Rien que de l’anarchie. Mais à quoi vous attendiez-vous, les libéraux ?


Par Aurelien – Le 14 janvier 2026 – Source Blog de l’auteur

Le néo-libéralisme tue

 La semaine dernière j’ai suggéré que, ces temps-ci, les gouvernements et le secteur privé suivaient de plus en plus une politique de destruction nihiliste, qui était le résultat logique, bien qu’inconfortable, du genre d’individualisme apocalyptique qui sévit maintenant partout après le triomphe incontesté des idées libérales.

Je pense que ce cas est suffisamment bien établi et cette semaine je veux examiner plus en détail les domaines spécifiques où cela se produit, ou s’est même produit, et examiner quelles pourraient être certaines des conséquences pratiques. Ils sont tous logiquement déductibles de l’état d’esprit ultra-individualiste, presque autiste, que le libéralisme, dans ce qu’il a de pire, implique et il vaut peut-être la peine d’en dire d’abord un mot.

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Carney déclare la mort de « l’Ordre fondé sur des règles »


Par Moon of Alabama – Le 21 janvier 2026

Hier, Mark Carney, un ancien directeur de la banque centrale et maintenant Premier ministre du Canada, a prononcé un discours remarquable (vidéo, transcription) au Forum économique mondial de Davos.

Ce discours fut une attaque contre « l’ordre international fondé sur des règles« , le concept que les nations impériales occidentales promouvaient et utilisaient pour justifier leurs innombrables déviations et abus du droit international :

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Le gaullisme peut-il devenir un confucianisme européen ?


Par Arnaud Bertrand – Le 16 janvier 2026 – Source Blog de l’auteur

Il y a peu de controverse de nos jours pour dire que l’Europe, plutôt l’Occident dans son ensemble, est spirituellement et idéologiquement morte.

Il est loin le triomphe supposé de l’hégémonie libérale illustré par la “Fin de l’Histoire” de Fukuyuama il y a à peine 3 décennies. Il n’est même plus sous assistance respiratoire : il est à la morgue, en attente d’autopsie.

Étrangement, beaucoup dans la classe dirigeante européenne n’ont pas encore semblé s’en rendre compte (ou n’osent pas le dire à haute voix). Ironiquement, le dernier endroit sur terre où vous entendrez une défense à gorge déployée de l’hégémonie libérale dirigée par les États-Unis n’est pas Washington – ils ont bien compris que c’était fini – mais à Bruxelles. Cela ne rend pas l’idéologie moins morte mais fait simplement de ces dirigeants de l’UE les derniers fidèles d’une secte dont le gourou se moque maintenant ouvertement d’eux pour y avoir cru (littéralement, il suffit de lire la dernière Stratégie de sécurité nationale des États-Unis pour le voir).

La question qui s’ensuit logiquement est : qu’est-ce qui pourrait combler le vide idéologique ?

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Retour vers le passé


Par Aurelien – Le 19 novembre 2025 – Source Blog de l’auteur

Prenez un échantillon aléatoire d’une centaine d’experts occidentaux écrivant sur le système politique occidental aujourd’hui, et vous trouverez un consensus assez large sur le fait que les choses ne vont pas bien. Selon l’endroit où l’individu se situe politiquement, c’est parce que notre démocratie libérale est menacée par « l’autoritarisme » ou le « populisme » (parfois curieusement présenté comme étant la même chose), ou parce que le système a été corrompu par « l’élite mondialiste« , ou parce que les politiciens sont déconnectés des souhaits et des aspirations des gens ordinaires. Les partis politiques traditionnels s’effondrent et les différences politiques entre eux sont maintenant difficiles à distinguer. Les échos effrayants des années 1930 sont partout. Et cetera… Compte tenu de ces diagnostics très différents, il n’est pas surprenant que les solutions potentielles – quand elles sont proposées – soient très différentes. Pourtant, presque personne, à l’exception de ceux qui sont actuellement au pouvoir (et même pas tous), n’est réellement prêt à défendre le fonctionnement du système actuel.

