Le « plan » de Trump est-il de n’avoir aucun plan ?


Par Alastair Crooke – Le 12 mars 2026 – Conflicts Forum

Le modèle américano-israélien de guerre aérienne à distance  est remis en question par une guerre asymétrique stratégique tout à fait différente, une initiative planifiée par l’Iran il y a plus de 20 ans.

Il est important de comprendre cela lorsque vous essayez de juger où en est vraiment cette guerre. C’est comme comparer des oranges avec des citrons ; ils sont essentiellement de caractère différent.

Les États-Unis et Israël larguent de nombreuses munitions à distance de sécurité sur l’Iran, mais dans quel but et avec quel effet ? On ne sait pas.

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Si l’Iran survit et tient bon, la guerre des ressources que Trump mène contre la Chine et les BRICS s’effondrera


Par Alastair Crooke – Le 3 mars 2026 – Source Conflicts Forum

La guerre américano-israélienne est principalement menée pour répandre l’hégémonie israélienne dans toute l’Asie occidentale.

À un certain niveau, le conflit est devenu une bataille existentielle, menée entre les capacités iraniennes de missiles et d’interception, par rapport à celles des États-Unis et d’Israël.

La pensée conventionnelle est que le perdant est évident : l’Iran sera surpassé par la technologie et la puissance de feu américaines et forcé de capituler.

L’humiliation militaire de l’Iran, ainsi que la décapitation de ses dirigeants, entraînera – suivant leur plan – une recrudescence organique du ressentiment populaire qui submergera l’État iranien et le ramènera dans la sphère occidentale.

Pourtant, sur le plan de la lutte purement bilatérale – alors que la guerre entre dans son quatrième jour – l’Iran a l’initiative. L’État ne s’est pas effondré, mais rend plutôt coup sur coup avec des drones et des missiles frappant les bases militaires américaines à travers le Golfe, et Israël avec des missiles hypersoniques, armés (pour la première fois) de multiples ogives orientables.

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La fin de la diplomatie trompeuse de Trump


Par Alastair Crooke – Le 28 février 2026 – Source Conflicts Forum

Les négociations diplomatiques de jeudi (26 février) – malgré toutes les diversions tentées par les médiateurs et les négociateurs – ont confirmé une impasse essentielle. Les exigences américaines présentées à l’Iran étaient :

  • Le démantèlement complet des sites nucléaires de Fordow, Natanz et Ispahan.
  • Le transfert de tout l’uranium enrichi aux États-Unis.
  • La fin de toutes les exceptions et des restrictions permanentes.
  • Plus d’enrichissement nucléaire, avec seulement le réacteur de recherche de Téhéran autorisé à continuer à fonctionner.
  • Un allégement minimal des sanctions au début ; un allégement supplémentaire seulement après une conformité totale.

Ces demandes ont clairement été formulées pour entraver, plutôt que pour faciliter, toute solution diplomatique. Cela reflète une stratégie enracinée dans la présomption viscéralement ancrée que l’Iran est faible et que, face à une démonstration de force militaire américaine, capitulera assurément. C’était une hypothèse remplie d’orgueil. Elle s’est donc avérée fausse car, comme on pouvait s’y attendre, Téhéran a rejeté les demandes des États-Unis :

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Qui peut arrêter l’ambitieuse « Amérique d’abord » de s’imposer au monde ? La Chine peut le faire


Par Alastair Crooke – Le 18 février 2026 – Source Conflicts Forum

Nous pouvons maintenant voir plus clairement la voie choisie par l’administration Trump. À la suite du Forum de Davos et de la Conférence de Munich nous avons un peu de clarté, à la fois sur les ambitions imposantes de Trump et sur les moyens par lesquels il espère les réaliser. Il est peut-être néanmoins trop tard. Les politiques passées entravent l’avenir de l’Amérique. La Russie agissant seule ne pourra peut-être pas faire éclater la bulle de Trump, mais la Chine, la Russie et l’Iran ensemble le peuvent, et le devront.

