Le déplacement des plaques tectoniques géopolitiques éloigne les États-Unis du centre de l’action

Wayne Madsen
Wayne Madsen

Par Wayne Madsen – Le 16 mars 2015 – Source strategic-culture

L’échec de l’administration Obama à purger ses rangs des néoconservateurs nostalgiques intégrés dans l’administration précédente, celle de Bush, a conduit à des changements géopolitiques éloignant les grandes nations et les alliances régionales des États-Unis.

La présence et les politiques adoptées par des néoconservateurs comme la secrétaire d’État adjointe aux affaires européennes et asiatiques, Victoria Nuland, et son homologue pour l’hémisphère occidental, Roberta Jacobson, ont beaucoup éloigné des États-Unis l’Amérique latine, des nations européennes comme l’Allemagne et la France, provoquant un réalignement international majeur dans le monde entier.

Tom Cotton, le sénateur US à l’initiative de la lettre des 47 néocons opposés à l’accord avec l’Iran

Et ce n’est pas seulement au sein de l’administration Obama que les néoconservateurs ont causé des dommages à l’image des États-Unis. Il est inhabituel que les dirigeants iraniens et allemands s’accordent pour critiquer la politique étrangère états-unienne. Pourtant, c’est exactement ce qui s’est passé lorsque, peu après que l’ayatollah iranien Ali Khamenei a accusé les États-Unis de sabotage après avoir transmis à l’Iran une lettre signée par 47 sénateurs républicains néocons. La lettre garantissait l’abrogation immédiate par les États-Unis de tout accord P5+1 sur le programme nucléaire iranien dès la fin du mandat d’Obama. Le ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier a rejoint Khamenei en reprochant aux sénateurs états-uniens d’avoir envoyé cette lettre. Les remarques de Steinmeier ont été reprises à Paris par des responsables importants du gouvernement français.

L’irritation de Berlin et de Paris à l’égard de Washington ne se limite pas seulement à l’initiative envers l’Iran. Les Allemands et les Français, tout comme les Italiens, sont de plus en plus alarmés par l’attitude américaine envers la Russie à propos de l’Ukraine et d’autres questions. Peut-être que la vieille Europe (les premiers membres de l’Otan en Europe de l’Ouest) désignée ainsi par l’ancien secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld est en train de décider que son avenir ne se trouve pas dans un partenariat transatlantique hautain exclusivement à sens unique, avec Washington qui dicte les conditions des alliances, mais dans des ententes multilatérales de nature eurasienne [respectueuse des souverainetés, NdT].

Bien que l’administration Obama accorde beaucoup d’importance à son pivot vers l’Asie, c’est l’Asie qui pivote vers l’Europe et, par conséquent, neutralise Washington dans une de ses sphères d’influence historiques. L’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), considérée comme une rivale de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (Otan), a officiellement entériné l’initiative économique de la Route de la soie, qui promeut le développement de nouvelles routes commerciales, par terre, par rail et par mer, de l’Asie vers l’Europe.

La Russie a reçu la garantie de la Chine que Beijing soutiendrait la pleine adhésion de l’Inde dans l’OCS. Pour équilibrer l’entrée de Dehli, il y a aussi un soutien pour étendre la pleine adhésion dans l’OCS au Pakistan, allié de longue date de la Chine. Si l’adhésion à l’OCS de l’Inde et du Pakistan peut servir à quelque chose, c’est de facteur modérateur dans leurs relations mutuelles, d’autant que le leadership de l’Otan a souvent pesé sur les tensions entre ses membres, la Grèce et la Turquie. Une OCS élargie, avec la Russie, la Chine, le Kazakhstan, le Kirghizstan, l’Ouzbékistan, le Tadjikistan, l’Inde et le Pakistan, peut faire beaucoup pour stopper la poussée de l’Otan vers l’Est, ainsi que de futurs plans de changement de régimes par des révolutions de couleur à l’est de l’Oural.

La promesse du Premier ministre indien de rejoindre l’OCS est renforcée par son désir de mettre sur pied une Association régionale pour l’océan Indien [Indian Ocean Regional Association (IORA)] qui inclurait l’Inde, l’île Maurice, les Maldives, le Sri Lanka, les Seychelles et d’autres pays de cette région maritime. Modi a émis ce désir lors d’une récente visite à l’île Maurice. La création d’une mini-OCS dans l’océan Indien sous l’acronyme SAGAR – Security and Growth for All in the Region [Sécurité et croissance pour tous dans la région, NdT] sera un défi direct à Washington et à l’Otan, qui voient l’océan Indien comme un terrain de jeu pour leurs activités militaires, celles-ci principalement ancrées sur la base militaire états-unienne de Diego Garcia et des bases plus petites à Oman et Djibouti, ainsi qu’une future base aérienne sur les îles australiennes Cocos (anciennement îles Keeling).

