Semaine 12 de l’intervention russe en Syrie : zag !


Par le Saker US – le 27 décembre 2015 – Source thesaker.is

Dans la revue de la semaine dernière sur l’intervention militaire russe en Syrie, j’ai écrit que Kerry avait perdu toutes les négociations qu’il avait eues avec les Russes et qu’il détenait un record d’acceptation de A puis, de retour à la maison, de déclaration non-A. Cette fois encore, les Américains n’ont pas changé leur mode de fonctionnement, sauf que c’est Obama lui-même qui a déclaré, une fois de plus, que Assad doit partir. Ce qui a eu pour résultat que certains commentateurs ont parlé de schizophrénie de la Maison Blanche. D’autres, toutefois, ont noté que ce pourrait être simplement une histoire de dénis pour sauver la face. Personnellement, je pense que ces deux explications sont correctes. Continuer la lecture

La course pour verrouiller la frontière nord de la Syrie

Si Damas – ou les Kurdes – sécurisent le dernier tronçon de la frontière entre la Syrie et la Turquie, c’en est fini de l’influence d’Ankara en Syrie.

Pepe Escobar

Par Pepe Escobar – Le 21 décembre 2015 – Source Russia Insider

Qui profite le plus du drame Russie-Turquie ? Aucun doute : c’est l’Empire du Chaos. Une Ankara désespérée dépend de l’étreinte de l’Otan.

Dans l’arène cruciale du Pipelineistan, le projet du Turkish Stream a été suspendu (mais pas annulé). L’intégration de l’Eurasie – le projet du XXIe siècle pour la Chine et la Russie – est gravement entravée. Continuer la lecture

Semaine 11 de l’intervention russe en Syrie : s’éloigner du gouffre ?


The Saker

The Saker

Par le Saker US – Le 19 décembre – Source thesaker.is

Cela a été une semaine fantastique. Alors que la semaine dernière, je concluais par : «La seule manière d’éviter une guerre est de renoncer enfin, même si c’est d’abord nié publiquement, à la politique Assad doit partir». Maintenant, il est vrai que divers responsables américains, y compris Kerry, ont fait des déclarations sur le fait qu’il n’est pas nécessaire que Assad s’en aille en ce moment, qu’une transition était importante ou que les institutions de l’État devaient être préservées, mais bien sûr, ce que j’avais à l’esprit, comme beaucoup d’autres, était qu’il fallait que les États-Unis changent fondamentalement leur politique à l’égard du conflit syrien. En outre, depuis que la Turquie a commis un acte de guerre contre la Russie sous le parapluie des États-Unis et de l’Otan, cela a aussi créé une situation extraordinairement dangereuse dans laquelle un État voyou comme la Turquie pourrait avoir une impression d’impunité puisqu’elle est membre de l’Otan. Là encore, ce qui était nécessaire n’était pas seulement une déclaration positive, mais un changement fondamental de la politique des États-Unis. Continuer la lecture

Brésil : la Cour suprême a annulé le processus de destitution de Dilma Roussef


Une nouvelle voie s’ouvre pour le gouvernement brésilien. Maintenant, tout est entre les mains de Dilma : vivre sous la dictature des marchés ou tenir ses promesses au peuple


 

Pedro Marin

Par Pedro Marin – Le 21 décembre 2015 – Source Global Independent Analytics

Victoire après victoire, la présidente du Brésil Dilma Roussef pourrait avoir vécu sa semaine la plus rassurante depuis des mois. Cela a commencé dimanche dernier, lorsque des mouvements de style révolutions de couleur, comme le Movimento Brasil Livre (Free Brazil Movement) et Vem Pra Rua (To the Streets), qui sont, selon un article de l’agence d’investigation, A Pública, financés par des cercles de réflexion conservateurs américains, ont organisé diverses manifestations en faveur de la destitution dans le pays. Continuer la lecture

Vous voulez la guerre ?
La Russie est prête pour la guerre…


… mais elle n’en veut pas – les États-Unis, l’Otan et la Turquie, cependant, se comportent souvent comme s’ils la voulaient. Sont-ils prêts ?

