Est-il temps pour la Russie de pratiquer l’escalade?


Par Hua Bin − Le 2 juin 2026 − Source huabinoliver.substack.com

Comparaison entre la retenue russe et le déchainement israélien et occidental.

En mai 2026, le paysage géopolitique mondial a été redéfini par deux philosophies de violence divergentes.

D’un côté, la Fédération russe poursuit en Ukraine son lent travail d’usure, un conflit marqué par une gestion prudente des « lignes rouges » fixées par l’Occident.

Le président Poutine mène ce qu’il appelle une « opération militaire spéciale », c’est-à-dire une « guerre limitée ».

De l’autre côté, Israël a fait le choix d’un modèle de guerre de haute intensité, et pratique la « terre brûlée » à Gaza et au Liban, qui se caractérise par un démantèlement systématique de la vie en ville et une indifférence absolue envers tout contrôle de l’escalade.

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L’étrange accord de défense entre l’Arabie Saoudite, le Pakistan et la Turquie


Par Moon of Alabama – Le 7 aout 2026

Un nouvel accord, semblable à celui de l’OTAN, entre trois grands États sunnites soulève diverses questions :

La Turquie, l’Arabie saoudite et le Pakistan signent un pacte de défense – MEE

La Turquie, l’Arabie saoudite et le Pakistan ont signé vendredi un accord de défense conjoint, reliant pour la première fois trois grands pays musulmans sous un même parapluie de sécurité.

L’accord, qui est en négociation depuis l’année dernière, crée un nouveau cadre trilatéral important en plein milieu d’une crise régionale qui s’aggrave à la suite des attaques israéliennes et américaines contre l’Iran.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan, le Prince héritier saoudien Mohammed Ben Salmane et le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif ont signé l’accord à La Mecque lors d’une cérémonie conjointe.

L’Accord vise à renforcer la dissuasion collective contre toutes les formes d’agression et stipule qu’une attaque armée menée contre l’un des trois États sera considérée comme une attaque contre tous”, indique le communiqué conjoint. “L’accord prévoit également le développement de la coopération en matière de défense entre les trois États dans toutes ses dimensions”.

L’expression « sera considérée comme une attaque contre tous » est copiée de l’article 5 du Traité de l’OTAN :

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La nouvelle Grande Muraille : La logique du comportement de la Chine en matière de politique étrangère


Par Vassily B. Kashin & Co – Le 1er avril 2026 – Source Russia in Global affairs

Au début des années 2020, la Chine a entamé une série de mesures qui, en cohérence et en ampleur, n’ont aucun précédent depuis le début des années 1970 et, à certains égards, depuis les préparatifs de l’Union soviétique pour la Seconde Guerre mondiale. Dans la littérature chinoise, elles sont explicitement comparées aux grands programmes de mobilisation entrepris lorsque la Chine se préparait à une guerre contre l’URSS, dans les années 1960 et 1970, en particulier avec la construction du Troisième Front.1

Ces mesures ne sont pas visibles, mais constituent un élément important de la tendance générale à la sécurisation totale de tous les aspects de la politique chinoise (même, par exemple, la culture et l’écologie) selon le Concept de sécurité holistique de Xi Jinping.2

Le coût extrême des mesures indique que, bien que les dirigeants chinois expriment des conceptions optimistes, comme la Communauté de destin commun pour l’Humanité et une « mondialisation économique universellement bénéfique et inclusive« , ils adhèrent néanmoins à une vision extrêmement sombre du monde au 21e siècle. Il se prépare – à tout le moins – à une grave crise militaire et politique, y compris la rupture de tous les liens économiques normaux et un glissement au bord de la guerre. Au pire, il se prépare à des scénarios encore plus cauchemardesques.

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  1. Le programme de construction du Troisième Front三线建设 (sanxian jianshe) était une campagne industrielle et de défense à grande échelle lancée en 1964 dans un contexte de forte détérioration des relations avec l’URSS. Son but était de créer des installations industrielles, protégées des attaques extérieures, dans les régions intérieures montagneuses de l’ouest du pays.
  2. Le concept de  » sécurité nationale holistique « 体体国 ‘(zongti guojia anquanguan), mis en avant par Xi Jinping en 2014, est basé sur une compréhension élargie de la sécurité nationale englobant non seulement l’armée et la politique, mais aussi l’économie, la finance, l’énergie, l’alimentation, la technologie, le cyberespace, l’idéologie, la culture, l’écologie, l’espace extra-atmosphérique et les zones océaniques et polaires profondes.