L’Asie constitue aussi un défi pour les États-Unis sur le front financier international. La décision du Royaume-Uni d’être le premier pays du G7 à rejoindre la Banque asiatique d’investissement dans les infrastructures (AIIB) d’initiative chinoise, une concurrente de la Banque asiatique de développement dirigée par les États-Unis et le Japon sous l’égide de la Banque mondiale basée à Washington, a eu pour résultat un échange hostile entre Londres et Washington. Il était reproché que la décision britannique menaçait la relation spéciale anglo-américaine. L’Allemagne [et la France, NdT] pourraient suivre la Grande-Bretagne et rejoindre l’AIIB.

La Chine n’a pas caché le fait que l’AIIB, qui compte actuellement 21 membres, allait travailler aux côtés de la Banque de développement des BRICS, un effort conjoint entre le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud pour créer une alternative à la Banque mondiale et au Fond monétaire international (FMI) de Washington, sous la coupe des États-Unis.

Le différend entre l’Occident et la Russie à propos de l’Ukraine a débouché sur les sanctions des faucons de Washington dont la finalité est d’expulser la Russie du réseau international de transactions financières électroniques SWIFT [Society for Worldwide Interbank Financial Telecommunications]. Couper les liens entre ROSSWIFT, le sous-réseau SWIFT russe, et SWIFT aurait des conséquences graves pour les économies européennes, qui dépendent du commerce avec la Russie. Par conséquent, cela n’a pas été une surprise quand SWIFT a annoncé qu’un Russe pourrait siéger dans son conseil d’administration. La décision était un autre signe du malaise croissant des Européens à propos des sanctions du trio à Washington, composé du directeur du Service de contrôle des actifs étrangers du Trésor (OFAC), Adam Szubin; par Jennifer Shasky Clavery, directrice du Réseau de lutte contre la criminalité financière [Financial Crimes Enforcement Network (FinCEN)]; et, jusqu’à sa nomination comme directeur de l’Agence centrale de renseignements [Central Intelligence Agency (CIA)], David S. Cohen, le secrétaire adjoint du Trésor chargé du terrorisme et du renseignement financier [Secretary for Terrorism and Financial Intelligence].

Ce trio, avec les néoconservateurs dans la hiérarchie du département d’État, a aussi irrité l’Amérique latine avec ses tactiques agressives de guerre économique contre le Venezuela. Le 12 mars 2015, l’administration Obama a imposé le même type de sanctions au Venezuela, qui comprennent l’interdiction d’entrée aux État-Unis d’officiels vénézuéliens et le gel de leurs actifs, comme celles qu’il avait imposées aux responsables de la République russe autonome de Crimée, des Républiques ukrainiennes orientales de Lugansk et de Donetsk, et de la Russie elle-même.

Obama a aussi déclaré que le Venezuela était  une menace extraordinaire pour la sécurité nationale des États-Unis. Toutes les organisations d’Amérique latine, de la Communauté d’États latino-américains et caraïbes (CELAC) et de l’Union des nations sud-américaines (UNASUR), jusqu’à l’Alliance bolivarienne pour les Amériques (ALBA) ainsi que le secrétaire général de l’Organisation des États américains José Miguel Insulza ont immédiatement condamné les actes de Washington. Non seulement Washington est resté sourd à leurs protestations, mais il a aggravé la situation en révoquant le visa états-unien du Premier ministre de Saint-Christophe-et-Niévès, Denzil Douglas, comme avertissement de ce qui pourrait arriver à tout dirigeant caribéen qui, comme Douglas, pousserait leur nation à adhérer au bloc de l’ALBA, une création de l’ancien président du Venezuela Hugo Chavez.

Le souci de Washington à l’égard des petites nations n’a pas cessé avec Saint-Christophe-et-Niévès. Les sanctions des faucons à Washington choisissent aussi de prendre des mesures contre la Banque privée d’Andorre [Banca Privada d’Andorra (BPA)], une banque privée dans la petite principauté d’Andorre, nichée dans les Pyrénées. La banque a été accusée de blanchir de l’argent pour la société Petróleos de Venezuela (Pdvsa), la compagnie pétrolière propriété de l’État du Venezuela.

