Norman Finkelstein sur l’élection de Netanyahou, le racialisme en Israël et les «jihadistes juifs»

Par Sayed7asan – Le 25 mars 2015

Interview-débat entre Norman Finkelstein et Gil Hoffmann (Jerusalem Post), présenté par Peter Lavelle – CrossTalk, Russia Today, 20 mars 2015.

Vidéo sous-titrée en français : Norman Finkelstein sur l’élection de Netanyahou, le racialisme et les «jihadistes juifs»

Vidéo originale intégrale : https://www.youtube.com/watch?v=elO0_NtL2iE

Traduction & sous-titres : http://www.sayed7asan.blogspot.fr

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La tentative des néocons US de réviser l’histoire de la Seconde Guerre mondiale

Par Wayne Madsen – Le 23 mars 2015 – Source strategic-culture

Wayne Madsen

Wayne Madsen

Après la chute de l’Union soviétique, l’ancien président des États-Unis et un jour combattant de la guerre froide, a consacré les quelques années qui lui restaient à vivre à veiller à ce que la Russie prenne sa place dans la communauté internationale. Nixon a conseillé Bill Clinton, alors président, sur la bonne manière de traiter avec la Fédération de Russie, l’État reconnu à l’échelle internationale qui avait succédé à l’Union des républiques socialistes soviétiques.

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Ukraine SITREP du vendredi 20 mars 2015

Par Le Saker original – Le 20 mars 2015 – Source thesaker.is

Exactement comme le Titanic, l’Ukraine est en train de couler, toujours plus vite.

Maintenant, je suppose que la plupart d’entre vous a entendu parler de la quasi-insurrection dans Konstantinovka à la suite du meurtre d’une mère et de son enfant par un Ukrainien ivre conduisant un véhicule blindé de transport de troupes. Un accident peut arriver n’importe où, bien sûr, mais la quasi-insurrection qui a eu lieu après cet accident indique l’intensité de la rage et de l’hostilité de la population locale à l’égard de ses occupants nazis. La réaction de Kiev, toutefois, a été parfaite, belle comme une image: ils ont imputé l’émeute populaire à des provocateurs russes et ont envahi Konstantinovka d’escadrons de la mort.

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Poutine déclassifie le dossier de la Crimée

Par M K Bhadrakumar – Le 19 mars 2015 – Source Bhadrakumar

Les remarques franches émises par le président russe Vladimir Poutine pendant près d’une heure à la télévision vendredi, coïncidant avec le premier anniversaire du retour de la Crimée au sein de la Russie, sont les premiers récits complets du Kremlin sur les événements dramatiques qui ont suivi le changement de régime à Kiev en février de l’an dernier.

Poutine a divulgué quelques détails opérationnels, qui deviennent des pépites historiques. D’abord, Poutine a révélé que les «services russes de surveillance électronique» détenaient des informations spécifiques selon lesquelles les nationalistes extrémistes [néo-nazis, NdT] qui ont usurpé le pouvoir le 21 février 2014 avaient planifié l’élimination physique de l’ancien président Victor Ianoukovitch. Il n’a pas mentionné la CIA en tant que telle, mais il est évident que les Américains faisaient partie du tableau. Poutine a décrit comment «une escadrille d’hélicoptères russes avec une équipe de Spetsnaz» [sorte de GIGN, NdT] a finalement sauvé Ianoukovitch et l’a emmené en Crimée, où il a décidé de de se mettre à l’abri (avant de se rendre en Russie quelques jours plus tard).

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Narcissisme et réalité
La rage des élites culturelles et l’image de soi

Par Dmitry Orlov – Le 17 mars 2015 – Source ClubOrlov

Ma tante a été victime d’un incident malheureux à l’été de 1966. La Révolution culturelle – un mouvement politique lancé par Mao Zedong – commençait à embraser le pays. La même année, de nombreux lycéens américains protestaient contre la guerre du Vietnam et Leonid Brejnev gardait au chaud son siège de Secrétaire général du Parti communiste d’Union soviétique (PCUS), après avoir remplacé l’instable Nikita Khrouchtchev deux ans plus tôt. Ma tante était alors étudiante de première année en littérature à l’université Fudan à Shanghai.

