La suprématie américaine et ses autres appellations


L’équilibre mondial a changé qualitativement, et pas seulement quantitativement.


Par Alastair Crooke – Le 15 novembre 2021 – Source Strategic Culture

Lors d’un discours prononcé au Forum d’Aspen sur la sécurité il y a deux semaines, le général Milley a reconnu que le « siècle de l’Amérique » était terminé, un constat qui aurait dû être fait depuis longtemps, pourrait-on penser. Pourtant, qu’elle soit tardive ou non, cette déclaration semble signaler un changement stratégique important : « Nous entrons dans un monde tripolaire, avec les États-Unis, la Russie et la Chine comme grandes puissances. [Et] Le simple fait de passer de deux à trois puissances rend la situation plus complexe », a déclaré M. Milley. Continuer la lecture

L’Europe ne peut plus sortir de l’ascenseur pour l’enfer


Par Tom Luongo – Le 18 octobre 2021 – Source Gold Goats ‘N Guns

L’Union européenne est, selon la parole immortelle du soldat Hudson d’Aliens, « … à bord d’un ascenseur express pour l’enfer, en pleine descente », depuis longtemps maintenant.

Depuis le jour où Mario Draghi, alors président de la BCE, a prononcé le discours « Nous ferons tout ce qui est nécessaire » en juillet 2012 jusqu’à aujourd’hui, l’UE a choisi une méthode folle en matière de politique financière, étrangère et monétaire qui l’a conduite directement là où elle est aujourd’hui, l’homme malade à la table géopolitique. Continuer la lecture

Des grenouilles bouillant lentement dans leurs casseroles


L’ordre libéral fondé sur des règles a toujours été, en partie, une illusion, même s’il a séduit une grande partie du monde pendant un certain temps.


Par Alastair Crooke – Le 1e Novembre 2021 – Source Strategic Culture

Le célèbre « Long telegram » de George Kennan, envoyé de Moscou en 1946, était avant tout une analyse percutante des contradictions structurelles inhérentes au modèle soviétique, aboutissant à la conclusion analytique que l’URSS finirait par s’effondrer sous le poids de ses propres défauts. Ce texte a été écrit il y a un peu plus de soixante-dix ans.

D’autres ont tenté leur chance : quatre semaines seulement après l’inauguration de Biden, « The Longer Telegram » – un essai écrit par un ancien haut fonctionnaire anonyme, qui plaide en faveur d’une nouvelle stratégie américaine vis-à-vis de la Chine – a été publié et a reçu de nombreux éloges. L’original de Kennan, cependant, était une évaluation profonde de la façon dont l’Union soviétique fonctionnait (ou ne fonctionnait pas), et de laquelle avait découlé la prédiction de Kennan que le système soviétique finirait par imploser. Il suffisait d’être patient. Continuer la lecture

La Chine construit une base militaire au Tadjikistan


Par Vladimir Platov – Le 4 novembre 2021– Source New Eastern Outlook

Après l’échec du retrait américain d’Afghanistan et l’arrivée au pouvoir à Kaboul des Talibans, le système de sécurité régionale en Asie centrale a commencé à subir un reformatage rapide. De nouveaux acteurs, entre particulier les États-Unis, la Turquie et la Chine, tentent de pénétrer dans la zone d’influence et de responsabilité traditionnelle russe, sur le territoire des anciennes républiques soviétiques.

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Les embardées de Washington : Y’a-t-il encore un « centre » ?


L’administration Biden aborde ses principaux partenaires diplomatiques en agitant les exigences de Washington comme si ces États devaient répondre à ces accusations, sans se défendre impertinemment en retour.


Par Alastair Crooke – Le 24 octobre 2021 – Source Al Mayadeen

La politique étrangère américaine – si une telle chose existe vraiment de nos jours – a de quoi laisser perplexe. Wendy Sherman, envoyée en Chine ? Et Victoria Nuland, probablement l’Américaine la moins appréciée à Moscou aujourd’hui, envoyée en Russie ? C’est quand même la dame qui a distribué des cookies lors de la « révolution de couleur » de la place Maidan. Continuer la lecture

Le « Longer Telegram » des États-Unis est un interventionnisme hostile vis-à-vis de la Chine qui se fait passer pour une simple concurrence


Les titulaires de la Maison Blanche vont et viennent, mais les objectifs de sécurité des États-Unis ne changent pas de cap aussi facilement.


