Hassan Nasrallah : scénario catastrophe pour la Syrie et Bachar al-Assad ? (VOSTFR)


Par sayed7asan – Le 13 mai 2015 – Source sayed7asan

Discours du Secrétaire Général du Hezbollah, Sayed Hassan Nasrallah, le 5 mai 2015. 

Préambule

Dans ce discours, Hassan Nasrallah présente la chute d'Idleb et de Jisr al-Choughour entre les mains des groupuscules terroristes comme de simples revers locaux qui ne doivent pas occulter les avancées majeures de l'Armée Arabe Syrienne. Il dénonce les annonces de chute prochaine du régime comme la suite de la guerre médiatique et psychologique menée depuis quatre ans contre la Syrie, et il réaffirme le soutien de l'Iran, de la Russie et du Hezbollah à la Syrie.

Sayed7asan

Vidéo sous-titrée en français – Traduction Sayed7asan

https://www.youtube.com/watch?v=zbhI-fVRkwo

Transcription 

Troisièmement, en ce qui concerne la Syrie. Je vais parler de manière très franche et explicite sur certains points.

Dernièrement, et après la chute de la ville de Jisr Al-Choughour, dans la province d’Idlib, entre les mains des groupes terroristes, nous avons assisté – les Syriens, les Libanais et l’ensemble de la région – à une véritable vague de slogans et d’allégations, à tout un tapage médiatique sur les chaînes TV, les différents médias, des déclarations, articles, nouvelles ainsi que sur les réseaux sociaux.

Tout cela, bien sûr, fait partie de la guerre psychologique, et vous savez bien que dans les coulisses, une guerre psychologique est menée contre cette région depuis de longues années. Et cette guerre psychologique est toujours renouvelée de façon à profiter de n’importe quelle occasion, développement ou incident afin de lancer de nouvelles vagues de guerre psychologique sur les peuples. Bien entendu, certaines de ces déclarations se sont concentrées sur des aspects sectaires. Quel était le principal objectif de tout cela ? Que voulaient-ils dire par tout ce tapage médiatique ?

Ils prétendaient (soyons francs et explicites), qu’après la chute de Jisr al-Choughour et d’Idlib entre les mains des groupes armés, le régime était fini, et qu’on assistait à ses derniers jours, ses dernières semaines. Ils ont œuvré à propager ce scénario, je le résume brièvement pour le commenter, car cela fait partie de leur guerre psychologique : ils prétendent que l’armée syrienne a perdu ses capacités de combat et s’effondre.

Dans le cadre de cette guerre (psychologique), d’autres prétendent encore que les alliés de la Syrie l’ont abandonnée, que l’Iran l’a vendue pour son accord sur le nucléaire, et que la Russie l’a également abandonnée pour je ne sais quelle raison, que tous ses alliés s’en détournent. 

Ils prétendent encore, dans leurs déclarations et mensonges, que la situation intérieure en Syrie est difficile, que les gens veulent déserter, fuir, se réfugier ailleurs, etc. Ils peignent une image terrible et très étrange ; un exemple de leurs mensonges, est que toute la côte syrienne est sur le point de tomber. Et par conséquent, voilà l’aspect sectaire de leur propagande, prétendant qu’un très grand nombre d’Alaouites quittent les côtes syriennes en direction de la frontière libanaise, que le gouvernement libanais les empêche d’entrer et que le Hezbollah exerce des pressions sur lui pour leur permettre d’entrer au Liban. Des mensonges vraiment gratuits et insensés.

D’autres allégations prétendent que le régime syrien a demandé aux Alaouites de Damas ou de certaines régions de Damas de quitter cette ville (avant qu’il ne soit trop tard). Mais tout cela n’a aucun fondement.

Par conséquent, ce que nous voyons et que nous avons déjà vu auparavant, est une guerre psychologique qui veut briser la volonté des Syriens, leur détermination et leur persévérance, et qui veut obtenir par les mensonges, les fausses allégations et la guerre psychologique ce qu’ils ont été incapables d’obtenir par une guerre mondiale imposée à la Syrie depuis quatre ans.

