La Russie a durci sa frontière sud, politiquement et militairement

The Saker

The Saker

Par le Saker original – Le 29 mai 2015 – Source thesaker.is

La Russie projette d’inviter l’Inde, le Pakistan et l’Iran dans l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS)
C’était en discussion depuis longtemps, mais cette fois, c’est officiel : Sergei Lavrov vient de déclarer que lors du prochain sommet des pays membres de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), la Russie proposera d’entamer le processus menant à l’adhésion de l’Iran comme membre effectif, ainsi que de l’Inde et du Pakistan.

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Syrie, Pakistan, Israël, Ukraine : quelques réflexions en passant…

Moon of Alabama

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Le 13 mai 2015 – Source Moon of Alabama

The Telegraph, comme beaucoup d’autres organes de propagande, affirme que le gouvernement syrien se désagrège :

«Ali Mamlouk, le chef du Bureau de la sécurité nationale du pays, a été relevé de ses fonctions au moment où le régime de Bachar al-Assad commence à montrer des signes de division sur le rôle de l’Iran.»

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Le sommet de l’arrogance


Par Claudia Wangerin – le 22 mai 2015 – Source Junge Welt

Barrières contre les pauvres et les protestataires, extension de leur sphère d’influence : les chefs des États du G-7 savent à quoi sert cette clôture autour du château d’Elmau. Michael Dalder/Reuters

Au château d’Elmau, dans les Alpes, les chefs d’État du G7 devront prendre la responsabilité du monde entier et de son avenir. Merkel défend l’exclusion de la Russie.

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Pourquoi l’article de Hersh sur la mort de Ben Laden sort-il maintenant?


Moon of Alabama

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Le 11 mai 2015 – Source Moon of Alabama

L’article de Hersh sur le meurtre d’Oussama ben Laden est vilipendé par les habituels journalistes-aux-ordres des médias dominants. Ils ont cru et rapporté la version que la Maison Blanche et la CIA leur avait donnée. Reconnaître que Hersh a largement raison les embarrasserait trop.

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Les exercices militaires de l’armée US préparent-ils la loi martiale au Texas ?


Le 13 mai 2015 – Source Sputnik News

©Flickr/DVIDSHUB


Les spéculations sur Jade Helm 15 ont envahi l’Internet. L’inquiétude grandit quant à savoir si, oui ou non, le gouvernement fédéral des États-Unis prépare l’instauration de la loi martiale. Cet exercice militaire de deux mois, organisé cet été par le Pentagone dans sept États du sud-ouest, pourrait avoir des visées plus générales et moins marginales qu’il n’y paraît au premier abord.

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La main dans le sac : Human Rights Watch et ses magouilles

Le 15 mai 2015 – Source Moon of Alabama

«L'hypocrisie est un hommage que le vice rend à la vertu.» François de La Rochefoucauld

Une preuve de plus de l'engagement sans nuances, au service du magistère de la vérité de l'Empire du non-sens, d'une ONG, Human Rights Watch, bien propre sur elle question Droits de l'Homme Blanc et tutti quanti, prise la main dans le sac, et qui insiste, au delà du ridicule, irresponsable et impunie. 

Le Saker Francophone

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Le gag du jour

Par Dagmar Henn – 17 mai 2015 – Source vineyardsaker.de

L’article ci-dessous a paru dans le journal canadien National Post. Il est si divertissant que je ne veux pas vous en priver. Mais attention, veillez à être bien assis… (et merci à la page Facebook Initiative citoyenne pour la paix en Ukraine, qui a découvert cette friandise). 

Et oui, naturellement, c’est aussi un morceau de vile propagande. Mais quand on s’abaisse à ça, voilà ce que ça donne.

L’infiltration par les russes de l’armée ukrainienne complique la mission de formation canadienne

Le ministre canadien de la Défense annonce l’envoi de 200 militaires en Ukraine pour la formation de l’arméée 14 avril 2015 THE CANADIAN PRESS/Adrian Wyld

Former des Ukrainiens pour lutter contre les séparatistes pro-russes pourrait se révéler une entreprise beaucoup plus difficile pour les 200 soldats canadiens, dont Ottawa a annoncé mardi le déploiement en Ukraine, que la mission similaire qu’assurent quelque 70 formateurs canadiens en Irak.

