L’arrêt des sanctions anti-syriennes serait bon mais pour de mauvaises raisons


Par Andrew Korybko – Le 1er septembre 2017 – Source Oriental Review

Syrian citizens hold portraits of President Bashar al-Assad as they protest against sanctions outside the EU offices in Damascus, Sept 2011.

Les citoyens syriens tiennent des portraits du président Bashar al-Assad alors qu’ils protestent contre les sanctions à l’extérieur des bureaux de l’UE à Damas, en septembre 2011

Personne ne dit que cela ne devrait pas se produire, mais tout simplement, si jamais cela se faisait, ne vous attendez pas à ce que ce soit fait avec des intentions pures.

Il y a eu récemment des spéculations selon lesquelles l’UE pourrait supprimer certaines des sanctions anti-syriennes promulguées au cours des six dernières années, ce qui constituerait une bonne initiative pour les millions de personnes qui souffrent du manque de médicaments et d’autres nécessités humanitaires. L’aide russe, iranienne et autre a été essentielle pour maintenir la population en vie pendant ce temps, tout comme les efforts héroïques de Damas pour faire de son mieux pour subvenir aux besoins de sa population dans des circonstances aussi difficiles.
Continuer la lecture

Il semble qu’une solution militaire en Syrie était possible, après tout…


Par Colonel Pat Lang – Le 2 septembre 2017 – Source Sic Semper Tyrannis

Asadmoney

Selon LA Times

« Le gouvernement de Bashar Assad a gagné la guerre militairement », a déclaré Robert Ford, un ancien ambassadeur des États-Unis à Damas qui a été témoin de l’insurrection dès les premiers jours. « Et je ne vois aucune perspective pour que l’opposition syrienne puisse l’obliger à faire des concessions dramatiques dans une négociation de paix. »

Le gouvernement n’a pas encore pleinement sécurisé les zones autour de la capitale et les combats se poursuivent dans diverses poches de l’Est syrien ainsi que dans la province nord-ouest d’Idlib. Pourtant, les plus fiers adversaires internationaux d’Assad voient la continuation de son règne comme un fait accompli et ont exhorté les rebelles qui s’opposent à lui de faire de même.

« Les nations qui nous ont le plus soutenu (…) changent toutes leur attitude », a déclaré Osama Abu Zaid, un porte-parole de l’opposition contacté par téléphone. « Nous sommes pressés de tous les côtés d’adopter une vision plus réaliste, et d’accepter que Assad reste en place. »

La clé de la survie du leader syrien a été ses alliés sur le champ de bataille Moscou et Téhéran. Les deux se sont focalisés sur son maintien au pouvoir.

La Russie a envoyé des avions de guerre et des unités d’élite Spetsnaz en 2015 pour arrêter l’avance de l’opposition, juste au moment où une coalition de rebelles islamistes extrémistes était sur le point d’investir des bastions gouvernementaux clés. L’Iran a déversé du matériel ainsi que de la main-d’œuvre, y compris des supplétifs venant d’aussi loin que l’Afghanistan, pour renforcer les troupes épuisées d’Assad.

Oui, mon titre est sarcastique et vise tous ceux qui gémissent en proclamant depuis des années que « la guerre ne résout rien » et que « aucune solution militaire n’est possible ».

La guerre ne règle rien ? Ceux qui pensent cela auraient dû apprendre un peu plus d’histoire avant de régurgiter des bêtises. Les Japonais et les Allemands auraient pu leur donner des instructions à ce sujet, tout comme l’existence même des États-Unis qui est née par la guerre. Il est particulièrement succulent d’entendre Robert Ford − un ancien ambassadeur des États-Unis sous Obama qui, à mon avis, a fait beaucoup pour laisser faire les troubles qui ont mené à cette horrible guerre − dire cela.

Il y a eu un moment, juste avant l’intervention russe, où il semblait probable que les djihadistes de Al Qaida et d’État islamique, ainsi que leurs alliés laïques parviendraient à conduire le gouvernement syrien multi-confessionnel vers une reddition négociée. Cette sinistre possibilité s’est terminée par une intervention efficace incroyable de la Russie, de l’Iran et du Hezbollah.

Assad profitera-t-il de l’opportunité de créer une meilleure Syrie, à la fois reconstruite et bien gouvernée ? On peut l’espérer.

