Par Thomas Fazi – Le 6 mai 2025 – Son blog
Pour des étrangers, la politique européenne actuelle peut être difficile à déchiffrer, et cela n’est nulle part plus évident que dans la réponse du continent à l’évolution de la situation en Ukraine. Depuis la résurgence politique de Donald Trump et son initiative de négocier la fin du conflit Russo-ukrainien, les dirigeants européens ont agi d’une manière qui semble défier la logique fondamentale des relations internationales, en particulier le réalisme, qui veut que les États agissent principalement pour faire avancer leurs propres intérêts stratégiques.
Plutôt que de soutenir les efforts diplomatiques pour mettre fin à la guerre, les dirigeants européens ont semblé déterminés à faire dérailler les ouvertures de paix de Trump, à saper les négociations et à prolonger le conflit. Du point de vue des intérêts fondamentaux de l’Europe, ce n’est pas seulement déroutant, c’est irrationnel. La guerre en Ukraine, mieux décrite comme un conflit par procuration entre l’OTAN et la Russie, a infligé d’immenses dommages économiques aux industries et aux ménages européens, tout en augmentant considérablement les risques pour la sécurité à travers le continent. On pourrait soutenir, bien sûr, que l’implication de l’Europe dans la guerre était erronée dès le départ ; le résultat d’un orgueil démesuré et d’une erreur de calcul stratégique, en particulier la croyance erronée que la Russie subirait un effondrement économique rapide et une défaite militaire.
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Les États-Unis et la Chine sont en guerre froide, pas en guerre commerciale. C’est quelque chose de beaucoup plus important que les droits de douane et les déficits commerciaux. C’est beaucoup plus gros que Taiwan ou les semi-conducteurs. Et cela a commencé bien avant Trump ou Xi. Les États-Unis et la Chine sont enfermés dans un concours mondial de pouvoir qui se joue à tous les niveaux : économique, technologique, militaire, cyber, soft power, prestige mondial. Les deux parties recherchent n’importe quel outil, n’importe quelle arme, n’importe quel levier qu’elles pourraient utiliser contre l’autre, avant toute action militaire directe.
Dans un rappel opportun, alors même que les Indiens exigent de fortes représailles pour l’attaque terroriste de Pahalgam au Cachemire, le président américain Donald Trump a parlé discrètement au Premier ministre Narendra Modi pour signaler que
Trump se retrouve manifestement au cœur d’un conflit existentiel. Il dispose d’un mandat énorme. Mais il est entouré d’un front ennemi intérieur résolu, dont la forme est une « préoccupation industrielle » imprégnée de l’idéologie de l’État profond centrée principalement sur la préservation de la puissance mondiale des États-Unis (plutôt que sur le redressement de l’économie).
La rencontre d’hier [17 avril, NdT] entre Trump et la première ministre italienne, Giorgia Meloni, était très attendue. Il s’agissait de la première rencontre entre un dirigeant européen et le président américain depuis que ce dernier a annoncé la semaine dernière des droits de douane de 20 % sur tous les produits de l’UE, droits qui ont ensuite été suspendus et ramenés à 10 % pendant 90 jours. La visite de Meloni a été largement considérée comme une démarche stratégique visant à tirer parti de son alignement idéologique et de ses relations personnelles avec Trump, qu’elle avait déjà rencontré à Mar-a-Lago et à l’investiture duquel elle a assisté en tant que seule dirigeante de l’UE présente. Son objectif était clair : convaincre Trump de revoir sa position en matière de droits de douane à l’égard de l’UE, ou du moins de l’Italie.