Les nouvelles règles de la Russie


Par Tom Luongo – Le 17 juin 2022 – Source Gold Goats ‘N Guns

La Russie en a fini avec l’Occident. Le divorce est presque consommé. Ces derniers jours, tous les grands dirigeants russes nous ont dit la même chose : « L’Occident va jouer selon nos règles maintenant. »

Vous pouvez décider par vous-mêmes que la Russie est en train de faire des chèques qu’elle ne peut pas payer, mais comme l’a dit le ministre des affaires étrangères Sergei Lavrov à la BBC, « Nous ne nous soucions pas de l’opinion de l’Occident ».  Lavrov a toujours incarné la politesse et la discrétion lorsqu’il traite avec les médias européens.

Continuer la lecture

« Si nous ne mettons pas fin à la guerre, la guerre en finira avec nous »


L’Europe est maintenant engluée jusqu’au cou dans des sanctions économiques de grande envergure à l’encontre de la Russie, et elle est incapable d’en affronter les conséquences.


Par Alastair Crooke – Le 13 juin 2022 – Source Strategic Culture

1Emmanuel Macron a irrité beaucoup de monde (tout comme Kissinger au FEM), lorsqu’il a déclaré « nous ne devons pas humilier Vladimir Poutine » , car il doit y avoir un règlement négocié. C’est la politique française depuis le début de cette saga. Plus important encore, c’est la politique franco-allemande, et elle pourrait donc finir par être la politique de l’UE également.

Le qualificatif « pourrait » est important : en matière de politique ukrainienne, l’UE est plus divisée que pendant la guerre d’Irak. Et dans un système (le système européen) qui insiste structurellement sur le consensus (même s’il est factice), lorsque les blessures sont profondes, la conséquence est qu’une seule question peut bloquer l’ensemble du système (comme lors de la préparation de la guerre en Irak). Aujourd’hui, les fractures en Europe sont plus larges et plus acrimonieuses (c’est-à-dire aggravées par l’application de la primauté de la loi). Continuer la lecture

  1. Le titre est une citation de H.G. Wells

Briser la Russie pour « sauver l’ordre libéral » , alors que les spectateurs deviennent des « victimes collatérales l’accident de la route »


Il est compréhensible que les États du Moyen-Orient restent à l’écart, en tant que « spectateurs » , mais cela ne veut pas dire qu’ils ne deviendront pas des « victimes de l’accident » dans cette euro-collision. C’est inévitable.


Par Alastair Crooke – Le 12 juin 2022 – Source Al Mayadeen

Berlusconi a écrit dans Il Giornale cette semaine que l’Occident est isolé en raison de sa monomanie ukrainienne : « La réponse de l’Occident [à l’Ukraine] a été unanime, mais qu’entendons-nous par Occident ? Les États-Unis, l’Europe et certains pays de la région Pacifique qui ont des liens traditionnels avec les États-Unis, dont l’Australie et le Japon. Et les autres pays du monde ? Presque rien » .

C’est précisément cela. L’Ukraine est au centre d’une lutte identitaire intra-européenne qui remonte à la chute de Rome. Continuer la lecture

L’Europe ensommeillée et en pause estivale, comme en 1914 …


Alors que l’Occident pense que la crise ukrainienne se transforme en quelque chose de similaire à la guerre froide, les circonstances historiques et matérielles disent tout autre chose : le monde est à la veille d’un événement de l’ampleur de la Première Guerre mondiale.


Par Alastair Crooke – Le 5 juin 2022 – Source Al Mayadeen

Le récit courant est que l’Occident est entré dans une guerre froide similaire à celle menée contre l’Union soviétique ; et que, comme pour cette lutte antérieure, son issue doit être la réaffirmation primordiale du modèle économique, politique et civilisationnel américain.

Une bien meilleure analogie serait toutefois de considérer une époque antérieure qui s’est terminée non pas par le triomphe de la guerre froide, mais plutôt par un tsunami de guerre chaude qui a désemparé le monde entier. Il s’agissait d’une période où les décideurs politiques (et les marchés) n’ont pas su apprécier le danger croissant qui s’accumulait pendant la période de sommeil estival qui s’est écoulée entre l’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand fin juin 1914 et le déclenchement de la guerre, cinq semaines plus tard. Continuer la lecture

Le monde ne fonctionne plus de cette façon maintenant


La fixation sur l’Ukraine n’est essentiellement qu’un vernis qui recouvre les réalités d’un ordre mondial en décomposition.


