L’affaire Epstein…


…une rare occasion de se concentrer « sur la nature dépravée de l’élite américaine »


Par Michael Krieger − Le 25 juillet 2019 − Source Russia Insider

Extrait de l’article du New York Magazine « Who Was Jeffrey Epstein Calling ? » :

Peut-être, enfin, un violeur en série et pédophile pourrait-il être traduit en justice, plus de douze ans après sa première inculpation pour avoir brutalisé d'innombrables filles et femmes. Mais ce qui ne changera pas, c’est ceci : le cloaque des élites, dont beaucoup à New York, qui ont permis à Jeffrey Epstein de prospérer en toute impunité.

Pendant des décennies, d’importantes personnalités «sérieuses» et influentes ont assisté aux dîners d’Epstein, sont montées dans son jet privé et ont renforcé la fiction qu’il était une sorte de milliardaire génial des hedge-funds. Comment pouvons-nous expliquer pourquoi ils ont détourné le regard, ou ont flatté Epstein, alors même qu'ils avaient probablement remarqué qu'il était souvent en compagnie d'un harem de jeunes filles ? Facile : ils ont obtenu quelque chose en échange, que ce soit un tour gratuit à bord de son «Lolita Express» aérien, une autre forme de largesses monétaires, une entrée dans les extravagantes soirées de célébrités qu’il a organisées dans son hôtel, ou peut-être et de manière ignoble, une livre ou deux de chair fraîche féminine.

Un repas chaleureux avec Jeffrey Epstein, Alan Dershowitz et Larry Summers. Voilà votre soi-disant « élite » américaine.

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Epstein avec Robert Trivers, Alan Dershowitz, et Larry Summers à Harvard en 2004 – Photo Rick Friedman/Polaris

Une évaluation honnête de l’état actuel de la politique, et de la société américaines en général, laisse peu de place à l’optimisme quant à la capacité du public à diagnostiquer avec précision, et encore moins à aborder, nos problèmes fondamentaux à la racine. Une des principales raisons de cet état de fait réside dans la facilité avec laquelle le public américain est divisé contre lui-même, et conquis.

Bien que certains problèmes puissent faire l’objet d’un consensus, nous ne concentrons tout simplement pas notre énergie collective sur eux et ne créons pas les mouvements de masse nécessaires pour les résoudre. Des éléments tels que la corruption bipartite systémique, l’institutionnalisation d’un système de justice à deux niveaux, dans lequel les riches et les puissants sont au-dessus de la loi, une économie en lambeaux qui oblige les deux parents à travailler, parvenant à peine à joindre les deux bouts, et un complexe militaro-industriel gavé par les profits des agressions impériale, et non pas par la défense nationale, comme prétendu. Ce ne sont là que quelques-uns des nombreux problèmes qui devraient facilement nous unir contre une structure de pouvoir fortement retranchée, mais cela ne se produit pas. Du moins pas encore.

Nous nous trouvons actuellement à un point d’inflexion unique dans l’histoire américaine. Bien que je partage l’avis de Charles Hugh Smith selon lequel «nos élites dirigeantes n’ont aucune idée de la mesure dans laquelle nous voulons les voir tous en prison», nous n’avons pas encore atteint le point où le grand public est prêt à agir. Je pense qu’il y a plusieurs raisons à cela, mais le principal obstacle est la facilité avec laquelle les citoyens sont divisés et conquis. Les médias, largement contrôlés par les milliardaires et leurs sociétés, sont fortement incités à maintenir le public divisé contre lui-même sur des questions insignifiantes, ou au mieux, sur des problèmes réels qui ne sont que des symptômes du pillage bipartisan par les élites.

L’important, du point de vue des ploutocrates, est de s’assurer que le public ne regarde jamais derrière lui et ne voit pas la racine des problèmes de la société. Ce ne sont ni Trump, ni Obama, ni les partis républicain ou démocrate. Ces individus et ces gangs politiques ne sont que des instruments utiles au pillage élitiste. Ils aident à rassembler la populace dans de confortables petites réserves tribales, ce qui aboutit à des querelles télévisées, tandis que les véritables forces du pouvoir poursuivent leurs activités de pillage de la société dans les coulisses.

Vous êtes encouragés à vous identifier à l’équipe républicaine ou à l’équipe démocrate, mais vous ne vous associez jamais d’une seule voix contre un attelage bipartite de puissants acteurs dépravés, corrompus et irresponsables qui façonnent la société de haut en bas. Tandis que le citoyen moyen, qui vit entre deux chèques d’une semaine sur l’autre, participe à un combat biblique entre le Bien et le Mal en soutenant une équipe rouge ou bleue, les manipulateurs et les puissants au sommet restent au-delà de ce théâtre plébéien – bien qu’ils l’encouragent certainement. Ces personnes ne connaissent qu’une seule équipe – l’équipe verte. Et leur équipe continue à gagner, au fait.

