Epstein et pathologie du pouvoir. Comment l’institution protège les monstres


Par Vincent Verschoore − Le 15 avril 2026 − Source Ze Rhubarbe Blog

Marcos Paulo Candeloro analyse la publication des dossiers Epstein comme révélation d’une pathocratie contemporaine ; un système où une classe dominante d’individus psychopathes, pédocriminels et corrompus capturent les institutions pour servir leurs pathologies et protéger leurs crimes.

Le cadre législatif illustre d’abord le fossé entre la volonté démocratique et son exécution. Le Congrès a adopté l’Epstein Files Transparency Act par 427 voix contre 1, interdisant catégoriquement toute rétention de documents pour motifs d’embarras ou de sensibilité politique. Pourtant, sur six millions de pages identifiées, seulement trois millions et demi ont été publiées. Deux millions et demi demeurent dans un « limbo procédural » où la bureaucratie invoque privilèges et exceptions techniques avec la même désinvolture qu’on offre du café à un invité gênant. Le procureur général adjoint Todd Blanche a déclaré le 30 janvier 2026 que la publication était « complète », administrant avec calme le record documentaire du plus grand réseau de trafic sexuel d’enfants de l’histoire judiciaire américaine.

Les co-auteurs de la loi, Thomas Massie et Ro Khanna, ont découvert dans la salle de lecture sécurisée du DOJ que les documents restaient partiellement caviardés. Massie a posé le diagnostic : sans menottes, le pays n’a pas de justice fonctionnelle. C’est la constatation d’une république en décomposition institutionnelle où la loi existe, est votée, promulguée, mais sa réalisation reste suspendue dans une quarantaine administrative permanente.

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Où vont les profits de la guerre ?


Par Gabriel Zucman − Le 7 avril 2026 − Source Blog de l’auteur

Pour les peuples et les dirigeants des années 1970, il était évident que les profits engendrés par l’explosion des prix de l’or noir à la suite des chocs pétroliers de 1973 et 1979 avaient vocation à être, en grande partie, socialisés.

Certains pays producteurs, comme l’Arabie Saoudite et le Venezuela, choisirent de nationaliser leur production (entre 1973 et 1980 pour le premier pays, en 1976 pour le second) ; d’autres de la taxer à des taux quasi-confiscatoires.

Les États-Unis créèrent ainsi en 1980 une taxe sur les superprofits pétroliers au taux de 70 %, qui s’appliquait après avoir payé l’impôt normal sur les sociétés au taux de 46 %. Soit une imposition totale de près de 85 %. Le Royaume-Uni fit de même en 1975.

Tout comme les bénéfices des marchands d’armes s’étaient vus confisqués pendant les guerres du 20e siècle – avec une imposition à 95 % des superprofits aux États-Unis en 1942 – il était hors de question que la rente pétrolière, fruit de conflits armés et de révolutions, puisse être appropriée par quelque puissance privée que ce soit.

C’est ainsi que les richesses pharaoniques générées par l’explosion du cours de l’or noir, ce prix tant convoité, échappèrent aux majors et à leurs propriétaires.

Fort mécontents, ces derniers se promirent qu’on ne les y reprendrait plus.

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Aucune vue d’ensemble, comme le montre la crise iranienne


Par Aurelien – Le 1er avril 2026 – Source Blog de l’auteur

Je n’écris normalement pas d’essais qui continuent directement les précédents mais, étant donné la situation dans laquelle nous nous trouvons actuellement, j’ai pensé qu’il serait utile cette semaine de développer un peu plus certaines des idées de mon dernier essai, d’autant plus qu’elles se réfèrent à des problèmes de compréhension et de prise de décision du gouvernement. Comme auparavant, je ne vais pas me livrer à des prophéties ni essayer de parler des détails des opérations militaires mais je commenterai certaines choses qui devraient être évidentes, mais dont les médias commencent à peine à parler.

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Comment les grandes entreprises voient (et possèdent) l’armée américaine


Par Christian – Le 26 décembre 2025 –  Source The Business of War

Une société à but lucratif est une organisation commerciale conçue pour maximiser ses profits à court terme. Le travail des dirigeants d’entreprise est donc de maximiser ce profit, tandis que le conseil d’administration s’assure que le travail soit fait en ce sens.

La première façon pour une entreprise de maximiser ses profits est de sous-payer ses travailleurs.1 Les travailleurs créent du profit, mais n’en reçoivent pas une part équivalente. Les dirigeants canalisant ce profit vers les investisseurs et vers eux-mêmes.

Il va sans dire que les travailleurs ne sont pas responsables. Ils ne sont pas autorisés à prendre les décisions commerciales dans une société donnée. Les dirigeants prennent ces décisions. Il n’y a pas de démocratie sur le lieu de travail.

C’est la situation dans n’importe quelle industrie, y compris l’industrie de la guerre.

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  1. Agresser les travailleurs est essentiel. Les cadres licencient sommairement les travailleurs, démantèlent les syndicats, automatisent les emplois, classent les travailleurs en tant qu’entrepreneurs indépendants et envoient des emplois à l’étranger où ils paient encore moins les travailleurs.

Incompétent ou Impérial ? Repenser la politique occidentale à une époque de déclin


De la doctrine de l’OTAN à Ursula von der Leyen, les dirigeants transatlantiques d’aujourd’hui semblent incompétents, jusqu’à ce que l’on se demande : compétents pour qui ?