Les nations autour du globe deviennent aussi plus méfiantes à l’égard des efforts de l’administration Obama pour favoriser et soutenir les prétendues révolutions à thème ou colorées partout dans le monde. L’échec des opérations de George Soros/Victoria Nuland pour faire quitter le pouvoir au Premier ministre Nikola Gruevski à Skopje par un coup d’État anti-constitutionnel dirigé par l’Union européenne et le remplacer par un militant pro-US, Zoran Zaev, membre du parti social-démocrate financé par Soros, a été un échec cuisant pour les ingénieurs de la démocratie du Département d’État, de la CIA et de l’Institut pour une société ouverte [Open Society Institute (OSI)] de Soros, ce dernier étant une CIA virtuelle privatisée.

La persistance au pouvoir du président Nicolas Maduro au Venezuela a provoqué la colère d’un officiel du Secrétariat d’État, Jacobson, un diplomate indélicat pétri dans le moule de la vulgaire Nuland. Le ministre vénézuélien des Affaires étrangères Delcy Rodriguez a récemment dit que Jacobson était irritable et mal élevé, comme en témoigne sa manière de marcher et de mâchouiller. Rodriguez a dit qu’on doit avoir des bonnes manières lorsqu’on discute avec des peuples et des pays. Le manque de correction de Jacobson va bien avec Nuland, dont on se souvient qu’elle a dit à l’ambassadeur états-unien à Kiev «Fuck the EU» et qu’elle a traité la réticence allemande à renforcer les sanctions contre la Russie comme «les conneries de Moscou». L’administration Obama a vu les relations des États-Unis avec l’Amérique latine et l’Europe plonger largement comme un résultat des manières de harengères grossières des deux diplomates féminines importantes qui ont été placées à ces hauts postes par Hillary Clinton quand elle était Secrétaire d’État.

Pendant ce temps, les changements géopolitiques des nations et des alliances continuent à bénéficier à ceux qui décident de limiter le trafic d’influence de Washington. Ce message devient clair pour les nations qui voient une amélioration de leur sort à coopérer à des projets non états-uniens, depuis l’oléoduc Balkans Stream et l’initiative de la Route de la Soie jusqu’à l’ALBA et à la IORA [Indian Ocean Rim Association]. La marque Amérique a perdu de sa superbe sur la scène mondiale.

Wayne Madsen

Traduit par Diane, relu par jj pour le Saker Francophone

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Poutine: «Il faut construire le pont Caucase–Crimée le plus vite possible»

 G. Veremeenko – Le 16 mars 2015 – Source Fort Russ

Vladimir Poutine insiste sur la nécessité de construire le pont de Kertch dans les plus brefs délais et de favoriser le développement du secteur de l’énergie en Crimée

«Nous devons construire un pont pour relier la Crimée avec le Caucase, avec le territoire de la Fédération de Russie. Cela peut et doit être fait dans les plus brefs délais

Le président a souligné la nécessité de favoriser le développement du secteur de l’énergie en Crimée.

«Nous devons redonner toute sa gloire au potentiel créatif de la Crimée pour encourager les citoyens russes à tirer le meilleur parti des caractéristiques naturelles et climatiques uniques de la péninsule et, ce qui à mon avis est tout aussi important, nous devons recommencer à considérer la composante humaine de la Crimée comme une partie inaliénable de notre culture et de notre patrimoine culturel», a ajouté le président.

Commentaire de J. Hawk (traducteur du russe à l’anglais)

Le pont Kertch–Crimée sera une entreprise d’ingénierie majeure, et on peut déduire les choses suivantes de l’accent porté sur l’urgence de sa construction:

1. La Russie n’envisage pas de s’emparer d’un pont terrestre reliant la Russie continentale à la Crimée via Marioupol et le littoral de la mer d’Azov.

2. La Russie s’attend néanmoins, et se prépare sans doute, à affronter un scénario pire encore qu’aujourd’hui, comme une Ukraine banderiste à la haine inaltérable ou un État ukrainien en faillite qui ne voudrait pas ou ne pourrait pas fournir la Crimée en l’électricité et autres choses nécessaires. L’accent est clairement mis sur la nécessité de rendre la Crimée indépendante de l’Ukraine aussi vite que possible. Moscou ne semble pas considérer Kiev comme un sérieux partenaire pour la paix dans l’avenir immédiat.

Il n’est pas clair à quel genre de ressources énergétiques Poutine faisait allusion. Parlait-il simplement de la capacité de la Crimée à suffire à ses propres besoins électriques (ce qui ne sera pas vraiment nécessaire, une fois que le pont sera construit), ou faisait-il référence à l’exploitation des gisements de gaz naturel considérables qui se trouvent au fond de la mer Noire dans les eaux territoriales de Crimée?

Traduit de l’anglais par Dominique Muselet, relu par jj pour la Saker Francophone

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Qui profite de la richesse aux États-Unis ?