Tout cela est-il vraiment une surprise ? N’aurait-ce pas dû être anticipé il y a au moins une génération ? D’où vient le sentiment omniprésent de déception, de colère et d’impuissance ? Pourquoi des partis et des dirigeants marginaux se soulèvent-ils, menacent-ils parfois de prendre le pouvoir, parfois même presque de réussir, puis disparaissent-ils ? Est – ce un bogue dans le système ou est-ce, comme je vais le suggérer, une fonctionnalité de ce système, même si cela fait des décennies que les gens refusent de reconnaître ? Il y a plusieurs années, le théoricien de droite Patrick Deneen soutenait que le libéralisme, moteur de notre système politique actuel, était victime non pas de son échec, mais de son succès. Une fois que le libéralisme a été autorisé à devenir pleinement lui-même, il a commencé à produire le désert social, économique et politique que nous voyons autour de nous. Je pense que la même critique pourrait être formulée pour la gauche, notamment parce que l’identité paresseuse entre libéraux et Gauche assumée dans certains milieux ignore le fait que la Gauche a toujours été axée sur le bien collectif, alors que le libéralisme n’est au fond rien de plus qu’un égoïsme individuel rationalisé. En effet, la gauche a toujours soutenu que les individus ne peuvent s’épanouir que dans une société correctement organisée et équitablement gérée. Donc rien de ce que nous voyons maintenant ne devrait être une surprise. Alors comment en est-on arrivé là ?

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Au moins, ils n’en parlent pas. Certains problèmes n’ont aucune solution


Par Aurelien – Le 29 octobre 2025 – Source Blog de l’auteur

Je ne suis pas beaucoup la couverture médiatique traditionnelle de la guerre en Ukraine – je laisse cela à ceux qui ont l’estomac bien ancré – mais il est impossible d’ignorer les deux messages contradictoires et confus qu’elle diffuse sur les chances de mettre fin, plus ou moins pacifiquement, à cette guerre. D’une part, « parler à Poutine » est considéré comme un crime capital, et toute initiative suggérant que l’Occident pourrait le faire est vue comme une forme de trahison. De l’autre, des armes miracles plus récentes et meilleures doivent être envoyées en Ukraine pour « forcer Poutine à rejoindre la table des négociations« .

Je ne vais pas essayer de réconcilier ces deux messages car je pense que c’est impossible, et de toute façon ce serait un gaspillage d’efforts. Je vais plutôt les traiter tous les deux – et d’autres choses dont je parlerai également – comme des exemples montrant l’incohérence fondamentale, le narcissisme et la superficialité de la pensée et de l’expression qui caractérisent la Caste Professionnelle et Managériale (CPM) d’aujourd’hui, en particulier les dirigeants politiques et ceux qui les conseillent et écrivent à leur sujet. Occupons-nous d’abord de ce sujet, puis nous retournerons à l’Ukraine et d’autres endroits.

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Les choses deviennent carrément surréalistes dans l’Argentine de Milei


Par Nick Corbishley – Le 10 octobre 2025 – Source Naked Capitalism

Milei fait son show

Javier Milei, le premier chef de gouvernement autoproclamé anarcho-capitaliste au monde, en est à la moitié de son mandat présidentiel de quatre ans, et les choses deviennent vraiment étranges…

Milei a chanté près d’une douzaine de chansons rock à la Movistar Arena de Buenos Aires, dont Demoliendo Hoteles, de Charly García; Rock del Gato, de Ratones Paranoicos; et Blues del Equipaje, de Mississipi, avant de répudier une récente attaque antisémite contre une femme et son fils à Buenos Aires. Il a ensuite interprété une interprétation de la Hava Nagila, une chanson folklorique juive qui, selon le président sioniste argentin, “dérange particulièrement la gauche”.

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Pas de « pourquoi » dans le libéralisme


Par Aurélien – Le 27 août 2025 – Source Blog de l’auteur

À l’époque néolithique, lorsque j’ai loué mon premier logement, je me souviens avoir signé un document qui disait que si je ne faisais pas ceci ou cela, j’avais le droit de “jouir tranquillement” de la propriété. Même à l’époque, mes réflexes d’ancien étudiant en littérature étaient déjà éveillés. Qu’est-ce que ça voulait dire ? Étais-je censé passer mes journées dans la contemplation souriante de quatre murs ?

Au début, je pensais que c’était un reste d’anglais antique dans lequel de tels contrats sont rédigés. Mais quelque temps plus tard, j’ai découvert que des contrats similaires en français utilisaient le mot équivalent jouir, qui, comme vous le savez peut-être, couvre diverses formes de jouissance, pas toujours calmes. En fait, les deux mots partagent un héritage commun, du vieux français « enjoir » signifiant « se réjouir » ou « prendre plaisir à« . Alors maintenant vous savez. Mais ce que je veux montrer, c’est la coïncidence de deux éléments—la propriété et les documents juridiques—qui sont l’essence d’une société libérale, où la vie consiste essentiellement à s’asseoir joyeusement dans une pièce vide. Si la chambre est votre propriété, tant mieux, c’est d’autant plus agréable. En apparence.

