Par Dmitry Orlov − Le 21 Mai 2026 − Source Club Orlov

[Maxim Shemetov / Pool / Reuters]
Par Dmitry Orlov − Le 21 Mai 2026 − Source Club Orlov

[Maxim Shemetov / Pool / Reuters]
Par Moon of Alabama – Le 19 mai 2026
En plus de toutes les manipulations par l’IA qui apparaissent chaque minute, il y a encore les éléments classiques de désinformation canalisés par la presse grand public.
Le Financial Times d’aujourd’hui a présenté ce « scoop » :
Xi Jinping a dit à Donald Trump que Poutine pourrait « regretter » l’invasion de l’Ukraine (archivé)
Xi Jinping a déclaré à Donald Trump lors de leurs entretiens la semaine dernière que le président russe Vladimir Poutine pourrait finir par regretter son invasion de l’Ukraine.
Selon plusieurs personnes familières avec l’évaluation américaine du sommet de la semaine dernière à Pékin, le président chinois a fait ces commentaires lors de vastes discussions au sujet de l’Ukraine …
Ma première pensée en lisant ces lignes fut « c’est absurde« . Pourquoi Xi ferait-il une remarque négative sur le dirigeant de l’allié le plus important de la Chine au dirigeant de son ennemi le plus féroce ?
Par M.K. Bhadrakumar – Le 16 janvier 2026 – Source Indian Punchline
Dans une référence précise aux dirigeants chinois par leur nom, l’agence de presse d’État russe Tass a pris note des critiques de Pékin sur l’agression américaine contre le Venezuela. Sans surprise, Tass a cité une tierce partie, Karin Kneissl, ancienne ministre autrichienne des Affaires étrangères et actuelle directrice du centre G.O.R.K.I. de l’Université d’État de Saint-Pétersbourg – une chambre d’écho bien connue de l’establishment du Kremlin – pour signaler que le président chinois Xi Jinping avait gardé le silence sur le sujet.
Kneissl elle-même a montré qu’elle comprenait la réticence de Xi, sa peur d’exprimer une réaction personnelle, considérant que “c’est toujours une politique personnalisée que Trump poursuit. Cela signifie que si quelqu’un veut y répondre, il devra faire de même. À la fin de la journée, nous voyons des déclarations du ministère chinois des Affaires étrangères et des communiqués de presse de divers autres endroits, mais que s’est-il réellement passé ?”
Par Brian Berletic – Le 10 novembre 2025 – Source New Eastern Outlook
En 2018, l’US Naval War College Review a publié un article intitulé « Un blocus pétrolier maritime contre la Chine – Tactiquement tentant mais stratégiquement défectueux« . Ce n’est que l’un des nombreux articles publiés au cours des années précédentes à discuter des détails de la mise en œuvre d’un blocus maritime dans le cadre d’une stratégie plus large d’encerclement et de confinement de la Chine.
À première vue, le document ressemble à une réflexion politique américaine, montrant que l’idée de bloquer la Chine est dépassée. Le document se contente d’énumérer un certain nombre d’obstacles entravant une telle stratégie en 2018 – des obstacles qui devraient être levés si une telle stratégie devait être viable dans un avenir proche ou intermédiaire – des obstacles que les décideurs américains ont supprimés depuis.
Des articles plus contemporains publiés, y compris ceux parmi les pages de l’Institut naval américain (ici et ici), ont mis à jour et affiné non seulement une stratégie émergente pour affronter et contenir théoriquement la Chine, mais un plan d’action prenant forme tangible.
Par Arnaud Bertrand – Le 26 septembre 2025 – Source BBlog de l’auteur
Quatre événements extraordinaires se sont produits la semaine dernière en l’espace de seulement 72 heures ; une semaine dont on se souviendra peut-être comme l’une des plus importantes dans la transition de la Pax Americana (une époque qui était certes beaucoup plus “américaine” que “Pax”) à un monde multipolaire.
Ces 4 événements sont chacun significatifs à part entière, mais lorsqu’ils sont pris ensemble et compte tenu du fait qu’ils se sont tous produits dans un laps de temps extrêmement court, du 17 au 19 septembre, ils indiquent un profond recalibrage de la dynamique du pouvoir mondial.
