La Russie, entendant la clameur européenne pour la guerre, annonce qu’elle est prête


Par Alastair Crooke – Le 25 juin 2026 – Source Conflicts Forum

Le plan de désescalade qui est apparu pendant les pourparlers américano-iraniens de Lucerne est resté en grande partie fidèle au plan iranien original en 10 points. Pendant ce temps, le président Trump et le vice-président Vance brouillent délibérément les cartes en affirmant que l’Iran a déjà accepté que l’AIEA inspecte les installations nucléaires iraniennes (une affirmation maintes fois démentie par l’Iran). Vance a annoncé que l’AIEA pourrait commencer les inspections dès cette semaine. Non, « l’accord » ne fait référence qu’à l’éventuelle supervision par l’AIEA de la dilution du stock enrichi à 60%, sous réserve de la conclusion d’un accord final avec les États-Unis.

Trump, sur les réseaux sociaux, a ensuite affirmé mensongèrement que « l’Iran a pleinement et complètement accepté les inspections nucléaires au plus haut niveau pendant longtemps dans le futur ». En fait, l’AIEA n’inspecte la centrale conjointe Iran-Russie de Bouchehr qu’à la demande de la Russie, car celle-ci souhaite s’assurer du respect de son implication. En d’autres termes, il s’agit d’une demande russe de satisfaire à son propre engagement de conformité envers l’AIEA.

Trump a ensuite averti l’Iran qu’il pourrait devoir “terminer le travail [militairement]”, s’il n’obtient pas une très bonne affaire, ce qui, dit-il, prendrait “environ une semaine”, et ajoute que l’Iran sera tenu d’utiliser tous les fonds iraniens non gelés détenus sur des comptes ESCROW (comptes contrôlés par les États-Unis) pour acheter “du maïs et du soja pour leur peuple, car en ce moment leur peuple a très faim et ils achètent exclusivement chez nous”.

Donc, ce qui nous attend est assez clair, Trump revient à son mode de négociation immobilière à la Newyorkaise. Dans The Art of the Deal, son livre de 1987 en réalité écrit par Tony Schwartz, le texte conseille l’utilisation de « demandes extrêmes et imprévisibles pour créer de l’anxiété et forcer les rivaux à faire des concessions ».

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Israël ramasse les morceaux à cause de son profond orgueil


Par Alastair Crooke − Le 18 juin 2026 – Source Conflicts Forum

L’agrément permettant la désescalade entre l’Iran et les États-Unis a été signé. Comme toujours, obtenir un cadre convenu est une chose, mais le préserver des perturbateurs ou de l’interprétation malveillante du texte en est une autre. Qui sait combien de temps il survivra intact ? Le protocole d’accord constitue néanmoins une phase importante – bien que temporaire – dans le long voyage qui attend l’Iran. Cependant, l’Accord pourrait également entraîner des changements géo-économiques plus importants.

L’Iran a réussi à pousser un Trump réticent à franchir le Rubicon. Danny Citrinowicz, ancien analyste principal du renseignement militaire israélien sur l’Iran, a déclaré que pour Trump « parvenir à un accord avec l’Iran et mettre fin au cycle actuel d’escalade n’est pas simplement une option, mais un objectif stratégique clair … Il envisage maintenant une vision élargie des relations américano–iraniennes ».

Un dogme incontesté a mordu la poussière :

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Après la guerre d’Iran. La fin d’une époque, non pas vers le déclin mais comme le déclencheur d’un brutal changement


Par Alastair Crooke – Le 12 juin 2026 – Source Conflicts Forum

Le professeur Michael Hudson, dans une discussion récente, n’est pas d’accord avec ceux qui parlent aujourd’hui du « déclin de l’hégémonie américaine« . Un déclin implique quelque chose qui monte et qui descend, dit Hudson, mais qui récupère toujours.

Mais il n’y a jamais eu, statistiquement, quelque chose qui ressemble à un cycle… Ce n’est pas un déclin, c’est un crash …

Nous assistons à la fin d’une époque, pas à un déclin, mais à un changement brutal. Et ce changement ne vient pas de l’extérieur. La fin de la puissance américaine n’est pas le résultat d’une guerre venue de l’étranger ou d’une guerre contre la domination américaine. La fin vient des États-Unis eux-mêmes, quand ils essayent d’imposer leurs intérêts hégémoniques à ceux de tous les autres pays.

