Par Larry C. Johnson – Le 28 Octobre 2026 – Source Son of the new American revolution
Lundi, alors que Donald Trump réfléchissait publiquement à l’opportunité de « conclure un accord » avec l’Iran ou de « l’achever », quelque chose s’est produit à Téhéran qui aurait dû déclencher les alarmes dans tous les bureaux du Département d’État, en supposant que quelqu’un soit encore là pour les entendre.
Le ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid bin Salman, frère du prince héritier, s’est envolé pour Téhéran. Il était accompagné du maréchal pakistanais Asim Munir et du chef des renseignements turcs, Ibrahim Kalin. Ils se sont assis avec le président iranien Masoud Pezeshkian, le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi et le haut responsable de la sécurité Rezaei, qui a accueilli les pourparlers, pendant environ deux heures. À l’ordre du jour : les attaques houthies contre l’Arabie Saoudite, le détroit d’Ormuz, le blocus américain des ports iraniens et un cadre régional de non-agression.
Relisez cette liste. Ce sont les quatre plus gros problèmes de sécurité dans le golfe Persique. Les pays qui y vivent viennent de se rencontrer pour en discuter. Les États-Unis, qui ont deux groupes de frappe de porte-avions, un groupe amphibie prêt à en découdre et un blocus de la région, n’étaient pas dans la salle. Il semble qu’ils n’aient manqué à personne.
Au cours des dernières semaines, j’ai remarqué quelque chose d’intéressant dans la presse israélienne. Les responsables israéliens de la sécurité affirment qu’Ahmed al-Sharaa, ou Abu Mohammad al-Jolani comme la plupart d’entre nous le connaissaient depuis de nombreuses années, reconstruit l’armée syrienne et utilise les ressources de l’État pour créer une grande armée permanente. Selon les évaluations de la sécurité israélienne publiées par le Jerusalem Post, Jolani utiliserait les recettes fiscales et l’aide internationale pour acquérir des armes, réhabiliter les infrastructures militaires et constituer des forces qui pourraient éventuellement remettre en question la liberté d’action militaire d’Israël en Syrie. Une autre analyse israélienne affirme même que Jolani veut transformer la Syrie en une puissance régionale capable de projeter sa force dans plusieurs directions, y compris éventuellement contre Israël.
Les commentaires faits par les analystes occidentaux ont fait de l’accord de La Mecque un événement confortable. Lorsque l’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan ont signé l’Accord de défense conjoint de La Mecque le 7 août – une attaque armée contre l’un devant être traitée comme une attaque contre tous – l’étiquette apposée par réflexe fut “une OTAN islamique”, un bloc sunnite, trois des plus grandes armées du monde musulman soudées par une identité sectaire. Cette lecture est devenue obsolète avant que l’encre ne sèche. Ce qui se dessine en réalité n’est pas une alliance sunnite contre l’Iran. C’est le premier pilier porteur d’une architecture de sécurité post-américaine que la Russie et la Chine réclament depuis un moment – et Téhéran est sur le point d’en franchir la porte.
Par 

L’histoire de la Syrie, semble-t-il, ne se réduit pas à des affirmations du genre « le président Assad est tombé » et les «
Washington a dépoussiéré sa vieille boîte à outils pour réengager son allié de la guerre froide, la Turquie, et ressusciter leur alliance moribonde afin de servir les intérêts géostratégiques des États-Unis dans un environnement régional en mutation rapide. Cette démarche découle de la prise de conscience qu’en dépit de la diabolisation du président Recep Erdogan pour son inconstance, le potentiel de la Turquie en tant qu' »État pivot » reste une réalité géopolitique.
La réélection du président Erdogan en Turquie est un échec monumental de la pression occidentale. C’est pourquoi il est temps de quitter l’Ukraine des yeux et de se tourner vers un autre théâtre de la Troisième Guerre mondiale, dont les implications sont tout aussi importantes, sinon plus.