Bien sûr, il arrive que de telles allégations soient couronnées de succès, comme par exemple à Mossoul, à Salaheddine, avec l’expérience de Daech en Irak cela a fonctionné, car une grande partie de la guerre consistait en allégations mensongères et en guerre psychologique.

Parlons-donc de ce sujet. 

Premièrement, personne ne devrait croire ces mensonges et déclarations et céder à cette guerre psychologique. Telle est la grande ligne. Nous devons tous prendre conscience, surtout les Syriens et les Libanais, que tout ce qui se dit n’est rien d’autre qu’une guerre psychologique, et que cela n’est pas nouveau. Cela fait quatre ans qu’on entend que c’en est fini du régime, de l’armée, que les gens veulent se rendre, qu’ils veulent fuir etc., etc. Et il faut bien souligner que lorsque nous avons commencé à entendre tout cela il y a quatre ans, la situation était bien plus difficile qu’elle ne l’est aujourd’hui.  La situation à l’intérieur de la Syrie, les batailles à l’intérieur du territoire, à Damas, à Alep, à Homs, à l’intérieur des villes, dans beaucoup de provinces, ainsi que la situation régionale (du Moyen-Orient), la situation internationale, etc. Aujourd’hui, les choses sont très différentes. Les développements internationaux et régionaux, les développements à l’intérieur de la Syrie qui ont eu lieu ces dernières années nous ont mis bien loin de tout ce que prétendent ces déclarations.

Par exemple, il a été notamment dit – je vais répondre point par point. Premièrement, ce qui est dit au sujet de la position iranienne n’est pas vrai : il y a quelques jours à peine, dans un discours, Son Éminence l’Imam Khamenei (que Dieu le préserve) a évoqué précisément cette question et a affirmé : «Nous négocions sur le dossier nucléaire, et sur rien d’autre. Et même tandis que nous sommes occupés aux négociations sur le nucléaire, nous restons très attentifs aux intérêts de nos alliés, et absolument rien ne se fera au détriment de nos alliés.» Toutes ces déclarations sont donc vides de sens – l’idée que l’Iran a abandonné la Syrie ou qu’elle serait sur le point de le faire. 

Il en va de même pour la Russie, même si jusqu’à présent, je ne connais pas la Russie aussi bien que je connais l’Iran, mais il n’y a aucun signe, pas le moindre, si infime fût-il, qui laisse à penser que les dirigeants russes sont sur le point de délaisser la situation en Syrie, ou qu’ils ont commencé à le faire.

Oui, il est vrai que qu’il peut parfois y avoir des revers sur le terrain, mais nous devons en rechercher les causes directement sur le terrain concerné. Par exemple, Idlib est tombée. Voyons donc pourquoi Idlib est tombée? Observons la situation des groupuscules armés, la situation de l’armée, la situation des forces engagées là-bas, s’il y a un problème ou non, que ce soit au niveau de la direction, de la logistique, etc.  Jisr Al-Choughour est tombée? Pourquoi? Recherchons donc les causes sur le terrain même. Il ne faut pas directement rechercher les causes sur la situation internationale, régionale, les alliés, la situation intérieure, la volonté du régime, l’armée, etc.

Comment ce régime serait-il en dislocation, et cette armée en décomposition, alors qu’ils combattent sur de nombreux fronts, qu’ils tiennent bon sur bien des fronts et qu’ils obtiennent des victoires parfois quotidiennement? Comment serait-ce possible, comment concilier la propagande et la réalité du terrain? 

L’approche correcte face à n’importe quel revers, où qu’il se produise, est de se concentrer sur les causes qui ont amené à ce revers afin d’y remédier et d’éviter que cela se répète. Dans n’importe quelle guerre, mes frères et sœurs, il y a des batailles. Celui qui remporte une bataille ne va pas forcément remporter la guerre. L’armée syrienne, les forces de défense nationales et populaires et les alliés de la Syrie ont remporté batailles sur batailles depuis quatre ans et jusqu’à ce jour, mais elles n’ont jamais prétendu qu’elles avaient gagné la guerre. Et même si on perd une bataille, cela ne signifie pas qu’on a perdu la guerre. L’armée syrienne et ses alliés n’ont cessé de remporter bien des batailles durant les dernières années, des batailles longues, difficiles et majeures.  