Par Paul Buchheit – Le 16 mars 2015 – Source ICH

Il y quelque chose de profondément pervers dans une société qui tout en créant trente mille milliards de dollars de nouvelles richesses, nourrit dans le même temps six millions d’enfants supplémentaires avec des coupons alimentaires.

Les médias de masse ne publient que rarement de tels faits. Les super-riches continuent à augmenter leur richesse, aussi tranquillement que possible, et nos membres dirigeants du Congrès ne s’intéressent pas beaucoup aux chiffres, sauf quand il s’agit de coupes budgétaires pour les plus démunis, de subventions aux multinationales ou de fonds pour les contributions à leurs campagnes électorales.

Mais les chiffres ont le pouvoir de révéler la chute dramatique de la classe moyenne durant les trente-cinq dernières années.

1. 138 000 enfants étaient sans abri alors que 115 000 foyers gagnaient chacun $10 millions de plus par an.

Les données récentes ont montré que les 1% les plus riches (115 000 foyers) ont chacun vu leur richesse augmenter chaque année de la somme astronomique de $10 millions par an. Alors qu’ils faisaient le compte de l’argent qu’il possèdent, par une nuit glaciale de janvier, 138 000 enfants, selon le Département du Logement US, n’avaient pas de foyer.

2. Le foyer US moyen paie $400 pour nourrir et habiller les salariés de Walmart, Mc Donald et d’autres travailleurs à bas revenus

L’Institut de Politique Économique rapporte que $45 milliards sont versés annuellement en aide sociale fédérale ou au niveau des États, à des travailleurs gagnant moins de $10,10 de l’heure. Ainsi, le foyer US moyen paye près de $400 à des employés à faible revenus, travaillant dans des industries comme la restauration, le commerce et le soin aux personnes.

L’augmentation de 1 dollar par heure faite par Walmart à grand renfort de publicité, coûtera à la société près de $1 milliard annuellement. Ses profits pour l’an dernier ont avoisiné 25 milliards.

Mais cette sordide histoire est encore pire que cela, car selon ce qu’affirme un rapport de PBS, Walmart a dépensé 6,5 milliards par an en rachat d’actions pour enrichir ses actionnaires, soit approximativement la même somme que celle demandée aux contribuables pour payer les coupons alimentaires, les soins de base (Medicaid), le logement et d’autres programmes d’aide sociale destinés aux employés sous-payés de la société.

3. Alors que $30 trillions de nouvelles richesses ont été créés, le nombre des enfants vivant sur des ticket de rationnement alimentaire s’est accru de 70%.

Avant la récession de 2008, 12 enfants états-uniens sur 100 bénéficiaient de coupons alimentaires. Après la récession, 20 enfants étasuniens sur 100 y ont droit.

Cela fait un accroissement de près de 70 %, de 9,5 millions d’enfants en 2007 à 16 millions en 2014, alors que dans le même temps, la richesse aux États-unis, s’accroissait de $30 trillions. Même avec cet accroissement incroyable de richesse, notre nation n’a pas été capable de garantir la sécurité alimentaire à des millions de ses citoyens les plus vulnérables.

4. En dépit du déclin de la sécurité alimentaire, le programme de coupons alimentaires à été amputé de 8,6 milliards et l’argent à été donné à l’agriculture industrielle.

Alors que de plus en plus d’enfants ont faim, les plus grandes firmes agro-industrielles ont continué à recevoir de l’argent des contribuables pour accroître leurs profits se chiffrant déjà en milliards. La loi sur l’agriculture de 2014 ampute de $8,6 milliards (sur les dix années à venir) le programme de coupons alimentaires, dont la moitié des bénéficiaires sont des enfants. Dans le même temps, $14 milliards sont versés annuellement à 10% des propriétaires des plus grandes fermes.

Désespérés, brisés

Les médias de masse soulignent le rebond de l’économie, la Bourse en folie et la chute du chômage. Mais la Bourse n’a enrichi que 10% des États-uniens, leur donnant des millions de dollars depuis le début de la récession, alors que les nouveaux emplois disponibles sont bien en dessous du niveau de qualification des adultes diplômés et n’offrent bien souvent pas de couverture médicale ni de droit à la retraite. Trop d’États-uniens, autrefois prospères, sont abattus, brisés et attendent vainement que nos dirigeants élus arrêtent de redistribuer notre richesse nationale de cette façon.

Paul Buchheit

Paul Buchheit enseigne les inégalités économiques à la DePaul University. Il est le fondateur et le développeur des sites internet :UsAgainstGreed.org, PayUpNow.org and RappingHistory.org, ainsi que l’écrivain et l’éditeur du livre American Wars: Illusions and Realities (NdT : Les guerres étasuniennes : Illusions et réalités). Il peut être contacté à l’adresse : paul@UsAgainstGreed.org.

