Grand Jeu en Terre Sainte
Israël: non au gaz des Gazaouis

Par Michael Schwartz – Le 26 février 2015 – Source TomDispatch

Comment le gaz naturel de Gaza est devenu l’épicentre d’une lutte internationale pour le pouvoir

Devinez quoi? Presque toutes les guerres actuelles, les soulèvements et autres conflits au Moyen-Orient sont reliés par un seul fil, qui est aussi une menace: ces conflits s’inscrivent dans la concurrence toujours plus frénétique pour trouver, extraire et vendre des combustibles fossiles dont la consommation future garantit de conduire à une série de crises environnementales cataclysmiques.

Parmi les nombreux conflits autour des combustibles fossiles dans la région, l’un d’eux, enveloppé de menaces grandes et petites, a été largement négligé, et Israël en est l’épicentre. Ses origines remontent au début des années 1990, lorsque les dirigeants israéliens et palestiniens ont commencé à se disputer à propos de rumeurs faisant état de gisements de gaz naturel en Méditerranée, au large des côtes de Gaza. Au cours des décennies qui ont suivi, il s’est développé en un conflit sur plusieurs fronts qui a impliqué plusieurs armées et trois navires de guerre. Dans le processus, il a déjà infligé une misère effrayante à des dizaines de milliers de Palestiniens, et il menace d’ajouter plusieurs couches de misères aux gens qui vivent en Syrie, au Liban et à Chypre. Il pourrait même, éventuellement, plonger des Israéliens dans la misère.

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Revanchisme et russophobie: les racines profondes et sombres de la guerre en Ukraine

Par le Saker Original – Le 4 mars 2015 – Source thesaker.is

La situation en Ukraine est plus ou moins calme en ce moment, et il est peut-être temps de prendre du recul par rapport aux événements quotidiens en en dévoilant les courants sous-jacents plus profonds. Je veux aujourd’hui soulever une question à laquelle j’admets volontiers ne pas avoir de réponse. Ce que je veux demander est ceci: se pourrait-il que l’un des facteurs clés motivant la volonté apparemment illogique et autodestructrice de l’Occident d’affronter constamment la Russie soit tout simplement du revanchisme à cause de la Deuxième Guerre mondiale?

Bien sûr, nous parlons de perceptions donc il est difficile d’établir quelque chose de certain, mais je me demande si la victoire de Staline contre Hitler a été vraiment ressentie comme telle par les élites occidentales, ou si elle a été perçue comme une victoire contre quelqu’un que FDR (Franklin Delano Roosevelt) aurait également pu appeler notre fils de pute. Après tout, il y a beaucoup de preuves que les États-Unis et le Royaume-Uni ont été des partisans zélés de la montée de Hitler au pouvoir (lire Starikov à ce sujet) et que la plupart des Européens (continentaux) étaient plutôt favorables à Herr Hitler. Ensuite, bien sûr et comme il arrive souvent, Hitler s’est retourné contre ses maîtres, ou du moins ses partisans, et ils ont dû se battre contre lui. Mais ceci n’a strictement rien de nouveau. C’est aussi ce qui s’est passé avec Saddam, Noriega, Kadhafi, al-Qaida et tant d’autres mauvais garçons qui ont commencé leur carrière en tant que bons gars pour les anglo-sionistes. Est-il réellement déraisonnable de se demander si les élites occidentales ont été vraiment heureuses quand l’URSS a battu l’Allemagne nazie, ou si elles ont plutôt été horrifiées par ce que Staline avait fait à ce qui était à l’époque la plus puissante armée de l’Ouest – celle de l’Allemagne?

Il y a quelques jours j’ai vu cette image sur le blog du colonel Cassad:

Staline et son état-major

En regardant cette photo j’ai pensé que, pour les élites occidentales, la vue de ces hommes a dû être assez effrayante, surtout si on pense qu’ils devaient savoir que tout leur effort de guerre était, tout au plus, 20% de ce qu’il fallait pour vaincre l’Allemagne nazie et que ceux qui avaient assumé 80% et plus partageaient une idéologie diamétralement opposée au capitalisme.

Y a t-il des preuves de cette crainte?