Par conséquent, tout ce qu’on peut dire, ou qu’ils peuvent dire, est qu’il y a eu une bataille à tel endroit, et que tel côté a gagné ou perdu. Mais déduire hâtivement de l’issue de telle bataille qui sera le vainqueur de la guerre et de les instrumentaliser dans le cadre d’une guerre psychologique est très éloigné de la réalité du terrain. 

Toutes ces personnes qui mènent ces guerres psychologiques n’ont cessé de décevoir les espoirs de leurs masses et de leurs partisans, et ils se trompent eux-mêmes et voient leurs espoirs déçus lorsque la situation a changé après une autre bataille. Et la situation change actuellement dans bien des batailles, et continuera ainsi (en faveur du gouvernement) si Dieu le veut.

Telles sont donc les proportions véritables de ces événements, et personne ne devrait s’en inquiéter outre mesure. 

Évidemment, ici au Liban, nous avons des gens qui sont très hâtifs, et multiplient les actions précipitées depuis quatre ans, encore et encore, ils se félicitent mutuellement les uns les autres pour une victoire supposée, avant de découvrir que cette nouvelle de festivité était mensongère, qu’il n’y a ni fiancé, ni fiancée, et qu’ils se moquaient les uns des autres.

Quoi qu’il en soit, il faut rester vigilant sur cette question, et être conscients de tous ces aspects.

En ce qui concerne le Hezbollah, je tiens également à affirmer ce soir à nos proches et à notre peuple syrien bien-aimé en Syrie ceci : nous étions avec vous, et nous resterons avec vous et à vos côtés, quels que soient les développements. Partout où il nous a fallu être, nous y sommes allés. Et partout où il nous faudra être, nous y serons. Et dernièrement, nous sommes intervenus dans des lieux où nous n’étions jamais allés durant les années passées. 

Nous considérons que cette lutte n’est pas la lutte du peuple syrien, et c’est ce que nous avons déclaré depuis le début de notre intervention dans cette guerre. Nous ne sommes pas intervenus pour des raisons émotionnelles, personnelles, sectaires ou par esprit de parti. Nous sommes intervenus sur la base d’une vision claire qui n’a pas changé, au contraire, tous les événements la confirmant jour après jour, à savoir la conviction que par notre intervention, nous défendons le Liban, la Palestine, la Syrie et toute la région.

Laissons-donc les haines et ressentiments de côté, et prenons clairement conscience de la réalité, considérons-la avec lucidité : si, à Dieu ne plaise, les groupuscules armés étaient parvenus à prendre contrôle de la Syrie depuis quatre ans, quel aurait été le destin de la Syrie et du peuple syrien? Quel aurait été le destin du Liban et du peuple libanais? Quel aurait été le destin de la région? Il vous suffit de regarder autour de vous pour connaître la réponse à cette question. 

En ce qui nous concerne, c’est notre intime conviction, c’est notre responsabilité. Et je vous confirme, ce soir, que nous continuerons à assumer cette responsabilité quels que soient les sacrifices.

 

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La guerre prolongée du Pentagone dresse l’Otan contre la Chine, la Russie et l’Iran


Pepe Escobar

Pepe Escobar

Par Pepe Escobar – Le 29 avril 2015 – Source sputniknews

Peu importe l’aboutissement des négociations sur le nucléaire cet été, tant que Téhéran préconisera la coopération plutôt que la confrontation, l’Iran est appelé à demeurer, avec la Russie, une cible géostratégique clé pour les USA.

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Comment se faire des ennemis au Yémen quand on en a déjà suffisamment…


Par Paul R. Pillar – Le 18 avril 2015 – Source consortiumnews

Le tandem israélo-saoudien essaie d’embarquer les USA et d’autres nations dans la guerre civile yéménite, en avançant que les rebelles Houthis seraient des supplétifs préparant l’incursion iranienne. Mais la réalité est beaucoup plus nuancée, et l’intérêt américain pourrait être ailleurs, affirme l’ex-analyste de la CIA Paul R. Pillar.

