Là où la paix est impossible, la violence est inévitable


Moscou met en place les éléments militaires nécessaires pour que, si les circonstances l’exigent, les forces russes puissent entrer et se déployer dans le Donbass en un clin d’œil.


Par Alastair Crooke – Le 14 novembre 2021 – Source Al Mayadeen

« Biden a dépêché le directeur de la CIA Bill Burns à Moscou », nous dit CNN, « pour avertir le Kremlin que les États-Unis surveillent de près le renforcement de ses troupes près de la frontière ukrainienne, et pour tenter de déterminer ce qui motive les actions de la Russie » . C’est peut-être en grande partie vrai, mais Burns a également rencontré Nikolaï Patrouchev (conseiller en matière de sécurité) et Sergueï Narychkine (chef du renseignement).

Plus important encore, Burns s’est entretenu par téléphone directement avec le président Poutine : « Les relations bilatérales [ont été discutées], la situation de crise dans la pratique diplomatique, et un échange de vues sur les conflits régionaux [a eu lieu] ».

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Un JCPOA à la demande ?


Biden voulait avoir la possibilité d’entrer – et de sortir – de l’Accord à volonté.


Par Alastair Crooke – Le 31 octobre 2021 – Source Al Mayadeen

Trita Parsi, commentatrice de premier plan sur l’Iran, jette un nouvel éclairage sur les raisons pour lesquelles les pourparlers de Vienne sur un retour à l’accord nucléaire (le JCPOA) traînent en longueur : les grands médias occidentaux se sont empressés de suggérer que la lenteur de la reprise des pourparlers s’explique par le scepticisme de la nouvelle administration iranienne à l’égard de la sincérité de Washington quant à l’obtention d’un résultat permettant une levée significative des sanctions. Deuxièmement, il a été largement allégué que l’équipe de Raïssi a traîné les pieds, afin d’accumuler plus de leviers de négociation avant le prochain cycle de tractations à Vienne. Il semble que tout cela soit faux. Continuer la lecture

La guerre froide avec la Chine va désagréger le ciment de l’Amérique


L’Amérique, qui a délocalisé une grande partie de ses capacités de production en Chine pour en tirer un profit à court terme, peut-elle se permettre le découplage ?


Par Alastair Crooke – Le 27 septembre 2021 – Source Strategic Culture

Washington ne sait pas trop quoi faire après la fin chaotique de la guerre « éternelle » de l’Amérique. Certains à Washington regrettent amèrement d’être sortis d’Afghanistan et plaident pour un retour immédiat ; d’autres veulent simplement passer à autre chose – à la « guerre froide » avec la Chine, bien sûr. Les cris suscités par la débandade initiale de l’Establishment et l’expression de sa douleur face à la débâcle du retrait de Kaboul indiquent toutefois à quel point l’accent presque obsessionnel mis sur l’obstruction de la Chine apparaît néanmoins comme une retraite humiliante pour les faucons américains, habitués à des interventions plus globales et illimitées. Continuer la lecture

Voici la raison pour laquelle l’Australie a annulé son contrat d’achat de sous-marins français


Pour se protéger de l’hostilité des États-Unis.


Par Moon of Alabama – Le 16 septembre 2021

Hier, les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Australie ont annoncé que ce dernier pays achèterait des sous-marins à propulsion nucléaire pour défendre les intérêts des États-Unis contre la Chine :

La prochaine flotte de sous-marins de l'Australie sera à propulsion nucléaire dans le cadre d'un plan audacieux qui mettra au rebut un programme controversé de 90 milliards de dollars visant à construire jusqu'à 12 sous-marins de conception française.

Selon ABC, l'Australie utilisera des technologies américaines et britanniques pour configurer sa prochaine flotte de sous-marins dans le but de remplacer ses sous-marins actuels de classe Collins par d’autres plus adapté à la détérioration de l'environnement stratégique.

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Quels sont les risques d’une éventuelle guerre clandestine de la CIA contre la Russie et la Chine ?


Par Ekaterina Blinova − 12 Août 2021 − Source Sputnik News

Douglas London, vétéran décoré de la CIA, a récemment appelé à renforcer la guerre clandestine contre la Russie et la Chine, insistant sur le fait que les États-Unis disposent de suffisamment d’outils pour avoir le dessus contre Moscou et Pékin. Cependant, l’économiste Paul Craig Roberts et le vétéran de la CIA Philip Giraldi ont souligné certaines failles apparentes dans la doctrine de London.

Le 5 août, une tribune intitulée « Defence alone will not protect us from Russia and China » (N’utiliser que la défense ne nous protégera pas de la Russie et de la Chine), écrite par Douglas London, un officier supérieur retraité de la CIA et professeur associé au Centre d’études de sécurité de l’université de Georgetown a été publiée dans The Hill.

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La guerre de l’information menée par les États-Unis et le Royaume-Uni est à l’origine de la tentative de changement de régime en Biélorussie


Par Kit Klarenberg – Le 15 juin 2021 – Source Moon of Alabama

Des manifestants à Minsk

Les manifestations, parfois enflammées, qui ont fait rage en Biélorussie tout au long de l’année 2020 s’étaient quasiment éteintes lorsque Roman Protasevich, un militant local apparemment néonazi, a été arrêté de manière spectaculaire en mai de cette année.