À Munich, Marco Rubio a exposé le contexte d’une ambition impudemment impétueuse : Sa prémisse est fondée sur l’idée que la décolonisation était effectivement un sinistre complot communiste qui a détruit 500 ans d’empires occidentaux :

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Le théâtre Kabuki de Trump en Ukraine. Rien de substantiel n’a été résolu


Par Alastair Crooke − Le 12 février 2026 – Source Conflicts Forum

Mais ce n’est pas le problème (que rien ne soit résolu). C’est au contraire bien pratique. Car cela ouvre plutôt la possibilité de faire de bonnes « affaires« , des accords avec les « parties prenantes » à partager et des milliards de profits potentiels. C’est le modèle transactionnel géopolitique de Trump : les affaires remplacent la négociation traditionnelle (du moins tant que l’argent circule) ; l’argent mène la politique.

Trump, Witkoff et Kushner ont l’air convaincus qu’ils peuvent construire un système de récompense financière pour les détenteurs de dette occidentale, les investisseurs et les politiciens (et l’entourage de Zelensky, dans le cas de l’Ukraine) qui ont réussi à « s’accaparer les récompenses financières de la guerre sans trop d’effusion de sang« .

Une fois les paiements répartis – du point de vue de Trump/Witkoff – les “questions territoriales, les garanties de sécurité, le statut d’adhésion à l’UE et la position de l’OTAN sont des détails qu’on verra plus tard, une fois que le système de rétribution complet sera organisé. Autrement dit, ils se concentrent sur les choses qui comptent vraiment, l’argent”.

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Le lent tremblement de terre causé par l’affaire Epstein. Une rupture entre le peuple et les élites


Par Alastair Crooke – Le 5 février 2025 – Conflicts Forum

Après « Epstein« , rien ne peut continuer comme avant : ni les valeurs d’après-guerre du genre « plus jamais ça » – reflétant le désir de mettre fin aux guerres sanglantes et celui, plus généralisé, d’une société « plus juste« ; ni l’économie bipolaire engendrant des disparités extrêmes de richesse ; ni la confiance, après la vénalité exposée, les institutions pourries et les perversions dont les dossiers Epstein ont montré qu’elles étaient endémiques parmi certaines des élites occidentales.

Comment parler de « valeurs » dans ce contexte ?

À Davos, Mark Carney a clairement indiqué que « l’ordre fondé sur des règles » n’était qu’une grossière façade Potemkine qui était parfaitement reconnue comme étant fausse mais pourtant maintenue. Pourquoi ? Tout simplement parce que la tromperie était utile. L’ »exigence » était due à la nécessité de cacher l’effondrement du système tombant dans un nihilisme radical et anti-valeurs. C’est pour cacher la réalité que les cercles d’élite – autour d’Epstein – opèrent au-delà des limites morales, juridiques ou humaines, pour décider entre la paix et la guerre, sur la base de leurs appétits de base.

Les élites ont compris qu’une fois que l’amoralité complète des dirigeants serait connue par les hoi polloi, l’Occident perdrait la structure morale qui ancre précisément une vie ordonnée. Si l’Establishment est connu pour éviter la moralité, pourquoi le tout-venant devrait-il se comporter différemment ? Le cynisme tomberait en cascade. Qu’est-ce qui alors maintiendrait une nation unie ?

Eh bien seulement le totalitarisme, très probablement.

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Piéger Trump pour qu’il bombarde l’Iran ? Netanyahu refusera son « certificat casher » à un accord avec l’Iran n’incluant pas les missiles iraniens


Par Alastair Crooke – Le 7 février 2026 – Conflicts Forum

Netanyahu et ses partisans voient que leur stratégie hégémonique est en train « d’exploser » : l’État tombe dans une crise interne, et lui, comme Trump, deviennent désespéré. Il a besoin que Trump ne se contente pas de bombarder l’Iran, mais qu’il retire complètement ce pays de l’échiquier stratégique afin de maintenir l’élan du projet de domination du Grand Israël.

À cette fin, Netanyahu a conçu le cadre d’un piège iranien pour Trump ; un piège consistant à rétrograder le problème nucléaire en tant que priorité principale et à le remplacer par celui des missiles iraniens comme étant désormais la menace primordiale et existentielle d’Israël. C’est le message que Netanyahu a livré à Trump à Mar-a-Lago le 28 décembre 2025.

Les articles de presse israéliens sont catégoriques sur le fait que Trump au sommet de Mar-a-Lago a donné son « feu vert » à une frappe contre l’Iran, dirigée par les États-Unis. Ce récit provient d’Israël mais n’a pas été confirmé par des sources américaines.

