Par Alastair Crooke − Le 3 août 2019 − Source Strategic Culture
Quelque chose se trame. Lorsque deux chroniqueurs du Financial Times – piliers de l’establishment occidental – brandissent un drapeau rouge, nous devons en prendre note : Martin Wolf est entré le premier en scène, avec un article dramatiquement intitulé : Les cent ans à venir, un conflit entre les États-Unis et la Chine. Il n’imagine pas «une simple» guerre commerciale, mais une lutte tous azimuts. Ensuite, son collègue au FT, Edward Luce, a souligné que «l’argument de Wolf est plus nuancé que le titre. Après avoir passé une partie de cette semaine parmi les principaux décideurs et penseurs au Forum annuel sur la sécurité d’Aspen dans le Colorado », écrit Luce, « je suis enclin à penser que Martin n’exagérait pas. La rapidité avec laquelle les dirigeants politiques américains de tous les partis se sont unis derrière l’idée d’une ‘nouvelle guerre froide’ me laisse pantois. Il y a dix-huit mois, cette phrase aurait été rejetée comme un propos alarmiste. Aujourd’hui, c’est un consensus.
La formule « pression maximale pour rendre sa grandeur à l’Amérique » ne va pas marcher, pour la simple raison qu’elle consomme le « capital social » américain à un rythme effréné. Elle ne rétablira ni la base manufacturière étasunienne, ni son hégémonie politique. Elle ne fait que fortement polariser le monde. Le monde entier comprend aujourd’hui que MAGA consiste à tout faire pour apporter n’importe quel avantage aux États-Unis, et que le reste du monde en paye le prix et se coltine les pertes. Même les Européens l’ont enfin compris. Le trumpisme manque de « profondeur » au-delà de son côté mercantile. Pourtant, s’il pouvait raconter une « souveraineté-isme » culturelle comme étant plus qu’une simple « politique anti-identité », il pourrait survivre plus longtemps.
Daniel Levy, un ancien négociateur israélien avec les Palestiniens,
Sommes-nous « Rome » ? La question a 
Un pilier de l’establishment de l’ordre européen – le journal Frankfurter Allgemeiner – touche explicitement le « nerf à vif », c’est-à-dire qu’il a publié le mois dernier un éditorial intitulé « Une Europe nazie ? », spéculant sur la question de savoir si l’UE actuelle, dominée par l’Allemagne, doit être comprise comme une extension linéaire du national socialisme allemand.