Patrick Lang

Traduit par jj, relu par Cat pour le Saker Francophone

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

   Envoyer l'article en PDF   

Bachar al-Assad : le terrorisme en Europe est la conséquence de politiques irresponsables


Par Sayed – Le 22 août 2017 – Source sayed7asan

Discours du Président de la République arabe syrienne Bachar al-Assad le 20 août 2017, devant les membres du corps diplomatique syrien

Traduit et sous-titré par Sayed

https://www.youtube.com/watch?v=gOSzqM9YAzo

Transcription

[…] Les résultats de cette résistance (de la Syrie) et du prix que nous avons payé (pour cela), ce sont (également) les revirements qui se sont produits dernièrement dans les déclarations occidentales et qui ne se sont pas produits parce que leur conscience humaine s’est réveillée ou a recouvré sa santé, et qu’ils ont (enfin) ressenti que la Syrie était opprimée ou quoi que ce soit de ce genre. L’Occident a fait ce revirement à cause de la résistance du peuple, de l’État et des forces armées (de la Syrie). Et bien sûr à cause du soutien de nos alliés. L’Occident n’a pas fait ce revirement parce qu’il est doté d’éthique ou de morale, parce que nous n’avons jamais rien vu de tel, même avant la guerre. Mais c’est la réalité du terrain en Syrie, et la réalité du terrain dans leurs propres pays qui leur a imposé ce revirement.

Et aujourd’hui, il ne se passe pas une semaine ou un mois sans que se produise un événement (attentat terroriste) qui est la conséquence directe de leur stupidité dans leurs prises de décision et leur soutien au terrorisme dans cette région. Ce sont ces réalités qui leur ont imposé de changer leurs positions, fût-ce de manière partielle et timide, sans conviction, mais ces revirements se sont imposés à eux.

Ce changement de positions ne signifie pas un changement des politiques. L’Occident, comme le serpent, change de peau en fonction de la situation. Au début, ils parlaient de soutien au mouvement populaire, ce mouvement populaire qui n’a jamais dépassé, dans le meilleur des cas, 200 000 personnes payées par l’Occident et le Golfe dans toute la Syrie − un pays de 24 millions d’habitants. Et après s’être efforcés de leur mieux, les armes étant présentes sur la scène mais de manière cachée, à perpétrer des massacres et fomenter la sédition, ils n’ont pas réussi, et sont donc passés au soutien ouvert aux groupes armés mais ils leur ont donné le nom d’« opposition » en guise de couverture, c’est-à-dire qu’ils les ont présentés comme (des factions) politiques, avec une dénomination politique, et ils les ont présentés comme « modérés », c’est-à-dire comme non extrémistes. Ou ils ont utilisé la dénomination politique d’« opposition », pour laisser croire que ce ne sont pas des terroristes.

Lorsque ce projet a échoué et qu’ils ont été exposés pour ce qu’ils sont (des terroristes) aux yeux de l’opinion publique mondiale, et de l’opinion publique régionale et locale dans leurs propres pays, ils sont passés à une autre version, le prétexte humanitaire. Nous sommes actuellement à cette étape. Pour résumer, elle consiste à garder le silence absolu tant que les terroristes avancent ou que ce soit et perpètrent des massacres et des meurtres contre les civils, mais lorsque c’est l’Armée (syrienne) qui fait des avancées aux dépens des terroristes, alors soudain on commence à entendre des cris, des lamentations et de l’intercession afin de nous stopper, au prétexte de slogans humanitaires, d’arrêter l’épanchement de sang, de convoyer de l’aide humanitaire, et d’autres prétextes que nous Syriens connaissons bien. Et leur véritable objectif est de donner l’opportunité aux groupes armés de reformer leurs rangs, de se remotiver, de faire venir du matériel et d’envoyer des renforts pour les aider afin qu’ils puissent poursuivre leurs actes terroristes.

En vérité, toutes les diverses tactiques qu’ils ont employées durant ces étapes n’a jamais pu nous duper, en aucun cas. Dès le premier jour, nous avons reconnu le terrorisme, et dès le premier jour, nous l’avons frappé, durant la première étape, la seconde et la troisième, et nous continuerons à le faire, tant qu’il restera le moindre terroriste où que ce soit en Syrie.