Il est donc arrivé que ma tante, alors une jeune femme sensible et quelque peu rêveuse, se cramponnait obstinément et pour son malheur à certains goûts musicaux, considérés en ce temps-là en Chine comme politiquement incorrects, qualifiés, dans le jargon idéologique alors en vogue, d’esthétique bourgeoise décadente et révisionniste. A savoir, ma tante avait conservé dans sa collection de disques une version du Sorbier de l’Oural (Уральская Рябинушка), une chanson folklorique russe dans laquelle une jeune fille rencontre deux beaux garçons sous un sorbier de montagne et doit choisir entre eux, interprété par le Chœur national de la République socialiste soviétique d’Ukraine. C’était un vieux disque 78 tours. Il était frappé au centre d’un emblème rouge portant l’inscription CCCP.

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Ukraine :
Le schéma global, et facile, du business-plan des oligarques pro-UE

Par Sergei Glazyiev – Le 19 mars 2015 – Source thesaker.is

La Banque d’Ukraine a décidé de remonter son taux de refinancement à 30%. Avec la hausse des taux d’intérêt, les autorités financières ont suivi le même chemin que la Banque de Russie.
Les conséquences seront les mêmes: compression d’un crédit déjà inaccessible, aggravation de la récession et inflation élevée, au même niveau – à peu près 30%.

En temps de crise, une politique monétaire réduite à la limitation de la masse monétaire aboutit partout et toujours au même résultat – la contraction de l’économie dans le piège de la stagflation, qui combine la réduction de la production, une inflation élevée, l’augmentation du chômage et la baisse des revenus.

Comme je comprends l’argument, c’est une demande du FMI. Elle est absolument courante, basée sur le dogme monétariste et largement connu comme un modèle de la thérapie du choc. Seules les activités orientées vers l’exportation survivront à une telle politique.

Puisque les autorités ukrainiennes actuelles ont rompu leur coopération avec la Russie, les seules exportations possibles sont celles qui intéressent l’Union européenne. Parallèlement au tournesol et à la ferraille, ne seront exportés que le travail bon marché, la contrebande d’armes et, éventuellement, le tchernoziom [les fameuses terres noires, riches en humus, NdT].

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En voie d’extinction

Par Dmitry Orlov, le 17 février 2015 – Source ClubOrlov

David Herbert

Ce blog est dédié à la présentation d’une vision la plus générale possible de la marche du monde. Les centres d’intérêts récurrents de celui-ci, permettant de composer cette vision générale, peuvent être résumée par :

  1. L’état de décadence terminale et l’effondrement prochain de la civilisation industrielle, avec l’augmentation continue du coût de production des énergies fossiles nécessaires pour son fonctionnement, la diminution inexorable de la qualité et de l’efficience de ces ressources, et pour finir, la réduction inévitable de leur production.

La première hypothèse d’Hubbert, qui prédisait que le pic de production historique de pétrole par les USA serait atteint dans les années 1970, s’est révélée juste. Mais les prédictions suivantes, qui situaient le pic de production mondial, suivi par un effondrement rapide, autour des années 2000 se sont avérées peu fiables, car nous voila, 15 ans plus tard, avec une production mondiale battant tous les records. Les prix du pétrole, qui étaient élevés pendant un certain temps, se sont temporairement abaissés. Cependant, si nous nous rapprochons un peu, pour voir les détails de la production de pétrole, il devient flagrant que la production conventionnelle de pétrole a atteint son maximum en 2005, soit 5 ans après la date prévue, et n’a fait que diminuer depuis. Les compléments de production ont été fournis par des moyens d’extraction difficiles et coûteux (forages en profondeurs, fracturation hydraulique), et par des produits qui ne sont pas exactement du pétrole (sables bitumineux).

