Voici pourquoi « nous sommes tous une seule Humanité » est l’idée la plus dangereuse sur Terre.
Par Arnaud Bertrand – Le 10 mai 2026 – Source Blog de l’auteur
Il existe une théorie très répandue selon laquelle un monde multipolaire est nécessairement plus violent et que certains des conflits auxquels nous assistons – l’Ukraine, la guerre en Iran – ne sont que les premières salves du futur chaos.
En fait, c’est plus qu’une théorie répandue. C’est en grande partie l’orthodoxie enseignée dans les cours de relations internationales, dans le monde entier. Prenons par exemple la Théorie de la politique internationale de Kenneth Waltz, qui est sur la liste de lecture de pratiquement tous les programmes de relations internationales en Occident. Cette théorie soutient que les systèmes bipolaires sont plus stables que les systèmes multipolaires, car l’incertitude est plus faible, la dissuasion est plus claire et il y a moins de relations donc moins de possibilités qu’une erreur de calcul puisse se métastaser en guerre.
En substance, la théorie est la suivante : plus de pôles, plus de problèmes.
Les systèmes d’armement à basse densité, à coût élevé, usant d’une technologie dépassée et à faible capacité d’emport de munitions ne produisent pas les résultats attendus.
La première fois que j’ai traversé une frontière terrestre en Europe, j’étais adolescent, dans un train en provenance d’un endroit en Belgique dont j’ai oublié le nom, en route pour Amsterdam. Pendant le voyage, deux douaniers néerlandais ont remonté le train, vérifiant que tout le monde avait un passeport ou une carte d’identité. Après tout, nous traversions une frontière nationale et allions dans un autre pays.



J’ai écrit, souvent et longuement, sur le déclin des formes de gouvernement en Occident, et la destruction parallèle et conséquente de la capacité de l’appareil d’État, et même des entreprises du secteur privé et des organisations non gouvernementales. D’autres ont abordé le même sujet. Je ne vais pas revenir sur tout cela ici, mais, fidèle à ma thèse selon laquelle la politique est un peu comme l’ingénierie, je veux examiner certains des processus négatifs qui ont été à l’œuvre au cours des quarante dernières années et, plus important encore, les processus positifs et essentiels qui ont été abandonnés ou considérablement réduits. Il y a plusieurs explications possibles à cet état de fait : comme je vais l’expliquer, je penche de plus en plus vers celle qui frôle l’apocalyptique.