Voici pourquoi une région chinoise a passé 76 ans à planter des arbres


Par Jiang Jiang – Le 3 juillet 2026 – Source Beijing Scroll

Cette année marque le 105e anniversaire de la fondation du Parti communiste chinois (PCC), ainsi que la première année du 15e Plan quinquennal chinois (2026-2030). En février, le PCC a lancé une campagne d’étude et d’éducation à l’échelle du Parti sur l’établissement et la pratique d’une vision correcte de la performance de la gouvernance.

Dans un commentaire politique publié par l’Agence de presse Xinhua le 29 juin, pour marquer le 105e anniversaire du Parti, l’article notait qu’au cours de la campagne à l’échelle du Parti sur l’établissement et la pratique d’une vision correcte de la performance de la gouvernance, certains cas impliquant des écarts, des distorsions et des priorités mal placées dans la compréhension de la performance de la gouvernance par les fonctionnaires avaient été publiquement signalés et sérieusement traités. Cela, selon le commentaire, a envoyé un signal fort que de nouvelles réalisations dans l’autonomie gouvernementale du Parti aideraient à sauvegarder le vaste parcours de la modernisation chinoise.

Si vous avez suivi de près la Chine ces dernières années, vous savez qu’après le 20e Congrès national du PCC, le Parti a lancé une série de campagnes d’éducation: une en 2023 axée sur l’étude et la mise en œuvre de la Pensée de Xi Jinping  sur le socialisme à caractéristiques chinoises pour une nouvelle ère ; une en 2024 sur l’étude de la discipline au sein du PCC ; et une en 2025 sur le renforcement du respect d’un code de conduite connu sous le nom de “Règles en huit points, dont beaucoup d’entre vous ont pris connaissance dans ce bulletin. La campagne sur le point de vue de la performance de la gouvernance est le thème équivalent de cette année.

Par conséquent, je pense que cette campagne mérite une attention particulière.

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Une guerre pour avoir la paix


Un point de vue iranien sur la guerre en cours.


Par Hamidreza Azizi – Le 3 juillet 2026 – Source Iran Analytica

Le 1er juillet, des équipes techniques iraniennes et américaines ont tenu des pourparlers indirects à Doha, sous la médiation du Qatar et du Pakistan, pour suivre la mise en œuvre du protocole d’accord signé par les présidents Trump et Pezeshkian le 17 juin. Le vice-ministre des Affaires étrangères Kazem Gharibabadi a annoncé par la suite que des groupes de travail avaient été formés pour superviser la mise en œuvre et, éventuellement, négocier un accord final. Le ministère des Affaires étrangères du Qatar a parlé de « progrès positifs ».

Le même jour, le Commandement central des États-Unis annonçait que le groupe amphibie USS Boxer, transportant la 11e Unité expéditionnaire des Marines composée de 2 500 Marines et marins, était entré dans sa zone de responsabilité « dans le cadre d’un déploiement déjà planifié ». Le vice-président JD Vance, quant à lui, suggérait dans une interview que l’intention de l’administration était d’utiliser la période du protocole d’entente pour reconstituer les réserves mondiales de pétrole et ensuite “voir où en sont les choses”.

Ces développements montrent les contradictions visibles de cette période post-MOU. Les contacts diplomatiques se poursuivent et se sont même institutionnalisés. Le détroit d’Ormuz est plus ouvert qu’à aucun autre moment depuis la guerre. Les exportations de pétrole iranien ont partiellement repris grâce aux dérogations de 60 jours du Trésor étasunien, et les mécanismes de gestion de l’escalade – groupes de travail, médiateurs, canaux de communication signalés – se sont multipliés. Pourtant, l’humeur à Téhéran devient de plus en plus suspicieuse chaque jour qui passe.

