Est-ce que Amnesty International a perdu la tête ? [1/6]


Une analyse médico-légale des rapports d’Amnesty International sur l’opération israélienne Protective Edge à Gaza en 2014


Par Norman G. Finkelstein – Le 9 juillet 2015–- Source byline.com

Amnesty International est parmi les premiers organismes de droits humains dans le monde. Ses déclarations façonnent l’opinion publique, alors que les États se sentent obligés, sinon à les écouter, en tout cas à répondre. Un mouvement pour la justice qui aspire à atteindre un large public et infléchir la politique de l’État ne peut se permettre d’ignorer l’association Amnesty International si, et quand, elle se fourvoie. L’affirmation de cette monographie est qu’Amnesty a en effet perdu le nord, et l’intention de cette monographie est de documenter cette proposition, dans l’espoir que Amnesty effectuera d’elle-même, ou que ses adhérents de base vont l’obliger, à effectuer une correction à mi-chemin.

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Le déclin de l’Amérique : subversion interne, structurelle et culturelle

Par Norman Pollack – Le 29 juillet 2015 – Source CounterPunch

Soixante ans d’identification des ennemis ont fait sentir leurs effets. Depuis la Seconde Guerre mondiale jusqu’à aujourd’hui, l’Amérique est atteinte de la psychopathologie de l’anticommunisme qui veut que les ennemis assiègent partout la Forteresse de la Démocratie, alors qu’en réalité l’Ennemi est intérieur, rongeant, érodant les fondations démocratiques, qui sont elles-mêmes la base problématique d’une liberté authentique parce qu’alignée historiquement dès l’origine sur le capitalisme. La période du New Deal a quand même donné naissance à de grands espoirs que le capitalisme pourrait être démocratisé, l’avenir n’était pas encore fermé à la représentation populaire d’une citoyenneté active ouverte aux idées de la régulation des affaires, il existait un filet de sécurité sociale prospère conçu comme un droit humain attaché à l’individu en tant que tel, et une politique étrangère dédiée à la paix, non millénariste ou arrogante dans sa portée et son orientation, rejetant l’exceptionnalisme comme l’idéologie d’une ambition et d’une conquête illimitée. Une Amérique différente à tous égards de celle que nous connaissons aujourd’hui, un véritable enfer que nous avons créé, dont nous avons ensuite projeté l’image sur les autres, et d’abord les Chinois et les Russes, mais en fait sur tout mouvement social recherchant l’autonomie et la justice sociale pour leur pays hors de l’influence et de la portée de la domination américaine.

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Dmitry Orlov : c’est vraiment trivial


Dmitry OrlovPar Dmitry Orlov – Le 26 juillet 2015 – Source cluborlov 

[Note: Je publie cet article deux jours plus tôt parce Zerohedge a réussi à mettre la main dessus et l’a publié avant moi. Inutile de dire que je n’aime pas ça du tout.]

[Merci à Dmitry Leikin, dont le bref post à d3.ru m’a servi de source et d’inspiration ici.]

Il y a des moments où le grand cri de Le roi est nu ! ne peut être plus pertinent. Et donc, permettez-moi de souligner quelque chose de très simple, mais très important.

L’ordre du vieux monde, auquel nous nous sommes habitués au cours des années 1990-2000, ses crises et ses problèmes, décrits dans de nombreuses publications faisant autorité des deux côtés de l’Atlantique, n’est plus. Il n’est pas malade, il n’est pas en vacances, il est mort. Il a fait son temps, il est retourné à son créateur, a cassé sa pipe et rejoint la foule invisible des civilisations mortes.

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Seigneurs et vassaux : le point sur la position US



Par J. Hawk – Le 17 juillet 2015 – Source Fort Russ

Système féodal

J’ai tendance à être plutôt optimiste, plus même que les autres commentateurs, sur la stratégie actuelle du Kremlin – voyez notamment cette comparaison entre la stratégie de Poutine et celle Fabius Cunctator face à Hannibal – parce que cette stratégie vise les faiblesses du monde américano-centré.    

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Le drapeau cubain flotte sur Washington


Isolé dans sa propre arrière-cour, Washington n’avait pas d’autre choix que de changer de politique envers Cuba


David Brooks

Par David Brooks – Le 21 juillet 2015 – Source legrandsoir

Puisque les politiques de terreurs et d’asphyxie économique ont échoué, depuis 2014 Obama a essayé d’employer d’autres moyens pour «instaurer la démocratie», affirme le linguiste.

Le changement dans la politique extérieure des États-Unis envers Cuba est dû au fait que, avec les changements notables survenus en Amérique latine ces dernières années, Washington s’est retrouvé de plus en plus isolé dans sa propre arrière-cour et s’est vu obligé de changer de position par rapport à l’île, a affirmé Noam Chomsky.

Durant un entretien accordé à La Jornada dans le cadre de l’inauguration des nouvelles ambassades de Cuba à Washington et états-unienne à La Havane ce lundi, nous avons demandé l’opinion de Noam Chomsky au sujet de la décision des États-Unis de rétablir des relations diplomatiques après plus d’un demi-siècle.

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La solidarité humaine, ça existe. Mais faut aller loin pour la trouver


Étrange humanité, qu’une rivière borne. Socialisme argentin en deçà du Rio Paraguay, fascisme au delà


Par Andre Vltchek – Le 19 juillet 2015 – Source ICH

Le Rio Paraguay, l’un des plus grands fleuves d’Amérique du Sud, forme une frontière naturelle entre l’Argentine et le Paraguay, deux pays à la culture similaire, mais dont les systèmes politiques sont radicalement différents.