Michael Krieger @ LibertyBlitz
 
C’est triste et ahurissant de voir à quel point il est facile de diviser et de conquérir le public américain. Manipuler les masses dans ce pays est trivial. Les prochaines années ne seront pas jolies.
14h48 - 18 juillet 2019

Michael Krieger @ LibertyBlitz 18 juil. 2019
Répondre à @LibertyBlitz

La seule chose que vous puissiez faire pour le moment est d’essayer d’être plus conscient de votre propre comportement, à mesure que les autres deviennent moins conscients. C’est difficile parce que nous sommes bombardés de stimulus sans fin pour nous rendre agressifs et hostiles les uns aux autres. Je ferai de mon mieux.
Michael Krieger @ LibertyBlitz 3:23h - 18 juillet 2019

C’est extrêmement difficile. Même si je suis tout à fait au courant de ce qui se passe et de la façon dont nous sommes manipulés, j’ai personnellement toujours du mal à ne pas tomber dans le tourbillon de l’hostilité des citoyens. C’est partout, essayant constamment de vous priver de votre énergie.

Lorsque je survole les nouvelles, presque tous les jours, je constate une amplification constante des sujets clivants par les médias, les experts de service et même de nombreux médias alternatifs. Je vois de plus en plus de gens encouragés à diaboliser et à déshumaniser leurs concitoyens. Quiconque a voté pour Trump est automatiquement un nazi, de même que celui qui soutient Sanders est un communiste anti-américain. La réalité est que ni l’une ni l’autre de ces choses n’est vraie, alors pourquoi les gens sont-ils si prompts à les dire ?

Pourquoi la plus grande partie de la colère de ce pays est-elle dirigée contre d’autres Américains impuissants, au lieu de s’adresser à la structure de pouvoir qui entretient et continue de défendre le statu quo actuel dépravé ? Je ne vois aucun avantage à encourager activement l’un des côtés de la discussion politique et à déshumaniser l’autre, et je suggère que nous cessions consciemment de nous engager dans un tel comportement. Absolument rien de bon ne peut en sortir.

C’est en partie la raison pour laquelle j’ai été tellement affecté par l’affaire Jeffrey Epstein. Pour une fois, cela nous permet de concentrer notre énergie sur la nature dépravée de la soi-disant «élite» américaine, plutôt que de nous battre les uns contre les autres. Combien de supporters de Trump ou Sanders, au hasard, connaissez-vous qui molestent systématiquement les enfants et les vendent ensuite à leurs amis riches et puissants à des fins de chantage ?

L’affaire Epstein met en lumière à quel point les plus hauts échelons de la société américaine sont devenus pervers et sociopathes. C’est exactement ce qui se produit lorsque vous ne réussissez pas à mettre derrière les barreaux des super-prédateurs riches et puissants. Ils deviennent plus effrontés, ils deviennent plus déments et, finalement, ils détruisent le tissu même qui maintient la cohésion de la société. Nous sommes en fait gouvernés par des  monstres.

Malheureusement, par notre myopie, en nous battant entre nous et en choisissant la méthode la plus facile de frapper vers le bas plutôt que vers le haut, nous permettons à de tels crétins de continuer à violer et à piller ce qui reste de notre civilisation.

Si nous pouvions vraiment aller au fond des choses pour savoir ce que Epstein a fait exactement, je suppose que cela aurait le potentiel de focaliser le grand public – au-delà de quelques secondes – sur la vraie nature de ce qui se passe réellement et de ce qui fait bouger le monde. Des révélations de cette nature pourraient fournir le point de basculement proverbial dont nous avons désespérément besoin, mais c’est aussi la raison pour laquelle nous avons peu de chances de connaître toute l’histoire. Il y a tout simplement trop de choses en jeu pour ceux qui tirent les ficelles.

Michael Krieger

Traduit par jj, relu par Hervé pour le Saker Francophone

 

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Trump revient sur ses positions…


…mais les articulations grincent


Par Tom Luongo − Le 21 juillet 2019 − Source Strategic Culture

Tom LuongoLa semaine dernière, tout n’était que bruit et fureur. Les États-Unis menaçaient de prendre davantage de sanctions contre l’Iran, les Britanniques s’emparaient d’un pétrolier et l’Iran violait le JCPOA.

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La Pravda américaine. Le KKK et les meurtres raciaux de masse


Par Ron Unz – Le 19 septembre 2016 – Source Unz Review

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Je pense qu’au cours des dernières décennies, le Ku Klux Klan, ou KKK, est l’organisation politique étasunienne ayant fait l’objet de la couverture la plus négative de la part de nos médias nationaux, qu’il s’agisse des médias d’information ou de divertissement. À titre d’exemple, bien que l’activiste blanc David Duke ait quitté ce groupe il y a plus de 35 ans, les médias continuent de l’identifier comme l’un des anciens dirigeants du KKK, en conséquence de quoi le soutien de Duke à Trump lors de la campagne présidentielle de 2017 a fait l’objet des gros titres, et ce de manière répétée.