Du coup, le pays est de nouveau mis en avant dans les titres des médias grand public, avec un nouveau regard vers les appels, jusqu’ici ignorés, de la présidente autoproclamée et controversée, Svetlana Tikhanovskaya, aux dirigeants occidentaux pour qu’ils la reconnaissent comme le leader légitime de la Biélorussie.

Fidèle à leurs habitudes, aucun média grand public n’a daigné mentionner que, pendant de nombreuses années avant l’éruption des troubles, Londres et Washington ont financé, formé et encouragé les éléments qui sont descendus dans la rue pour s’opposer au président Alexandre Loukachenko.

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Le point de vue d’un initié. La tragédie de l’État profond américain


Par Pepe Escobar – Le 12 mai 2021 – Source The Saker’s Blog

Henry Kissinger, 97 ans, dit Henry the K. pour ceux qu’il garde près de lui, est soit un penseur stratégique de type oracle de Delphes, soit un authentique criminel de guerre, pour ceux qu’il garde moins près de lui.

Il semble qu’il ait un peu lâché son activité habituelle de diviser pour mieux régner, pour conseiller le groupe qui tient le POTUS, alias Crash Test Dummy, et émettre quelques perles de sagesse en realpolitik.

Lors d’un récent forum en Arizona, Henry the K. a déclaré, en faisant référence au conflit sino-américain qui enfle, que « c’est le plus gros problème de l’Amérique, le plus gros problème du monde. Parce que si nous ne parvenons pas à le résoudre, le risque est que, dans le monde entier, une sorte de guerre froide se développe entre la Chine et les États-Unis. »

En termes de realpolitik, cette « sorte de guerre froide » est déjà en cours ; au sein de la Beltway [Wasington DC, NdSF], la Chine est unanimement considérée comme la première menace pour la sécurité nationale des États-Unis.

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Le langage médiatique encourage la gauche à soutenir les guerres, les coups d’État et les interférences contre la souveraineté des pays


Par Alan McLeod – Le 9 avril 2021 – Source Fair.org

Dans un article précédent, nous avons étudié quelques cas montrant la façon dont la presse aide à fabriquer un consentement pour le changement de régime et autres actions américaines à l’étranger parmi les audiences de gauche, un groupe ne soutenant traditionnellement pas les conflits.

Un certain niveau d’adhésion, ou au moins une hésitation à résister, parmi la moitié la plus à gauche des États-Unis est nécessaire pour garantir que les interventions américaines puissent être menées avec un minimum d’opposition nationale. À cette fin, les médias grand public invoquent les droits de l’homme et l’humanitarisme pour convaincre les personnes situées à gauche du centre d’accepter, voire de soutenir, les actions américaines à l’étranger – une sorte de traitement pour le syndrome du Vietnam, qui est utilisé depuis 50 ans.

Voici quelques-uns des arguments couramment utilisés par les médias de l’establishment pour convaincre les gauchistes sceptiques que, cette fois, les choses pourraient être différentes, en vendant une intervention progressiste que tout le monde peut soutenir.

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L’histoire se répète… Washington et Londres ont envie d’une nouvelle guerre froide


Un éditorial de Strategic Culture – Le 7 mai 2021

Les États-Unis et leur « partenaire junior », la Grande-Bretagne, ont exprimé cette semaine leur désir de lancer une nouvelle guerre froide contre la Russie et la Chine – quoique subrepticement, et habillés d’un langage vertueux.

Le secrétaire d’État américain, Antony Blinken, s’est entretenu avec son homologue britannique, Dominic Raab, avant le sommet des ministres des affaires étrangères du G7 qui s’est tenu à Londres cette semaine. Les deux diplomates ont appelé les pays du G7 et leurs partenaires à se serrer les coudes pour faire face à la Chine et à la Russie. À cette fin, des délégués de l’Australie, de l’Inde, de la Corée du Sud et de l’Afrique du Sud ont été invités à participer au sommet.

Nous devrions prendre un moment pour noter combien un tel appel est provocateur et gratuit, voire carrément criminel. La sécurité mondiale est en train de devenir le jouet de la politique occidentale.

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Le retour du Léviathan : Les leçons pour aujourd’hui de la guerre froide au Vietnam


Par Cynthia Chung – Le 17 mars 2021 – Source Strategic Culture

Dans la première partie de cette série, j’ai expliqué comment un stock massif d’armes américaines stockées à Okinawa, au Japon, qui devaient à l’origine être utilisées pour l’invasion américaine prévue du Japon, ont été retirées une fois que les deux bombes atomiques ont été larguées sur Hiroshima et Nagasaki.

Fletcher Prouty, chef des opérations spéciales pour les chefs d’état-major interarmées sous Kennedy et ancien colonel de l’armée de l’air américaine, explique dans son livre « The CIA, Vietnam and the Plot to Assassinate John F. Kennedy » que ces énormes cargaisons d’armes n’ont pas été renvoyées aux États-Unis, mais que la moitié a été transportée en Corée et l’autre au Vietnam.

Les implications de ce fait sont énormes.

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