Par Alastair Crooke – Le 18 octobre 2021 – Source Strategic Culture

Dans le cadre de l’escalade anti-chinoise de Trump, Taïwan a bénéficié d’une reconnaissance et d’un soutien accrus – avec des visites régulières de hauts responsables américains, ainsi qu’une augmentation des ventes d’armes. Cela a conduit certains experts de Washington, à l’époque, à s’inquiéter pour l’« ambiguïté stratégique » concernant la possibilité d’une réponse militaire américaine – si Taïwan était militairement unie à la Chine – qui était délibérément érodée. Ils ont recommandé dans Foreign Affairs de ne pas faire de vagues avec la Chine. Continuer la lecture

L’alliance anglo-étasunienne AUKUS constitue-t-elle un défi sérieux pour la Chine ?


Toutes les simulations récentes de wargames montrent que les États-Unis – avec ou sans AUKUS – perdraient une guerre contre la Chine, qu’elle soit nucléaire ou conventionnelle.


Par Alastair Crooke – Le 17 octobre 2021 – Source Al Mayadeen

Il n’y a aucun doute à ce sujet : le Reset est en marche. Seulement, il ne s’agit pas du « Reset du Davos » (pour l’instant). Après la fuite en avant de l’Amérique hors d’Afghanistan pour se concentrer sur la Chine, l’axe Russie-Chine contrôle désormais le « heartland » du monde. Il contrôle l’Asie centrale – ce que Mackinder appelait en 1904 l’énorme « île mondiale », dont la présence menaçante éclipse l’Euro-Asie. Continuer la lecture

La Chine est sérieusement effrayée par les tambours de guerre de Washington


Le nouvel ordre est en train de se réaliser, même s’il reste rhétoriquement habillé des vêtements de l’ancien. Au cas où quelqu’un n’aurait pas compris le message, il s’agit de la guerre froide avec la Chine.


Par Alastair Crooke – Le 26 septembre 2021 – Source Al Mayadeen

Eh bien, tout cela s’est passé remarquablement vite. Après avoir quitté l’Afghanistan d’une manière chaotique, laissant des amis et des milliards de dollars de bagages sur le tarmac de l’aéroport alors que le dernier avion s’envolait vers l’horizon, les États-Unis ont commencé à dérouler impitoyablement leur nouvel « ordre mondial » : les défenses aériennes ont été retirées d’Arabie saoudite ; « Israël » a reçu l’ordre d’expulser les Chinois qui construisaient son port de Haïfa ; et la France et l’UE ont été « entubées » par le nouvel accord AUKUS, négocié dans le plus grand secret pendant de nombreux mois. Continuer la lecture

Les États-Unis ont perdu la bataille de l’Intelligence Artificielle au profit de la Chine, reconnaît l’ancien responsable informatique du Pentagone.


Par RT – Le 11 octobre 2021

Le robot Sophia, développé par Hanson Robotics, en train de peindre sur une plaque en plastique

La Chine va dominer le monde grâce à ses avancées en matière d’IA et autres technologies émergentes, et les États-Unis ont déjà laissé passer la chance d’empêcher cela, a déclaré le responsable informatique du Pentagone, qui vient de démissionner.

« Nous n’avons aucune chance de gagner la compétition contre la Chine dans 15 à 20 ans. À l’heure actuelle, c’est déjà une affaire réglée ; à mon avis, c’est déjà trop tard », a déclaré Nicolas Chaillan au Financial Times, dans sa première interview depuis sa démission surprise le mois dernier.

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La guerre froide avec la Chine va désagréger le ciment de l’Amérique


L’Amérique, qui a délocalisé une grande partie de ses capacités de production en Chine pour en tirer un profit à court terme, peut-elle se permettre le découplage ?


Par Alastair Crooke – Le 27 septembre 2021 – Source Strategic Culture

Washington ne sait pas trop quoi faire après la fin chaotique de la guerre « éternelle » de l’Amérique. Certains à Washington regrettent amèrement d’être sortis d’Afghanistan et plaident pour un retour immédiat ; d’autres veulent simplement passer à autre chose – à la « guerre froide » avec la Chine, bien sûr. Les cris suscités par la débandade initiale de l’Establishment et l’expression de sa douleur face à la débâcle du retrait de Kaboul indiquent toutefois à quel point l’accent presque obsessionnel mis sur l’obstruction de la Chine apparaît néanmoins comme une retraite humiliante pour les faucons américains, habitués à des interventions plus globales et illimitées. Continuer la lecture