Les prix actuels sont trop bas pour soutenir cette nouvelle production qui nécessite des investissements élevés pendant longtemps, et l’abondance actuelle commence à ressembler à un banquet qui sera suivi par la famine. La cause directe de cette famine ne sera pas l’énergie, mais la dette, bien que ses origines puissent être reliées à l’énergie. Une économie de croissance nécessite une énergie bon marché. Des coûts d’énergie élevés réduisent la croissance, et obligent à contracter des dettes qui ne pourront jamais être payées. Une fois que la bulle d’endettement aura explosé, il n’y aura plus assez de capitaux pour investir dans une nouvelle phase coûteuse de production d’énergie, et le délabrement final s’installera.

  1. Le processus, des plus intéressants, qui voit les USA devenir pareils à leur ancienne Némésis, se transformant en URSS 2.0, ou, comme certains les appellent maintenant, les USSA.

La meilleure description qui puisse se faire des USA est celle d’une nation en pleine décomposition, dirigée par une petite clique d’oligarques contrôlant les masses au moyen de discours orwelliens. La population est à un tel niveau d’aveuglement que la plupart des gens pensent encore que tout va bien dans le meilleur des mondes. Mais voyons, vous ne savez pas que la reprise économique est en cours? Cependant, quelques-uns réalisent que le pays a de très nombreux problèmes, notamment la violence, l’abus d’alcool et de drogues, la gloutonnerie. Mais ne leur dites pas qu’ils font partie d’une nation de gloutons violents, drogués et alcooliques, car ce serait insultant. De toute façon, ne vous fatiguez pas à nommer leur état, ils ne vous écoutent même pas, occupés qu’ils sont à bidouiller leurs unités électroniques d’assistance vitale dont ils ne peuvent plus se séparer. Grâce à Facebook et consorts, ils sont maintenant si loin dans la caverne de Platon, que même les ombres qu’ils voient ne sont pas réelles. Ce sont des simulations informatiques d’ombres engendrées par d’autres simulations informatiques.

Les signes de cet état avancé de décomposition ne peuvent être ignorés, où que se porte votre regard, qu’il s’agisse de l’éducation, la médecine, la culture, ou de l’état général de la société américaine, où la moitié des personnes en âge de travailler ne peuvent gagner de quoi vivre une vie décente. Mais c’est encore plus évident lorsque l’on s’intéresse à la liste sans fin des erreurs qui forment l’essence de la politique étrangère des USA. Certains en sont venus à les qualifier ‘d’Empire du Chaos’, en oubliant le fait qu’un empire de chaos est, par définition, ingouvernable.

L’État Islamique, qui dirige maintenant une grande partie de l’Irak et de la Syrie, est un exemple d’échec particulièrement flagrant. Cette organisation avait d’abord été mise en place, avec l’aide des USA, pour renverser le gouvernement syrien, mais au lieu de cela elle commence à menacer la stabilité de l’Arabie saoudite. Et ce problème a encore été aggravé par l’aliénation de la Russie, qui, avec son immense frontière sud-asiatique, est l’une des grandes nations qui cherche à combattre l’islamisme extrémiste. Le mieux que les USA aient pu achever face à l’État Islamique est une campagne de bombardements, coûteuse et inefficace. Les précédentes campagnes de bombardements, coûteuses et inefficaces, comme celle qui a été menée au Cambodge, ont produit des conséquences imprévues, par exemple le régime génocidaire de Pol Pot. Mais pourquoi s’embêter à apprendre de ses échecs, quand on peut les répéter à l’infini?

