Par Gordon hahn – Le 8 octobre 2024 – Source Russian & Eurasian Politics
À notre époque de crise et de chaos, il est naturel pour les grandes puissances de s’appuyer sur l’idéologie et l’idéalisme plutôt que sur le réalisme pratique. Les conflits internationaux d’aujourd’hui sont de plus en plus imprégnés d’idéologie, de visions universalistes et messianiques. Bien que l’Occident se soit d’abord engagé sur cette voie dans l’ère de l’après-guerre froide et que la Russie ait semblé renoncer aux projets universalistes et aux rêves messianiques dans le sillage de l’effondrement de l’Union soviétique, le transcendantalisme, l’universalisme et le messianisme russes traditionnels prérévolutionnaires sont devenus le pilier par défaut sur lequel l’aile conservatrice de l’élite et de l’intelligentsia russes s’appuie de plus en plus. Cela soulève le spectre d’une guerre ou d’une nouvelle guerre froide des messianismes, qui pourrait persister même si la guerre ukrainienne entre l’OTAN et la Russie se termine par un modus vivendi minimal.
Ce qui s’est passé cette semaine à Amsterdam est désormais assez clair. Mais avant d’y revenir, un peu de contexte.
J’ai suggéré à diverses reprises que nos médias constituent un puissant outil de contrôle mental, guère différent de ce que l’on peut trouver dans des intrigues classiques de science-fiction. Prétendre développer une pensée indépendante, lorsque l’on reste immergé des semaines ou des mois dans le narratif totalement contrôlé que ces médias développent, relève de l’opération impossible. Chez la plupart des gens, les chuchotements qui se font entendre à l’arrière du crâne prend le pas sur le raisonnement logique, et les réactions émotionnelles peuvent être activées ou désactivées comme si on les contrôlait au moyen d’un interrupteur.
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Lors d’une récente conférence sur l’investissement à Kuala Lumpur, j’ai rencontré un vieil ami et client de Gavekal. Autour d’un café, nous avons parlé de l’un des changements les plus visibles de ces dernières années en Asie : les voitures chinoises qui sont si rapidement apparues sur les routes du continent. Cela nous a conduit aux commentaires formulés en septembre par le pdg de Ford, Jim Farley. Fraîchement rentré d’une visite en Chine, Farley a déclaré au Wall Street Journal que la croissance du secteur automobile chinois constituait une menace existentielle pour son entreprise et que “la fabrication selon les normes chinoises allait maintenant être la priorité la plus importante.”