Plus j’y réfléchis, plus je suis convaincu qu’avec le triomphe ultime du libéralisme au cours du dernier demi-siècle, notre société a subi une transformation radicale et nihiliste vers une forme pure sans substance, et une simple existence sans rien que vous pourriez raisonnablement décrire comme étant la vie. Alors, quand les gens se plaignent que la vie n’a plus de sens aujourd’hui, c’est parce que c’est le cas. Quand les gens disent qu’ils n’ont rien à espérer, c’est parce que c’est le cas. Quand les gens meurent jeunes, de désespoir ou de suicide, c’est une réaction tout à fait naturelle et logique au monde d’aujourd’hui. Comme je le suggérerai, nous approchons maintenant de l’apothéose du libéralisme : une société qui n’est que forme et processus sans contenu, rien de plus que la poursuite universelle et mécanique de la quintessence même de l’intérêt personnel individuel, imposée par un cadre de lois draconiennes, et conduisant théoriquement à un marché parfaitement opérationnel où tous les désirs sont satisfaits automatiquement. Sauf que le libéralisme n’a aucune idée réelle de ce que sont ces désirs.

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Allemagne – Les opinions de l’AfD sur la nationalité n’ont en réalité absolument rien d’extrémiste


Par Andrew Korybko − Le 9 mai 2025 − Source korybko.substack.com

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Ces opinions ont été et restent partagées par l’écrasante majorité de l’humanité au cours de l’histoire, avec des contextes différents.

L’agence intérieure de renseignements allemands a désigné l’AfD, dont un récent sondage vient d’indiquer qu’il s’agit du parti politique le plus populaire du pays, comme « extrémiste », pour ensuite retirer cette désignation et attendre un arbitrage. Cette étiquette justifierait une mise sous surveillance du parti politique et pourrait servir de prétexte à son interdiction. Le vice-président étasunien JD Vance a condamné la première désignation, la qualifiant comme équivalente à édifier un nouveau Mur de Berlin, et Marc Rubio, le secrétaire d’État, a appelé l’Allemagne à modifier sa décision et à mettre fin à ses « dangereuses politiques d’immigrations en frontière ouverte. »

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L’intellectuel qui explique pourquoi Trump impose des droits de douane


Par Adam Rowe – Le 4 mars 2025 – Source Compact

En adoptant le « libre échange », le système britannique, nous nous plaçons au même niveau que les hommes qui ont ruiné l’Irlande ou l’Inde, et empoisonnent et réduisent maintenant le peuple chinois à l’esclavage

La renaissance du protectionnisme commercial par le président Donald Trump devrait également susciter un regain d’intérêt pour les idées de Henry Charles Carey (1793-1879), sans doute l’économiste le plus influent de l’histoire américaine. On pourrait conclure des réactions horrifiées aux diverses propositions douanières de Trump que le libre-échange a toujours été américain, sinon un principe inscrit quelque part dans la Constitution elle-même. En réalité, pendant la majeure partie de l’histoire américaine, en particulier entre la Guerre civile et la Seconde Guerre mondiale, l’économie industrielle du pays a explosé pour devenir la suprématie mondiale dans le cadre d’un système élaboré de taxes douanières protectrices. Carey fut le premier partisan, le plus habile et le plus célèbre, du nationalisme économique en Amérique.

Fêté et honoré par ses admirateurs contemporains en tant que géant intellectuel, Carey a également été le premier économiste américain à gagner un public important en Europe. Karl Marx considérait Carey comme “le seul économiste américain d’importance. » Et John Stuart Mill lui a fait un compliment tout aussi détourné en tant que « seul économiste politique réputé qui adhère désormais à la doctrine protectionniste.”

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Le DOGE en tant que guerre des classes


Par Leighton Woodhouse – Le 14 février 2025 – Source Compact

Cela pourrait sembler étrange à certains : le nouveau président des États-Unis a remporté les élections en ralliant la classe ouvrière contre le marais de l’establishment, mais il a placé à la barre de son assaut contre l’État profond, contrôlé par l’élite, nul autre que l’homme le plus riche du monde. Mais ce n’est un paradoxe que si vous admettez quelques hypothèses que la description ci-dessus présuppose : que la “classe ouvrière” n’est en fait pas représentée du tout dans notre système politique, et que personne sauf “l’élite” n’est impliqué dans les luttes de pouvoir en son sein. Pour comprendre ce qui se passe réellement dans la deuxième administration Trump, il faut se défaire de ces deux notions. Ce à quoi nous assistons est la dernière bataille d’une longue guerre entre deux factions de l’élite américaine. La classe ouvrière ne fait office que de figurant sur la scène – un accessoire moral dans une lutte qui n’a rien à voir avec elle.

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