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L’Iran essaye de s’en sortir au mieux dans cette guerre


Par Alastair Crooke – Le 4 juin 2026 – Source Conflicts Forum

La guerre entre les États-Unis et l’Iran a dépassé sa phase initiale pour atteindre la prochaine, pour laquelle l’Iran met toutes les chances de son côté, la prochaine phase étant un retour à la guerre chaude. Probablement une guerre en épisodes limités, mais possédant néanmoins un potentiel d’élargissement régional, si les États-Unis (et Israël) choisissent d’intensifier fortement les choses.

La nouvelle phase comporte bien sûr des risques, mais l’Iran détient des atouts pour imposer des dommages disproportionnés et plus importants aux infrastructures du Golfe en représailles à tout préjudice qui lui est infligé et a conscience que l’Occident se rapproche de plus en plus de la « falaise énergétique ».

Les trois piliers sous-jacents à ce changement sont premièrement, la confiance que l’Iran ne sera pas (et ne peut pas être) éloigné de son emprise sur Ormuz, et qu’en consolidant ses structures administratives là-bas, la réalité de l’emprise de l’Iran sur Ormuz sera de plus en plus assimilée par les autres États, et reflétée dans leur acceptation du contrôle irano-omanais.

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Les conséquences de la guerre en Iran marqueront la réinitialisation de la géopolitique mondiale


Par Alastair Crooke – Le 28 mai 2026 – Source Conflicts Forum

Apparemment, chaque jour apporte de nouvelles déclarations haletantes disant qu’un « accord » américano-iranien est presque signé. Comme c’est souvent le cas, les médiateurs (pakistanais et qataris) espèrent manipuler les deux parties en disant à l’une que l’autre est proche de donner son accord alors qu’elle ne l’est pas, surtout à cause d’une atmosphère de méfiance totale entre les deux. De cette manière, les médiateurs espèrent faire avancer les choses vers un accord final. C’est une tactique familière, mais qui entraîne assez souvent de la confusion et de la méfiance plutôt que le règlement tant attendu.

Le « plan« , à ce stade, ne comporte que deux piliers centraux : la « réouverture » du détroit d’Ormuz par l’Iran (aux conditions de l’Iran) en échange de la levée du blocus naval américain et, à une date ultérieure, le problème de la dilution de l’uranium enrichi à 60% de l’Iran serait abordée en échange de la fin des sanctions.

Dire que le diable est dans les détails serait l’euphémisme de l’année. L’Iran comprend que les déclarations tonitruantes de Trump annonçant un « accord imminent » sont premièrement destinées à maintenir le marché boursier américain en hausse et les contrats à terme sur le pétrole bien en dessous du prix de livraison du pétrole physique. Et, deuxièmement, elle sont faites pour obscurcir le fait que Trump cherche un moyen plausible de mettre fin à la guerre en concluant un accord rapide et incomplet qui, selon toute vraisemblance, se ferait en grande partie aux conditions de l’Iran.

Toutes les autres questions – y compris les détails cruciaux concernant un accord sur le nucléaire – seraient reportées.

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Paradoxalement, la peur est le fondement de la stabilité ; La dissuasion fonctionne


Par Alastair Crooke – Le 20 mai 2026 – Source Forum conflicts

Le professeur Sergei Karaganov a écrit un article intitulé « comment gagner une guerre mondiale » qui préconise une frappe nucléaire russe limitée sur un adversaire comme moyen de prévenir une guerre mondiale.

À première vue, cela peut sembler être un oxymore, une frappe nucléaire étant précisément faite pour empêcher une guerre mondiale. Un certain nombre de commentateurs occidentaux ont réagi avec une forte hostilité, le professeur Karaganov étant présenté comme une aberration politique, préconisant des politiques marginales qui pourraient ouvrir la boîte de Pandore à un grand conflit nucléaire.

Est-ce du bluff ou une refonte révolutionnaire de la stratégie de défense russe ?

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La « guerre perpétuelle » d’Israël pourrait désintégrer l’Amérique


Par Alastair Crooke, – Le 14 mai 2026 – Conflicts Forum

La guerre de Trump contre l’Iran et la guerre israélienne, qui lui est étroitement liée, pour l’hégémonie juive au Moyen-Orient (appelée « Sécurité permanente » dans le jargon militaire israélien), se déroulent rapidement.

L’Iran résiste aux menaces de Trump et d’Israël, laissant Trump mettre en danger l’ensemble de l’économie américaine et sa position stratégique mondiale pour pouvoir se vanter d’une « victoire » décisive sur l’Iran – aussi trompeuse et pyrrhique que cette « victoire » puisse s’avérer.

