L’amitié saoudo-israélienne pousse le reste du Moyen-Orient à se rassembler

Saudi-Israeli Friendship Is Driving the Rest of the Middle East Together


Federico PIERACCINIPar Federico Pieraccini – Le 20 novembre 2017 – Source Strategic Culture

Grâce à son haut responsable, le Prince Mohammad bin Salman (MBS), l’Arabie saoudite poursuit une vague d’arrestations internes, ayant saisi près de $800 milliards d’actifs et de comptes bancaires. Quelques jours plus tard, MBS a tenté de montrer son autorité en convoquant le Premier ministre libanais Saad Hariri en Arabie saoudite, où il a été contraint de démissionner à la télévision d’État saoudienne. Trump a tweeté son soutien aux accusations de Bin Salman contre l’Iran et le Hezbollah, et le futur monarque saoudien a même obtenu le soutien secret d’Israël. L’Iran, quant à lui, nie toute implication dans les affaires intérieures du Liban ou sa participation au lancement d’un missile balistique par les rebelles Houthi contre l’aéroport international King Khalid de Riyad il y a quelques jours. Pendant ce temps, Trump, Poutine et Xi se sont récemment rencontrés et semblent avoir décidé du sort de la région dans un exercice de réalisme et de pragmatisme.

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La Corée du Nord estime avoir mené à bien son programme de missiles


La République populaire démocratique de Corée (RPDC) a lancé hier soir un autre missile nucléaire. C’est un missile d’un nouveau type. Personne ne l’avait encore vu. Il s’appelle Hwasong-15 et il est magnifique.


Par Moon of Alabama – Le 30 novembre 2017

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Le nouveau missile est énorme. À gauche de la photo, on voit Kim Jong Il dans son manteau noir. Il mesure 1,70 mètre. Le tracteur-érecteur qui transporte le missile doit mesurer près de 6 mètres de haut et le missile doit avoir un diamètre de plus de 2 mètres.

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Le véhicule est une copie modifiée d’un WS51200 chinois. La Corée du Nord en a acheté 5 ou 6 pour « transporter du bois de la montagne ». Tous ont bien sûr été utilisés comme tracteurs de missiles. Un neuvième essieu a été ajouté au modèle original pour faire face à l’excédent de charge que représentent l’énorme missile et sa table de tir. Le véhicule n’est pas un TEL, un tracteur-érecteur-lanceur, mais un TE. Le missile est érigé et placé verticalement sur la table de tir. On retire le véhicule pour le lancement.

Les premières estimations concernant le poids total du missile varient actuellement entre 45 et 60 tonnes. Je crois que c’est un peu plus. À vue de nez, je dirais qu’un gros camion militaire est capable de transporter 10 tonnes de marchandises par essieu. Neuf essieux multipliés par 10, moins le poids de la table de tir et du système érecteur, cela fait environ 70 tonnes pour le missile. Ils n’ont pas ajouté le neuvième essieu pour rien.

Le missile ressemble à un missile Titan II réduit de 30%. Le Titan II était un missile nucléaire intercontinental américain développé dans les années 1960. Ce n’est pas ce qu’il y a de plus moderne mais c’est solide.

Le nouveau missile a deux moteurs de type inconnu dans le premier étage. Ceux-ci sont alimentés par une pompe turbo commune. Le missile se dirige en orientant ses tuyères. Le véhicule de rentrée (RV) à l’avant qui transporte la charge utile est également énorme. La Corée du Nord peut certainement y mettre une de ses bombes à hydrogène qui ressemblent à des cacahuètes.

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La Corée du Nord prétend que le véhicule et le missile sont entièrement faits maison. C’est peut-être vrai. La Corée du Nord affirme également que le missile a une portée maximale de 13 000 kilomètres. C’est probablement le maximum absolu sans charge utile. Avec une importante charge utile, comme d’environ 600 kilogrammes pour une bombe à hydrogène, le missile pourrait atteindre le centre-ouest des États-Unis, mais probablement pas la côte Est. Mais ce sont des estimations.  Quand on évalue les risques, on doit prendre en considération la pire éventualité. Il faut donc considérer que ce type de missile, avec peut-être de légères modifications, aura assez de portée pour aplatir Manhattan, et il faut s’y préparer.

Le lancement a eu lieu à 03h00, heure locale, après que le missile a été transporté de l’usine ci-dessus (Usine du 16 mars, Pyongsong 39° 16’52.71 « N 125° 52’12.89 » E) à son lieu de lancement. La Corée du Nord a ainsi démontré sa capacité à opérer des lancements-surprises sans avoir besoin de tenir compte de la « météo ». (Dans la doctrine militaire, l’obscurité nocturne est une condition « météorologique »). Les États-Unis n’ont aucun moyen d’empêcher le lancement d’un tel missile, car le lieu et l’heure du lancement sont invisibles.

