Battre l’Oncle Sam à son propre jeu

Par Mike Whitney – Le 8 juin 2015 – Source CounterPunch

«Washington ne recherche ni la paix, ni la guerre. Washington cherche à dominer les autres pays. Si cet objectif peut être atteint par des moyens pacifiques, tant mieux. Sinon, Washington entre en guerre. C'est aussi simple que cela.»

William Blum, interview à Russia Today
«Les USA sont en train de s'activer frénétiquement pour entourer la Chine de systèmes d'armements, de patrouilles aériennes, de navires de guerre et d'une multitude de bases militaires, déployées sur un réseau de petites îles proches au Japon, en Corée du Sud et aux Philippines, ou dans sa toute nouvelle et gigantesque base d'Australie... La flotte des USA, ses porte-avions et ses sous-marins nucléaires patrouillent au voisinage des eaux chinoises. Bombardiers, avions de surveillance, drones et satellites espions remplissent les cieux, au point qu'ils en assombrissent les aurores.»

Jack A. Smith, Jeux d'hégémonie : les USA contre la RPC, CounterPunch

L’immense accroissement des capacités militaires US dans la zone du pacifique asiatique témoigne d’un changement fondamental de la politique des USA vis-à-vis de la Chine. Washington n’adhère plus à l’opinion suivant laquelle la Chine peut être intégrée au système mondial actuel, dominé par les USA. Les actions récentes de la Chine, en particulier l’annonce de son plan pour créer une Banque d’investissement asiatique dans les Infrastructures (la Asian Infrastructure Investment Bank ou AIIB, BIAI pour nous), qui serait un compétiteur direct de la Banque mondiale ou du FMI, a créé de nombreuses alarmes dans la capitale, où grands décideurs anonymes et dirigeants de groupes de réflexion sont d’accord pour affirmer qu’une politique plus ferme est nécessaire pour ralentir l’ascension chinoise. La confrontation actuelle en mer de Chine méridionale, dans laquelle les USA ont demandé à la Chine de cesser immédiatement ses activités visant à réclamer des territoires contestés, indique qu’une telle politique a déjà été lancée, ce qui rapproche d’autant les perspectives d’un affrontement entre ces deux adversaires disposant de l’arme nucléaire.

Il n’est pas nécessaire de décrire en détail les opérations chinoises dans le cadre de la dispute des iles Spratleys, lorsque toute personne raisonnable est capable d’admettre que Washington n’a pas d’intérêt légitime à exprimer concernant quelques monceaux de sables accumulés sur des récifs à 10 000 km de son territoire. Ces îles artificielles ne posent aucune menace envers la sécurité nationale des USA, pas plus qu’envers la liberté de navigation. L’administration Obama ne fait qu’utiliser les iles Spratleys comme un prétexte pour provoquer, intimider et harceler Beijing. Les îles Spratleys sont mises en avant pour envenimer les relations, pour ameuter une coalition hostile à la Chine parmi les alliés des USA dans la région, pour diaboliser la Chine au travers des médias, pour construire les moyens nécessaires à la destruction de l’ambitieux projet chinois d’une route de la Soie économique et stratégique, et pour menacer le flanc Est chinois au moyen des flottes US-américaines qui mettent en péril l’accès chinois à des voies maritimes et à des sources d’approvisionnement énergétique cruciales. Car c’est bien l’objectif ultime de la manœuvre ; forcer la Chine à s’incliner et à accepter les diktats de Washington. Et c’est bien ce que veulent les USA.

Dans un discours récent aux Dialogues de Shangri-La tenus à Singapour, le secrétaire à la Défense Ashton Carter a indiqué qu’«il n’existe pas de solution militaire au contentieux en mer de Chine méridionale». Quelques instants plus tard, et sans aucune trace d’ironie, Carter a énuméré une longue liste de matériel militaire que le Pentagone prévoit de déployer dans la zone Asie-Pacifique, pour y améliorer les capacités offensives des USA. La liste inclut notamment «des sous-marins nucléaires de dernière génération classe Virginie, des aéronefs de surveillance maritime de type P-8 Poséidon, le tout dernier destroyer furtif, le Zumwalt, ainsi que les tout nouveaux avions de surveillance E-2D Hawkeye embarqués sur porte-avion». Le Pentagone prévoit également de déployer «de nouveaux systèmes sans pilotes aériens ou maritimes, un nouveau bombardier à long rayon d’action, un canon électromagnétique, des laser et de nouveaux systèmes spatiaux ou adaptés au cyberespace, dont quelques surprises».