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L’histoire de la Russie met en évidence les mensonges des médias

Par Eric Walberg – Le 17 mars 2015 – Source ericwalberg

La Russie m’a toujours fasciné – les valeureux héros qui ont défendu la Moscovie contre la Horde d’Or, la fastueuse et mystérieuse foi orthodoxe, les vastes espaces, la philosophie et la culture remarquables, la révolution bolchevique contre l’impérialisme… Il est clair que l’Occident a toujours été jaloux de ce génie exceptionnel.

Le dangereux affrontement actuel est un nouveau combat épique digne du glorieux passé de la Russie, mais qui a malheureusement lieu dans un monde cauchemardesque de drones et de bombes nucléaires. Beaucoup plus tragique que ce que décrivent les contes qui relatent la façon dont Boris Godounov a chassé les Polonais de Moscou, conduisant finalement à l’essor de la ville.

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Alerte:
Les Loups sont encore dans Paris.

Le Saker Francophone – Le 17 mars 2015

Ceci

2015-03-17_14h04_06Les ventes de Libération

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explique-t-il cela?

L’INFÂME LISTE NOIRE 

La semaine dernière, une personne faisant profession de journaliste et émargeant au quotidien Libération, a cru bon de diffuser une liste noire de sites internet et d’individus indépendants qui n’ont pas l’heur de lui plaire.

Le motif: ce sont des sites prétendument pro-russes ou plus exactement des sites qui révèlent une face des événements qui se déroulent en Ukraine que cette personne souhaiterait ne pas voir, et surtout ne pas voir divulguer.

Le Saker Francophone a l’honneur d’apparaître sur cette liste.

Je répondrai simplement cela: si les journalistes travaillant (?) pour cet organe de presse glorieux que fut Libération, in illo tempore, fondé par Jean-Paul Sartre (rien que ça!)  est devenu aujourd’hui, malgré les subventions copieuses des contribuables, dix millions d’euros en 2013, un opuscule quasi confidentiel, ils ne doivent s’en prendre qu’à eux-mêmes.

S’ils avaient fait leur métier correctement nous n’aurions aucune raison d’être.

Je comprends leur angoisse à voir venir le jour où leurs maîtres devront se passer de leurs services, les obligeant à vivre, comme tout un chacun, la dure réalité matérielle du moment. Les mauvaises habitudes ça se prend vite.

Je comprends que dans la guerre psychologique qui fait rage, la communication soit une arme capitale. Et cette guerre, comme toutes les guerres, engendre son lot de mercenaires d’opérette et de trafiquants de vérité, prêts à se vendre au plus offrant.

Je ne vous reproche rien, tout ceci est malheureusement dans l’ordre des choses, les temps sont durs, surtout lorsque l’on a été choyé trop longtemps.

En revanche, ce que je n’arrive pas à vous pardonner, c’est le procédé; là, vous avez fait fort, très fort.

La dénonciation, comme au meilleur temps de l’occupation nazie en France, vraiment Sartre nous manque.

La dénonciation, comme au temps du sénateur Joseph McCarthy aux États-Unis dans les années 1950, là c’est Charlot qui nous manque.

La dénonciation, comme à l’époque des purges staliniennes, paix à tes cendres Solzhenitsyn, tu nous manques aussi.

Et, cerise sur le gâteau, la dénonciation doit être portée à la maréchaussée.

Le sens de l’honneur a plus souvent inspiré les voyous que les bourgeois. Jamais un voyou, un vrai, n’aurait fait ça, se plaindre dans les jupons des pandores, rigole d’où tu es Brassens. Finalement vos vilenies ne font même pas de vous des voyous. Vous resterez les bourgeois que vous êtes, petits, très petits, encombrés d’une névrose sexuelle, typiquement Libé, que vous peinez à dissimuler: «Je procède de la même façon que pour dénoncer les pages de pédophilie…»

Vous ne me faites pas rire, charmante Elvire, pas du tout.

Et pour finir une adresse à nos lecteurs et à tous les lecteurs des sites stigmatisés.

Si vous ne voulez pas voir bientôt cet écran s’afficher en vous connectant chez nous.

Connectez-vous, faites connecter vos amis et connaissances aux sites qui pensent que la vérité n’est pas un monopole des puissants.

Nous sommes tous des bénévoles, votre action sera pure et libre de tout lien à caractère mercantile, financiers ou publicitaire.