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Réflexions sur la cérémonie funéraire à Téhéran


Par M.K. Bhadrakumar – Le 4 juillet 2026 – Indian Punchline

Le gouvernement [indien] a pris la grande décision de nommer le gouverneur du Bihar, le lieutenant-général Syed Ata Hasnain pour représenter le pays aux funérailles du défunt Guide suprême iranien, l’Ayatollah Ali Khamenei. C’est un choix inhabituel de déléguer un général à la retraite pour les funérailles d’une figure religieuse vénérée, mais un choix réfléchi dans le but d’injecter de la verve dans les relations bilatérales et de rétablir l’équilibre dans les politiques de l’Inde au Moyen-Orient.

En effet, la cérémonie funéraire à Téhéran s’avère être un événement extraordinaire d’un genre que le monde a rarement vu, dans un élan spontané de respect et de chagrin. Il porte un immense symbolisme politique – équivalent à une dénonciation de l’horrible meurtre exécuté par le président américain Donald Trump et son complice le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. Comme Shakespeare l’a dit « Car le meurtre, même s’il n’a pas de langue, parlera ».

De telles funérailles d’État sont des événements internationaux avec de grandes opportunités pour la diplomatie. L’événement à Téhéran se déroule dans un contexte extraordinaire de dynamique du pouvoir — à la fois en Iran et au niveau régional et international.

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Les mollahs et l’extrême gauche


Tant que vous ne serez pas prêts à nuire à la gauche plus qu’elle n’est prête à vous nuire, elle l’emportera. C’est aussi simple que cela. − Aimee Terese sur X


Par James Howard Kunstler – Le 12 juin 2026 – Source Clusterfuck Nation

« Allez-y, appuyez sur ce bouton et faites sauter les infidèles ! »

Il ne vous reste plus qu’à attendre de voir si cette guerre avec l’Iran est terminée ou non, car la pratique de la taqiyya par les vrais croyants chiites est une structure autorisant le mensonge aux infidèles (nous) lorsque cela est nécessaire — par exemple, pour favoriser le chaos mondial qui entraînera le retour de l’Imam caché (Mahdi) afin de remplir le monde de justice et d’établir la domination islamique. (Vous suivez ?) On peut bien sûr se demander si la majorité du peuple iranien en a assez des vrais croyants au pouvoir et de leur foi inébranlable en l’apocalypse.

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Pourquoi la Chine est devenue riche et l’Inde non ?


Par David Oks – Le 3 juin 2026 – Source Blog de l’auteur

Voici une question à laquelle je réfléchis beaucoup.

En 1950, tout comme aujourd’hui, les deux plus grands pays du monde en termes de population étaient la Chine et l’Inde. La Chine était beaucoup plus peuplée à l’époque, détenant 22 pour cent de la population mondiale contre 15 pour cent pour l’Inde mais, en réalité, les deux pays étaient dans une position très similaire. Tous deux étaient des nations géantes qui avaient entamé le chemin vers leur état actuel – l’Inde en tant que République indépendante de l’Inde, la Chine en tant que République populaire de Chine – au cours des trois années précédentes. Tous deux étaient parmi les endroits les plus pauvres de la planète. Et tous deux étaient sur le point de passer les décennies suivantes à essayer, par des moyens très différents, de s’enrichir.

Pour la Chine, cette expérience a été un long cauchemar. La Chine était détruite par une guerre civile prolongée et par la brutale invasion japonaise au cours des décennies précédentes, l’ensemble de l’expérience tuant des dizaines de millions de personnes. La guerre civile a pris fin en 1949, par la victoire communiste ; mais ce qui a suivi n’a pas été moins catastrophique. Le chef des communistes, Mao Zedong, s’est immédiatement lancé dans des campagnes de vengeance contre des ennemis de tous bords, assassinant bien plus d’un million de personnes dans le processus; il s’est ensuite lancé dans une campagne de modernisation agricole malheureuse, le Grand Bond en avant, qui a produit la plus grande famine de l’histoire, tuant entre 30 et 45 millions de personnes ; puis une période frénétique de radicalisation idéologique, la Révolution culturelle, qui a suspendu la vie nationale pendant une décennie et tué 1,6 million de personnes supplémentaires. Au moment de la mort de Mao en 1976, la Chine était isolée sur le plan international, économiquement stagnante et toujours désespérément pauvre.