Pour quelqu’un qui ne croit pas à une solution militaire, Carter s’équipe d’un formidable arsenal meurtrier. La question à poser est donc : pourquoi? Washington se prépare-t-il à la guerre?

Sans doute pas. Les USA ne veulent pas d’une guerre avec la Chine. Mais Washington rêve d’être l’acteur dominant sur le marchés le plus prometteur et prospère de ce siècle, l’Asie. La croissance éclair de la Chine a mis en péril ce projet, ce qui explique qu’Obama en soit réduit à rameuter l’artillerie lourde. La coalition anti-Chine, les accords de commerce excluant la Chine (TPP) et cet accroissement militaire sans précédent sont tous destinés à préserver le rôle dominant de Washington sans réellement déclencher une guerre. L’administration Obama pense qu’une démonstration de force sera suffisante pour entraîner un changement de ton. Ils pensent que la Chine reculera plutôt que se confronter à l’immense pouvoir militaire de l’Empire US. Mais cela sera-t-il vraiment le cas ? Voici un autre extrait du discours de Carter à Shangri-La.

Les USA continueront de protéger la liberté de navigation et de survol, des principes qui ont garanti la paix et la prospérité de cette région pendant des décennies. Que personne ne s’y trompe : les USA continueront à voler, naviguer et patrouiller en tout point où leur présence est permise par les lois internationales, de la même manière que pour le reste du globe.
Les Etats-Unis d’]Amérique, aux côtés de leurs alliés et partenaires régionaux, ne se laisseront pas déposséder de ces droits, les droits dont jouissent toutes les nations. Après tout, transformer un rocher immergé en piste d’atterrissage ne permet pas de prétendre à la souveraineté sur les eaux alentours, ni d’y poser des restrictions au transit aérien ou maritime international.

De qui se moque Carter ? La Chine ne pose aucun danger pour la liberté de navigation ou de survol. Le vrai danger [pour les USA] vient de la participation chinoise, d’un montant de $100 Mds, à la Banque de développement des BRICS qui est mise en place pour financer quelques-uns des «plus grands projets de l’histoire moderne, dont notamment, la construction de nouvelles infrastructures eurasiennes, de Moscou à Vladivostok, et de la Chine du Sud jusqu’à l’Inde». L’acronyme BRICS (Brésil Russie, Inde, Chine est Afrique du Sud) désigne un groupe de pays qui «représentent 56% de la production économique mondiale, et 85% de la population mondiale. Ils contrôlent près de 70% des réserves mondiales en devises étrangères. Leur croissance annuelle moyenne est entre 4 et 5%» (Source Sputnik News). En d’autres termes, les institutions contrôlées par les USA sont sur le point de perdre leur rôle si exaltant de souscripteurs de l’économie globale, car les plus grands projets d’infrastructures de notre planète seront financés par la Chine et ses alliés. Bien entendu, cela ne s’accorde pas avec la vision de Washington, où les maîtres du jeu s’inquiètent de l’érosion graduelle que l’influence des USA va subir, alors que le centre du pouvoir au niveau mondial est inexorablement entraîné vers l’Est.

L’hégémonie des USA est également menacée par les politiques économiques sino-centriques adoptées par la Chine, que Robert Berke résume dans un article sur OilPrice.com, intitulé Et si la Nouvelle Route de la Soie apportait la richesse au monde ? [1/3]. Voici un extrait de l’article.

«La Chine est en train de mettre sur pied le plus grand projet de développement économique et d’infrastructures jamais entrepris ; la Nouvelle Route de la Soie. Ce projet vise rien de moins qu’un changement révolutionnaire dans la carte de l’économie mondiale… Cette vision ambitieuse cherche à ressusciter les anciennes Routes de la Soie, en les transformant en des corridors modernes pour le transit, le commerce et l’économie, courant de Shanghai à Berlin. Cette Route traversera la Chine, la Mongolie, la Russie, la Biélorussie, la Pologne et l’Allemagne, sur une distance supérieure à 12 000 km, pour créer une zone économique s’étendant sur un tiers de la circonférence terrestre.

