… la tentative de coincer l’Iran dans les cordes pour l’étrangler s’est retournée contre Israël
Par Alastair Crooke − Le 11 novembre 2019 − Source Strategic Culture
Que se passe-t-il si les deux prémisses sur lesquelles Israël et la grande stratégie de l’Iran sont fondées se révèlent fausses ? « Et si » la pression maximale ne parvient pas à faire imploser politiquement l’État iranien, ni ne met l’Iran à genoux… ? Aller à Canossa, en robe de bure, pour obtenir un nouvel accord nucléaire ? Ouais, vraiment ? Eh bien, il semble que Netanyahou et le Mossad étaient si sûrs de leurs principes de départ qu’ils ont négligé de penser plus loin que le premier coup sur l’échiquier. Ce devait être échec et mat en un mouvement. Cette négligence est la cause de l’impasse stratégique dans laquelle Israël se trouve maintenant.

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Dans tout ce tintamarre dû au Brexit et aux querelles parlementaires qui y sont associées, on a peu remarqué comment Dominic Cummings et Boris Johnson tentent de changer la nature même du paysage politique britannique. Bien sûr, l’angoisse du Brexit rend la tentative de susciter un changement politique stratégique beaucoup plus visible et plus aiguë. Pourtant, en fait, les changements ne sont pas entièrement, ou même principalement liés au Brexit, mais reflètent des plaques tectoniques sous-jacentes en train de s’affronter.
La formule « pression maximale pour rendre sa grandeur à l’Amérique » ne va pas marcher, pour la simple raison qu’elle consomme le « capital social » américain à un rythme effréné. Elle ne rétablira ni la base manufacturière étasunienne, ni son hégémonie politique. Elle ne fait que fortement polariser le monde. Le monde entier comprend aujourd’hui que MAGA consiste à tout faire pour apporter n’importe quel avantage aux États-Unis, et que le reste du monde en paye le prix et se coltine les pertes. Même les Européens l’ont enfin compris. Le trumpisme manque de « profondeur » au-delà de son côté mercantile. Pourtant, s’il pouvait raconter une « souveraineté-isme » culturelle comme étant plus qu’une simple « politique anti-identité », il pourrait survivre plus longtemps.