Pourquoi l’Europe courtise-t-elle la révolution ?


Par Alastair Crooke – Le 2 novembre 2020 – Source Strategic culture

Tous les yeux sont tournés vers l’élection américaine et l’anticipation des conséquences du résultat. Mais dans l’ombre de « The Election », il y a d’autres « parties en mouvement » : L’Allemagne vient d’offrir à Washington un « accord entre amoureux » dans lequel l’Europe – avec l’Allemagne à sa tête – accepte de booster la stratégie américaine d’isolement et d’affaiblissement de la Russie et de la Chine. En retour, elle demande aux États-Unis d’accepter que l’Allemagne fasse de l’entité européenne une « puissance politique » qui serait à parité avec les États-Unis. Poutine a reconnu une telle possibilité – l’Allemagne aspirant à devenir une superpuissance – lors de son récent discours au club de Valdai.

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Rompre les relations avec l’UE ?


Si c’est ce qu’ils veulent, qu’il en soit ainsi


Par Alastair Crooke – Le 26 octobre 2020 – Source Strategic Culture

Wolfgang Munchau, du site Euro Intelligence, a récemment suggéré que l’UE commettait des erreurs en n’écoutant que sa propre chambre d’écho (ceux ayant la même opinion). Munchau faisait référence au fait que lorsque Boris Johnson avait cherché à obtenir un accord « en vue » pour le sommet européen de ce mois, il avait été accueilli avec dédain. Le Conseil Européen a non seulement déclaré qu’aucun accord n’était en vue, mais qu’il n’y aurait pas d’accélération des négociations. Le Conseil a de plus fermement réaffirmé ses trois lignes rouges, « non négociables ».

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Le vrai visage de l’Union européenne (4/4)


Par Vladislav B. SOTIROVIĆ − Le 14 août 2020 − Source orientalreview.org

Vers le super-État de l’Union européenne

Afin de contrer le processus de mondialisation, les dirigeants de la Communauté européenne décidèrent d’aller plus loin, avec la création d’un super-État, sous la forme d’une Union européenne (l’UE) et ainsi, comme première action légale sur le chemin menant à cet objectif politique, fut signé l’Acte unique européen (l’AUE) en 1987. Il avait deux tâches centrales :

1) un objectif économique, consistant à dérouler les étapes vers la constitution d’un marché réellement unifié pour 1992 ; 

2) un objectif politique, établissant la fondation de la création de l’UE. De manière simultanée, des mesures économiques avaient été combinées avec un renforcement de la politique technologique. Par exemple, le programme Eureka, à l’échelle européenne, fut établi à l’initiative du président français F. Mitterrand. Le programme visait à contrer les avancées technologies étasuniennes – et à certain point, japonaises – symbolisées par le programme de « Guerre des étoiles ».

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Le vrai visage de l’Union européenne (3/4)


Par Vladislav B. SOTIROVIĆ − Le 31 juillet 2020 − Source Oriental Review

L’axe franco-allemand

Une conférence intergouvernementale (Intergovernmental Conference — IGC) est la procédure formelle pour négocier des amendements aux traités fondateurs de l’UE. Selon ces traités, une IGC est rassemblée en tant que Conseil européen et est composée de représentants des États membres, avec la Commission européenne, et à un moindre degré le Parlement européen, qui y participe également 1.

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Le vrai visage de l’Union européenne (2/4)


Par Vladislav B. SOTIROVIĆ − Le 17 juillet 2020 − Source Oriental Review

Cet article est la seconde partie d’une suite de quatre articles.
Commencer par la première partie ici.

La Grande-Bretagne victime d’un abus de confiance

Vingt ans plus tôt, au cours des années 1960, alors que la Grande-Bretagne essayait par deux fois de pénétrer la CEE/CE, l’avertissement de l’historien Sir Arthur Bryant était resté lettre morte :

Une fois dans le marché commun, nous ne serons plus qu’une minorité au sein d’une organisation dont les décisions prises à la majorité auront le pouvoir de contraindre la minorité, pour une durée bien au-delà de quelques années : en théorie, à jamais.