Selon une nouvelle note, destinée au bureau des études militaires pour les Affaires étrangères de l’armée US, à Fort Leavenworth, Kansas, la raison en est que des agents russes de services de renseignement de toute nature ont infiltré si profondément l’armée ukrainienne que presque rien de ce qu’ils disent ou font ne reste secret longtemps,

Citant des sources non classifiées, principalement russes, Roger McDermott, dans son essai Frères ennemis : l’usage par la Russie de la puissance militaire en Ukraine, met en garde contre «l’infiltration de l’appareil de renseignement de l’État ukrainien, le SBU (Service de sécurité d’Ukraine), par les services de renseignement russes, y compris par le GRU (Direction générale des renseignements russe), le FSB (Service fédéral de sécurité) et le SWR (Service des renseignements extérieurs)».

L’infiltration de l’armée ukrainienne n’implique pas seulement des agents officiels des services de renseignement russes. On croit que des Ukrainiens qui sympathisent avec Moscou travaillent au sein, ou à proximité, de presque toutes les unités de l’armée ukrainienne, ce qui rend tous les aspects du conflit – y compris la formation pour la guerre – plus difficiles pour tous ceux qui soutiennent le camp ukrainien.

Soldats ukrainiens en position dans le village de Berdyanske, à l’est de l’Ukraine, le mardi 14 Avril, 2015. Les agents pro-russes sont soupçonnés d’avoir infiltré l’armée ukrainienne. AP Photo/Evgeniy Maloletka

Plusieurs officiers canadiens, qui connaissent bien la situation ukrainienne, ont dit qu’ils étaient au courant d’un possible intérêt russe pour les activités des formateurs canadiens, mais ils n’ont pas précisé davantage.

En raison de l’omniprésence de l’espionnage russe en Ukraine, les images satellites que le Canada a commencé à livrer à l’Ukraine ont pu aussi rapidement finir à Moscou. On pense que la raison pour laquelle Washington ne voulait pas partager ses meilleures images satellites avec l’Ukraine est qu’il ne veut pas que les Russes découvrent quelles sont les capacités de ses satellites.

Tandis que l’espionnage russe va indubitablement compliquer la mission canadienne, il ne fait probablement pas courir de risque physique supplémentaire aux formateurs canadiens. Comme le ministre de la Défense Jason Kenney l’a souligné à plusieurs reprises, lorsqu’il a annoncé à Ottawa l’engagement prévu pour l’été, les Canadiens travailleront avec les formateurs états-uniens et de l’Otan loin de la zone de conflit en Ukraine de l’Est. Si la situation en Ukraine se dégrade, a fait remarquer Kenney, les Canadiens peuvent se mettre en sécurité en Pologne voisine, d’où ils peuvent être évacués.

Contrairement à ce qui se passe en Irak, où des formateurs des unités spéciales canadiennes travaillaient parfois très près de la ligne de front et où ils ont été impliqués dans des échanges de tirs à courte distance, les formateurs mandatés, qui viennent principalement de la base de Petanawa dans la vallée d’Ottawa supérieure, n’accompagneront pas les unités ukrainiennes sur le terrain pour les aider dans l’identification et la détection de l’ennemi. Ils délivreront plutôt tout leur enseignement dans des bases fortifiées, à l’image de la mission de formation beaucoup plus importante en Afghanistan, qui a suivi la participation canadienne aux combats à Kandahar.

Selon le gouvernement, la mission assumera les activités suivantes : formation à l’élimination des munitions explosives et des explosifs improvisés ; formation de la police militaire ; formation médicale ; entraînement à la sécurité en vol ; et formation à la modernisation du système logistique.

Les officiers du renseignement russe et les sympathisants ukrainiens russophiles qui travaillent pour eux vont presque certainement tenter de saper la mission canadienne en recensant avec précision les stratégies et les tactiques pour lesquelles les Ukrainiens reçoivent une formation, ainsi que la logistique de la mission.

Quant aux Russes, ils ont formé l’an dernier les forces séparatistes rebelles à la stratégie, à la tactique et au maniement de systèmes d’armes de pointe, tant en Ukraine que dans le sud de la Russie. Mais ces séparatistes ne craignent pas, et de loin, la même infiltration par les services de renseignement ukrainiens, et les Ukrainiens de l’Est qui soutiennent Kiev ont fui depuis longtemps pour sauver leur vie.

Effectivement, conclut McDermott, les Russes, en plus de prendre l’initiative de nombreux combats, et de fournir l’équipement et le ravitaillement, ont donné la priorité à la formation de leurs alliés, longtemps avant que l’Otan se décide à faire de même.

Les pays occidentaux, dont le Canada, ont répondu très lentement à la demande pressante de l’Ukraine de livraison d’armes. Mais les Canadiens, de par l’expérience, en termes de combats et de formation, qu’ils ont acquise pendant une dizaine d’années en Afghanistan, sont particulièrement adaptés à la mission de formation ukrainienne.