Quelles sont-ils ? Par ordre chronologique :
Pékin hérite désormais de la stabilité énergétique qui alimentait autrefois l’industrie de l’Europe occidentale. Et tout ce que Bruxelles peut faire, c’est crier aux loups
Par Brian McDonald − Le 3 septembre 2025 – Source Son blog
Il y a des moments où vous pouvez presque entendre l’histoire chuchoter et la nouvelle de mardi selon laquelle la Russie et la Chine ont finalement signé un accord contraignant pour le Power of Siberia 2 (un pipeline pouvant transporter 50 milliards de mètres cubes, traversant la Mongolie et transportant du gaz de l’arctique vers l’Orient) en est un cas.
Contrairement à la ligne existante d’Irkoutsk, qui alimente les réserves au nord de la Mongolie, cette nouvelle artère transportera le gaz des champs de Yamal, le même gaz qui a permis aux usines allemandes de fonctionner pendant un demi-siècle. Ce qui a alimentait autrefois la montée en puissance de l’Europe occidentale va maintenant alimenter les ambitions de Pékin alors qu’un projet longtemps bloqué par la méfiance envers la Chine devient soudainement réalité. Peut-être que Pékin a finalement décidé de tenir compte de son propre proverbe ancien : une eau lointaine ne peut étancher une soif proche.
Par Alastair Crooke – Le 5 septembre 2025 – Source Conflicts Forum
Les gants sont jetés. Le sommet de l’OCS a été une claire démonstration de la réalité d’une puissance en train de fortement se regrouper, d’une part, et d’une puissance visiblement en déclin, d’autre part. L’incroyable défilé militaire était le pendant du sommet et il avait le ton haut : Tu veux nous affronter ? « Nous sommes prêts« .
La Chine a jeté le gant à un moment précis. « L’histoire est en train d’être écrite – à l’encre russe et chinoise« , a fait remarquer un commentateur russe. On pourrait presque penser qu’ils l’avaient planifié ainsi…
Les systèmes politiques occidentaux sont dans la tourmente, assiégés par une politique populiste promettant tout, mais manquant des outils pour résoudre quoi que ce soit. Les alliances occidentales sont déchirées par le doute et l’incertitude, la stabilité politique se fissurant sous la pression des échecs des politiques occidentales d’emprunt et de dépenses. Même l’économiste concède « qu’une nouvelle réalité s’installe« .
Par Moon of Alabama – Le 1er septembre 2025
Obama, Biden et Trump ont tenté d’entraver la montée en puissance de la Chine. Mais Obama et Biden n’ont fait que pousser la Russie dans les bras de la Chine. Et Trump a réussi à pousser l’Inde dans les bras de la Russie et de la Chine.
L’absence de réflexion stratégique en « Occident » est palpable.
La réunion en cours de l’Organisation de coopération de Shanghai n’est, comme les réunions similaires des BRICS, qu’une pierre angulaire du nouvel ordre mondial. Beaucoup d’autres seront nécessaires. Un aperçu clair du nouvel ordre n’a pas encore été élaboré :
Le président chinois Xi Jinping a proposé lundi l’Initiative de gouvernance mondiale (GGI) lors de la réunion « Shanghai Cooperation Organization Plus » à Tianjin.
« J’ai hâte de travailler avec tous les pays pour un système de gouvernance mondiale plus juste et équitable et de progresser vers une communauté avec un avenir partagé pour l’humanité« , a déclaré Xi lors de la réunion.
Il a souligné cinq principes pour la GGI:
Premièrement, nous devrions adhérer à l’égalité souveraine.
Deuxièmement, nous devrions respecter la primauté du droit international.
Troisièmement, nous devrions pratiquer le multilatéralisme.
Quatrièmement, nous devrions préconiser l’approche centrée sur les gens.
Cinquièmement, nous devrions nous concentrer sur la prise de mesures concrètes.
Jolis concepts et mots. Je suis d’accord avec eux. Mais où sont les bœufs ? À un moment donné, des muscles seront nécessaires pour les soutenir.
Il y a deux jours, Israël a assassiné le gouvernement civil du Yémen :
Israël a tué le premier ministre du gouvernement houthi du Yémen et plusieurs ministres du cabinet lors d’une frappe aérienne jeudi sur Sanaa, lançant la première frappe réussie contre de hauts responsables de la direction du groupe aligné sur l’Iran, a rapporté Reuters.