Un autre exemple est le chaos militarisé et l’effondrement économique complet qui ont englouti l’Ukraine suite au renversement violent, organisé par les USA, de son tout dernier gouvernement constitutionnel il y a un an. La destruction de l’Ukraine a été justifiée par le calcul simpliste de Zbigniew Brzezinski, qui suppose que transformer l’Ukraine en une zone antirusse occupée par l’Otan sera à même de contrer efficacement les ambitions impérialistes russes. Le fait que la Russie ne montre pas d’ambitions impérialiste est l’un des défauts majeurs de ce calcul. La Russie possède tout le territoire dont elle aura jamais besoin, mais pour le développer, elle a besoin de la paix, et d’accords commerciaux. Un autre grain de sable dans l’échiquier de Zbiggy, vient du fait que la Russie se sent concernée par la protection des intérêts des populations russophones, où qu’elles puissent vivre. Pour des raisons de politique intérieure, elle agira toujours pour les protéger, même si ses actions doivent être illégales et risquent de mener à un conflit militaire de grande ampleur. Donc, la déstabilisation de l’Ukraine par les Américains n’a rien accompli de positif, mais a accru le risque d’autodestruction nucléaire. Mais même si les USA s’arrangent pour disparaître de la carte politique mondiale sans déclencher un holocauste nucléaire, nous avons toujours un problème, qui est …

  1. …que le climat de la Terre, notre planète natale, est, pour le dire aussi poliment que possible, complètement foutu. Bien sûr, il y a encore de nombreuses personnes qui pensent que transformer radicalement la composition chimique de notre atmosphère et de nos océans en brûlant plus de la moitié des hydrocarbonés fossilisés qui peuvent être récupérés par des moyens industriels n’aura aucun impact, et que les transformations que nous observons actuellement ne sont que des variations naturelles du climat. Ces gens sont des abrutis. Je promets de supprimer jusqu’au dernier des commentaires qu’ils enverront en réponse à ce post, mais malgré cette promesse, je peux vous assurer qu’ils tenteront quand même de les envoyer… parce que ce sont des abrutis. [Mise à jour : et en effet, ils l’ont tenté. CQFD.]

Nous assistons aujourd’hui à un épisode d’extinction massive déclenchée par l’homme, qui sera sans aucun doute au-delà de tout ce qu’a pu expérimenter l’humanité, et qui pourrait bien rivaliser avec la grande extinction Permien-Trias, qui a eu lieu il y à 252 millions d’année. Il est même possible que la Terre se transforme en planète stérile, avec une atmosphère tout aussi surchauffée et toxique que celle de Vénus. Ces changements sont en train de se produire, il ne s’agit pas de prédiction, mais d’observations. Les seuls variables qui doivent encore être déterminés sont les suivants:

  1. Jusqu’où ira ce processus ?

Existera-t-il encore un habitat dans lequel l’humanité pourra survivre? Les hommes ne peuvent survivre sans une abondance d’eau fraîche, de sources de glucides, graisses et protéines, celles-ci étant extraites d’écosystèmes viables. Les hommes peuvent survivre avec pratiquement n’importe quel régime alimentaire, même un régime d’écorces et d’insectes, mais si l’ensemble de la végétation meurt, nous mourrons aussi. De plus, nous ne pourrons survivre dans un environnement où la température humide (qui prend en compte notre capacité à nous refroidir en suant), dépasse notre température corporelle. Lorsque cela arrive, nous mourons d’un coup de chaleur. Enfin, nous avons besoin d’un air que nous pouvons respirer : si l’atmosphère n’est pas assez chargée en oxygène (parce que la végétation a disparu), et trop chargée en dioxyde de carbone et méthane (parce que la végétation disparue a été brûlée, que le permafrost a fondu, et que le méthane actuellement emprisonné dans les clathrates océaniques a été libéré), nous mourrons tous.

Nous savons déjà que l’augmentation des températures moyennes globales a dépassé le degré Celsius depuis les temps préindustriels, et si l’on prend en compte les modifications de composition atmosphériques, celle-ci devrait au final excéder les deux degrés. Nous savons également que l’industrie, grâce aux aérosols qu’elle envoie dans l’atmosphère, produit un effet connu sous le nom d’assombrissement global. Une fois que ces aérosols se seront dissipés, la température moyenne devrait augmenter d’au moins 1,1 degré. Cela devrait nous emmener à peu de distance des 3,5 degrés d’augmentation, et aucun homme n’a jamais vécu sur une Terre plus chaude de 3,5 degrés, par rapport aux températures actuelles. Peut-être pourrons bidouiller un truc… On pourrait tous enfiler des sombreros climatisés… (concours de design en vue, des volontaires?)