Pour parfaire vos connaissances

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Source http://www.ojd.com/Support/liberation
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La diffusion payée en France de Libération. Sources : OJD. Wikipédia
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Source http://www.ojd.com/Support/liberation

Le Saker Francophone

Rappel: La liste infâme

 

 

 

 

 

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Jeux de pouvoir autour d’un changement de régime en Russie

Pepe Escobar
Pepe Escobar

Par Pepe Escobar – Le 16 mars 2015 – – Source : Sputnik News

Le changement de régime en Russie dont rêve l’Empire du Chaos a toujours été lié au contrôle de larges pans de l’Eurasie.

Avec des amis comme Donald Tusk, le président du Conseil européen, et le général Philip Breedlove, le commandant suprême de l’Otan, l’Union européenne (UE) n’a certes pas besoin d’ennemis.

Le général Breedlove, dont le nom se traduit littéralement en français par Folamour [ça ne s’invente pas – NdT], s’est particulièrement distingué dans son imitation du docteur du même nom avec ses mises en garde quotidiennes d’une invasion de l’Ukraine par les méchants Russes. L’establishment politique allemand ne trouve pas cela drôle.

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Les statues antiques détruites par Isis à Mossoul étaient des copies

Le 15 mars 2015 – Source archaeologicalnews

Les statues antiques brisées par les militants de l’État islamique (ISIS) étaient des répliques en plâtre, et les originaux sont stockés en toute sécurité dans un musée de Bagdad, a déclaré le directeur de l’institution.

Une vidéo diffusée en février par l’organisation extrémiste sunnite montrait des militants en train de casser des statues assyriennes et akkadiennes vieilles de mille ans, à Mossoul, ce qui a suscité la condamnation de la communauté internationale.

Mais le chef du département des antiquités de l’Autorité du patrimoine culturel irakien, Fawzye al-Mahdi, a dit à une chaîne d’information allemande Deutsche Welle que «aucun des artefacts n’étaient des originaux».

«C’était des copies. Les originaux sont tous ici», a dit le directeur de Musée de Bagdad aux journalistes.

Ces affirmations corroborent celles des experts qui ont vu la vidéo, comme Mark Altaweel de l‘Institut d’archéologie du University College de Londres, qui a dit à Channel 4 news que la raison pour laquelle il avait été si facile à l’EI de détruire ces statues est qu’elles étaient en plâtre.

«On peut voir qu’elles ont des barres de fer à l’intérieur, leur a-t-il fait remarquer, les statues authentiques n’ont pas d’armature en fer

Mais on pense quand même que quelques statues étaient des originaux.

Atheel Nuafi, le gouverneur exilé de Mossoul, a dit aux médias irakiens que « «es militants avaient détruit deux statues qui étaient vraies : un taureau ailé et une statue du Dieu de Rozhan», selon Al Arabiya.

Le taureau ailé qu’ils détruisent à la masse dans la vidéo est probablement un de ceux qui gardait les portes de Ninive au VIIe siècle.

«Je pense que le taureau ailé avait une grande importance localement parce que c’était un des rares objets qui n’avait pas quitté le pays ou n’était pas parti à Bagdad», a expliqué Eleanor Robson, la présidente de l’Institut britannique pour l’étude de l’Irak.

Selon la doctrine salafiste pure et dure à laquelle l’EI adhère, l’adoration des idoles est interdite et l’EI a détruit plusieurs sites anciens ainsi que des autels chiites et des églises chrétiennes à Mossoul.

Traduit par Dominique Muselet, relu par jj pour le Saker Francophone

 

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La Crimée, un an après:
Deux discours de Vladimir Poutine

Par sayed7asan – Le 17 mars 2015 – Source sayed7asan

Il y a un an jour pour jour, le 18 mars 2014, Vladimir Poutine a prononcé deux discours historiques reproduits ci-dessous: le premier, au Kremlin, a acté officiellement le rattachement de la Crimée à la Fédération de Russie.

Le second (VOSTFR), prononcé lors d’un rassemblement à Moscou derrière le slogan « Nous sommes ensemble ! », constituait une célébration de ce retour de la Crimée au berceau russe.

Tous deux sont reproduits ci-dessous.

Allocution du Président Vladimir Poutine sur l’intégration de la Crimée à la Fédération de Russie

18 mars 2014 – Kremlin, Moscou

Vladimir Poutine s’est adressé aux députés de la Douma, aux membres du Conseil de la Fédération, aux délégués des régions russes et aux représentants de la société civile au Kremlin.