Voilà ci-dessous quelques photos du lancement. Une vidéo de 14 minutes de l’annonce officielle du lancement à la télévision donne des informations supplémentaires sur les préparatifs et le vol.

Il faut espérer que les décideurs américains auront enfin fini par comprendre que la Corée du Nord est désormais une puissance nucléaire. Les États-Unis clament depuis 75 ans qu’ils ont besoin d’armes nucléaires pour leur sécurité. Ils ne cessent de menacer la Corée du Nord. Ils ne respectent pas leurs accords (demandez à Kadhafi !). Rien, ni personne, ne pourra faire renoncer la République populaire démocratique de Corée (RPDC) à ses armes nucléaires, ni à sa force de missiles intercontinentaux.

Dans sa déclaration officielle, la RPDC a déclaré que son programme de fabrication de missiles était maintenant « finalisé » :

« … c’est notre plus puissant missile intercontinental ; la RPDC a réalisé le programme de développement d’une force nucléaire qu’elle s’était fixée.

(…)

Kim Jong-un a déclaré avec fierté que nous avons finalement accompli notre grande mission historique de nous doter d’une force nucléaire d’État, d’une puissance balistique. »

La RPDC a atteint son objectif de menacer l’ensemble des États-Unis d’une attaque nucléaire s’ils tentaient de l’attaquer (ou de la décapiter). Cela signifie probablement qu’elle ne construira pas de nouveaux types de missiles. Elle continuera à perfectionner les missiles existants.

Un bon accord entre les États-Unis et la Corée du Nord pourrait stopper ce futur développement de missiles et d’armes nucléaires, en échange de l’arrêt des manœuvres américaines à proximité du pays. La Corée du Nord a déjà fait une offre de « double suspension ». Il revient aux États-Unis de l’accepter. Mais avec le départ de Tillerson, l’actuel secrétaire d’État, et l’arrivée à sa place de Pompeo, les chances de négociations et celles d’un accord quel qu’il soit sont actuellement proches de zéro.

Voilà les photos :

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Traduction : Dominique Muselet

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Le plan saoudien de Trump s’effiloche


Par Alastair Crooke – Le 17 novembre 2017 – Source Consortium News

Le président Trump serre la main du prince héritier saoudien et ministre de la Défense Mohammed ben Salman le 20 mai 2017. (Capture d’écran de Whitehouse.gov)

Le président Trump et son gendre avaient parié que le jeune prince de la couronne était capable de remodeler le Moyen-Orient, mais son plan s’est rapidement effiloché, révélant un dangereux travail d’amateur.

Aaron Miller et Richard Sokolsky, dans Foreign Policy, suggèrent que « le succès le plus notable à l’étranger de Mohammed ben Salman pourrait être la séduction et la conquête du Président Donald Trump et de son beau-fils Jared Kushner ». En fait, il est possible que ce « succès » s’avère être le seul de MbS.

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Le Hezbollah modifie le scénario en déclarant qu’Israël parie sur le Prince Rouge


Par Andrew Korybko − Le 10 novembre 2017 − Source TheDuran


Le Secrétaire général du Hezbollah Sayed Hassan Nasrallah a décerné une distinction déshonorante à Mohammed bin Salman pour son pouvoir – supposé – de contrôler l’ennemi sioniste détesté de l’Iran, ce qui est la façon la plus claire de désigner le « Prince Rouge » comme une menace pour la République Islamique.

Ce n’est pas révéler un secret que de dire que l’Iran et l’Arabie saoudite se haïssent mutuellement pour des raisons trop nombreuses pour être exposées dans la présente analyse, mais qui ont été exploitées par les USA et Israël dans leur but commun de diviser pour régner. Donc, en soi, il n’y a rien d’étrange à ce que le Secrétaire général du Hezbollah interpelle durement le prince héritier saoudien Mohammed ben Salman. Cette fois, cependant, la polémique est sans précédent à cause d’un étonnant renversement des rôles.

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Ce qui ne fonctionne pas


Dmitry Orlov

Par Dmitry Orlov – Le 23 novembre 2017 – Source Club Orlov

À l’époque où j’essayais encore de m’intégrer dans les entreprises, je me retrouvais régulièrement dans une situation difficile simplement en ne gardant pas la bouche fermée. Il semble que je porte une sorte de gène qui m’empêche naturellement de la fermer. Je ne peux me taire que pendant un certain temps, avant de devoir exprimer ce que je pense vraiment, et dans le contexte d’une entreprise où réfléchir n’est pas vraiment permis, cela a provoqué des problèmes sans fin. Peu importait que mon opinion soit souvent juste. Peu importait ce que je pensais ; ce qui importait seulement, c’est que je pense.

