Des pales copies de la vraie vie n’aideront pas quand les choses deviendront vraiment difficiles


Par Aurelien – Le 13 mai 2026 – Source Blog de l’auteur

Je ne me souviens pas du moment où j’étais incapable de lire. Avant d’aller à l’école, je savais déjà que c-h-a-t voulait dire “chat” et comme, ainsi que la plupart de ses contemporaines, ma mère restait à la maison quand les enfants étaient jeunes, j’imagine que c’est elle qui m’a appris. Bientôt, cependant, j’allais à l’école, dévorant tout ce que je pouvais trouver d’imprimé. Selon les normes actuelles, les livres étaient primitifs, avec leurs couleurs primaires vives et leurs illustrations simples sans micropuces ni effets sonores, mais ils étaient efficaces. Dans mon quartier ouvrier sale avec des écoles anonymes, pratiquement tout le monde apprenait à lire et à écrire.

Pourtant, ce dont je me souviens le plus clairement des livres que j’ai lus quand j’étais petit, c’était la nature solide et presque tactile du monde qu’ils décrivaient. Bien sûr, ce monde était stylisé, et probablement un peu dépassé, même pour ma petite enfance. Mais c’était un monde qui s’accordait avec la solidité et la connectivité de la vie quotidienne, même dans ses manifestations les plus humbles. Et bien sûr, ces livres, et plus tard la télévision et le cinéma, illustrent nécessairement les concepts d’une culture, ce qui est important pour le fonctionnement de la société. Donc, cette semaine, je veux réfléchir un peu à la façon dont ces idées ont changé au fil des générations, et comment nous sommes arrivés au monde que nous avons aujourd’hui, où la renommée, l’importance et le succès sont définis et illustrés très différemment de ce qu’ils étaient alors. Je soutiendrai que ces différences pourraient bientôt avoir de graves conséquences.

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L’ennemi temporaire de mon ennemi temporaire…peut devenir mon ami temporaire


Par Aurelien – Le 5 mai 2026 – Source Blog de l’auteur

L’une des plus grandes difficultés pour les politiciens et les experts qui tentent de comprendre les changements dans le monde est ce que j’appelle le problème de la classification. La plupart des changements apparemment soudains et violents ont trois caractéristiques communes. La première est, qu’en réalité, ils ne sont pas soudains mais couvent depuis longtemps. Mais comme personne ne les voit venir, ils ne sont donc pas compris. La seconde est qu’un événement, souvent inattendu, se déroule et rend soudain évidents ces changements qui étaient auparavant invisibles. La troisième est que, dans presque tous les cas, les changements obéissent à des règles simples en vigueur depuis des millénaires, mais ne sont généralement pas abordées dans les manuels de politique et de relations internationales.

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La révélation des néocons


Par Arnaud Bertrand – Le 12 Mai 2026 – Source Blog de l’auteur

Qu’est-ce qui se passe ? Les néoconservateurs expériencent-ils une révélation ?

Après que Bob Kagan ait écrit un article sur la façon dont les États-Unis font face à une “défaite totale” en Iran (voir mon article d’hier), vous avez maintenant Max Boot – l’auteur de “The Case for American Empire” et l’un des défenseurs les plus virulents de la guerre en Irak – publiant une interview dans le Washington Post expliquant que la Chine a dépassé les États-Unis dans la plupart des domaines militaires.

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La guerre contre l’Iran. Les saoudiens blâment Israël – Un archi néo-conservateur concède la défaite


Par Moon of Alabama – Le 11 mai 2026

Deux articles remarquables sont parus au cours des derniers jours. Ils sont liés l’un à l’autre car les deux auteurs sont des stratèges chevronnés de droite qui ont été profondément impliqués dans l’administration de George W. Bush et sa guerre contre l’Irak.

Le premier article est de Turki Al-Faisal :

Il est le petit-fils du fondateur de l’Arabie saoudite, le roi Abdulaziz, et le fils du roi Fayçal. Il est président du Centre de Recherche et d’Études Islamiques de la Fondation du Roi Fayçal.

