La crise alimentaire mondiale qui arrive


Par Adam Hanieh – Le 19 avril 2026 – Source Financial Times

Peu de transformations du XXe siècle ont autant changé le monde que la « Révolution verte« . À partir des années 1950, de nouvelles variétés de cultures à haut rendement, des engrais synthétiques, des pesticides chimiques et une irrigation à grande échelle ont entraîné une forte augmentation de la production des cultures de base telles que le blé et le riz. Dans ses récits les plus festifs, cette transformation a repoussé la famine et a contribué à soutenir une croissance démographique rapide dans une grande partie de l’Asie et de l’Amérique latine. L’Inde, l’un des principaux centres de la Révolution verte, a plus que doublé sa production de blé entre le milieu des années 1960 et le début des années 1970.

Comme de nombreux critiques l’ont noté, la Révolution verte a également entraîné d’énormes coûts écologiques et sociaux. Mais l’une de ses conséquences les moins discutées est le lien qu’elle a établi entre la production alimentaire et l’industrie des combustibles fossiles à chaque étape de la production. Ces rendements plus élevés dépendent d’une vaste expansion de la mécanisation, de l’irrigation par pompage et, surtout, de l’utilisation d’engrais synthétiques.

Avant le milieu du 20e siècle, les agriculteurs des pays du Sud comptaient sur des intrants organiques tels que le fumier et le compost pour maintenir les nutriments du sol. Les nouvelles variétés à haut rendement de la Révolution verte, en revanche, ne peuvent fournir la production promise que par des applications importantes et répétées d’engrais industriels, en particulier de produits à base d’azote tels que l’urée et le nitrate d’ammonium. Étant donné que bon nombre de ces engrais sont dérivés du gaz naturel, la Révolution verte a fait que la production alimentaire mondiale est devenue de plus en plus étroitement liée à une offre sans cesse croissante d’intrants hydrocarbonés.

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Trump combat-il à nouveau le Vietnam en Iran ?


Par Moon of Alabama – Le 21 avril 2026

Hier soir, j’ai relu la cinquième partie de la trilogie intitulée « Guide de l’auto-stoppeur sur la Galaxie ». Les histoires qui y sont racontées sont bien sûr absurdes et, parfois, amusantes. Par contre, elles sont similaires aux déclarations politiques du moment.

Considérez ceci :

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Les États-Unis de la mauvaise foi


Par Dmitry Orlov − Le 14 Avril 2026 − Source Club Orlov

On observe une tendance généralisée à se focaliser sur les défauts particuliers des personnalités historiques tout en ignorant les aspects bien plus importants de la psychologie de groupe. Il semble pourtant bien plus sain de considérer les pathologies des personnalités historiques comme l’expression de pathologies sociales sous-jacentes.

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La guerre contre l’Iran. Tous les signes tendent vers l’escalade


Par Moon of Alabama – Le 20 avril 2026

Dimanche, le président américain Donald Trump a renouvelé sa menace de dévaster l’Iran :

« Nous proposons un ACCORD très juste et raisonnable, et j’espère qu’ils le prendront parce que, s’ils ne le font pas, les États-Unis vont détruire chaque centrale électrique et chaque pont iranien », a écrit Trump.

« PLUS DE Mr NICE GUY ! Ils chuteront vite, ils chuteront facilement et, s’ils ne signent pas l’ACCORD, ce sera mon Honneur de faire ce qui doit être fait, ce qui aurait dû être fait à l’Iran, par d’autres présidents, au cours des 47 dernières années.

‘IL EST TEMPS QUE LA MACHINE À TUER IRANIENNE CESSE !’

L’accord proposé par Trump n’est, bien sûr, ni raisonnable ni équitable.

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Les marchés peuvent se réjouir prématurément mais la prochaine phase sera probablement une guerre plus importante


Par Alastair Crooke – Le 18 avril 2026 – Source Conflicts Forum

Nous entrons dans une nouvelle étape de cette guerre contre l’Iran et elle ne sera peut-être pas ce à quoi beaucoup s’attendent (en particulier les marchés financiers). Hier, Trump a déclaré, entre autres choses, qu’Ormuz était ouvert et que l’Iran avait accepté de ne plus jamais fermer Ormuz ; que l’Iran, avec l’aide des États-Unis, avait enlevé, ou était en train d’enlever, toutes les mines marines, et que les États-Unis et l’Iran travailleraient ensemble pour « extraire » l’uranium hautement enrichi (UHE) iranien. Trump a écrit :

Nous allons le faire ensemble. Nous allons entrer avec l’Iran, à un rythme tranquille, et descendre et commencer à creuser avec de grosses machines. Nous ramènerons tout cela très bientôt aux États-Unis.

Le président avait déclaré vendredi que l’Iran avait accepté de remettre son stock d’uranium hautement enrichi.

Aucune de ces affirmations n’était vraie. Soit Trump est en train de fabuler (s’en tenant à des fantasmes, tout en les croyant vrais) soit il manipule les marchés. Si cette dernière hypothèse est la bonne, alors c’est un succès. Le prix du pétrole a chuté et les marchés ont grimpé en flèche. Apparemment, 20 minutes avant sa déclaration selon laquelle le détroit d’Ormuz était ouvert et ne se refermerait plus jamais, un pari de 760 millions de dollars sur le pétrole a été placé. Quelqu’un a « touché le jackpot« .