  1. A quelle vitesse ce processus va-t-il se dérouler ?

L’inertie thermique de la planète est telle qu’on constate un décalage de quarante ans entre la modification de la composition chimique atmosphérique, et le ressenti de ses effets sur les températures moyennes. A ce jour, nous avons été protégés de certains de ces effets par deux choses : la fonte des glaciers et du permafrost dans l’Arctique et l’Antarctique, et la capacité de l’océan à absorber la chaleur. Votre boisson fraiche reste agréable jusqu’à la disparition du dernier glaçon, mais après cela, elle devient très vite tiède et désagréable. Certains scientifiques annoncent qu’il faudra sans doute près de cinq mille ans pour que nous n’ayons plus de glaçons, ce qui mettra un terme à la fête, mais les modes de fonctionnement des immenses glaciers qui nous fournissent ces glaçons ne sont pas si bien compris, et les mauvaises surprises ont été très fréquentes, notamment concernant leur rapidité a relâcher des icebergs, qui dérivent alors vers des eaux plus chaudes et y fondent rapidement.

Mais la plus grande surprise de ces dernières années a été le taux de libération du méthane auparavant emprisonné dans l’Arctique. Peut-être n’est-ce pas votre cas, mais il m’a été impossible d’ignorer tous ces scientifiques qui tirent la sonnette d’alarme à propos du méthane de l’Arctique. Ce qu’ils appellent le clathrate gun, qui pourrait relâcher jusqu’à cinquante gigatonnes de méthane en quelques décades, semble avoir été déclenché en 2007, et aujourd’hui, quelques années plus tard, les concentrations de méthane dans l’Arctique sont devenues alarmantes. Mais il nous faudra attendre au moins deux ans de plus pour obtenir un avis plus documenté. De toute façon, la quantité de méthane concentrée dans les clathrates est suffisante pour dépasser le potentiel de réchauffement climatique généré par toutes les énergies fossiles brulées à ce jour, par un facteur pouvant aller de 4 à 40. L’hypothèse pessimiste semble nous entraîner non loin d’une atmosphère de type vénusienne, et les espèces survivantes pourraient bien être limitées à quelques bactéries thermophiles exotiques, ce qui n’inclurait aucune des espèces que nous aimons manger, ni aucun d’entre nous.

En voyant de telles données, certains chercheurs ont émis l’hypothèse d’une extinction humaine imminente. Les estimations varient, mais, de manière générale, si le clathrate gun a vraiment été déclenché, alors nous ne devrions pas prévoir d’être présents après la seconde moitié du XXIe siècle. Mais ce qui est amusant (l’humour n’est jamais de mauvais goût, quelle que soit la gravité de la situation), c’est que la plupart d’entre nous ne devraient pas être présents d’ici là, de toute façon. La surpopulation humaine actuelle a été rendue possible par l’utilisation des énergies fossiles. Une fois cette utilisation ralentie, la population humaine s’effondrera. Cela s’appelle un dépérissement, et cela arrive en permanence : une population (par exemple, des levures dans une cuve de liquide sucré) consomme toute sa nourriture, puis dépérit. Quelques individus plus endurcis s’accrochent, et si vous rajoutez une mesure de sucre, ils reprennent des forces, commencent à se reproduire, et le processus peut recommencer.