De 1979 à 2001, le Prince Turki a été directeur général d’Al Mukhabarat Al ‘ Ammah, l’agence de renseignement saoudienne, démissionnant de ce poste le 1er septembre 2001, dix jours avant les attentats du 11 septembre au cours desquels 15 ressortissants saoudiens ont détourné des avions de ligne commerciaux américains.

Le prince Turki a ensuite été ambassadeur à la Cour de Saint-James et aux États-Unis.

Dans un éditorial publié samedi par le journal semi-officiel Arab News, Faisal révèle une conspiration majeure derrière la guerre américaine contre l’Iran.

Bien que les Saoudiens soient contrariés par l’Iran, ils reconnaissent que ce n’est pas le véritable coupable qui a causé le désordre dans lequel se trouve actuellement toute la région du Golfe :

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Les « manières de faire la guerre » sont en pleine métamorphose


Par Alastair Crooke – Le 9 mai 2026 – Source Conflicts Forum

Bien que la guerre en Iran ait été largement considérée à travers le prisme de la guerre occidentale conventionnelle, ses leçons sont tout sauf conventionnelles. Elles sont en fait insurrectionnelles.

L’approche occidentale d’après-guerre (en particulier dans le contexte de la Guerre froide) reposait sur la capacité de surpasser tout adversaire militaire grâce à l’acquisition de munitions et d’aéronefs haut de gammes, suréquipés et coûteux. La domination de l’espace aérien et la forte dépendance à l’égard des bombardements aériens, c’est-à-dire la guerre aérienne, étaient la tactique doctrinale.

La course aux investissements (ainsi que l’innovation technique qui va avec) était considéré comme l’élément crucial de la confrontation avec l’URSS.

De même, la doctrine dans la guerre navale était d’investir dans des porte-avions de plus en plus gros et leurs niveaux associés de navires de soutien naval.

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Sous-performance chronique de la machine de guerre étasunienne – 1ère partie


Par Hua Bin − Le 17 avril 2026 − Source huabinoliver.substack.com

Les systèmes d’armement à basse densité, à coût élevé, usant d’une technologie dépassée et à faible capacité d’emport de munitions ne produisent pas les résultats attendus.

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Maintenant c’est important. Envoyez les mauvais signaux et vous obtiendrez la mauvaise société.


Par Aurelien – Le 29 avril 2026 – Source Blog de l’auteur

En 1943, Jorge Semprùn, un espagnol exilé en France, a été arrêté et envoyé au camp de concentration de Buchenwald pour ses activités de résistance. Semprùn, à peine âgé de vingt ans à l’époque, aurait pu être exécuté immédiatement mais sa vie a été sauvée car il avait rejoint le Parti Communiste espagnol (illégal) l’année précédente, puis le FTP-MOI, l’organisation clandestine de Résistance en grande partie recrutée parmi les étrangers et organisée par le Parti Communiste français. Le camp de concentration, comme beaucoup en Allemagne, était effectivement administré par un groupe de détenus d’élite, en l’occurrence des membres du Parti communiste allemand dont beaucoup y avaient passé la majeure partie de la décennie. Ils ont reconnu Semprùn comme étant l’un des leurs et ont falsifié ses documents personnels pour montrer qu’il possédait des compétences qui valaient la peine de le maintenir en vie. Il a passé l’année suivante dans le camp à travailler dans l’administratif. Il a survécu à la guerre, devenant un haut fonctionnaire du Parti communiste espagnol en exil, avant de rompre avec eux, et de développer une carrière d’écrivain, terminant comme ministre de la Culture après la mort de Franco. Une vie sauvée d’un trait de plume.

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Il n’y a pas de course à l’IA


Par Arnaud Bertrand – Le 24 avril 2026 – Source Blog de l’auteur

Livre de Han

Les Chinois ont ce grand principe : « chercher la vérité en partant des faits » (实事求是). Il est communément associé au Parti communiste – parce que c’est en effet un de leurs slogans clés – mais, comme c’est souvent le cas en Chine, ce n’est que l’usage moderne d’un idiome beaucoup plus ancien, enregistré pour la première fois dans le Livre de Han (en l’an 111).