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Bombarder l’Iran ? Pas tout de suite. Commençons par le Yémen !

Pepe Escobar

Pepe Escobar

Par Pepe Escobar – Le 8 avril 2015 – Source : Russia Today

L’Opération Tempête décisive, ce bombardement horrible du Yémen à la manière du Pentagone glorifié par la maison des Saoud, se résume en un paragraphe.

Le pays arabe le plus richissime, la pétro-hacienda de la maison des Saoud, avec l’appui d’autres rackets pétroliers membres du Conseil de coopération du Golfe ainsi que de l’Occident bien nanti, a lancé au nom de la démocratie un bombardement, une guerre et une opération cinétique contre le pays arabe le plus pauvre, et ce, en toute illégalité.

Le pire, c’est que cette absurdité n’est que le prélude.

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Les guerres sont toujours courtes… surtout au début


Le 8 avril 2015 – Moon of Alabama

Le 15 novembre 2002 – Rumsfeld: Ce serait une guerre courte

Il n’y aura pas de Troisième Guerre mondiale à cause de l’Irak, a déclaré jeudi le secrétaire à la Défense, Donald Rumsfeld, en rejetant l’idée que la guerre serait un bourbier.

«L’idée que ça va être une longue, longue, longue guerre est, je pense, démentie par ce qui s’est passé en 1990», a-t-il déclaré dans une émission de Infinity radio.

Selon lui, l’armée américaine est plus forte qu’elle ne l’était au temps de la guerre du Golfe, tandis que les forces armées irakiennes sont plus faibles.

«Cinq jours ou cinq semaines ou cinq mois, mais cela ne durera certainement pas plus longtemps que cela», a-t-il dit. «Ce ne sera pas une troisième guerre mondiale. »

8 avril 2015 – Tom Cotton: Bombarder l’Iran prendrait plusieurs jours, ce ne serait en rien comme la guerre en Irak

Le sénateur Tom Cotton dit que bombarder les installations nucléaires de l’Iran prendrait plusieurs jours et ne ressemblerait en rien à la guerre en Irak.

[…]

Cotton a dit qu’une action militaire contre l’Iran ne serait pas comme la guerre en Irak et ressemblerait plutôt à l’opération Desert Fox de 1999, une campagne de bombardement de quatre jours contre l’Irak ordonnée par le président Bill Clinton.

[…]

«Ce serait quelque chose qui ressemblerait davantage à ce que le président Clinton a fait en décembre 1998 lors de l’opération Desert Fox. Plusieurs jours de bombardements de l’armée de l’air et de la Navale contre les installations irakiennes d’armes de destruction massive pour exactement le même genre de comportement.»

Traduction: Dominique Muselet

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Yémen :
l’axe du bien montre le vrai visage de l’Empire du néant.


Par Le Saker original – Le 3 avril 2015 – Source thesaker.is

Les titres de presse nous résument tout :

Tout cela peut se résumer ainsi: les États Unis qui ont encore provoqué un désastre dans un pays de plus sont les premiers à s’enfuir, et maintenant tout le monde s’enfuit, mis à part les forces russes et chinoises qui essayent d’évacuer leurs concitoyens. Encore un grand succès de politique étrangère pour Obama, qui avait présenté le Yémen comme un brillant exemple de succès de sa campagne anti-terroriste.

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Syrie : La chute d’Idlib est-elle liée aux négociations nucléaires avec l’Iran?


Le 28 mars 2015 – Source Moon of Alabama

Il y a une dizaine de jours, il était question d’une attaque djihadiste imminente sur Idlib au nord-ouest de la Syrie. Idlib, une ville du gouvernorat qui comptait autrefois 100 000 habitants, se trouve à seulement quelques kilomètres de la frontière turque et les forces gouvernementales syriennes ne pouvaient plus y accéder que par un étroit couloir.