«...Depuis la mi-2014, le Pentagone a effectué toutes sortes de jeux de guerre – jusqu'à seize fois, selon différents scénarios – opposant l'Otan à la Russie. Tous les scénarios étaient favorables à l'Otan. Toutes les simulations ont donné le même vainqueur : la Russie.» Pepe Escobar

Par Pepe Escobar – Le 17 décembre 2015 – Source Russia Insider

Personne n’a besoin de lire Zbigniew-Grand-Échiquier-opus 1997-Brzezinski pour savoir que la politique étrangère des États-Unis tourne autour d’un thème antédiluvien simple : éviter − par tous les moyens − l’émergence d’un pouvoir (ou de pouvoirs), capable(s) de peser sur les fanfaronnades unilatérales de Washington, non seulement en Eurasie, mais à travers le monde.

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La Syrie va-t-elle connaitre le destin de la Libye, pays qui n’existe plus ?

Préambule

Lorsque l’équipe de France de football gagne un match le pays entier se sent fier, mais lorsqu’une décision politique du gouvernement français a des effets catastrophiques personne ne se sent responsable. De plus les deux principaux instigateurs de la catastrophe libyenne, BHL et Sarkozy, continuent impunément à se promener sur les plateaux télévisés, où les journalistes ne les confrontent jamais à leurs erreurs criminelles ; l’un deux a même le toupet de briguer de nouveau l’investiture suprême sans rencontrer beaucoup de résistance. La France et les Français ne connaissent-ils donc pas la honte ? Le peuple français est-il donc si complice ? Ou alors est-il, tel un junkie, complètement déconnecté de la réalité et totalement apathique ?

Le Saker Francophone

Le 8 décembre 2015 – Source sputniknews

Students march in Green Square in Tripoli, Libya in 1986

© AP Photo/ John Redman

La Libye, largement décrite par des médias complices comme étant la dictature militaire de Kadhafi, a été détruite avec succès en 2011 pour préparer le chemin vers une vraie démocratie. Alors que maintenant les mêmes médias demandent à ce que le président Assad de Syrie soit renversé lui aussi, jetons un coup d’œil à ce que la Libye a perdu et qu’elle n’aura plus.

Contrairement à la croyance populaire, la Libye, que les médias décrivaient comme la dictature militaire de Kadhafi, était en réalité le pays le plus prospère d’Afrique.

Selon le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), avant la campagne de bombardement occidentale en 2011, elle avait l’index de développement humain le plus élevé, le PIB par habitant le plus élevé, le taux de mortalité infantile le plus bas et celui d’espérance de vie le plus haut de toute l’Afrique.

Selon un rapport du PNUD de 2010, l’espérance de vie à la naissance était de 74,5 ans, le taux d’alphabétisation adulte de 88,4%, le taux brut de scolarisation de 94,1%, faisant de la Libye un pays à haut niveau de développement humain dans la région du Moyen Orient et de l’Afrique.

A woman mourns for the Egyptian Coptic Christians captured in Libya and killed by militants affiliated with the Islamic State group, outside of the Virgin Mary church in the village of el-Aour, near Minya, 220 kilometers (135 miles) south of Cairo, Egypt, Monday, Feb. 16, 2015

Une femme pleure la mort des chrétiens coptes tués par EI en Libye de el -Aour le 16 février 2015

«Pendant le bombardement de la Libye par l’OTAN, les journaux occidentaux ont oublié, de manière bien commode, de mentionner que les Nations Unies venaient  de terminer un long dossier louant les réalisations de M. Kadhafi dans le domaine des droits humains», écrit le professeur Garikai Chengu, un professeur spécialiste du Moyen-Orient a l’université de Harvard, dans un article de Foreign Policy Magazine datant de 2013.

«Le rapport des Nations Unies louait la Libye pour son amélioration de la protection juridique de ses citoyens, faisant des droits de l’homme une priorité, améliorant les droits des femmes, l’accès à l’éducation et à la propriété foncière. Durant l’ère Kadhafi l’accès à la propriété foncière était considéré comme un droit humain. En conséquence il n’y avait quasiment pas de personne sans toit ou dormant sous les ponts», ajoute-t-il.

Libyan military soldiers check on an area asLibyan military soldiers check on an area as they battle with Islamic extremist militias in Benghazi, Libya, Thursday, Oct. 30, 2014.  they battle with Islamic extremist militias in Benghazi, Libya, Thursday, Oct. 30, 2014.

Des militaires libyens en lutte contre les extrémistes islamistes à Benghazi © AP PHOTO/ MOHAMMED EL-SHEIKHY

Et le nombre de gens vivant dans la pauvreté y était plus faible qu’aux Pays-Bas.

«Combien de maisons et de ponts libyens ont été détruits par les bombardements de l’Otan ?», se demande alors l’auteur.

 

Libyan women raise red cards during a protest against the national unity government proposed by United Nations envoy Bernardino Leon on October 9, 2015 in Tripoli's central Martyrs Square.