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Trump tergiverse pour trouver une faille exploitable dans la position ferme de l’Iran


Par Alastair Crooke – Le 31 janvier 2026 – Source Conflicts Forum

L’establishment politique et sécuritaire israélien”, écrit Anna Barsky dans Ma’ariv, ”surveille de près la situation dynamique dans l’arène américano-iranienne. Cependant, il n’y a pas de consensus … sur la direction dans laquelle Trump se dirige ; ni [même] si les États-Unis sont proches d’une décision – et si oui, quelle pourrait être sa nature et son calendrier”.

Selon l’évaluation [de la sécurité israélienne] – et contrairement à l’impression publique – la décision américaine n’est pas définitive. Trump, selon cette analyse, laisse définitivement l’option militaire sur la table mais il continue d’hésiter quant au prix, aux risques et aux chances de succès. Selon eux [l’establishment de la sécurité israélienne], Trump est un président qui prend des décisions de manière imprévisible … [Son processus de réflexion] est linéaire, influencé par des considérations politiques internes, des considérations d’image et l’équilibre coûts-avantages qu’il identifie à un moment donné”.

Cette présentation coïncide avec la prédilection connue de Trump pour les victoires rapides et une histoire qu’il peut raconter : ”“J’ai frappé, j’ai déclaré, maintenant on va parler”. C’est un scénario qui ne renverse pas le régime et ne résout pas le problème nucléaire, mais crée un récit politique”, suggèrent des sources de sécurité israéliennes, ajoutant qu’il n’y a pas nécessairement de rigidité à l’ultimatum de Trump : « S’ils ne veulent pas négocier, nous attaquerons ». Au contraire, la menace est liée à la question des tueries [et est donc fongible]”.

Cela suggère un moyen potentiel pour Trump de se dégager de ses déclarations maximalistes : « J’ai menacé ; les tueries et l’oppression ont cessé« . Crise terminée, pourrait dire Trump.

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Reconstruction de Gaza, reconstruction de l’Ukraine, « Tout cela n’est qu’affaire commerciale »


Par Alastair Crooke – Le 28 janvier 2026 – Source Conflicts Forum

Au cours des deux dernières semaines, deux messages importants ont été transmis à l’Iran, qui ont tous deux été rejetés.

L’un venait des États-Unis et l’autre d’Israël. Le premier était : « Nous [les États-Unis] allons mener une attaque limitée et vous devriez l’accepter ; ou du moins, ne donner qu’une réponse symbolique”. Téhéran a rejeté cette demande, affirmant qu’elle envisagerait toute attaque comme marquant le début d’une guerre à grande échelle.

Le message d’Israël, délivré par l’un des différents médiateurs, était : “Nous ne participerons pas à l’attaque américaine”. Il a donc demandé à l’Iran de ne pas cibler Israël. Cette demande a également rencontré une réponse négative, ainsi que la clarification explicite que si les États-Unis commençaient une action militaire, Israël serait immédiatement attaqué. Parallèlement, l’Iran a informé tous les États de la région que toute attaque lancée à partir de leur territoire ou de leur espace aérien entraînerait une attaque iranienne contre quiconque faciliterait une telle action militaire américaine.

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Trump va-t-il reculer, ou pas, face à l’Iran


Par Alastair Crooke – Le 24 janvier 2026 – Source Conflicts Forum

Comme souvent ces jours-ci, une attaque décisive contre l’Iran revient, en dernière analyse, à la personnalité de Trump et à son besoin d’attirer l’attention de tout le monde. Il comprend que même si ses déclarations maximalistes ont l’air – et elles le sont – folles, elles sont néanmoins généralement comprises par défaut comme projetant « l’image d’un homme fort« . La carrière de Trump a été fondée sur le prédicat que sa base aime les « gars costauds » et que tout signe de faiblesse nuirait à cette apparence de force. C’est une chose qui a généralement bien fonctionné pour lui.

Cependant, les élites européennes trouvent cela difficile à digérer – ce qui peut se comprendre – et glissent dans des paroxysmes d’indignation.

La clé, comme l’a suggéré Michael Wolff, un observateur attentif de Trump, est qu’après des jours pendant lesquels Trump a dit que « ceci ou cela » va être fait, soit “de la manière la plus douce, soit de la manière la plus dure”, le point de basculement survient généralement lorsqu’il doit manœuvrer pour sortir de ses positions maximalistes, tout en affirmant ce fut un succès obtenu grâce à « l’Art de la négociation » – le résultat étant exactement ce qu’il prévoyait depuis le début.

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