Mahdi al-Mashat, chef du Conseil politique suprême des Houthis, a confirmé samedi que le Premier ministre Ahmad Ghaleb al-Rahwi était mort dans l’attaque, ainsi que les ministres de l’Énergie, des Affaires étrangères et de l’Information, selon des sources, a rapporté Reuters. Al-Mashat n’a pas précisé si le ministre de la Défense Mohamed al-Atifi avait survécu à la frappe.
Le Premier ministre Ahmad Ghaleb al-Rahwi était le chef de l’administration civile. Il n’était même pas houthi ou membre d’Ansar Islam et n’avait aucune influence sur les choses militaires.
L’assassinat massif du gouvernement civil d’un pays pauvre devrait être un signal d’alarme. De même que cela :
Quatre-vingt-six pour cent de ceux qui ont voté parmi les 500 membres de l’Association Internationale des spécialistes du génocide ont soutenu la résolution déclarant que les « politiques et actions d’Israël à Gaza » répondaient à la définition juridique énoncée à l’article II de la Convention des Nations Unies de 1948 sur le génocide.
Il y a un réel danger qu’un tel comportement malade se métastase :
Smotrich a déclaré cette semaine que le peuple juif fait l’expérience « physiquement » du processus de rédemption et du retour de la présence divine à Sion – alors qu’il s’engage dans la « conquête de la terre« .
C’est ce genre de pensée apocalyptique qui baigne l’administration Trump sous différents formats : il métamorphose la posture éthique de l’Administration vers celle de « la guerre est la guerre et doit être absolue« . Tout ce qui est inférieur doit être considéré comme une simple posture morale. (C’est la compréhension talmudique découlant de l’histoire de l’anéantissement des Amaleks (voir Jonathan Muskat dans Times of Israel)).
Ainsi, nous pouvons voir le nouvel asservissement de Washington pour la décapitation des dirigeants intransigeants (Yémen, Syrie et Iran) ; le soutien à la stérilisation politique du Hezbollah et des chiites au Liban ; la normalisation de l’assassinat des chefs d’État récalcitrants (comme cela a été évoqué pour l’imam Kamenei) ; et pour le renversement des structures étatiques (c’est-à-dire comme prévu pour l’Iran le 13 juin).
La transformation d’Israël en ce sionisme révisionniste – et son emprise sur les factions clés de la pensée américaine – est précisément la raison pour laquelle la guerre entre l’Iran et Israël est devenue perçue comme inévitable.
Alors, que fera, ou pourra faire, la nouvelle gouvernance mondiale à ce sujet ?
Rien – du moins pas encore – semble-t-il.
Pourtant, la différence entre l’ancien et le nouveau monde est déjà visible.
Moon of Alabama
Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.
Par Sergueï Lavrov – Le 29 mai 2025 – Source Ministère des Affaires étrangères de la Fédération de Russie
Aujourd’hui, nous aborderons la question de la construction d’une architecture de sécurité dans tout l’espace eurasien. Pour la Russie – un État-civilisation qui s’étend de la mer Baltique et de la mer Noire à l’océan Pacifique – l’importance de la construction de cette architecture ne peut être surestimée. Le besoin d’une telle architecture est encore souligné par la fin imminente de la séculaire domination occidentale et l’avènement d’une ère multipolaire. De nouveaux centres de pouvoir, en particulier en Eurasie, se développent de manière dynamique. Tous les pays du continent ont besoin de garanties solides pour une coexistence pacifique.
Les conseils d’un diplomate singapourien voyant le comportement infantile de l’Europe
Par Kishore Mahbubani – Le 18 février 2025 – Foreign Policy
Les temps désespérés nécessitent des mesures désespérées. Et comme me l’ont enseigné mes professeurs de géopolitique, il faut toujours penser à l’impensable, comme l’Europe devrait le faire aujourd’hui.
Il est trop tôt pour dire qui seront les vrais gagnants et les vrais perdants de la deuxième administration Trump. Les choses pourraient changer. Pourtant, il ne fait aucun doute que la position géopolitique de l’Europe a considérablement diminué. La décision du président américain Donald Trump de ne même pas consulter ou prévenir les dirigeants européens avant de parler au président russe Vladimir Poutine montre à quel point l’Europe est devenue insignifiante, même lorsque ses intérêts géopolitiques sont en jeu. La seule façon de restaurer la position géopolitique de l’Europe est d’envisager trois options impensables.