Pour l’Inde, l’expérience a été beaucoup plus douce. L’Inde avait été une colonie britannique et elle avait pu accéder à l’indépendance sans prendre les armes. Des institutions britanniques comme la fonction publique indienne – la bureaucratie coloniale, rebaptisée Indian Administrative Service – ont été transférées au nouvel État indien. Il y a eu un accès de violence extrême à la fin des années 1940, lorsque le pays a été divisé entre l’Inde à majorité hindoue et le Pakistan à majorité musulmane, mais cela était incomparable à ce que la Chine subissait. Et après cet épisode, l’Inde a connu de longues décennies de paix, de stabilité et de régime démocratique. Elle fut dirigée par un laïc à l’esprit large nommé Jawaharlal Nehru, qui avait été éduqué dans les meilleures institutions britanniques et gouvernait au nom de la science, de la raison et du progrès social. Tout au long de sa période post-indépendance, l’Inde a maintenu des élections ouvertes, un pouvoir judiciaire indépendant et une presse libre. Elle n’a jamais rien connu de tel que le Grand Bond en avant ou la Révolution culturelle.

Je soupçonne que si j’avais vécu en 1950, il aurait été évident pour moi que l’Inde réussirait et que la Chine ne réussirait pas. J’aurais fait le même pari en 1960, lorsque la Chine affamait des dizaines de millions de ses propres habitants tout en exportant des céréales à l’étranger ; et j’aurais refait le même pari en 1970, pendant la folie de la Révolution culturelle. Je n’aurais pas non plus été le seul. Pas plus tard qu’en 1985, d’éminents économistes écrivaient des articles dans le New York Times suggérant quebien plus que la Chine aujourd’hui, l’Inde est un miracle économique qui attend de se produire.”

Mais nous avions tort.

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La fraude à la souveraineté : Taipei encourage son propre morcellement, tant que cela agace Pékin


Par Arnaud Bertrand – Le 6 juin 2026 – Source Blog de l’auteur

Si vous comprenez cette histoire, vous aurez compris beaucoup de choses sur la géopolitique autour de Taïwan.

Voici ce qui s’est passé.

Récemment, le 28 mai, le Premier ministre japonais Takaichi et le président philippin Marcos Jr. ont publié une déclaration commune annonçant qu’ils ouvriraient des négociations pour délimiter leurs limites de leur ZEE et de leur plateau continental là où ils se chevauchent

Pour rappel, une ZEE – Zone Économique Exclusive – est la zone s’étendant à 200 milles marins des côtes d’un pays à l’intérieur de laquelle ce pays dispose de droits exclusifs d’exploitation de toutes les ressources naturelles.

Et, fait célèbre, les ZEE d’Asie de l’Est et du Sud-Est se chevauchent à peu près toutes les unes les autres. Dans ce cas, non seulement la ZEE du Japon chevauche celle des Philippines (d’où les négociations), mais elle chevauche également celle de la Chine, à la fois du point de vue de Pékin et de Taipei, car les ZEE en question se trouvent à moins de 200 milles marins des côtes de Taïwan.

Les revendications de la ZEE qui se chevauchent entre le Japon et les Philippines – notez comment les deux s’étendent dans les eaux à l’est de Taïwan. Source: Indice Nikkei Asie

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La ruée vers les ressources


Trump a causé tellement de dégâts au libtardisme que les Démocrates auront besoin d’une décennie au pouvoir sans interruption pour réparer les dégâts, et ils n’y arriveront pas. − Matt Forney sur X


Par James Howard Kunstler – Le 15 mai 2026 – Source Clusterfuck Nation

Si vous avez tiré une leçon de la grande fête de cette semaine à Pékin, c’est que Donald Trump est en train de redéfinir de manière agressive les relations mondiales afin que les États-Unis ne finissent pas parmi les perdants de la ruée vers les ressources mondiales qui se profile sinistrement derrière tous les événements actuels. La Chine n’a pas l’intention non plus d’être une perdante à terme, même si elle a perdu beaucoup de terrain ces derniers temps. Les pays de la zone euro sont certainement les principaux perdants, embrassant leur statut de perdants comme les vieux et les malades aspirent à la mort. L’Inde et certains pays du BRIC ont l’air un peu perdants en ce moment.

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