Je pense qu’il y en a et je les ai déjà mentionnées dans le passé:

Plan Totalité (1945) désignait 20 villes soviétiques destinées à la destruction totale lors d’une première frappe: Moscou, Gorki, Kuybyshev, Sverdlovsk, Novosibirsk, Omsk, Saratov, Kazan, Leningrad, Bakou, Tachkent, Chelyabinsk, Nizhny Tagil, Magnitogorsk, Molotov, Tbilissi, Stalinsk, Grozny, Irkoutsk, et Yaroslavl.

Opération Impensable (1945) supposait une attaque surprise impliquant jusqu’à 47 divisions britanniques et américaines dans la région de Dresde, au milieu des lignes soviétiques. Cela représentait presque la moitié des quelque 100 divisions (environ 2,5 millions d’hommes) disponibles pour les quartiers généraux britannique, américain et canadien à ce moment là. (…) La plus grande partie de l’opération offensive aurait été menée par les forces américaines et britanniques, ainsi que par les forces polonaises, et jusqu’à 100 000 soldats de la Wehrmacht allemande.

Opération Dropshot (1949) incluait des profils de mission qui auraient utilisé 300 bombes nucléaires et 29 000 bombes hautement explosives sur 200 cibles dans 100 villes et villages pour anéantir d’un seul coup 85% du potentiel industriel de l’Union soviétique. Entre 75 et 100 des 300 armes nucléaires devaient détruire les avions de combat soviétiques au sol.

Mais la plus grande preuve est, je pense, le fait qu’aucun de ces plans ne fut exécuté, bien qu’à ce moment-là l’anglosphère ait été bien abritée par son monopole sur les armes nucléaires (et Hiroshima et Nagasaki n’ont ils pas été détruits en partie pour effrayer les Russes?).

Et n’est-il pas vrai que les anglos se sont réellement engagés dans des négociations secrètes avec les envoyés d’Hitler à plusieurs reprises? (La notion d’unir leurs forces contre la menace soviétique était en fait envisagée à la fois par les officiels nazis et anglos, mais ils n’ont pas trouvé la façon procéder.)

Se pourrait-il que Hitler ait vraiment été leur fils de pute?

Plus de preuves? Allons-y.

Hitler n’était certainement pas un chrétien. S’ils étaient quelque chose, lui et Himmler étaient des païens avec un fort penchant satanique dans leur sombre culte d’adoration des ancêtres (Ahnenerbe). Mais qu’en est-il des alliés de Hitler tels que Pétain, Franco, Pavelic – n’étaient-ils pas des défenseurs de ce qu’ils appelaient l’Occident chrétien? N’est-il pas vrai que 70 ans après la chute du Troisième Reich ceux qui admirent Pétain, Franco et Pavelic parlent encore du besoin de défendre l’Occident chrétien, mais cette fois contre la menace islamique?

En outre, si le régime nazi représentait une menace existentielle pour la communauté juive européenne, une enquête rapide ou des articles écrits par des auteurs juifs dans la presse américaine et britannique au cours de la majeure partie du XXe siècle montre clairement que la plupart des juifs avaient peu ou pas de sympathie non seulement pour la Russie prérévolutionnaire, mais aussi pour l’URSS post-Trotsky. Et, même si l’URSS a pleinement appuyé la création de l’État d’Israël, beaucoup sinon la plupart des juifs américains et européens ont estimé que l’Union soviétique était aussi une menace pour leurs intérêts.

Je crois que la russophobie enragée de l’Empire anglo-sioniste (phobie à la fois dans le sens d’obsession haineuse et de peur) ne peut pas s’expliquer uniquement par des raisons pragmatiques de compétition entre grandes puissances ou une lutte de systèmes politiques. La propagande constante sur la menace russe n’est pas seulement un outil politique pour niveler par le bas les Occidentaux en les maintenant dans un état de peur constante (de la Russie ou de l’islam), c’est aussi l’expression d’une peur profonde vraiment ressentie par la ploutocratie des 1% qui règne sur le monde occidental.