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Une nouvelle tactique pour « sauvegarder la démocratie »


Déclarer des élections illégitimes après avoir refusé d’y envoyer des observateurs


Par Moon of Alabama – Le 13 septembre 2020

Les missions internationales d’observation des élections sont censées veiller à ce que les règles électorales spécifiques d’un pays soient respectées. Elles sont censées signaler toute irrégularité qu’elles détectent. Malheureusement, on observe actuellement des tentatives de perversion de leur objectif. Le refus d’envoyer des missions d’observation est maintenant utilisé pour délégitimer des élections, même si celles-ci sont équitables et respectent toutes les règles en place. Les exemples récents sont l’élection présidentielle en Biélorussie et la prochaine élection du Congrès au Venezuela.

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Le vrai visage de l’Union européenne (1/4)


Par Vladislav B. Sotirovic − Le 14 juillet 2020 − Source Oriental Review

United States of Europe

L’Union européenne (UE) se caractérise par une diffusion ad-hoc de l’autorité politique entre les institutions supranationales et intergouvernementales. Fondée sur l’idée d’un leadership partagé, elle repose sur un équilibre institutionnel délicat qui préserve l’égalité déclarée entre ses membres toujours plus divers et gère les tensions potentielles et réelles entre les États plus et moins peuplés. Ces tensions sont présentes dans toute construction fédérale et constituent une préoccupation majeure depuis que les « six premiers » ont fondé la Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier (CECA) en 1951 avec le Benelux, l’Allemagne de l’Ouest, la France et l’Italie.

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L’avenir de la livre après l’effondrement du dollar


Par Alasdair Macleod − Le 16 juillet 2020 − Source Goldmoney

Alasdair MacLeodDans des articles récents pour Goldmoney, j’ai souligné la vulnérabilité du dollar à un effondrement définitif de son pouvoir d’achat. Cet article se concentre sur les facteurs qui détermineront l’avenir de la livre sterling.

La livre sterling est exceptionnellement vulnérable à une crise bancaire systémique, les banques européennes étant les plus fortement orientées vers les GSIB [Global systemically important banks]. Le gouvernement britannique, en choisissant de se ranger du côté de l’Amérique et de rompre ses liens avec la Chine, a probablement perdu la seule chance significative qu’il a de ne pas voir la livre sterling s’effondrer avec le dollar.

Un salut possible pourrait être de s’accrocher aux basques de l’Allemagne si elle laisse tomber un euro naufragé pour former son propre bloc de devises, compte tenu de ses importantes réserves d’or. Mais pour l’instant, c’est mal parti.

Et enfin, à l’instar de la Fed et de la BCE, la Banque d’Angleterre a endossé pour elle-même plus de pouvoir en matière monétaire que les politiciens n’en ont vraiment conscience, étant généralement ignorants des affaires d’argent.

Conclusion : la livre a peu de chances de survivre à un effondrement du dollar, qui pour tout observateur sérieux, devient une certitude.

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La France et ses alliés remportent une victoire sur l’Allemagne


Par Oriental Review − Le 11 juin 2020 − Source Oriental Review

Emmanuel Macron est parvenu, en usant de diplomatie et de chantage politique, à réaliser ce que Napoléon Bonaparte avait essayé d’obtenir par les armes : l’argent de l’UE est désormais géré par Paris, et le contribuable allemand va payer les dettes de la France ainsi que ses programmes sociaux. La victoire des « coronabonds » remportée par Macron sur Angela Merkel aura dans l’ensemble des conséquences similaires à celles de la première guerre mondiale pour l’Allemagne et les quelques autres pays de l’UE qui continuent de déployer des politiques fiscales prudentes.

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Le chef de la politique étrangère de l’UE appelle à un rapprochement avec la Russie et à la fin du « système américain ».


Par Raul Diego – Le 27 mai 2020 – Source Mint Press News

Un changement significatif dans l’équilibre mondial des pouvoirs est peut-être en vue si l’on en croit les déclarations faites par le chef de la politique étrangère de l’UE, Josep Borrell, lors de son discours devant un groupe d’ambassadeurs allemands lundi à Bruxelles. M. Borrell aurait « créé un casse-tête diplomatique »  lorsqu’il a appelé à la fin du « système dirigé par les Américains » et a plaidé pour l’avènement d’un « siècle asiatique » centré sur la stabilisation des relations entre l’Europe et la Russie.

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