Trump est maintenant arrivé pour le sommet en Chine (apparemment avec peu de préparation avant la visite). Peut-être s’appuie-t-il sur sa mégalomanie habituelle, qui lui fait penser que la Chine a plus besoin des États-Unis que les États-Unis n’ont besoin de la Chine, et dira-t-il à Pékin que « vous (Xi) devez convaincre l’Iran » que le temps avance et que ce pays doit capituler devant les États-Unis.

Eh bien, ça n’arrivera pas. La Chine soutient la lutte de l’Iran pour sa souveraineté et partage avec la Russie l’objectif de l’Iran de voir les États-Unis quitter le Moyen-Orient. Ils veulent plutôt une architecture de sécurité dirigée par le Golfe lui-même, pour remplacer celle des États-Unis. Moscou est d’accord.

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Les « manières de faire la guerre » sont en pleine métamorphose


Par Alastair Crooke – Le 9 mai 2026 – Source Conflicts Forum

Bien que la guerre en Iran ait été largement considérée à travers le prisme de la guerre occidentale conventionnelle, ses leçons sont tout sauf conventionnelles. Elles sont en fait insurrectionnelles.

L’approche occidentale d’après-guerre (en particulier dans le contexte de la Guerre froide) reposait sur la capacité de surpasser tout adversaire militaire grâce à l’acquisition de munitions et d’aéronefs haut de gammes, suréquipés et coûteux. La domination de l’espace aérien et la forte dépendance à l’égard des bombardements aériens, c’est-à-dire la guerre aérienne, étaient la tactique doctrinale.

La course aux investissements (ainsi que l’innovation technique qui va avec) était considéré comme l’élément crucial de la confrontation avec l’URSS.

De même, la doctrine dans la guerre navale était d’investir dans des porte-avions de plus en plus gros et leurs niveaux associés de navires de soutien naval.

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Négocier un règlement pour un Iran souverain est quasiment impossible


Par Alastair Crooke – Le 2 mai 2026 – Source Conflicts Forum

Mettre ensemble deux parties – et encore moins trois – ayant des récits extrêmement divers de leurs histoires et encore moins de points communs dans la cartographie de leur future trajectoire nationale est intrinsèquement peu susceptible de parvenir à un règlement convenu. Il est plus probable, dans de telles rencontres mal préparées, d’y trouver une mauvaise humeur générale et un manque total de congruence.

Ce fut le cas lors des « pourparlers » d’Islamabad du mois dernier entre les États-Unis et l’Iran, Israël agissant en tant que mandataire tiers pour des « forces collectives » essayant de « forcer la fin » (une hégémonie régionale du Grand Israël), en exigeant effectivement un contrôle territorial régional massif (et sans restriction) pour Israël.

Pour que de telles discussions servent un but, elles devraient concrétiser un niveau sous-jacent d’accord entre les parties, s’il peut être trouvé. Sinon, le mieux qui puisse émerger seront des arrangements informels qui ne seront jamais mis en place, mais qui peuvent, dans l’instant, convenir aux intérêts des parties impliquées. De telles arrangements durent le temps qu’ils durent. Pas plus.

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L’erreur mécaniste. Pourquoi l’Occident se trompe si souvent en géopolitique ?


Par Alastair Crooke – Le 23 avril 2026 – Source Conflicts forum

Il y a une quinzaine d’années, j’avais écrit que la dépendance occidentale à l’égard de sa rationalité laïque n’était pas adéquate pour comprendre le conflit israélo-palestinien. Il était évident, même alors, que l’avenir de la région serait une guerre de plus en plus définie par des symboles religieux : c’est-à-dire Al-Aqsa contre le Troisième Temple.

Depuis lors, les choses ont évolué dans ce sens : en Israël, les élections nationales de novembre 2022 ont amené une nouvelle direction engagée à fonder Israël sur la « Terre du (Grand) Israël« , à déplacer la population non juive et à appliquer la loi halakhique.

La plate-forme du nouveau gouvernement est l’expression d’un objectif eschatologique et messianique basé sur la téléologie d’un chemin vers la Rédemption messianique qui n’est ni laïque, ni formulée avec la logique rationnelle des Lumières.

Mon point de vue d’alors – qui est toujours le même – est que les modes de pensée mécanistes laïques occidentaux comprennent mal ces changements fondamentaux. L’Occident insiste pour appliquer ses préceptes conceptuels occidentalisés à quelque chose — le messianisme et la poursuite de la rédemption — qui se situe en dehors du cadre de la conscience occidentale postmoderne d’aujourd’hui. Nous comprenons assez bien la politique du pouvoir, mais l’eschatologie est en grande partie un livre fermé pour la plupart des laïcs occidentaux.

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