Quant à la guerre médiatique et psychologique qu’ils ont menée durant toutes ces dernières années, elle n’est jamais parvenue, pas à un seul instant, à nous influencer de manière à nous détourner de cet objectif, à savoir combattre le terrorisme ou à nous pousser en direction de la peur ou de l’hésitation. […]

   Envoyer l'article en PDF   

A propos de la junte, de l’inutile corridor terrestre et d’une manœuvre russe de routine


Moon of Alabama

.

Par Moon of Alabama – Le 24 août 2017

Selon une théorie politique des années 1950, La structure du pouvoir dans la société américaine repose principalement sur trois groupes d’élites : les hauts-gradés de l’armée, les dirigeants de grandes sociétés et les dirigeants politiques (par « direction politique » j’entends en fait la bureaucratie, la CIA et leurs forces par procuration du Congrès).

Continuer la lecture

1973-2017 : l’effondrement idéologique de la “gauche” française


Par Bruno Guigue – Le 20 août 2017

En 1973, le coup d’État du général Pinochet contre le gouvernement d’Unité populaire au Chili provoqua une vague d’indignation sans précédent dans les milieux progressistes du monde entier. La gauche européenne en fit le symbole du cynisme des classes dominantes qui appuyèrent ce “pronunciamiento”. Elle accusa Washington, complice du futur dictateur, d’avoir tué la démocratie en armant le bras meurtrier des militaires putschistes. En 2017, au contraire, les tentatives de déstabilisation du pouvoir légitime au Venezuela ne recueillent au mieux qu’un silence gêné, un sermon moralisateur, quand ce n’est pas une diatribe antichaviste de la part des milieux de gauche, qu’il s’agisse des responsables politiques, des intellectuels qui ont pignon sur rue ou des organes de presse à gros tirage.

La fin des « guerres à bon marché » pour les États-Unis


Saker US

.

Par le Saker – Le 4 août 2017 – Source The Saker

Le coup d’État néocon contre Trump maintenant réalisé (du moins dans son objectif principal, la neutralisation de Trump, l’objectif subsidiaire, mettre Trump en accusation et le chasser de sa fonction se maintient pour l’avenir), le monde doit faire face, de nouveau, à une situation très dangereuse : l’Empire anglo-sioniste est en déclin accéléré, mais les néocons sont de retour au pouvoir et ils feront tout et n’importe quoi en leur pouvoir pour stopper et inverser cette tendance. Il n’est aussi que trop évident, à partir de leur rhétorique ainsi que de leurs actions passées, que l’unique « solution » qu’envisagent les néocons est de provoquer une guerre quelconque. Par conséquent, la question urgente actuelle devient celle-ci : « Qui l’Empire va-t-il frapper ensuite ? » Sera-ce la RPDC ou la Syrie ? L’Iran ou le Venezuela ? En Ukraine, peut-être ? Ou les néocons cherchent-ils la guerre avec la Russie ou la Chine ? Continuer la lecture

L’armée syrienne affrontait l’EI longtemps avant que les Américains ne tirent leur premier missile


Les survivants de cette armée et leurs familles vont vouloir que leur sacrifice soit reconnu et même récompensé


 

Un an jour pour jour avant sa mort, le général Fouad Khadour est assis dans son quartier général à l’ouest de Palmyre, Photo Nelofer Pazira

Par Robert Fisk – Le 27 juillet 2017 – Source The Independent

Je n’aime pas les armées. Ce sont des institutions dangereuses. Les soldats ne sont pas des héros juste parce qu’ils se battent. Et je suis fatigué de répéter que ceux qui vivent par l’épée pourraient bien aussi mourir par l’épée. Mais si on compare les  40 000 civils tués à Mossoul par les Américains, les Irakiens et l’EI au cours des douze derniers mois, aux 50 000 civils abattus par les Mongols au XIIIe siècle à Alep – et que l’on se rend compte que l’influence des droits humains sur les aviateurs américains, la brutalité irakienne, et le sadisme de l’EI, n’a permis d’obtenir qu’une diminution de 10 000 morts  par rapport aux hordes mongoles – la mort semble parfois avoir perdu son sens.