Un autre aspect amusant d’une extinction humaine imminente réside dans le fait que celle-ci ne sera jamais observable, car il ne restera plus de scientifiques pour l’observer; il s’agit donc d’un concept non scientifique. Puisqu’il ne peut être utilisé dans un cadre scientifique, les scientifiques qui l’évoquent à qui mieux-mieux doivent chercher à produire un effet émotionnel. C’est assez peu commun pour des scientifiques, qui se font généralement une fierté de garder la tête froide, et préfèrent s’intéresser à l’observable et au mesurable. Alors, pourquoi des scientifiques cherchent-ils à faire dans l’émotionnel? C’est clairement parce qu’ils pensent que quelque chose doit être fait. Et pour penser que quelque chose doit être fait, ils doivent aussi penser que quelque chose peut être fait. Mais alors, qu’est-ce qui peut être fait?

Tout d’abord en tête de liste vous avez l’effort engagé pour convaincre les gouvernements de limiter leurs émissions de carbones. Cela ne s’est pas révélé un franc succès. Parmi les nombreuses raisons ayant entrainé ce résultat, vous pouvez vous référer au point 2 ci-dessus; les USA sont l’un des plus grands producteurs d’émissions de carbone, mais le corps pourrissant qui constitue le système politique américain est incapable d’engager une quelconque action constructive. Il est trop occupé à détruire d’autres pays: l’Irak, la Libye, la Syrie, l’Ukraine…

Ensuite, vous avez ce qu’on appelle la géo-ingénierie. Si vous ne savez pas ce dont il s’agit, ce n’est pas grave, car il s’agit principalement d’un synonyme pour branlette intellectuelle. Le concept est le suivant: vous apportez un remède à des symptômes que vous ne comprenez pas, en utilisant des technologies qui doivent encore être inventées. Mais sachant que de nombreux êtres humains cultivent la croyance irrationnelle en l’existence d’une solution technique pour tous les problèmes pouvant être rencontrés, on trouve toujours un imbécile prêt à donner de l’argent pour la chercher. Les idées proposées par les adeptes de cette ligne de pensée ont inclus la saturation des océans avec des éléments de fer, pour stimuler la croissance du plancton, ou l’envoi des morceaux de papier aluminium en orbite pour refléter une partie de la lumière du soleil, ou encore, la peinture du Sahara en blanc. Tous ces projets sont des plus excitants à concevoir. Pourquoi ne pas utiliser une arme nucléaire pour injecter de la poussière dans l’atmosphère, afin de bloquer une partie de la lumière du soleil? On pourrait aussi bombarder quelques gros volcans, pour atteindre le même résultat ? Et si c’est compliqué d’un point de vue politique, pourquoi ne pas essayer quelque chose de plus simple, un échange nucléaire limité? Cela devrait assombrir les cieux, amenant un petit hiver nucléaire, et cela réduirait également les populations, ce qui ferait tomber d’autant l’activité industrielle. Nous avons assez d’armes nucléaires pour refroidir la planète assez longtemps pour que les radiations nous achèvent tous. Cette solution de géo-ingénierie, comme toutes les autres, se conforme strictement au dicton populaire : Si tu ne peux résoudre un problème, aggrave-le.

J’ai l’impression que tous ces grands discours à propos de la prochaine extinction humaine se résument à une agitation émotionnelle, dont le but principal est d’amener les gens à tenter des choses qui ne fonctionneront pas. Je considère cependant que le sujet vaut la peine d’être examiné, et ce pour une raison simple: que se passe-t-il si nous ne voulons pas nous éteindre? Nous avons établi le fait que l’extinction humaine (quel que soit le moment où elle se produira) ne sera pas observable, car il n’y aura plus d’êtres humains pour l’observer. Nous savons également que des réductions de populations se produisent en permanence, mais qu’elles n’aboutissent pas en permanence à une extinction. Alors, qui aura le plus de chances de mourir, et qui aura le plus de chances de survivre?