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Deux discours de Vladimir Poutine

La dernière bataille des oligarques ukrainiens a commencé

Par Oleg Tsarev – Le 16 mars 2015 – Source Fort Russ

Oleg Tsarev

Oleg Tsarev, ancien candidat à la présidence ukrainienne et président du Parlement novorusse, parle de la redistribution forcée des biens de l’Ukraine

 

 

On m’a raconté, une fois, l’histoire d’un requin que des pêcheurs avaient rejeté à la mer après lui avoir ouvert le ventre. Le requin a continué à nager autour du bateau. Les requins sont très vivaces. L’eau était claire, les pécheurs ont vu le requin avaler un poisson et ses propres entrailles que les pécheurs venaient de rejeter dans l’océan. La nourriture s’est échappée de son estomac ouvert, alors le requin l’a avalée encore une fois, puis encore et encore.

Ce qui se passe aujourd’hui dans ma patrie me fait penser à cette horrible histoire. Dans les coulisses de la tragédie qui se déroule en Ukraine, les oligarques et leurs sbires se livrent à une grande, et même à une épique dernière bataille pour les biens ukrainiens. Le pillage est total: ils pillent le pays, ils se pillent les uns les autres, ils pillent les entreprises, ils pillent les simples particuliers.

A l’époque soviétique, on avait l’habitude d’appeler requins du capitalisme ceux qu’on nomme aujourd’hui oligarques. Pragmatiques, cyniques et sanguinaires, les requins et nos oligarques ont le même réflexe de base: avaler. C’est automatique. On dit qu’un requin ou un crocodile peuvent mordre, même si leur cerveau est mort. C’est un réflexe…

Le pays est en ruines. Les gens fuient l’Ukraine pour chercher refuge dans le monde entier. Rien qu’en Russie il y a près d’un million de réfugiés. Le pays est en phase terminale. Des milliers de gens blessés, mutilés et tués. Peu à peu, le pays se rapproche de la faillite. Il est encore en vie, mais tout le monde sait que la catastrophe est imminente.

Pendant ce temps, sous les yeux de ceux qui n’ont pas encore repris leurs esprits, qui n’ont pas encore réalisé à quel point le pays avait changé au cours de l’année dernière, nos oligarques organisent, avec une impudence cynique, le dernier redécoupage de notre pays: Kolomoisky, Firtash, Pinchuk, Akhmetov, Grigorishin, Novinsky… La bataille pour s’approprier les biens ukrainiens fait rage sur tous les fronts. A la Verkhovnaya Rada [parlement ukrainien, NdT], à la cour de justice de Londres, dans les tribunaux ukrainiens, sur le territoire de l’Ukraine au moyen des bataillons territoriaux et des organisations radicales.

Igor Kolomoisky, Vadim Novinsky et Konstantin Grigorishin ont subi les premières pertes:

– Le bureau du procureur général a recherché et saisi environ huit millions de dollars dans les bureaux de Smart-Holding de Novinsky, au prétexte qu’ils étaient destinés à financer les séparatistes. Une saisie de l’usine métallurgique Ingulets GOK de Novinsky à Makeevka est en préparation.

– Konstantin Grigorishin est en train d’être dépossédé de Turboatom, ainsi que de Frunze NPO et d’Oblenergo (Énergie régionale).

– Les prochains biens en ligne de mire sont ceux de la famille de M. Ianoukovitch.

– La guerre avec Sergey Kurchenko est depuis longtemps sortie du cadre légal pour devenir une guerre où tous les coups sont permis, les oligarques pulvérisent les actifs l’un de l’autre à Odessa.

– Une usine de titane et l’usine Rovnoazot sont sur le point d’être arrachées à Dmitry Firtash; la base idéologique se prépare à saisir la chaîne de télévision Inter, détenue par Firtash.

– Venons-en à Victor Pinchuk. En raison du fait que Kolomoisky est en train de perdre son procès à Londres contre Victor Pinchuk, une pression sans précédent est exercée sur le beau-père de Pinchuk, Koutchma: on l’accuse de corruption, on ressuscite l’affaire Gongadze, et il ne fait aucun doute que, si cela ne fonctionne pas, on trouvera autre chose.

Apparemment, le temps est venu, et le 14 mars, Igor Kolomoisky a décidé de tripler le nombre des soldats de son bataillon. Pour cela, il a ordonné d’intensifier le recrutement, et a alloué des fonds pour l’achat d’armes. Apparemment, la bataille décisive des oligarques est imminente, mais il est peu probable qu’il y ait un gagnant. Le perdant par contre ne fait pas de doute: c’est le peuple ukrainien.