Continuer la lecture

Petraeus, Obama et Brennan devraient être condamnés à 5 000 années de prison


Moon of Alabama

Moon of Alabama

Par Moon of Alabama, le 3 août 2017

Rasheed Al Jijakli, [le PDG d’une entreprise d’encaissement de chèques qui vit à Walnut], ainsi que trois complices, auraient acheminé des lunettes de vision nocturne et diurne, des collimateurs de réglage pour carabines Laser Bore Sighter qui permettent d’aligner instantanément le viseur ou la lunette de visée de façon précise, des torches électrique, des radios, un gilet pare-balles et d’autres équipements tactiques, vers les combattants syriens.
(…)
Si Jijakli est reconnu coupable, il pourrait encourir une peine de 50 ans de prison. Les procureurs en charge de l’affaire Jijakli appartiennent à la Section juridique du contre-espionnage et du terrorisme et des délits liés à l’exportation. Une enquête du FBI, en coordination avec d’autres organismes, est en cours.
 
***
Le directeur de la CIA, Mike Pompeo, a recommandé au président Trump de mettre fin à une opération de quatre ans pour armer et former les rebelles syriens.
(…)
Des membres du Congrès critiquent ce programme depuis des années à cause de son coût […] et des rapports selon lesquels des armes fournies par la CIA finissent entre les mains d’un groupe rebelle lié à al-Qaïda(…)
À l’été 2012, David H. Petraeus, qui était alors directeur de la CIA, a proposé ce programme secret d’armement et de formation des rebelles.
(…)
[M. Obama a signé] un décret présidentiel autorisant la CIA à livrer clandestinement des armes et à former de petits groupes de rebelles
(–)
John O. Brennan, le dernier directeur de la CIA de M. Obama, est resté un vigoureux défenseur du programme (…)
 
Quand le FBI va-t-il enquêter sur MM. Petraeus, Obama et Brennan ? Où sont les procureurs de la section du contre-espionnage, du terrorisme et des crimes liés à l’exportation qui les poursuivent ? Ces trois hommes se sont livrés au même commerce que M. Jijakil, mais dans de bien plus grandes proportions. Ils devraient aussi être punis dans de bien plus grandes proportions.
Note

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

  1. L’article de NYT est largement du blanchiment. Il affirme que ce sont les rebelles « modérés » de l’Armée syrienne libre, payés par la CIA, qui ont lancé l’offensive dans le gouvernorat d’Idleb en  2015. En fait, ce sont al-Qaïda et Ahrar al-Sham qui menaient l’assaut. L’article dit que le programme de la CIA a coûté « plus d’un milliard de dollars en tout et pour tout » alors que les documents de la CIA montrent que ce chiffre était supérieur à un milliard de dollars par an et qu’il s’est probablement élevé à plus de 5 milliards de dollars au total. L’article dit que le programme a commencé en 2013 alors que la CIA fournit des armes aux rebelles Wahhabites au moins depuis l’automne 2011
   Envoyer l'article en PDF   

Trump et Poutine – nouveaux partenaires de la détente, au moment où les attaques du « Russiagate » s’intensifient.


Par Stephen F. Cohen – Le 12 juillet 2017 – The Nation

Cohen invoque la nécessité d’une nouvelle détente avec la Russie, pour laisser la coopération prendre la place de la confrontation. En cause, des dangers sans précédent dans l’histoire de la nouvelle Guerre froide, avec des conflits qui vont de l’Ukraine à la Baltique et jusqu’en Syrie, ainsi qu’une menace réelle d’affrontement militaire direct entre les deux superpuissances nucléaires. Le « sommet » de Hambourg du 7 juillet entre le Président Trump et le président russe Poutine – comme il était  coutume d’appeler ce type de rencontre au XXe siècle – est par conséquent à saluer comme une bonne nouvelle. En effet, les deux chefs d’État sont devenus des partenaires de la détente, ou tout au moins aspirent à le devenir. La mauvaise nouvelle est que cette rencontre, et avec elle toute forme de détente, provoquent des attaques sans précédent d’un très grande partie de l’establishment politique et des médias américains.

Continuer la lecture

Syrie – L’accord Trump-Poutine tiendra-t-il ?


Moon of Alabama

Moon of Alabama

Par Moon of Alabama – Le 13 juillet 2017

Le conflit entre les États-Unis et la Russie sur la Syrie semble s’être résorbé depuis la récente rencontre de Poutine et Trump à l’occasion du G-20. Il y a eu une sorte d’accord, mais on ne connait ni sa portée ni sa puissance contraignante. L’objectif commun est, comme d’habitude, la défaite d’ISIS.

Fabrice Balanche / WINEPPour agrandir

Continuer la lecture