Les premiers à disparaître seront les victimes invisibles des guerres. A ce jour, un grand nombre de personnes ont vu des photographies montrant des amas de soldats ukrainiens morts laissés à pourrir après une nouvelle offensive avortée, ou des vidéos de résidents de Donetsk agonisant sur un trottoir après avoir été touchés par un tir d’artillerie ou de mortier gouvernemental. Mais nous ne savons pas combien d’enfants ou de femmes meurent à l’accouchement, le gouvernement ayant bombardé maternités, cliniques et hôpitaux. De telles pertes sont invisibles durant une guerre. Et nous ne verrons pas non plus de vidéos de tous les retraités ukrainiens mourant prématurément car ils ne peuvent plus obtenir de nourriture, de soins ou de chauffage, mais nous pouvons être sûrs qu’un grand nombre d’entre eux ne seront plus parmi nous d’ici un an. Lorsqu’on en vient à parler de conflit armé, il n’existe que deux stratégies viables: refuser de prendre part, ou fuir. Sans aucun doute, le million ou presque d’Ukrainiens qui se trouvent maintenant en Russie est formé des plus intelligents, tout comme les millions de Syriens qui ont quitté la Syrie. Les Ukrainiens qui s’engagent pour combattre sont des imbéciles, et ceux qui fuient en Russie ou refusent la mobilisation sont les plus malins. Cela n’inclut pas les Russes [et les Ukrainiens, NDT] qui s’engagent pour la protection de leur pays et de leurs familles contre ce qui s’apparente à une invasion US. Ceux là ne sont certainement pas des imbéciles. Et ils sont en train de gagner. Suivant cette interprétation, la guerre est un processus darwinien, qui extermine ceux ayant le moins de sens commun.

L’épisode d’extinction à éviter en priorité, après la guerre, a lieu dans les grandes villes durant une vague de chaleur. Cela s’est produit dans toute l’Europe en 2003, et a provoqué soixante-dix mille décès. En 2010, une vague de chaleur dans la région de Moscou (qui se trouve pourtant plutôt au Nord), a entrainé plus de quatorze mille décès pour la seule ville de Moscou. Les îlots de chaleur urbains, qui sont produits par la réflexion du soleil par les chaussées et les immeubles, produisent des températures locales élevées, pouvant entraîner des coups de chaleur. Tant que l’économie basée sur les combustibles fossiles est en activité, les villes restent vivables, grâce à l’air conditionné. Une fois cette économie effondrée, les épisodes d’extinctions urbains dus aux vagues de chaleurs se multiplieront. Et puisque 50% de la population vit dans des villes, la moitié de la population risquera donc la mort par coup de chaleur. Il en résulte que si vous ne souhaitez pas vous éteindre, ne passez pas vos étés en ville.

La liste des endroits où vous ne souhaiteriez pas vous trouver, pour éviter l’extinction, s’allonge de plus en plus. Par exemple, vous ne voudriez pas vivre en Californie, ou dans un autre des États arides du sud-ouest des USA, car il sera difficile d’y trouver de l’eau. Vous ne chercheriez pas à vivre le long des côtes, car elles seront sans doute inondées par la montée des océans (dont le niveau devrait finir par augmenter d’une centaine de mètres, ce qui passera l’ensemble des villes côtières sous le niveau des eaux). Vous ne souhaiteriez pas vivre dans la moitié est de l’Amérique du Nord, car, de façon paradoxale, une région arctique aux températures dramatiquement supérieures devrait causer l’affaiblissement du Jet Stream, entrainant des hivers de plus en plus rudes, qui, en l’absence d’énergies fossiles, produiront des vagues de décès dus au froid. A ce jour, un hiver un peu plus neigeux que la moyenne, d’un niveau qui devrait se renouveler régulièrement dans les années à venir, a forcé l’ensemble des infrastructures de transport de Nouvelle Angleterre (où j’ai la chance de ne pas me trouver), à se coucher sur le côté et jouer au mort. Et vous ne devriez vivre dans aucun des endroits du globe où les sources d’eau proviennent de la fonte des glaciers, car ceux-ci auront bientôt disparu. Cela comprend la majorité du Pakistan, de grands morceaux de l’Inde, du Bangladesh, de la Thaïlande, du Viêt Nam, et bien d’autres. La liste des endroits où vous ne souhaitez pas être pour éviter une extinction par ceci ou cela finit par être extrêmement longue.