Il y a trois semaines, le gouvernement turc a fermé au trafic civil tous les postes frontaliers entre la Turquie et la Syrie. Il y a quatre jours, une coalition formée de Jabhat al-Nusra (l’affilié d’al-Qaïda en Syrie), le groupe islamiste Ahrar Al-Shams et quelques plus petits groupes s’est lancée à l’assaut d’Idlib. Au moins 1 500 combattants ont pris part à l’attaque. Quatre énormes attentats suicides motorisés perpétrés aux check points du gouvernement ont brisé ses défenses extérieures.

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Le Yémen, un enjeu important pour la Chine


M.K. Bhadrakumar

M.K. Bhadrakumar

Par M.K. Bhadrakumar – Le 31 mars 2015  Source blogs.rediff.com/mkbhadrakumar

Le niveau d’intérêt porté par Pékin aux développements dans le Yémen est apparemment très élevé. C’est sans doute tout à fait normal, compte tenu du fait que la Chine dépend des pays du Golfe pour la moitié de ses importations de pétrole brut, en plus d’avoir des relations étroites et approfondies en constante expansion avec les pays de la région. L’initiative Route de la soie ajoute une dimension stratégique dans la mesure où la Route de la soie traverse la mer Rouge.

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En Irak, les Etats-Unis sabotent la guerre de l’Iran et de l’Irak contre l’État Islamique


Le 27 mars 2015 –  Source Moon of Alabama

Quelques 4 000 soldats de l’armée irakienne et environ 25 000 miliciens chiites assiègent Tikrit en Irak. Il y a encore quelques civils dans la ville, mais environ 1 000 combattants de l’État islamique se sont barricadés au cœur de la ville, et les en extirper serait une entreprise meurtrière et coûteuse. Jusqu’à ces derniers jours les États-Unis ne s’étaient pas impliqués dans la campagne de Tikrit.

Les conseillers iraniens qui accompagnent la milice ont donc décidé de ne pas prendre la ville d’assaut, mais de revenir à des tactiques de siège en coupant l’électricité, l’eau et en interceptant l’approvisionnement, pour affaiblir leurs adversaires. Ils se servent de l’artillerie contre les positions de l’État islamique et envisagent éventuellement de prendre la ville d’assaut, mais ils ne pensent pas que cela soit urgent.

Mais cette situation, semble-t-il, ne convenait pas à Washington, et les États-Unis ont décidé de prendre les choses en main. Ce qui met en danger toute la campagne militaire contre l’État islamique. Certains se disent que c’est probablement le vrai but de l’entreprise.

Des éléments de l’armée irakienne, formés par les États-Unis, ont instamment réclamé des frappes aériennes américaines sur Tikrit. La milice chiite et ses conseillers ont souligné qu’elles n’étaient absolument pas nécessaires. Sous la pression des États-Unis, le premier ministre irakien, Haider al-Abadi, a rejoint le camp des militaires irakiens formés par les étasuniens et aurait ordonné au grand général iranien Suleiman de partir. Maintenant, les États-Unis bombardent la ville et la grande campagne militaire de Tikrit se disloque.

Voyez vous-mêmes ceci :

Le général Lloyd Austin, chef du Commandement central étasunien, qui supervise les opérations en Irak, a déclaré jeudi au Comité sénatorial des services armés que les États-Unis avaient exigé que les milices et leurs conseillers iraniens, y compris le haut commandant iranien, le général Qassem Suleimani, se retirent de la bataille avant d’accepter de lancer des frappes aériennes. Suleimani, autrefois une figure de l'ombre mais qui jouait un rôle de plus en plus clair en Irak, a quitté la région de Tikrit pendant le week-end et est peut-être retourné en Iran.

et ceci :