Ce plan comporte la construction de lignes ferroviaires à grande vitesse, de routes et d’autoroutes, de réseaux fibres optiques, de transmission et de distribution d’énergie. Les villes et ports le long de cette routes seront les cibles de programmes de développement économique.

Une part tout aussi essentielle de ce plan est la Route de la Soie maritime, un projet aussi ambitieux que sa contrepartie terrestre, reliant la Chine au golfe Persique et à la mer Méditerranée, à travers l’Asie centrale et l’océan Indien. Lorsqu’elle sera complétée, tout comme l’ancienne Route de la Soie, elle connectera trois continents ; l’Asie, l’Europe et l’Afrique. Cette chaîne de projets d’infrastructures créera le plus grand corridor économique mondial, qui couvrira une population de 4,4 milliards de personnes, et une production économique de 21 billions de dollars.

Pour le reste du monde, les décisions chinoises concernant la Route sont rien moins que mémorables. Cet immense projet pourrait être le vecteur d’une véritable renaissance au niveau des échanges commerciaux, industriels, scientifiques, culturels et intellectuels, qui pourrait bien rivaliser avec la Route de la Soie originale. Il est également de plus en plus clair que les conflits géopolitiques autour de ce projet pourraient bien mener à une nouvelle guerre froide entre l’Est et l’Ouest, pour la domination de l’Eurasie. Et son issue est loin d’être acquise. Robert Berke, Oil Price)

La Chine est parfaitement située pour recueillir les fruits de la croissance explosive de l’Asie. Le pays a payé pour atteindre cette position, en améliorant ses infrastructures et ses capacités industrielles, et il est maintenant en position de force, prêt à bénéficier du fait que «la moitié de l’humanité vivra en Asie à l’horizon 2050» et que «plus de la moitié de la classe moyenne globale ainsi que la consommation correspondante viendra de cette région». Les corporations US seront les bienvenues dans la compétition sur ces nouveaux marchés, mais leurs résultats n’approcheront jamais de ceux des entreprises localisées en Chine. (C’est pourquoi certains membres puissants des élites corporatistes ont demandé au Pentagone d’intervenir)

Le pari de Washington dans les îles Spratley est une tentative de renverser la vapeur, faire dévier la trajectoire chinoise actuelle, et faire des USA la pièce maîtresse régionale, capable d’y écrire les règles du jeu et d’en désigner les gagnants. Comme l’a dit le Secrétaire à la Défense Carter, dans un discours antérieur, donné à l’Institut McCain en Arizona, «on trouve déjà 525 millions de consommateurs de la classe moyenne en Asie, et ils seront 3,2 milliards dans la région en 2030». Les corporations US souhaitent récupérer la part du lion sur ces marchés, y refourguer leurs gadgets, suivre le cours des transactions locales, et en siphonner les profits. Le boulot de Carter consiste à les aider à atteindre ces objectifs.

Une autre menace envers la domination globale des USA vient de la Banque d’investissement asiatique pour les infrastructures (BIAI) mentionnée plus haut. Le danger posé par la BIAI ne vient pas simplement du fait qu’elle va financer de nombreux projets d’infrastructures nécessaires à l’intégration de l’Europe, l’Asie et l’Afrique dans une zone de libre-échange géante, mais cette banque est également construite comme un concurrent direct des institutions financières clé contrôlées par les USA (le FMI et la Banque mondiale), qui ont permis le maintien de la poigne de fer washingtonienne sur le système financier mondial. Alors que cette poigne se desserre progressivement, l’importance des transactions transfrontalières en dollars US ira décroissant, ce qui menacera le rôle du dollar en tant que monnaie de réserve mondiale. Comme le note l’auteur Bart Gruzalski dans son excellent article sur CounterPunch: «La Chine et la Russie sont en train de créer des alternatives qui menacent le statut du dollar en tant que seule monnaie internationale d’importance. En développant les alternatives commerciales au dollar, ces nations contestent la valeur du dollar et menacent donc l’économie des USA.» (Bart Gruzalski, An Economic Reason for the US vs. China Conflict, CounterPunch).