Qu’est-ce que cela signifie ? C’est essentiellement un principe anti-idéologie. Plutôt que de partir d’une doctrine et de regarder les faits à travers son prisme, il vaut mieux aller dans l’autre sens ; la “vérité” est extraite du monde tel qu’il est. C’est fondamentalement une ode au pragmatisme empirique.

« Chercher la vérité en partant des faits » est précisément ce qui manque dans la conversation sur l’IA, qui est incroyablement doctrinale et idéologique. Des pessimistes apocalyptiques d’un côté, des techno-utopistes plein d’illusions de l’autre, tout cela aggravé par le contexte « grande puissance » de cette soi-disant « course à l’IA ». Tout le monde commence par la conclusion – qu’elle soit du style « la Chine est mauvaise, alors elle doit perdre la course à l’IA », ou « l’intelligence artificielle générale (IAG) nous tuera tous« , ou « l’IAG annonce une nouvelle ère d’abondance » – et travaille à rebours pour essayer de trouver des faits qui correspondent à leur idéologie.

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Un Iceberg ? Quel Iceberg ?


Par Aurelien – Le 15 Avril 2026 – Source Blog de l’auteur

La première fois que j’ai traversé une frontière terrestre en Europe, j’étais adolescent, dans un train en provenance d’un endroit en Belgique dont j’ai oublié le nom, en route pour Amsterdam. Pendant le voyage, deux douaniers néerlandais ont remonté le train, vérifiant que tout le monde avait un passeport ou une carte d’identité. Après tout, nous traversions une frontière nationale et allions dans un autre pays.

Non pas que c’était difficile à l’époque. Parce que je ne savais pas dans combien de temps je voyagerais à nouveau à l’étranger, je m’étais rendu au bureau de Poste local avec une photo d’identité pour acheter un passeport de visiteur britannique, valable un an. Cela m’avait coûté dix shillings et m’avait permis de voyager pratiquement partout en Europe occidentale. L’ensemble du processus m’a pris environ quinze minutes, si je me souviens bien. Quelques années plus tard, des amis de l’Université ayant plus d’argent ont passé l’été à faire de l’auto-stop en Grèce et à dormir sur la plage, ce qui était tout à fait possible même au temps des colonels. Certains sont allés jusqu’en Afghanistan, sans trop de difficultés.

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Epstein et pathologie du pouvoir. Comment l’institution protège les monstres


Par Vincent Verschoore − Le 15 avril 2026 − Source Ze Rhubarbe Blog

Marcos Paulo Candeloro analyse la publication des dossiers Epstein comme révélation d’une pathocratie contemporaine ; un système où une classe dominante d’individus psychopathes, pédocriminels et corrompus capturent les institutions pour servir leurs pathologies et protéger leurs crimes.

Le cadre législatif illustre d’abord le fossé entre la volonté démocratique et son exécution. Le Congrès a adopté l’Epstein Files Transparency Act par 427 voix contre 1, interdisant catégoriquement toute rétention de documents pour motifs d’embarras ou de sensibilité politique. Pourtant, sur six millions de pages identifiées, seulement trois millions et demi ont été publiées. Deux millions et demi demeurent dans un « limbo procédural » où la bureaucratie invoque privilèges et exceptions techniques avec la même désinvolture qu’on offre du café à un invité gênant. Le procureur général adjoint Todd Blanche a déclaré le 30 janvier 2026 que la publication était « complète », administrant avec calme le record documentaire du plus grand réseau de trafic sexuel d’enfants de l’histoire judiciaire américaine.

Les co-auteurs de la loi, Thomas Massie et Ro Khanna, ont découvert dans la salle de lecture sécurisée du DOJ que les documents restaient partiellement caviardés. Massie a posé le diagnostic : sans menottes, le pays n’a pas de justice fonctionnelle. C’est la constatation d’une république en décomposition institutionnelle où la loi existe, est votée, promulguée, mais sa réalisation reste suspendue dans une quarantaine administrative permanente.

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