Comme en Afghanistan, les Canadiens ont beaucoup de pain sur la planche. Depuis la chute de l’Union soviétique en 1991, les Ukrainiens, comme les Afghans, ont consacré peu de ressources à la formation ou au rééquipement de leurs troupes. Ils ont un urgent besoin d’aide dans presque tous les domaines.

Matthew Fisher.

Article original  publié par nationalpost

A part que je peux difficilement concevoir que les Canadiens apportent là-bas des choses encore inconnues en Russie, et que les Ukrainiens soient ravis d’être comparés aux Afghans, il n’y a qu’un commentaire à faire, pour finir : à hurler [de rire, NdT].

Traduit par Diane, relu par jj pour le Saker Francophone

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Le rôle de l’URSS dans la deuxième Guerre mondiale (1939-1945) [3/3]


Annie Lacroix-Riz

Par Annie Lacroix-Riz – Le 7 mai 2015

Professeur émérite d’histoire contemporaine Paris VII

1ère Partie

2ème Partie

La guerre allemande d’extermination

Selon Jean-Jacques Becker, « mise (sic) à part qu’elle s’est déployée sur des espaces bien plus vastes, mis à part le coût extravagant des méthodes de combat surannées de l’armée soviétique, sur un plan strictement militaire, la Seconde Guerre a été plutôt moins violente que la Première ». 1

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  1. Dont il est spécialiste (pas de la Deuxième Guerre mondiale), « Retour sur la comparaison et réflexion sur les héritages », in Stéphane Audoin-Rouzeau et al., dir., La violence de guerre 1914-1945, Complexe, Bruxelles, 2002, p. 333 (bréviaire de la préparation de la question d’histoire contemporaine CAPES-agrégation 2003-2005).

La désinformation économique officielle, prothèse des marchés financiers


Paul Craig Roberts

Paul Craig Roberts

Par Paul Craig Roberts – le 11 mai 20156 – Source CounterPunch

Le dernier rapport sur les emplois salariés est toujours pareil. Le Bureau des statistiques du travail affirme que 223 000 nouveaux emplois ont été créés en avril. Alors acceptons cette affirmation et voyons ce que sont ces emplois.

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Le Premier mai a été une journée formidable pour le renseignement étasunien en Syrie et au Yémen

Le 2 mai 2015 – Source Moon of Alabama

Les branches de l’armée et du renseignement américains impliquées dans le Commandement central du Moyen-Orient ont célébré le 1er mai en se livrant à une petite compétition sur le choix de cibles hors pair.

Selon une ONG, des frappes aériennes dirigées par les Etats-Unis et ciblant le groupe qui s’autoproclame Etat islamique ont tué au moins 52 civils dans un village du nord de la Syrie, samedi.

«Les frappes aériennes de la coalition lancées vendredi au petit matin sur le village de Birmahle dans la province d’Alep ont tués 52 civils», a déclaré Rami Abdel Rahman, le dirigeant de l’Observatoire syrien pour les droits de l’homme.

«Sept enfants ont été tués et 13 personnes sont toujours prises au piège dans les décombres», a-t-il dit.

Abdel Rahman a déclaré à l’AFP que les miliciens kurdes et les combattants rebelles syriens se battaient contre l’EI dans une ville à environ deux kilomètres de là.

«Mais à Birmahle il n’y a que des civils, et pas la moindre position de l’EI, ni le moindre affrontement», a-t-il dit.

Selon Abdel Rahman «pas un seul combattant de l’EI n’a été tué dans les frappes sur le village» …

C’est déjà beau, mais le groupe de renseignement militaire CentCom qui soutient la guerre saoudienne contre le Yémen a montré qu’il pouvait faire encore mieux:

Une série de frappes aériennes saoudiennes a atteint un hôpital et un camp médical au sud-ouest du Yémen vendredi, tuant au moins 58 civils et en blessant au moins 67, selon deux fonctionnaires locaux du gouvernement yéménite.

La plupart des morts et de blessés étaient des médecins et des patients, ont-ils dit.

L’hôpital Raheda est l’un des plus grands et les plus actifs de la région. Le camp médical fait partie de l’hôpital.

[…]

Trois fonctionnaires locaux du gouvernement yéménite ont déclaré que l’hôpital n’avait pas été utilisé par les rebelles Houthis et qu’aucun des morts n’était un combattant rebelle.

Il semble que ce soit l’équipe qui choisit les cibles au Yémen qui ait remporté le gros lot.