L’ancien secrétaire auTtrésor Larry Summers a présenté une vision particulièrement sombre du développement de la BIAI, dans un éditorial édité en avril dans le Washington Post. Il y affirmait :

Le mois dernier pourrait bien passer dans les mémoires comme le moment ou les USA ont perdu leur place de contrôleur du système économique global. Bien sûr, le pays a connu un grand nombre de périodes difficiles auparavant, ainsi que des épisodes où son comportement pouvait difficilement être qualifié de multilatéraliste, comme par exemple lors de la décision de Nixon en 1971 de ne plus indexer la valeur du dollar sur l’or. Mais aucun évènement ne me vient à l’esprit, depuis Bretton Woods, qui puisse se comparer à la combinaison des efforts de la Chine pour établir une nouvelle institution majeure et l’échec des USA à persuader plusieurs douzaines de ses alliés traditionnels, à commencer par la Grande-Bretagne, de ne pas y adhérer.

Summers continue en reconnaissant la menace que les dysfonctionnements politiques (au Capitole), pose au «rôle prééminent du dollar dans le système international». Il est clair qu’il est conscient de la gravité des évènements et de la menace que pose la BIAI envers l’hégémonie des USA. Le lecteur devrait noter que les avertissements inquiets de Summers n’ont été émis que quelques mois avant que Washington ne reforge sa politique chinoise de façon dramatique, ce qui permet de supposer que l’annonce de la fondation de la BIAI a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Peu de temps après, l’administration Obama a intégré des changements cruciaux à ses politiques antérieures. Confinement et intégration ont été remplacés par les politiques actuelles d’intimidation, de provocation et de confrontation. Beijing a été promu ennemi numéro 1, le premier rival stratégique des USA.

La suite des événements devrait être évidente pour qui a suivi les actions des États-Unis d’Amérique ces dernières années. Les USA se considèrent maintenant en guerre avec la Chine, ce qui implique que tous les moyens et ressources seront utilisés, à l’exception des moyens militaires, pour vaincre cet ennemi. Les USA ne s’engageront pas dans une campagne militaire contre un adversaire capable de riposter ou d’infliger une défaite à leurs forces armées. C’est une règle cardinale des politiques militaires US. Bien que nous soyons donc à l’abri d’une conflagration nucléaire, cela n’exclut pas une campagne de propagande à outrance, visant à démoniser la Chine et ses dirigeants dans les médias (malheureusement, on constate que les comparaisons à Hitler et au Kaiser ont déjà commencé), des attaques asymétriques sur les marchés et la monnaie chinoise, des sanctions économiques cruelles, des financements venus d’ONG contrôlées par les USA pour les dissidents chinois, les agents étrangers, les membres de la cinquième colonne, des intrusions dans les eaux territoriales et l’espace aérien chinois, la coupure de l’accès à des sources d’énergies stratégiques cruciales (80% du pétrole importé par la Chine transite par le détroit de Malacca vers la Mer de Chine méridionale) et, enfin, un soutien clandestin aux djihadistes modérés dont l’objectif est de renverser le gouvernement chinois et en faire un califat islamique. Tous ces moyens, tous ces intermédiaires seront employés pour battre Beijing, renverser sa stratégie ambitieuse de Route de la Soie, freiner sa croissance explosive, et saboter ses plans visant à en faire l’acteur prééminent de l’Asie.

Washington a jeté le gant en mer de Chine méridionale. Si Beijing souhaite préserver son indépendance et renverser les USA de leur position hégémonique mondiale, il devra relever le défi, se préparer à une longue lutte, et battre l’Oncle Sam à son propre jeu.

Cela ne sera pas une partie de plaisir, mais c’est faisable.

Mike Whitney

Traduit par Étienne, relu par jj pour le Saker Francophone

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Le G7 a ses propres conceptions sur la mer de Chine du Sud


Wayne Madsen

Wayne Madsen

Par Wayne MADSEN – Le 13 juin 2015 – Source strategic-culture

 

Les dirigeants du G7 ont publié un communiqué, à l’issue de leur sommet dans la retraite bavaroise préféré d’Adolf Hitler de Garmisch-Partenkirchen, qui vilipende la Chine pour ses revendications sur les îles de la mer de Chine méridionale riches en énergie.

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La Chine et l’Australie signent un accord historique


Pendant que les blocs régionaux européen, nord-américain et moyen oriental se délitent, le bloc Asie-Pacifique continue à se structurer.