Par Alastair Crooke – Le 6 juin 2022 – Source Strategic Culture

La Première Guerre mondiale a marqué la fin d’un ordre mercantile qui avait évolué sous l’égide des puissances européennes. Cent ans plus tard, un ordre économique très différent est en place (le cosmopolitisme néolibéral). Considérée par ses architectes comme universelle et éternelle, la globalisation a fasciné le monde pendant un long moment, mais a ensuite commencé à s’affaisser à partir de son zénith, précisément au moment où l’Occident donnait libre cours à son triomphalisme lors de la chute du mur de Berlin. L’OTAN, en tant que système de régulation de l’ordre, a répondu à la « crise identitaire » qui l’accompagnait en poussant à l’expansion vers l’est, vers les frontières occidentales de la Russie, au mépris des garanties qu’elle avait données et des objections virulentes de Moscou. Continuer la lecture

Les grandes questions que nous devrions tous nous poser en matière de géopolitique


Par Tom Luongo – Le 31 mai 2022 – Source Gold Goats ‘N Guns

Dire que l’actualité est « désordonnée » aujourd’hui serait le comble de l’euphémisme. Chaque jour, les titres des journaux nous présentent une nouvelle série de données contradictoires qui nous convainquent d’un mensonge qui sert les intérêts de quelqu’un.

Quels que soient les efforts que nous déployons pour suivre l’évolution de la situation, éliminer les éléments superflus pour trouver les informations utiles au milieu de ce vacarme est un travail à plein temps.

Parfois, cependant, il est préférable de reculer de quelques pas, de se rabattre sur les principes de base et de se rappeler qui sont les acteurs, ce qu’ils veulent, puis de poser la grande question à chacun d’eux… est-ce qu’ils réussissent ? Continuer la lecture

L’inquiétude de Davos et la peur inavouée de l’échec – Les prémices d’un changement de cap pour les États-Unis en Ukraine


La crainte inexprimée des participants à Davos est celle d’une nouvelle débâcle, après celle de l’Afghanistan.


Par Alastair Crooke – Le 30 mai 2022 – Source Strategic Culture

Klaus Schwab, passionné par l’Ukraine, a essentiellement configuré le Forum économique mondial (FEM) pour mettre en valeur Zelensky et exploiter l’argument selon lequel la Russie devrait être mise à la porte du monde civilisé. La cible de Schwab était la crème de la crème des chefs d’entreprise du monde entier réunis à cette occasion. Zelensky a frappé fort : « Nous voulons plus de sanctions et plus d’armes » ; « Tout commerce avec l’agresseur devrait être arrêté » ; « Toutes les entreprises étrangères devraient quitter la Russie afin que vos marques ne soient pas associées à des crimes de guerre » , a-t-il déclaré. Les sanctions doivent être globales ; les valeurs sont essentielles. Continuer la lecture

Un match entre oligarques octogénaires


Par Tom Luongo – Le 24 mai 2022 – Source Gold Goats ‘N Guns

Je n’aurais jamais cru voir le jour où la « bande trop vieille pour gouverner le monde, mais trop jeune pour mourir » (toutes mes excuses à Ian Anderson) se réunirait à Davos et se disputerait sur la conduite à tenir vis-à-vis de la Russie.

En l’espace de vingt-quatre heures, deux des hommes les plus influents de la planète se sont prononcés sur la ligne de conduite à adopter par la bande du Davos en Ukraine.

Les premiers coups ont été portés par M. Realpolitik, Henry Kissinger à propos duquel la plupart des gens ont été surpris de constater qu’il était encore en vie. Fidèle à lui-même, Kissinger a déclaré qu’il était temps d’entamer rapidement des négociations en vue d’un règlement avec la Russie. Continuer la lecture

Une OTAN à géométrie variable ? Vraiment ?


La question de l’Ukraine a fait naître en Occident des peurs existentielles (ainsi que de profondes tendances russophobes) qu’aucune autre situation d’urgence comparable n’aurait pu faire naître.


Par Alastair Crooke – Le 29 mai 2022 – Source Al Mayadeen

Il est clair que Biden est pris de panique face au prix record de l’essence aux États-Unis. Il s’agit probablement de la question la plus névralgique de la politique intérieure américaine. Il se fait attaquer et sa phrase « C’est la hausse des prix de Poutine » est ridiculisée (les prix de l’essence avaient augmenté de 30 % avant même l’Ukraine). Sa « guerre » précédente contre les combustibles fossiles et la restriction de la production nationale est revenue le hanter dans les sondages. Continuer la lecture

L’échafaudage structurel d’une guerre potentielle au Moyen-Orient


Aujourd’hui, l’Iran est diabolisé et présenté comme une menace intolérable pour l’ordre mondial occidental. Mais il n’en a pas toujours été ainsi.


Par Alastair Crooke – Le 23 mai 2022 – Source Strategic Culture

L’échafaudage structurel a été mis en place au début des années 1990. Mais cette structure a été érigée sur de fausses prémisses et des idées fausses et paresseuses. Ses défauts ont toutefois été masqués pendant près de deux décennies ; mais aujourd’hui, les changements intervenus dans le paradigme régional global impliquent que l’échafaudage est en train de s’inverser : il ne contient plus les conflits latents, mais nous pousse vers eux. Continuer la lecture