Les requins sont guidés par leur instincts, ils ne pensent pas que le coup d’État qu’ils ont organisé et la guerre qui s’en est suivie sont en train de détruire les institutions de l’État et l’État lui-même. Ils n’ont pas pensé qu’en soutenant Maïdan, ils avaient déjà sérieusement réduit la valeur de leurs entreprises et qu’elle va continuer à baisser. Dans un pays livré au chaos, les affaires et les biens se déprécient rapidement. Il est bien sûr plus facile de piller les biens dans un pays après l’avoir réduit au chaos. Il y a un an, l’État n’aurait pas autorisé le millième des méthodes employées aujourd’hui pour faire changer les biens de mains. Maintenant, on peut faire ce qu’on veut. Il y a encore beaucoup d’actifs à saisir. Ils ne se demandent même pas à quoi vont leur servir tous ces biens dans un pays où la vie humaine ne vaut plus rien. Car bientôt, être riche ou avoir tout simplement un peu plus qu’un autre, va vous mettre en danger de mort. A n’importe quel moment, des gens armés peuvent venir vous tuer, vous et votre famille, pour vous prendre ce que vous avez. Est-ce qu’ils croient qu’ils vont pouvoir vivre à l’étranger, en faisant fructifier les biens qu’ils détiennent en Ukraine? Mais à quoi vont leur servir ces entreprises et ces usines, si elles ferment? Pourquoi se battre pour des biens qui n’auront bientôt plus de valeur? Voilà les questions que ceux qui ne sont pas sous l’empire de leurs pulsions et qui réfléchissent encore se posent sans doute, pendant que ceux que leurs pulsions dominent continuent à piller, à razzier, à accaparer, accaparer, accaparer…

Ils n’ont pas conscience que, pour amasser ce butin, ils ont commis tant de crimes et versé tant de sang qu’ils finiront forcément mal. L’ombre d’une mort violente plane sur eux. Mais ce sera pour plus tard; pour le moment, le requin tourne autour du bateau dans une danse mortelle, en avalant ses propres entrailles avec sa nourriture.

Commentaire de Kristina Rus – Traductrice du russe à l’anglais

Ce qui se passe en Ukraine depuis vingt-trois ans est tout simplement une anomalie historique. Je fais référence aux conditions historiques actuelles où le nouveau système ne s’est intéressé qu’aux ressources laissées par l’ancien système grâce, en grande partie, au généreux soutien du grand frère de l’Est. Les oligarques ukrainiens, ivres d’être désormais indépendants de Moscou, ont établi de nouvelles règles. Voilà leur première règle : c’est le plus fort qui gagne, et cela a conduit le pays à la catastrophe.

Il faudra que le pays touche le fond avant de remonter la pente. Mais on n’a pas encore touché le fond.

Article original en russe.

Traduit de l’anglais par Dominique Muselet, relu par jj pour le Saker Francophone

 

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Ukraine:
Chronique de la justice ordinaire

Par le Saker Francophone – Le 17 mars 2015 –- Source

PROCÈS politiques contre les Communistes

Le procès de A. A. MAYEVSKY prévu pour le 13 février a été reporté.

Il aura lieu demain 18 mars 2015.

Le procès convoqué pour le 13 février à Oujgorod du rédacteur en chef du journal Ouvriers et paysans –Vérité (Pravda), secrétaire du Comité central de l’AUCPB du Comité central pour l’Ukraine, la Moldavie et la Transnistrie, A.A. Mayevsky, n’a pas eu lieu en raison de l’absence de l’accusé au procès. Le juge n’a pas été influencé par le fait que Mayevsky a déjà passé plus de 70 jours en cellule dans la prison de Transcarpathie (UIN No 9 institutions pénales) à Oujgorod.

Mayevsky n’avait pas été transféré de la prison au tribunal. A.A. Mayevsky, considéré par les autorités ukrainiennes comme un criminel particulièrement dangereux, avait annoncé une grève de la faim qui dure depuis plusieurs jours. La raison de cette grève de la faim: l’interdiction de recevoir des journaux, d’écrire des lettres, et de pratiquer sa profession intellectuelle d’écrivain.

La Cour s’est réunie dans les conditions du huis-clos – aucune information sur cette réunion n’était accessible, la présence des journalistes était interdite dans la salle d’audience, tout comme celle des camarades de l’accusé, venus ce jour-là de différentes régions de l’Ukraine. Le juge et le procureur ont refusé d’annoncer leurs noms. Ceux-ci ont été communiqués par le greffier de la cour.

La date du procès en première instance pour les crimes de A.A. Mayevsky a été déplacée au 27 février. L’audience sur l’affaire de l’interdiction de la publication du journal Ouvriers et paysans Vérité est prévue pour le 4 mars.

Information du Comité Central de l’AUCPB

Traduit par Diane, relu par jj pour le Saker Francophone

 

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