Par Charles Happel – Le 17 juin 2015 – Source: Xinhuanet

 

Les gouvernements australien et chinois viennent de signer cet accord de libre échange attendu depuis si longtemps au cours d’une cérémonie à Canberra, mercredi (17 juin 2015), libérant ainsi le commerce entre les deux pays.

Le ministre chinois du Commerce, Gao Hucheng (à g.) et le ministre australien du Commerce Andrew Robb (à d.) prennent la pose après la signature avec le Premier ministre australien Tony Abott

 

Cet accord historique, signé par les ministres du commerce australien Andrew Robb et chinois Gao Hucheng, a entériné des négociations qui ont duré 10 ans et une Déclaration d’intention signée en novembre dernier par les dirigeants des deux pays, le premier ministre australien Tony Abbott et le président chinois Xi Jinping.

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Michael Hudson : Les Russes, la Chine et les BRICS [2/3]

[...]
Michael Hudson : Il n’y a pas de limite objective à la continuation de la dépendance au dollar, à la déflation et au péonage de la dette tant que les victimes ne ripostent pas victorieusement. L’oligarchie des créanciers de Rome a fait place à l’âge des ténèbres pour presque un millénaire.
[...]
Lorsque les grands économistes classiques parlaient d’un libre marché, ils pensaient à un marché libéré de la classe des rentiers, libéré des monopoles et surtout libéré du crédit bancaire prédateur.
[...]
The Saker

The Saker

Par le Saker Original – Le 10 juin 2015 – Source thesaker.is

Chers amis

C'est un immense privilège et un honneur de vous faire part de mon entrevue avec Michael Hudson, que je considère comme le meilleur économiste en Occident.

Le Saker

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De la Chine à Assad, l’aventure c’est l’aventure


Un bloc militaire eurasien va-t-il prendre forme pour combattre l’Armée de la Conquête lancée contre la Syrie?


Par Philippe Grasset – le 17 juin 2015 – Source Dedefensa

Christina Lin

Pour une fois, attardons-nous à une prospective assez audacieuse, qui se formule avec le titre «Un bloc militaire eurasien va-t-il prendre forme pour combattre L’Armée de la Conquête lancée contre la Syrie ?». L’auteur(e) est une dame, Christina Lin, qui n’est ni une amatrice, ni une rêveuse impénitente. Elle est chercheuse à l’université SAIS-John Hopkins, au Centre des relations transatlantiques, après avoir été directrice de la politique chinoise au département de la Défense (Pentagone). Elle a publié un livre qui témoigne de son expertise chinoise qui lui est évidemment naturelle puisqu’elle est d’origine taïwanaise, La nouvelle Route de la soie : la stratégie de la Chine dans le grand Moyen-Orient. Sa spécialisation à cet égard porte sur l’évolution stratégique de la Chine, non pas dans le cadre asiatique/Pacifique mais à l’inverse, dans le cadre eurasien et par rapport au monde moyen-oriental ; donc l’évolution de l’Eurasie qui nous concerne directement, puisque la Russie y est partie prenante avec la question tchétchène, – la Russie qui est l’objet d’une crise fondamentale avec le bloc BAO à propos de l’Ukraine. Continuer la lecture

La Chine ?
Écoutez le Grand Maître,
et bon voyage !

Pepe Escobar

Pepe Escobar

Par Pepe Escobar – Le 12 juin 2015 – Source AsiaTimes

Vu le niveau de perspicacité intellectuelle et de connaissance interculturelle constaté, régulièrement, chez les conseillers en politique étrangère US – ainsi que chez les fonctionnaires et les journaleux du Pentagone – il serait vain d’attendre de l’administration Obama, qui s’auto-astreint à ne-pas-faire-des-choses-stupides,  qu’elle comprenne quoi que ce soit aux complexités de la Chine.

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La Chine va injecter des milliards de dollars dans des fonds de l’UE


Le 14 juin 2015 – Source thebricspost

Chinese Premier Li Keqiang (R) and German Chancellor Angela Merkel meet with delegates attending the first meeting of Sino-German Advisory Committee on Economy in Beijing, capital of China, July 7, 2014 [Xinhua]

Le premier ministre chinois Li Keqiang (d.) et la chancelière allemande Angela Merkel se réunissent avec les délégués participant à la première réunion du Comité consultatif sino-germanique organisée à Beijing, capitale de la Chine, 7 juillet 2014 [Xinhua]


«Le gouvernement chinois va injecter des milliards de dollars dans un projet beaucoup vanté par l’UE qui veut lancer un plan d’investissement de $315 Mds pour réveiller une économie en difficulté», a déclaré un communiqué de Reuters dimanche.