Mais l’ensemble de la partie nord de l’Eurasie devrait bien s’en tirer dans le futur proche, donc, si vous ne souhaitez pas vous éteindre, vous devriez commencer à enseigner le russe à vos enfants.

Traduit par Etienne, relu par jj et Diane pour le Saker Francophone

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Philippe Grasset en grâce : considérations sur le Chaos, la puissance des mots et l’agonie du sens, ça colle plus

Par Philippe Grasset – Le 19 mars 2015 – Source dedefensa

Je vais parler de la puissance des mots par rapport à la signification qu’on leur prête et par rapport à la signification qu’ils ont en eux-mêmes et d’eux-mêmes, de l’attraction qu’ils peuvent exercer sur nous, parfois dans un mauvais sens qui les rend trompeurs parce qu’ils risquent de débaucher notre pensée, jusqu’à ce point où il devient impératif de veiller à les rétablir dans leur véritable influence et leur juste signification. C’est là la signification générale de ma démarche, à propos d’un de ces mots qui exercent une puissante fascination ; un mot qui est un exemple du cas général présenté ici et une nécessité spécifique de notre situation générale présente tant son emploi est courant aujourd’hui.

J’éprouve effectivement ces sentiments divers avec le mot “chaos”, dont on comprend aisément qu’il est pleinement dans l’esprit de notre temps courant. C’est pour cette raison d’abord de son actualité, bien qu’il soit au moins symboliquement et selon la tradition aussi vieux que le monde connu, que ce mot est à la fois trompeur et fascinant, qu’il est en vérité essentiel pour la juste appréciation de notre époque déferlante, qu’il est lui-même l’objet d’un débat sémantique qui recèle également un jugement de fond sur les événements en cours, qu’il mérite par conséquent toute notre attention et qu’il exige d’être rétabli dans toute sa réelle puissance et sa magnifique signification. Le mot “chaos” est un de ces mots qui transmutent une époque, qui transcendent des événements, qui bouleversent les êtres jusqu’aux tréfonds de leurs âmes héroïques, qui suscitent les pensées les plus audacieuses et les emportements les plus exaltants.

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L’Europe pivote aussi … vers la Chine

M.K Bhadrakumar

Par M K Bhadrakumar – Le 16 mars 2015 – Source mkbhadrakumar

La décision de la Grande-Bretagne de demander son admission au sein de la Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures [AIIB] en tant que membre fondateur a apparemment pris Washington par surprise.

Le porte-parole du département d’État a admis qu’il n’y avait eu «pratiquement aucune consultation avec les Etats-Unis» et que c’était «une décision souveraine prise par le Royaume-Uni». Dans les semaines à venir, il va devenir aussi plus difficile pour les États-Unis de se réconcilier avec l’Australie, qui suit les traces de la Grande-Bretagne, depuis que le président Barack Obama est intervenu personnellement auprès du Premier ministre Tony Abbott en octobre dernier pour le dissuader de faire une telle chose. La Corée du Sud et la France sont aussi susceptibles d’adhérer à l’AIIB (Guardian).

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La Turquie et les Kurdes: un accord possible

Immanuel Wallerstein

Immanuel Wallerstein

Par Immanuel Wallerstein – Le 15 mars 2015 – Source binghamton 

Commentaire No. 397

Il semble actuellement y avoir une réelle possibilité d’accord entre le gouvernement turc et le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui mettrait fin à la lutte acharnée qui remonte au moins à la fondation de la République turque en 1923.

La question a été très claire dès le début. Dans le sillage de l’effondrement de l’Empire ottoman, un groupe de nationalistes turcs emmené par Mustafa Kemal (Ataturk) s’est emparé du pouvoir et a établi une république laïque, dont les limites comprenaient essentiellement les zones connues comme l’Anatolie et la Thrace. Comme la plupart des nationalistes nouvellement parvenus au pouvoir, ce groupe était idéologiquement jacobin. Il avait établi une république des Turcs, et uniquement pour les Turcs.

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