Par Michael Hudson – Le 30 septembre 2022 – Source Naked Capitalism

La réaction au sabotage de trois des quatre gazoducs du Nord Stream 1 et 2, en quatre endroits, le lundi 26 septembre s’est concentrée sur les spéculations quant à l’identité du coupable et sur la question de savoir si l’OTAN fera une tentative sérieuse pour trouver la réponse. Pourtant, au lieu d’une panique, on a pu observer un grand soupir de soulagement diplomatique, voire le calme. La mise hors service de ces gazoducs met fin à l’incertitude et aux inquiétudes des diplomates des États-Unis et de l’OTAN qui ont failli atteindre un niveau de crise la semaine précédente, lorsque de grandes manifestations ont eu lieu en Allemagne pour demander la fin des sanctions et la mise en service de Nord Stream 2 pour résoudre la pénurie d’énergie.


Trois semaines après la contre-offensive de Kharkov du 20 septembre 2022, largement célébrée et massivement médiatisée, les événements qui étaient initialement obscurcis par le brouillard de guerre peuvent maintenant être vus plus clairement.
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Le déclin avait commencé sans crier gare par une matinée ensoleillée de septembre 2001. Ivre de son sentiment de toute puissance et d’impunité, faute d’ennemi susceptible de justifier son régime d’exception sur la scène internationale, l’Empire avait perpétré sur son propre sol les attentats que l’on sait, comme un mannequin vieillissant s’auto-mutilant pour toucher la prime d’assurance. Il en résulta deux décennies de représailles aveugles, d’abus de toutes sortes et de renversements de dirigeants non-alignés au projet de dissolution des nations sous la férule d’un ordre mondial hégémonique et unipolaire.
Référendums pour rattacher une grande partie de l’Ukraine à la Russie, sabotage du Nord Stream, guerre des sanctions et économies en berne, déstabilisations dans toute l’Eurasie, la guerre hybride opposant la Russie au monde occidental fait rage. Voici le point de vue russe sur cette guerre.
Au cas où quelqu’un, quelque part, ne l’aurait pas remarqué, l’Europe est en crise. Il y a six mois, les dirigeants européens étaient tout excités à l’idée que leurs projets de cesser d’acheter du gaz et du pétrole russes et de sanctionner absolument tout ce qui était russe allaient « faire sauter » l’économie russe et, du même coup, « éliminer » Poutine.