L’Argentine est socialiste, elle possède une couverture médicale universelle gratuite et une éducation pratiquement gratuite. Elle est dirigée par un gouvernement progressiste. Elle a refusé de se plier aux demandes de ses créditeurs, la Banque mondiale et le FMI. Elle a fait défaut sur sa dette, qui avait été accumulée sous l’égide de gouvernements de droite et pro-occidentaux (la Grèce devrait étudier et suivre son exemple). Elle est de plus en plus proche d’autres pays socialistes d’Amérique latine, ainsi que de nations non occidentales, comme la Chine ou la Russie.

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Ils ont rarement la parole, ils sont grecs, communistes, et ont une opinion


Il n’y a pas de place pour d’autres illusions ! Que ce soit avec le nouvel accord barbare, ou avec l’imposition d’un Grexit, l’avenir pour le peuple sera sombre



Proposé par Alexandre Moumbaris – le 16 juillet 2015

Déclaration du Parti communiste grec (m-l)

Une nouvelle ronde d’illusions semble se préparer sur un fond d’irruption de contradictions au sein de SYRIZA, même au moment où le peuple est menacé d’un nouveau paquet de mesures barbares, d’un nouveau mémorandum. Et une fois de plus, la source de ces illusions vient des cercles de SYRIZA, et plus précisément de la Plate-forme de gauche. Coincée elle aussi dans les impasses de la politique erratique de SYRIZA et de sa rhétorique prétendument populaire, qu’elle a promue et soutenue avec consistance et zèle pendant des années, conjointement responsable du désarmement idéologique et politique du peuple et de son mouvement, après avoir servi aux premières tables du dernier mandat du gouvernement de SYRIZA, elle cherche maintenant dare-dare à se trouver une sortie de secours.

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Stratégie en temps réel : duel avec un ennemi en mouvement


«Qui connaît l’autre et se connaît lui-même peut livrer cent batailles sans jamais être en péril. Qui ne connaît pas l’autre mais se connaît lui-même, pour chaque victoire, connaîtra une défaite. Qui ne connaît ni l’autre ni lui-même, perdra inéluctablement toutes les batailles.» Sun Tzu : L’Art de la guerre


Par Philip Bobbitt – Le 1er Juillet 2015 – Source stratfor

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Préambule

Comprendre l'ennemi et le connaître. Les gars de Stratfor ne sont pas des brutes épaisses bas de plafond. Ils ont une vision et il vaut mieux la connaître pour pouvoir l'anticiper. Ce think tank s'est rendu récemment célèbre pour avoir, par l'intermédiaire de son directeur Georges Friedman, décrypté les buts de guerre américains en Europe

Ce think tank agit dans la mouvance du Chicago Council ou Council on Foreign Relations d'où sortent de nombreux dirigeants américains depuis cent ans comme Ford ou  Brzeziński. C'est une mouvance  plus ancienne et plus manipulatrice que les néo-conservateurs va-t-guerre de l'ère Bush-fils. A prendre bien sûr avec le recul nécessaire.

Le Saker Francophone

La stratégie, c’est comme une rue à double sens. Mais de nombreux commentateurs agissent comme si la formulation d’une stratégie est de même nature que la résolution d’un problème d’échecs. Les problèmes d’échecs sont des arrangements construits artificiellement sur un échiquier où le but est de trouver une série de mouvements qui ne laisse à l’autre côté aucune place pour échapper à un échec et mat en trois ou quatre coups. Les sortes de conflits qui nous assaillent ces jours-ci, cependant, sont plus que le jeu d’échecs lui-même, mais un jeu dans lequel il n’y a pas de séries continues et prédéterminées de mouvements qui garantiront la victoire à chaque fois. Chaque nouvelle situation dépend des actions du camp adverse, comment nous réagissons à eux, comment ils répondent à nos réactions, et ainsi de suite.

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Washington s’apprête à sacrifier l’Europe [3/3]


L’Europe ne veut pas aller à l’abattoir pour servir les intérêts de Washington… Peut-elle s’y opposer ?


«...Oui, jusqu’à maintenant, la guerre économique que les États-Unis livrent à la Russie par Européens interposés n’a pas tourné à la grande confrontation militaire sur les territoires russe et européen : voilà la plus grande réussite de Merkel.»

Par Dmitry Kalinichenko – Le 9 juillet 2015 – Source Fort Russ

Ces derniers temps, l’Europe, qui est la première à souffrir de la guerre économique menée contre la Russie par les États-Unis, a commencé à comprendre. Les peuples et les entreprises de l’Union européenne, qui paient pour les sanctions, sont de moins en moins d’accord de servir de pion sacrifiable à Washington.

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Washington s’apprête à sacrifier l’Europe… [2/3]


Par Dmitry Kalinichenko – Le 8 juillet 2015 – Source Fort Russ

Le dollar américain est à l’agonie, et les États-Unis connaissent une dépression semblable à celle des années 1930. La seule façon pour les États-Unis de maintenir leur domination militaire et financière incontestée est de pousser cette domination à fond, tout de suite. Pour cela, Washington doit mettre à genoux les trois centres qui résistent encore à son pouvoir : la Chine, l’Europe et la Russie. L’affaiblissement de la Chine ou de l’Europe, uniquement, ne sera pas suffisant pour Washington. Les blocs Europe-Russie ou Chine-Russie subsisteraient en effet.

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