Les milices irakiennes qui ont mené la lutte contre les militants de l’État islamique à Tikrit se sont opposées jeudi à l'intervention étasunienne en menaçant de dissuader des milliers de combattants sur qui ils ont de l’influence de se joindre à l’assaut sur la ville.
 ...
Washington a fait pression pour que les milices chiites quittent le champ de bataille, alors même qu’il est obligé de lutter contre leurs ennemis, les militants de l’État islamique. Mais les milices chiites, dont beaucoup sont hostiles aux États-Unis, jouent un rôle prédominant dans les forces irakiennes. Autour de Tikrit, leurs combattants sont plus de six fois plus nombreux que les troupes régulières du gouvernement irakien.
 ...
«Toute la mobilisation populaire refusera de se battre tant que les frappes aériennes étasuniennes se poursuivront, a déclaré al-Kadhimi Moeen, chef du Comité de mobilisation populaire du conseil provincial de Bagdad. Qu’ils se battent donc sans nous et on verra ce que ça donne. Les États-Unis essaient tout simplement de nous voler la victoire

Que le États-Unis veuillent leur voler la victoire n’est pas le plus grave. Une grande partie des volontaires de Hashd et de leurs dirigeants croient que les États-Unis ont créé l’État islamique et qu’ils ont intérêt à le maintenir vivant :

«Nous ne faisons pas confiance à la coalition dirigée par les Étasuniens pour lutter contre ISIS, a déclaré Naeem al-Uboudi, le porte-parole d’Asaib Ahl al-Haq, l’un des trois groupes qui a déclaré qu’il se retirerait de la ligne de front qui encercle Tikrit. Dans le passé, ils ont ciblé nos forces de sécurité et ont largué de l’aide à ISIS par erreur», a-t-il dit.

Le bombardement de Tikrit par les États-Unis a commencé hier. En voici déjà deux résultats. Comment pensez-vous que la milice volontaire qui lutte contre l’État islamique va les interpréter ?

Elie J. Magnier@EjmAlrai:

#Dernières nouvelles: 6 tués et 13 blessés chez Kataëb Hezbollah #Irak et police fédérale du fait de la #coalition menée par USA, au sud de #Tikrit (dommages) 

12h02 - 26 mars 2015
Elie J. Magnier@

# Hashd al-Sha'bi Irakien # Brigade de Tikrit apparemment touchés par frappe aérienne aujourd’hui. Nombreuses victimes. Confiance entre #USA et Hashd au plus bas.

03h05 - 27 mars 2015

Les forces aériennes étasuniennes, aux impressionnants moyens de reconnaissance et aux armes de haute précision hors de prix, ont réussi à larguer des bombes en plein sur les forces amies qui assiègent Tikrit. Et deux fois en moins de 24 heures?

Qui va croire que ces frappes sont la conséquence d’une erreur et ne sont que des dommages collatéraux ?

Pourquoi les États-Unis insistent-ils pour jouer un rôle dans les affaires de Tikrit alors que, faute de soldats sur le terrain, l’entreprise ne peut que se solder par un échec retentissant ?

Traduit par Dominique Muselet, relu par jj pour le Saker Francophone

 

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États-Unis – Arabie saoudite :
guerre éclair sur le Yémen

Par Tony Cartalucci – Le 27 mars 2015 – Source globalresearch.ca

une agression flagrante, le désespoir absolu

Le modèle de guerre par procuration que les États-Unis ont employé partout au Moyen-Orient, en Europe de l’Est et même dans certaines parties de l’Asie semble avoir de nouveau échoué, mais cette fois-ci au Yémen.

En défaisant le régime yéménite soutenu par les Étasuniens, les Saoudiens et une coalition d’extrémistes sectaires dont Al-Qaïda et sa nouvelle version rebaptisée Daech, les milices yéménites pro-iraniennes, les Houthi, ont contrecarré la puissance tranquille étasunienne et l’ont obligée à intervenir militairement de manière directe. Alors que les forces militaires étasuniennes ne sont prétendument pas impliquées, ce n’est pas le cas des avions de guerre saoudiens et d’une possible force terrestre.

Bien que l’Arabie saoudite prétende que dix pays ont rejoint sa coalition pour l’intervention au Yémen – de même que les États-Unis pour l’invasion et l’occupation de l’Irak – il s’agit bien d’une opération saoudienne qui se camoufle derrière une coalition, vaine tentative de générer une légitimité diplomatique.

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