
Par Alastair Crooke – Le 23 avril 2018 – Source Strategic Culture
Une toile tissée de tromperies : le Pentagone l’a nommée une mission parfaite − tous les 105 missiles tirés ont atteint leur cible ; « Mission accomplie », a annoncé le Commandant en chef. Des entrepôts de produits chimiques et des centres de recherche ont été détruits : pourtant, aucun produit chimique n’a été libéré dans l’atmosphère syrienne à la suite du raid. La Grande-Bretagne insiste sur le fait qu’elle a subi une attaque mortelle d’un agent neurotoxique par la Russie, mais ses deux victimes semblent bien se remettre d’une attaque normalement fatale à coup sûr. Les trous dans le récit syrien apparaissent. Il y aura des répercussions politiques. Mais lesquelles, et où ?
Les motivations des USA, du Royaume-Uni et de la France n’étaient pas les mêmes pour bombarder la Syrie.
La récente spéculation des médias sur l’état réel de la dette de la Zambie pourrait être manipulée par les États-Unis pour élaborer un narratif de guerre de l’information : ainsi, le pays deviendrait le « Sri Lanka africain », une perception trompeuse qui serait conçue pour enflammer le sentiment anti-chinois comme prélude au « corridor de croissance Asie-Afrique » indo-japonais qui a fait des percées décisives dans ce pays de transit géostratégique de la Route de la Soie.
La manière d’agir de l’Amérique dans le monde, la violence qu’elle fait souvent subir à la vérité quand elle applique sa volonté, ne peut pas s’expliquer en ne prenant en compte que ses prétendus « intérêts ». Les États-Unis agissent comme ils le font en raison de la façon particulière qu’ils ont de comprendre ce qui donne un sens à la vie et aux actes.