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Une attaque sio-wahhabite contre le Hezbollah et l’Iran ?


Israël et l’Arabie saoudite établissent les conditions préalables d’une guerre contre le Hezbollah – une analyse critique.


Saker US

Saker US

Par le Saker – Le 17 novembre 2017 – Source The Saker

SouthFront vient de publier une analyse très intéressante dans la vidéo ci-dessous, qui avertit de la possibilité d’une guerre impliquant le Liban, l’Arabie saoudite et, éventuellement, la Syrie, l’Iran et Israël. Cela signifie bien sûr que la Russie et les États-Unis y seraient également entraînés. Commencez par regarder la vidéo. Continuer la lecture

Les dessous du coup d’État militaire au Zimbabwe


Par Gregory Elich – Le 21 novembre 2017 – Source Counterpunch

Un conflit de longue date entre factions du parti politique au pouvoir au Zimbabwe, le ZANU-PF, a éclaté la semaine dernière, prenant la forme d’un coup d’État militaire et d’une rapide prise de contrôle du gouvernement et des médias d’État. Le coup d’État a été dirigé par le commandant des Forces de défense zimbabwéennes, Constantino Chiwenga, qui est étroitement lié à l’ancien vice-président, Emmerson Mnangagwa.

Encouragé par le déclin de l’acuité mentale et de la santé physique du président Robert Mugabe, ces dernières années, M. Mnangagwa s’est efforcé de s’assurer la succession à la présidence. Mnangagwa était l’un des deux vice-présidents du Zimbabwe. De cette position, lui et ses partisans, connus sous le nom de Team Lacoste, se sont lancés dans une lutte acharnée contre des membres plus jeunes du parti qui se regroupèrent autour de la secrétaire des Affaires féminines, Grace Mugabe, épouse du président, et dont le groupe est connu sous le nom de Génération 40, ou G40.

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La montée en puissance d’un ordre mondial pas si nouveau


Par Sarang Shidore – Le 15 novembre 2017 – Source Stratfor

For decades the United States has sat atop a unipolar world, unrivaled in its influence over the rest of the globe.
Pendant des décennies, les États-Unis se sont assis sur un monde unipolaire, inégalés dans leur influence sur le reste du monde. Mais maintenant cela pourrait changer alors qu’une nouvelle alliance informelle prend forme entre la Chine et la Russie. Les deux grandes puissances ont un intérêt mutuel à renverser un ordre international qui a longtemps avantagé l’Occident à leurs propres frais. Et à mesure que l’unique superpuissance de la Terre se repliera sur elle-même, ils chercheront à se tailler de plus grandes arrière-cours pour eux-mêmes. Leur mariage de convenance va-t-il une fois de plus donner naissance à la bipolarité qui a caractérisé la guerre froide, ou va-t-il se défaire face à une rivalité naturelle enracinée dans la géopolitique ?

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Karzaï, l’ancien président afghan, qualifie État islamique, d’outil des États-Unis


Par Noor Zahid – Le 19 avril 2017 – Source voanoews.com

FILE - Former Afghan President Hamid Karzai speaks in Kabul, Afghanistan, April 17, 2017.

L’ancien président afghan Hamid Karzaï prend la parole à Kaboul, en Afghanistan, le 17 avril 2017

L’ancien président afghan Hamid Karzaï a qualifié mercredi le groupe terroriste État islamique d’« outil » des États-Unis et a rejeté les critiques à l’encontre de la Russie pour ses liens avec les talibans et ses efforts pour engager le groupe militant dans des pourparlers de paix.

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La guerre des États-Unis au Yémen


Washington dissimule derrière les Saoudiens le fait qu’il dirige la guerre au Yémen


Le vieux Sanaa comme vous ne le verrez jamais plus

Par Stephen Gowans – Le 6 novembre 2017 – Source What’s Left

En octobre 2916, deux journalistes de Reuters ont publié un article exclusif sous le titre « As Saudis bombed Yemen, U.S. worried about legal blowback ». (Lorsque les Saoudiens ont bombardé le Yémen, les États-Unis se sont souciés des répercussions légales). 1.

Les journalistes, Warren Strobel et Jonathan Landay, révélaient que des experts juridiques au Département d’État américain avaient averti la Maison Blanche que les États-Unis pourraient être accusés de crimes de guerre en lien avec la campagne de bombardements de l’Armée de l’air saoudienne au Yémen. Continuer la lecture

  1. Warren Strobel and Jonathan Landay, « Exclusive : As Saudis bombed Yemen, U.S. worried about legal blowback » Reuters, October 10, 2016