Par M.K. Bhadrakumar – Le décembre 2025 – Indian punchline
En liesse, quand la nouvelle lui est parvenue que le candidat conservateur, José Antonio Kast, était sorti victorieux de l’élection présidentielle chilienne, le président de droite argentin, Javier Milei, a posté une carte de l’Amérique du Sud sur X dimanche soir avec la moitié supérieure colorée en rouge et la moitié inférieure en bleu conservateur. Milei l’a sous-titré avec vantardise, « LA GAUCHE RECULE, LA LIBERTÉ AVANCE« .
Kast a remporté une victoire écrasante, à 58% contre 42% sur son adversaire communiste Jeannette Jara. En effet, la liste des dirigeants favorables aux États-Unis s’allonge régulièrement en Amérique latine à un moment où le président Donald Trump a fait de la région une priorité absolue dans son récent document de Stratégie de sécurité nationale des États-Unis.
La victoire électorale de Kast ne reflète pas fidèlement sa popularité puisque l’élection de dimanche était un second tour au cours duquel il avait réussi à rallier l’éventail des forces de droite chiliennes. Il était arrivé deuxième au premier tour en obtenant 24%, derrière Jara qui était la favorite avec 27%.
Mais cela n’enlève rien au message que transmettent, ces derniers temps, les nombreux virages à droite de la politique dans l’hémisphère occidental. Élection après élection, l’Amérique latine semble produire des gagnants de droite, et pas avec de petites marges.
L’opération militaire lancée par la Russie en Ukraine a inopinément révélé une crevasse aux proportions historiques aux Amériques. Les pays d’Amérique latine se dégagent de l’influence de la Maison-Blanche et gagnent en autonomie politique. Comment Washington a-t-elle perdue son « arrière-cour » qui lui obéissait sans sourciller il y a encore peu de temps ?

L’attention étant fixée sur 




Le néolibéralisme est, au sens propre du terme, en train de brûler. Et de l’Équateur au Chili, l’Amérique du Sud, une fois de plus, montre la voie. Contre l’austérité vicieuse et universelle du FMI, qui déploie des armes de destruction économique massive pour briser les souverainetés nationales et favoriser les inégalités sociales, l’Amérique du Sud semble enfin prête à reprendre le pouvoir de forger sa propre histoire.