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Poutine et la chose militaire : assez, juste assez


Par Patrick Armstrong − Le 29 juillet 2019 − Source Strategic Culture

Patrick ArmstrongEn 2017, Russia Today écrivait ceci :

Moscou ne s'engagera pas dans une course aux armements épuisante et les dépenses militaires du pays diminueront progressivement, la Russie ne cherchant pas à jouer un rôle de "gendarme mondial", a déclaré le président Vladimir Poutine. Moscou ne cherche pas à s’engager dans une nouvelle course aux armements "inutile", et s’en tiendra à des "décisions intelligentes" pour renforcer ses capacités de défense, a déclaré Poutine vendredi lors d’une réunion annuelle élargie du conseil d’administration du ministère de la Défense. "Le renseignement, les cerveaux, la discipline et l'organisation" doivent être les pierres angulaires de la doctrine militaire du pays, a déclaré le dirigeant russe. La dernière chose dont la Russie a besoin est d'une course aux armements qui «drainerait» son économie, et Moscou ne veut certainement pas cela, «dans aucun scénario» a souligné M. Poutine.

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Huit États indiens se préparent à sévir contre la communauté Sikh


Par Andrew Korybko − Le 27 juillet 2019 − Source eurasiafuture.com

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Les médias indiens signalent que New Delhi a accordé à huit États l’autorité de faire usage de loi dénommée « (prévention des) activités illégales », pour contrer l’influence de la campagne pour un référendum « Sikhs For Justice » en 2020. La voie est ouverte à des mesures répressives importantes contre ce groupe religieux minoritaire, en amont du plébiscite de l’an prochain sur l’indépendance du Penjab.


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L’Inde va finir par regretter l’annexion faite aujourd’hui de la province de Jammu-et-Cachemire


2015-05-21_11h17_05Par Moon of Alabama – Le 5 aout 2019

Le gouvernement formé par la droite nationaliste Hindutva et dirigé par le président Narendra Damodardas Modi vient de révoquer l’autonomie du Jammu-et-Cachemire. Cela va entraîner une guerre civile qui pourrait facilement dégénérer en nouveau conflit entre l’Inde et le Pakistan, tous deux dotés d’armes nucléaires.


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Les États-Unis et l’Iran bloqués au niveau zéro des négociations

Donald Trump dit que, guerre ou pas avec l'Iran, il «est d’accord dans un sens ou dans l’autre» et Téhéran semble en convenir également, avertit Pepe Escobar.

Par Pepe Escobar − Le 25 juillet 2019 − Source Consortium News

Pepe Escobar

Tous les paris sont ouverts sur les enjeux de la folie géopolitique lorsque le président des États-Unis (POTUS) annonce avec désinvolture qu’il pourrait lancer une première frappe nucléaire pour mettre fin à la guerre en Afghanistan en faisant disparaître le pays «de la surface de la terre» en une semaine. Mais préférerait ne pas le faire, donc il a la bonté de ne pas tuer dix millions de personnes.

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Les illusions des médias de masse


Par Dmitry Orlov – Le 30 juillet 2019 – Source Club Orlov

Pour tous ceux qui vivent en Occident (les États-Unis, l’UE et ses différents partenaires comme l’Australie, la Nouvelle-Zélande) et qui veulent savoir ce qui se passe réellement dans le monde, un obstacle majeur est le filtre puissant imposé à la réalité par les médias occidentaux. Ils utilisent deux méthodes pour empêcher la réalité de s’infiltrer dans le public, l’une active, l’autre passive.

La méthode passive utilise l’omission et l’obscurcissement : certains événements et faits ne sont tout simplement pas rapportés. Certains sont délibérément supprimés, d’autres soigneusement sous-estimés, d’autres encore sont présentés dans un contexte destiné à masquer leur signification. Par exemple, toute personne suffisamment attentive aurait pu facilement établir que Robert Mueller est sénile et qu’il n’a jamais été capable de mener une enquête ou de rédiger un rapport, quelle qu’en soit la forme. Et pourtant, ce fait saillant n’a pas été rapporté du tout ; c’est une suppression volontaire.

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Le dilemme de Zelenskii, ci-devant président ukrainien


Par The Saker − Le 25 juillet 2019 − Source thesaker.is via Unz Review

2015-09-15_13h17_31-150x112Les récentes élections à la Rada [le parlement] ukrainienne ont donné deux résultats des plus intéressants :

Premièrement, presque tous les partis nationalistes n’ont pas réussi à faire élire un représentant à la Rada – les partis de Porochenko et de Timoshenko ont obtenu quelques sièges, mais seulement 25 chacun.

Deuxièmement, pour la première fois depuis l’indépendance de l’Ukraine, le président du pays aura la majorité absolue au parlement.

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