Le « Grand Reset » en miniature : la « défaite par les données » en Afghanistan


Il y a peu de mystère sur la raison pour laquelle les talibans ont pris Kaboul si rapidement.


Par Alastair Crooke – Le 30 août 2021 – Source Strategic Culture

La construction de la nation afghane a commencé en 2001. Les interventions occidentales dans l’ancien bloc de l’Est dans les années 1980 et au début des années 1990 avaient été spectaculairement efficaces pour détruire l’ancien ordre social et institutionnel, mais tout aussi remarquables dans leur incapacité à remplacer les sociétés implosées par de nouvelles institutions. La menace des « États défaillants » est devenue le nouveau mantra, et l’Afghanistan – dans le sillage de la destruction causée par le 11 septembre 2001 – a donc nécessité une intervention extérieure. Les États faibles et défaillants étaient le terreau du terrorisme et de sa menace pour l’« ordre mondial », disait-on. C’est en Afghanistan qu’une nouvelle vision libérale du monde devait être mise en place. Continuer la lecture de Le « Grand Reset » en miniature : la « défaite par les données » en Afghanistan

La noosphère, Partie II : Mythologies athées


Par Dmitry Orlov – Le 23 aout 2021 – Source Club Orlov

En dépit de leur grande diversité, les mythes qui servent d’éléments fondateurs à la noosphère peuvent tous être classés dans des catégories identifiées par un membre de l’ensemble suivant : {NULL, 0, 1, 2, 3}. Ces identificateurs indiquent les mythologies athées, polythéistes, monistes, dualistes et trinitaires. Ces nombres n’obéissent pas aux lois de l’arithmétique mais se comportent de la manière suivante, contre-intuitive et non évidente :

  • Athée : NULL est NULL
  • Polythéiste : 0 = ∞
  • Moniste : 1≠1
  • Dualiste : 1+1=1
  • Trinitaire : 1+1+1=1

Comme promis, nous allons maintenant nous pencher sur chacune d’entre elles. Le volet de cette semaine portera sur les mythologies athées.

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La technosphère et la noosphère de la Terre


Par Dmitry Orlov – Le 19 aout 2021 – Source Club Orlov

Dans mon livre de 2016 « Réduire la technosphere« , j’ai décrit la technosphère comme une intelligence émergente mondiale non humaine dirigée par une téléologie abstraite de contrôle total, une machine en réseau avec quelques pièces mobiles humaines (de moins en moins nombreuses chaque jour), totalement dépourvue de tout sens moral ou éthique (mais habile à utiliser la moralité et l’éthique à des fins de manipulation). La technosphère peut vous maintenir en vie et vous offrir un certain confort si elle vous trouve utile, mais elle peut tout aussi bien vous tuer, ses technologies meurtrières étant parmi les plus avancées. J’ai fait valoir que nous devrions nous efforcer de réduire la technosphère, non pas en l’éliminant complètement, car cela entraînerait la mort de milliards de personnes, mais en la maîtrisant et en devenant son maître plutôt qu’elle ne soit notre maître.

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La mise à mort de la vérité par la technocratie


Maintenant que le monde dans son ensemble, en tout cas les grandes puissances, se dirigent vers une technocratie, le problème du mensonge en politique, ainsi que le sens des mots « vérité » et « réalité », doivent être réévalués.


Par Paul Grenier – Le 22 août 2021 – Source National Interest

Pendant la période précédant l’invasion de l’Irak, en 2003, Washington proclamait au monde entier que l’Irak était en possession d’armes de destruction massive. Bien que l’administration Bush ne disposait d’aucune preuve réelle pour étayer cette affirmation, cela ne fut pas un obstacle à la poursuite du plan d’action souhaité. Les preuves nécessaires ont été inventées, et les preuves contradictoires ont été autoritairement reboutées. L’exemple suivant est instructif. José Bustani, le directeur fondateur de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC), s’efforçait à l’époque de faire accepter l’Irak comme membre de l’OIAC, car cela aurait permis des inspections approfondies, et Bustani s’attendait pleinement à ce que ces inspections confirment ce que ses propres experts en armes chimiques lui avaient déjà dit, à savoir que toutes les armes chimiques de l’Irak avaient déjà été détruites, dans les années 1990 après la guerre du Golfe. La réponse de l’administration Bush à Bustani a été rapide : John Bolton, alors sous-secrétaire d’État, lui a donné vingt-quatre heures pour démissionner ou en subir les conséquences. Pour l’administration Bush, le renversement de l’Irak était une affaire bien trop importante pour que la vérité y fasse obstacle.

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