Des femmes libyennes protestent à Tripoli en octobre 2015 contre le gouvernement proposé par les Nations Unies

Un domaine où le conseil des Nations Unies pour les droits humains a particulièrement loué Kadhafi a été celui des droits des  femmes, précise-t-il. «A la différence de nombreuses autres nations du monde arabe, les femmes en Libye avait le droit à l’éducation, le droit de travailler, de divorcer, d’être propriétaire et d’avoir un revenu.»

«Une des premières lois mises en place par Kadhafi dès 1970 a été celle qui garantissait un salaire égal pour un travail égal, seulement quelques années après qu’une même loi soit passée aux États-Unis.»

«De plus, les mères libyennes au travail bénéficiaient d’avantages spéciaux tels que des primes pour chaque enfant, des garderies gratuites, des centres de soins gratuits et la retraite à 55 ans.»

L’éducation dans la Libye de Kadhafi

«Dans la Libye de Kadhafi, l’éducation était un droit humain et était gratuite pour tout les Libyens. Si un Libyen ne trouvait pas de travail après avoir obtenu son diplôme, l’État lui versait l’équivalent d’un salaire moyen de sa profession», nous explique Chengu.

«N’est ce pas ironique que les États-Unis aient bombardé la Libye pour soi-disant répandre la démocratie alors que précisément l’éducation devient de plus en plus un privilège en Amérique, n’est plus un droit, et se termine le plus souvent par un fort endettement ?» se questionne-t-il.

Si un enfant talentueux du pays le plus riche du monde ne peut se permettre d’aller dans les meilleures écoles, nous explique-t-il, alors la société a manqué à son devoir vis-à-vis de cet enfant. En fait, pour la jeunesse du monde entier, l’éducation est un passeport pour la liberté. Donc un pays qui fait payer cher un tel passeport n’est libre que pour les riches, pas pour les pauvres.

Les Libyens ne profitaient pas seulement d‘une éducation et d’un système de santé gratuits, ajoute l’auteur, ils bénéficiaient aussi de l’électricité gratuite et de prêts à taux zéro. Le prix de l’essence tournait autour de 0,14$ le litre et 40 miches de pain coûtaient 0,15$ seulement.

Avec ces chiffres en tête, voici quelques extraits du rapport sur la Libye de Human Right Watch en 2015, qui montre clairement comment ce pays autrefois prospère a sombré dans le chaos.

«Les combats ont causé d’immenses destructions de propriétés, de civils blessés ou morts. Environ 400 000 personnes ont été déplacées dont 100 000 résidents de Tripoli. Plus de 150 000 personnes, dont les étrangers, ont fui le pays. La plupart des ambassades étrangères, les Nations Unies, la Croix-Rouge internationale et les autres agences internationales ont retiré leurs employés et fermé leurs missions en juillet», selon ce rapport.

«Les milices attaquent, menacent, assaillent ou détiennent arbitrairement les journalistes, les juges, les activistes, les politiciens et les citoyens ordinaires en toute impunité. Le manque de protection pour le système judiciaire a entrainé la disparition quasi-totale de la justice dans des villes comme Tripoli, Benghazi, Sebha et Derna.»

«Le manque de contrôle aux frontières et les combats entre tribus ont aggravé la situation sécuritaire, permettant trafic d’humains, de drogues et d’armes en continu à travers les frontières avec le Tchad, le Soudan, l’Égypte et l’Algérie.»

«Le système judiciaire libyen a subi de sérieux revers. Les milices attaquent les juges, les procureurs, les avocats et les témoins, entrainant la fermeture des tribunaux et des bureaux de procureurs à Benghazi, Derna, Sirte et Sebha et le quasi effondrement du système judiciaire. Le ministère de la justice à Tripoli a fermé en juillet à cause des combats.»

«A cause de l’effondrement de la loi et de l’ordre, et du climat d’impunité régnant, les femmes continuent à souffrir de discrimination. Des groupes armés imposent des restrictions aux femmes basées sur leurs croyances idéologiques. Des gardes harassent les étudiantes des universités de Tripoli qui refusent de porter le voile. D’autres sont harcelées alors qu’elles essayent de sortir de Libye sans un gardien masculin

Un nombre record de migrants et de demandeurs d’asile s’embarquent dans une périlleuse traversée de la Libye vers l’Europe, dont 60 000 ont atteint l’Italie rien qu’en 2014. Les opérations de sauvetage de la marine italienne, Mare Nostrum, ont sauvé environ 100 000 personnes embarquées sur des bateaux inadaptés, mais au moins 3 000 personnes ont péri en mer.

