Par Marco D’Eramo – Le 14 septembre 2023 – Source New Left Review
Nous sommes au début des années 1970. Un Américain et un Soviétique débattent pour savoir laquelle de leurs sociétés est la plus libre. L’Américain s’exclame : « Au moins, nous pouvons critiquer Nixon ! » « Et alors ? » répond le Soviétique. « Nous aussi pouvons critiquer Nixon« . Il faut dire que Nixon était plus que critiquable : son administration était responsable de la perpétuation des pires massacres en Indochine, de l’extermination des Black Panthers dans son pays, du soutien au coup d’État sanglant de Pinochet au Chili, et la liste est encore longue. Mais aujourd’hui, il semble que les rôles soient inversés. En ce qui concerne la guerre en Ukraine, les Occidentaux se trouvent dans une situation qui n’est pas sans rappeler celle de l’Union soviétique de l’ère Brejnev. « Nous sommes libres de critiquer Poutine« , s’exclament-ils.
Par
En mars 2016, le célèbre journaliste et cinéaste australien John Pilger publiait un 

Biden : « Poutine a déjà perdu la guerre… Poutine a un vrai problème : comment va-t-il faire à partir de maintenant ? Que fait-il ? » Le secrétaire d’État Blinken répète à l’infini le même mantra : « La Russie a perdu » . Il en va de même pour le chef du MI6, et Bill Burns, le chef de la CIA,