j’étais incapable de lire. Avant d’aller à l’école, je savais déjà que c-h-a-t voulait dire “chat” et comme, ainsi que la plupart de ses contemporaines, ma mère restait à la maison quand les enfants étaient jeunes, j’imagine que c’est elle qui m’a appris. Bientôt, cependant, j’allais à l’école, dévorant tout ce que je pouvais trouver d’imprimé. Selon les normes actuelles, les livres étaient primitifs, avec leurs couleurs primaires vives et leurs illustrations simples sans micropuces ni effets sonores, mais ils étaient efficaces. Dans mon quartier ouvrier sale avec des écoles anonymes, pratiquement tout le monde apprenait à lire et à écrire.
Pourtant, ce dont je me souviens le plus clairement des livres que j’ai lus quand j’étais petit, c’était la nature solide et presque tactile du monde qu’ils décrivaient. Bien sûr, ce monde était stylisé, et probablement un peu dépassé, même pour ma petite enfance. Mais c’était un monde qui s’accordait avec la solidité et la connectivité de la vie quotidienne, même dans ses manifestations les plus humbles. Et bien sûr, ces livres, et plus tard la télévision et le cinéma, illustrent nécessairement les concepts d’une culture, ce qui est important pour le fonctionnement de la société. Donc, cette semaine, je veux réfléchir un peu à la façon dont ces idées ont changé au fil des générations, et comment nous sommes arrivés au monde que nous avons aujourd’hui, où la renommée, l’importance et le succès sont définis et illustrés très différemment de ce qu’ils étaient alors. Je soutiendrai que ces différences pourraient bientôt avoir de graves conséquences.
L’une des plus grandes difficultés pour les politiciens et les experts qui tentent de comprendre les changements dans le monde est ce que j’appelle le problème de la classification. La plupart des changements apparemment soudains et violents ont trois caractéristiques communes. La première est, qu’en réalité, ils ne sont pas soudains mais couvent depuis longtemps. Mais comme personne ne les voit venir, ils ne sont donc pas compris. La seconde est qu’un événement, souvent inattendu, se déroule et rend soudain évidents ces changements qui étaient auparavant invisibles. La troisième est que, dans presque tous les cas, les changements obéissent à des règles simples en vigueur depuis des millénaires, mais ne sont généralement pas abordées dans les manuels de politique et de relations internationales.
Qu’est-ce qui se passe ? Les néoconservateurs expériencent-ils une révélation ?
Par
Bien que la guerre en Iran ait été largement considérée à travers le prisme de la guerre occidentale conventionnelle, ses leçons sont tout sauf conventionnelles. Elles sont en fait insurrectionnelles.
Les systèmes d’armement à basse densité, à coût élevé, usant d’une technologie dépassée et à faible capacité d’emport de munitions ne produisent pas les résultats attendus.
En 1943, Jorge Semprùn, un espagnol exilé en France, a été arrêté et envoyé au camp de concentration de Buchenwald pour ses activités de résistance. Semprùn, à peine âgé de vingt ans à l’époque, aurait pu être exécuté immédiatement mais sa vie a été sauvée car il avait rejoint le Parti Communiste espagnol (illégal) l’année précédente, puis le FTP-MOI, l’organisation clandestine de Résistance en grande partie recrutée parmi les étrangers et organisée par le Parti Communiste français. Le camp de concentration, comme beaucoup en Allemagne, était effectivement administré par un groupe de détenus d’élite, en l’occurrence des membres du Parti communiste allemand dont beaucoup y avaient passé la majeure partie de la décennie. Ils ont reconnu Semprùn comme étant l’un des leurs et ont falsifié ses documents personnels pour montrer qu’il possédait des compétences qui valaient la peine de le maintenir en vie. Il a passé l’année suivante dans le camp à travailler dans l’administratif. Il a survécu à la guerre, devenant un haut fonctionnaire du Parti communiste espagnol en exil, avant de rompre avec eux, et de développer une carrière d’écrivain, terminant comme ministre de la Culture après la mort de Franco. Une vie sauvée d’un trait de plume.
La première fois que j’ai traversé une frontière terrestre en Europe, j’étais adolescent, dans un train en provenance d’un endroit en Belgique dont j’ai oublié le nom, en route pour Amsterdam. Pendant le voyage, deux douaniers néerlandais ont remonté le train, vérifiant que tout le monde avait un passeport ou une carte d’identité. Après tout, nous traversions une frontière nationale et allions dans un autre pays.