Le nouveau Fonds européen pour les investissements stratégiques (EFSI) servira à financer des projets d’infrastructure dans des domaines tels que les réseaux de transmissions de données à large bande, l’énergie, le transport, l’éducation, la recherche et l’innovation.

L’investissement sera annoncé par le premier ministre chinois Li Keqiang  lors du sommet Chine-UE à Bruxelles le 29 juin.

Le plan de Pékin d’investir dans des fonds de l’UE fait suite à la décision de plusieurs pays européens de participer à la banque asiatique d’investissement dans les infrastructures (AIIB), dirigée par la Chine.

«La Chine a annoncé qu’elle allait cofinancer des investissements stratégiques d’intérêt commun dans toute l’UE, le montant n’a quant à lui pas été annoncé», a rapporté l’agence Reuters en citant le projet de déclaration finale.

Le fonds de l’UE «sera une opportunité pour la Chine d’investir dans l’UE, en particulier dans le secteur des infrastructures et dans l’innovation» a ajouté le projet de communiqué.

Le fonds proposé est conçu pour être la pierre angulaire de l’ordre du jour de la Commission européenne pour faire repartir l’économie moribonde de l’UE, qui n’a pas réussi à se redresser efficacement depuis la grande récession, et se trouve plongée dans le chômage de masse, risquant ainsi de sombrer dans la déflation.

Pendant ce temps, de plus en plus de pays européens sont tentés de suivre la voie de la Hongrie en s’engageant officiellement dans l’ambitieux projet chinois de Route de la soie, un programme de plusieurs milliards de dollars pour mettre en place les infrastructures permettant de commercer le long des voies terrestres et maritimes de l’antique route de la soie, qui s’étendait à travers l’Asie et l’Europe.

Traduit par Freddy, relu par jj pour le Saker Francophone

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La militarisation de l’Histoire, le révisionnisme comme arme de destruction massive.

 


Andrew Korybko

Par  Andrew Korybko – Le 4 mai 2015 – Source thesaker.is

L’Eurasie est en voie de devenir intégrée comme jamais auparavant. La Route de la Soie chinoise et l’Union eurasienne de la Russie constituent la base structurelle pour cette connexion historique entre les continents.

Les États-Unis croient comprendre la menace que cela pose à leur hégémonie mondiale (voir Brzezinski et son Grand Échiquier), d’où le déploiement de sa dernière arme postmoderne de communication, la militarisation de la mémoire historique.

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Russie et Chine : prenez garde Moody’s, Fitch et S&P ! Le coach ne sera plus l’arbitre

Les agences de notation sont des piliers essentiels de la domination du dollar après 1971 et un instrument important de la politique étrangère des États-Unis. Le mouvement des Russes et des Chinois pour fonder leurs propres agences constitue un développement majeur et un défi à l’ordre financier mondial établi.


William Engdahl

Par F.William Engdahl – Le 1er juin 2015 – Source Russia Insider

Au cours du quart de siècle, à peu près, de ce qu’on appelle la mondialisation, la capacité de Wall Street à héberger les seules agences de notation dominantes mondiales qui fournissent des évaluation de la solvabilité du monde a été l’une des armes les plus efficaces de la guerre financière dans l’arsenal de ce même Wall Street. Elles évaluent des pays ainsi que des sociétés privées.

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Guerre mondiale en mer de Chine méridionale ?


Pepe Escobar

Pepe Escobar

Par Pepe Escobar – Le 2 juin 2015 – Source : Asia Times Online

Alors que la Guerre froide 2.0 entre les USA et la Russie est loin d’être désamorcée, la dernière chose dont le monde a besoin est très certainement une réincarnation du faucon Donald-il-y-a-des-connus-inconnus-Rumsfeld.

En lieu et place, nous avons droit à un connu-connu prévisible en la personne du chef suprême du Pentagone, Ash Carter.

Ash le néocon a fait tout un spectacle lors du Dialogue de Shangri-la le weekend dernier à Singapour.

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