On trouve le meilleur reportage de la guerre au Yémen dans l’Independent d’aujourd’hui. Il est un peu à côté de la plaque malgré tout, quand il dit que le roi Salman et son fils voient la guerre contre le Yémen «comme un moyen d’assurer leur pouvoir et de se débarrasser des factions rivales dans la famille royale». C’est peut-être une motivation secondaire, mais la vraie raison est plutôt celle que suggère Hillary Mann Leverett:

Ce à quoi nous assistons est la conséquence de la désorientation et de la terreur qui frappent l’Arabie saoudite devant l’évolution d’une région qui pourrait devenir plus représentative en termes de gouvernance, plus indépendante en termes de politique étrangère. Les Saoudiens tentent d’empêcher le Yémen de prendre son indépendance en matière de politique étrangère et ils ont, à nouveau, décidé de s’engager dans une guerre sans fin aux côtés des États-Unis

Cette description correspond au fait que les Saoudiens ont commencé les bombardements au moment précis où un accord de partage du pouvoir négocié sous l’égide de l’ONU était sur le point d’être signé au Yémen. Comme l’Independent le dit:

«Le commencement de la guerre aérienne saoudienne, il y a cinq semaines, a mis un terme aux négociations qui étaient sur le point d’être conclues pour établir un gouvernement partagé dans la capitale Sanaa, selon l’émissaire de l’ONU Jamal Benomar. Il a dit au Wall Street Journal dans une interview : ‹Lorsque cette campagne a commencé, il se produisait une chose importante qui a été passée sous silence, à savoir que les Yéménites étaient proches d’un accord qui aurait institué un partage du pouvoir comprenant tous les camps, y compris les Houthis.›»

Les États-Unis ont soutenu les bombardements depuis le tout début en fournissant aux Saoudiens le renseignement nécessaire. Cela a saboté la solution pacifique de la compétition pour le pouvoir politique au Yémen. Il n’est donc pas surprenant que l’émissaire de l’ONU ait démissionné en signe de protestation. Communiqué du 26 mars:

L’Arabie Saoudite a dit à l’administration Obama et à ses alliés du Golfe Persique, au début de la semaine, qu’elle préparait une opération militaire contre le Yémen voisin, et comptait énormément sur les images de surveillance des États-Unis et sur ses informations de ciblage pour la réaliser, selon de hauts fonctionnaires des Etats-Unis et du Golfe persique.

Depuis cette date, le soutien du renseignement des États-Unis pour les Saoudiens a augmenté. Communiqué du 10 avril:

Les États-Unis accroissent leurs échanges de renseignements avec l’Arabie saoudite pour lui fournir davantage d’informations sur des cibles potentielles dans la campagne aérienne que le royaume mène contre les milices Houthis au Yémen, ont dit à Reuters des officiels américains.

[…]

Selon ces officiels américains, cette assistance élargie comprend des données de renseignement sensibles qui permettront aux Saoudiens de mieux évaluer les cibles du royaume dans des combats qui ont tué des centaines de personnes et engendré des milliers de réfugiés depuis mars.

Que vont penser les Yéménites dont les parents ont été tués dans les frappes d’hier contre l’hôpital de ce soutien étasunien?

Le communiqué de l’Independent cité plus haut comprend également cette phrase qui est, je crois, une première dans les médias mainstream:

[Le roi Salman] n’a pas seulement commencé une guerre aérienne au Yémen, mais il a accru son soutien à Jabhat al-Nusra, la filiale d’al-Qaida, et à d’autres groupes djihadistes en Syrie. Ceux-ci ont récemment remporté plusieurs victoires dans la province d’Idlib sur l’armée syrienne et les forces loyales au président Bachar al-Assad.

Les Saoudiens soutiennent également Al-Qaïda au Yémen et en poussent même d’autres à les rejoindre :

Haykal Bafana @ BaFana3

Il faut que les journalistes se réveillent et parlent des pressions de l’Arabie saoudite sur les tribus et les leaders de l’Hadramaout* pour qu’ils acceptent la loi d’AQ.

Les Saoudiens multiplient leur soutien à Al-Qaïda et le renseignement américain sélectionne des cibles civiles pour les bombardements.

Quelqu’un peut-il croire que tout cela finira bien?

Note :

* L’Hadramaout est la région orientale désertique du Yémen, au sud de la péninsule Arabique, ouverte sur le golfe d’Aden, frontalière du Rub al-Khali, et de la région du Dhofar. Cette région est administrativement le gouvernorat d’Hadramaout

Traduction : Dominique Muselet

 

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