Par Nel – Le 22 Septembre 2025 – Source Blog de l’auteur

Prélude : La plainte pour « incompétence« 

Les dirigeants occidentaux d’aujourd’hui sont incompétents. » Cette phrase est devenue un réflexe d’analyste. Observons Kaja Kallas, la Haute Représentante de l’UE, pendant qu’elle patine avec désinvolture au sujet des rôles soviétiques et chinois dans la Seconde Guerre mondiale, disant que c’était une « info » pour elle que la Chine et la Russie fassent partie des vainqueurs du nazisme, comme si l’histoire était accessoire. Regardons comment les vidéos Instagram d’Annalena Baerbock, en tant que nouveau visage de l’AGNU, ressemblent à une mise en scène comique à la recherche d’un art politique. Ou quand Donald Trump déclare, en toute confiance, que l’Espagne fait partie des BRICS. Et le « deal » tant vanté entre von der Leyen et Trump qui ressemble moins à une stratégie politique européenne qu’à une preuve de soumission.

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Au moins, ils n’en parlent pas. Certains problèmes n’ont aucune solution


Par Aurelien – Le 29 octobre 2025 – Source Blog de l’auteur

Je ne suis pas beaucoup la couverture médiatique traditionnelle de la guerre en Ukraine – je laisse cela à ceux qui ont l’estomac bien ancré – mais il est impossible d’ignorer les deux messages contradictoires et confus qu’elle diffuse sur les chances de mettre fin, plus ou moins pacifiquement, à cette guerre. D’une part, « parler à Poutine » est considéré comme un crime capital, et toute initiative suggérant que l’Occident pourrait le faire est vue comme une forme de trahison. De l’autre, des armes miracles plus récentes et meilleures doivent être envoyées en Ukraine pour « forcer Poutine à rejoindre la table des négociations« .

Je ne vais pas essayer de réconcilier ces deux messages car je pense que c’est impossible, et de toute façon ce serait un gaspillage d’efforts. Je vais plutôt les traiter tous les deux – et d’autres choses dont je parlerai également – comme des exemples montrant l’incohérence fondamentale, le narcissisme et la superficialité de la pensée et de l’expression qui caractérisent la Caste Professionnelle et Managériale (CPM) d’aujourd’hui, en particulier les dirigeants politiques et ceux qui les conseillent et écrivent à leur sujet. Occupons-nous d’abord de ce sujet, puis nous retournerons à l’Ukraine et d’autres endroits.

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John Beaty – Rideau de fer sur l’Amérique


Par Jose Martí − Le 31 mai 2025

Nous publions notre traduction d’un ouvrage paru en 1951.

Cet ouvrage, puissamment sourcé, traite d’un sujet particulièrement controversé – et il le fait avec un équilibre, une puissance documentaire et une factualité remarquables.

Écrit par un universitaire modéré, aux références impeccables, et dont l’histoire personnelle et le rôle tenu durant la seconde guerre mondiale garantit le niveau, il décrit un tableau qui, des dizaines d’années plus tard, continue d’apparaître à bien des égards comme très actuel, car le sujet fondamental en est le globalisme subversif et ses méthodes rampantes. Bien au delà d’une simple documentation historique, cet ouvrage explique et éclaire de nombreux éléments de « fonctionnement » des sociétés occidentales contemporaines.

En raison de la censure pesant sur les grandes maisons d’édition étasuniennes, ce livre a été publié par une toute petite maison d’édition de Dallas. L’énorme popularité de l’ouvrage provoqua pas moins de dix-sept rééditions au cours des années qui suivirent.

Ce livre est souvent cité par Ron Unz, dont nous traduisons régulièrement la suite « Pravda Américaine ».

Le livre est disponible aux formats PDF, EPUB et MOBI.

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Le DOGE en tant que guerre des classes


Par Leighton Woodhouse – Le 14 février 2025 – Source Compact

Cela pourrait sembler étrange à certains : le nouveau président des États-Unis a remporté les élections en ralliant la classe ouvrière contre le marais de l’establishment, mais il a placé à la barre de son assaut contre l’État profond, contrôlé par l’élite, nul autre que l’homme le plus riche du monde. Mais ce n’est un paradoxe que si vous admettez quelques hypothèses que la description ci-dessus présuppose : que la “classe ouvrière” n’est en fait pas représentée du tout dans notre système politique, et que personne sauf “l’élite” n’est impliqué dans les luttes de pouvoir en son sein. Pour comprendre ce qui se passe réellement dans la deuxième administration Trump, il faut se défaire de ces deux notions. Ce à quoi nous assistons est la dernière bataille d’une longue guerre entre deux factions de l’élite américaine. La classe ouvrière ne fait office que de figurant sur la scène – un accessoire moral dans une lutte qui n’a rien à voir avec elle.

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2025 sera-t-elle une année de chaos — la couverture de The Economist révèle-t-elle un projet ourdi par les élites mondialisées ?


Par Michael Synder − Le 17 décembre 2024 − Source The Economic Collapse

Allons-nous entrer dans une année marquée par un grand chambardement ? Chaque année, le magazine The Economist publie un numéro dédié à ce qui va suivre durant l’année qui s’ouvre. Par le passé, les prédictions présentées ainsi se sont révélées étrangement justes. Ainsi, l’édition parue il y a un an présentait des photos de Volodymyr Zelenskyy et de Vladimir Poutine, chacun entouré de très gros missiles. Et chacun sait désormais que cela a fait la une de nombreux journaux en 2024. L’Ukraine a commencé à envoyer des missiles à longue portée fournis par l’OTAN dans la profondeur du territoire russe, et les Russes ont répondu en envoyant leurs propres missiles à longue portée. Malheureusement, il semble que la couverture présentée cette année pourrait laisser présager d’événements très alarmants pour 2025.

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