Le professeur Garikai Chengu fait remarquer que l’Occident a démontré que des marchés totalement dérégulés et des élections authentiquement libres ne peuvent cohabiter

«L’avidité organisée gagne toujours contre des démocraties désorganisées. Comment le capitalisme et la démocratie peuvent-ils cohabiter alors que le premier concentre richesse et pouvoir dans les mains de quelques uns pendant que la deuxième cherche à répartir richesse et pouvoir entre tous ?»

Donc, s’il n’est pas trop tard, les États-Unis devraient laisser la Syrie tranquille pour qu’elle puisse décider elle-même comment répartir le pouvoir économique parmi les démunis plutôt qu’entre quelques privilégiés.

Muammar Gaddafi

Syrte était la ville d’origine de Khadaffi. Il a été assassiné par l’Otan en 2011

Traduit par Wayan, édité par jj, relu par Diane pour le Saker Francophone

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L’Otan va dans le mur en Syrie, c’est écrit… sur le mur


Le nouveau plan : donner le contrôle de la Syrie du Nord aux rebelles modérés anti-Assad (dominés par al-Qaïda) et tolérer ISIS battu mais consolidé dans l’ouest du pays


Par Pepe Escobar – Le 15 décembre 2015 – Source Russia Insider

Les Services de renseignement russes, FSB, SVR et GRU, en décryptant toutes les bonnes connexions, ne peuvent pas s’empêcher de conclure que Washington laisse la guerre froide 2.0 dégénérer jusqu’au point d’ébullition.

Mettez-vous à la place des Services de renseignement russes arpentant l’échiquier géopolitique.

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Au revoir… ou pas ?


Chantage au Brésil – l’odyssée de la destitution de Dilma


Par Pedro Marin – Le 6 décembre 2015 – Source Global Independent Analytics

 

Dilma Roussef

S’il y a quelque chose qu’on ne peut dénier aux Brésiliens, c’est leur capacité à résoudre les conflits par la recherche d’un accord. Notre réputation d’être chaleureux a teinté toute notre histoire. Il y a de nombreux exemples : lorsque les colons portugais sont arrivés, la première chose qu’ils ont faite a été de commercer avec les autochtones – des objets comme les miroirs ont été abondamment négociés contre de l’or – dans le but d’exploiter les riches ressources naturelles du pays et d’utiliser les conseils des habitants d’origine. Continuer la lecture

La Russie, éternelle victime d’une guerre qui ne dit pas son nom


Comment la Russie a-t-elle pu, en seulement 20 ans, sans guerres ni autres troubles, passer du stade de semi-colonie à celui de dirigeant mondial reconnu, à égalité avec les plus importants ?


Rostislav Ichtchenko

Par Rostislav Ichtchenko – le 10 décembre 2015 – Source thesaker.is

Les stratèges en chambre, qui croient sincèrement qu’une attaque nucléaire massive est la solution universelle à tout problème international (même le plus brûlant, proche de la confrontation militaire), sont malheureux de la position modérée du gouvernement russe dans la crise avec la Turquie. Ils jugent même insuffisante la participation de l’armée russe dans le conflit syrien. Ils sont aussi mécontents des activités de Moscou sur le front ukrainien.

Pourtant, pour une raison quelconque, personne ne pose une question simple. Comment est-ce arrivé que, tout d’un coup, la Russie ait non seulement résisté à la puissance hégémonique mondiale, mais ait gagné brillamment contre elle sur tous les fronts ? Continuer la lecture

La Russie débat d’une alternative financière orthodoxe non orthodoxe

F.William EngdhalPar F. William Engdahl – Le 22 novembre 2015 – Source journal-neo

Un important débat est en cours en Russie depuis l’imposition des sanctions financières occidentales aux  banques et aux sociétés russes en 2014. Il fait suite à une proposition présentée par le Patriarcat de Moscou de l’Église orthodoxe. La proposition, qui ressemble à bien des égards aux modèles bancaires islamiques sans intérêts, a été dévoilée la première fois en décembre 2014, face à la profondeur de la crise du rouble et au prix du pétrole en chute libre. Depuis août, l’idée a reçu un énorme coup de pouce avec l’approbation de la Chambre de commerce et d’industrie de Russie. Elle pourrait changer l’histoire pour le meilleur selon ce qui en sera fait et où elle conduit.

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