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La guerre contre l’Iran. Trump revendique la victoire mais pose les bases pour reprendre les combats


Par Moon of Alabama – Le 18 février 2026

Dans le rapport d’hier, j’avertissais que le cessez-le-feu annoncé et la réouverture du détroit d’Ormuz reposaient sur une base fragile :

Après l’annonce du cessez-le-feu initial, les États-Unis [avaient] annoncé un blocus de toutes les expéditions à destination, en provenance et liées à l’Iran. Plus tôt dans la journée, l’Iran avait laissé entendre qu’il fermerait l’entrée de Bab-al Mandeb dans la mer Rouge si le blocus américain persistait.

On ignore si, comment et quand la question du blocus sera résolue. Si les États-Unis ne veulent pas le lever, le conflit ne manquera pas de s’intensifier.

Pendant ce temps, le président américain Donald Trump était partout sur les réseaux sociaux en prétendant que le conflit avec l’Iran a été résolu (archivé) :

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Guerre contre l’Iran. Cessez-le-feu au Liban. La réouverture d’Ormuz. La poursuite des pourparlers


Par Moon of Alabama – Le 17 avril 2026

Le 8 avril 2026, la République islamique d’Iran et les États-Unis s’étaient mis d’accord sur un cessez-le-feu :

Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, qui a joué le rôle de médiateur dans les négociations, a déclaré tôt mercredi que le cessez-le-feu était effectif immédiatement.

Trump a déclaré qu’il avait accepté de “suspendre les bombardements et les attaques contre l’Iran pendant une période de deux semaines” si Téhéran acceptait de rouvrir le détroit d’Ormuz, une route maritime vitale pour le pétrole et d’autres exportations du Golfe.

L’Iran a accepté d’autoriser les navires à traverser le détroit d’Ormuz pendant deux semaines, leur passage étant coordonné par l’armée iranienne.

Malheureusement, il y restait un problème qui a empêché la mise en œuvre intégrale du cessez-le-feu :

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Ormuz : L’Union européenne prépare son plan de bisounours pour rétablir la navigation sans les parties belligérantes


Par Tyler Durden — Le 15 avril 2026 — Source : zerohedge.com

C’est un titre pour le moins ambitieux, qui dévoile le dernier « plan » européen pour Ormuz : alors que l’Europe regarde depuis la touche les États-Unis risquer de s’enliser dans la région après un mois d’intenses frappes aériennes sur l’Iran, le Wall Street Journal rapporte que l’UE élabore un plan d’après-guerre pour rouvrir le détroit d’Ormuz sans les États-Unis.

Apparemment, le plan devrait s’activer une fois la crise principale passée, alors que le détroit restera sous blocus (chacune des parties belligérantes insistant sur l’idée que c’est elle qui contrôle ce passage stratégique). Il semble que l’idée fondamentale soit de retirer les États-Unis de l’équation, en ne laissant que les pays « neutres » libérer et sécuriser le détroit d’Ormuz.

Iraniens et Étasuniens vont-ils rester sur la touche pendant que les petits navires de guerre français entreront en action?

Mais tout cela est des plus étranges — d’un côté, ce plan vise à tenir à distance l’un des belligérants clés, à savoir les États-Unis, et d’un autre côté, il prévoit d’engager des navires militaires européens/otaniens dans des opérations visant à établir une liberté de navigation, comprenant le déminage.

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« Vivre pour toujours par l’épée » : Comprendre le soutien massif des Israéliens à la guerre en Iran


Par Jonathan Ofir − Le 22 mars 2026 − Source Mondoweiss

Des Israéliens participent à la marche du drapeau marquant la Journée de Jérusalem le 18 mai 2023. (Photo: Ilia Efimovich / dpa via Presse ZUMA / APAimages)

Le soutien juif-israélien à la guerre d’agression illégale contre l’Iran est presque total. Un récent sondage (du 4 mars) de l’Institut israélien pour la démocratie l’a mesuré à un énorme 93%. Naturellement le taux le plus élevé est à droite (97%) mais il est encore à 93% au centre et même à 76% à gauche. L’opposition est négligeable, 3%. Souvenons-nous également que 68% des électeurs juifs israéliens lors des dernières élections se décrivaient comme de droite, et ce pourcentage monte à 75% parmi les nouveaux électeurs

Ce soutien très zélé à la guerre en Iran révèle une vérité inhérente à la société israélienne, démontrée par cette citation du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu en 2015, quand il a pris la parole au Parlement pour dire :

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La guerre contre l’Iran. Fermeture de la Mer Rouge


Par Moon of Alabama – Le 15 avril 2026

Pour sortir de l’impasse causée par le blocus américain de son pays, l’armée iranienne a annoncé qu’elle limiterait le trafic commercial à travers la mer Rouge, le Golfe Persique et la mer d’Oman.

Cela ne nécessitera pas beaucoup d’action de la part de l’Iran pour le faire. Quelques frappes de drones contre des navires civils près des pays arabes du Golfe et quelques menaces d’Ansarallah au Yémen contre des navires en mer Rouge augmenteront suffisamment les coûts d’assurance pour rendre tout trafic dans ces zones non rentable.

La zone dangereuse dans la région du Golfe Persique/Mer Arabe/Mer Rouge s’est ainsi étendue à une zone beaucoup plus vaste.

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