La Russie veut la guerre

Enfin, la peur de la Russie est aussi la peur qu’inspirent les dirigeants russes. Quand ils sont comme Eltsine (un imbécile ivrogne) ou son ministre des Affaires étrangères Kozyrev (le dernier des béni oui-oui), les politiciens occidentaux se sentent supérieurs, à juste titre. Mais souvenez-vous que même des personnalités médiocres comme Khrouchtchev ou Brejnev leur faisaient vraiment peur. Donc il n’est pas étonnant que des dirigeants forts et intelligents (comme Staline ou Poutine) les terrifient totalement, ils ne se sentent pas à la hauteur. La manière infantile dont Obama a tenté de montrer qu’il était plus intelligent et plus fort que Poutine indique clairement qu’il s’est senti réellement inférieur quand ils étaient face à face. Il en va de même, évidemment, pour Kerry et Lavrov.

Tout ce que j’ai écrit là s’applique aussi tout à fait aux dirigeants d’Europe de l’Est, avec même davantage d’intensité. Nous parlons de pays qui parfois ont eu un passé assez glorieux et qui, pendant la Deuxième Guerre mondiale, n’ont pas eu d’autre but que de jouer les potiches dans la pièce où les deux Grands Acteurs s’affrontaient. Pire, ils ont plus ou moins gardé le même rôle passif pendant la guerre froide et maintenant ils peinent à devenir plus présents. D’une part, je dirais que c’est de leur propre faute: au lieu de faire enfin usage de leur liberté retrouvée pour développer une forme d’identité politique significative, tout ce qu’ils ont fait a été de s’engager dans un concours de flagornerie pour déterminer qui deviendrait l’animal de compagnie favori de l’Oncle Sam (la Hongrie sous Orban étant l’unique exception à cette triste règle).

Il n’est donc pas étonnant que lorsque les Américains ont renversé Ianoukovitch, ils aient eu l’impression que maintenant, enfin, leur heure était venue et qu’ils montreraient à ces Russes irrespectueux qui est le patron sur le Vieux continent. Et chaque fois que les Russes avertissaient les Eurocons® à Bruxelles qu’il y avait des problèmes liés à l’Ukraine nécessitant des consultations urgentes, ils s’entendaient répondre ce n’est pas votre affaire, il n’y a rien à discuter. Le problème était, évidemment, que les dirigeants ouest-européens avaient oublié que dans le monde réel, il étaient seulement des administrateurs dans la colonie UE  des États-Unis, et que les dirigeants états-uniens se fichaient éperdument d’eux (comme Mme Nuland l’a exprimé en quelques mots pleins de lyrisme [f*uck UE!, NdT]). Comme il est tout simplement pénible pour les dirigeants est-européens de regarder leur insignifiance en face, je me sens presque peiné pour eux et pour leurs égos piétinés.

Personnellement, je pense que, contrairement au script du scénario officiel, il y a de solides arguments pour penser que la fin de la Deuxième Guerre mondiale a laissé des masses de gens très, très malheureux et que tous ceux qui se sont sentis lésés ou effrayés par la victoire soviétique en 1945 ont joint leurs forces dans une tentative de corriger les erreurs du résultat de cette guerre. A tout le moins, la question de l’importance de la russophobie et du revanchisme doit être posée.

Cela n’a aucun sens d’expliquer le comportement apparemment fou des dirigeants occidentaux pendant toute la crise ukrainienne en disant simplement qu’ils sont stupides, naïfs ou mal informés. Ce qu’ils font peut nous sembler stupide, naïf ou mal informé, mais cela ne signifie pas qu’il n’existe pas des raisons profondes qui sous-tendent les actions de ces élites.

La plupart des gens, à l’Ouest, veulent vivre en paix et ignorent complètement les éléments sous-jacents à la guerre en Ukraine. Ce que je décris ci-dessus ne vaut que pour quelques groupes minoritaires. Le problème est que prises comme un tout, et lorsqu’elles agissent à l’unisson, ces minorités finissent par avoir beaucoup de pouvoir et d’influence. La meilleure manière de les stopper est de les mettre, eux et leurs motifs réels, en pleine lumière.

The Saker

Traduit par Claude et Diane, relu par jj pour le Saker Francophone

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le Président du Directoire de Volkswagen s’attend à une avancée sur la levée des sanctions

Le 3 mars 2015 – Source SputnikNews

Une percée dans la politique de sanctions contre la Russie est à attendre dans un futur proche, a déclaré le Président du directoire de Volkswagen, Martin Winterkorn, mardi sur la chaîne de télévision ZDF.

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le Président du Directoire de VW, Winterkorn : « malgré les sanctions, nous comptons nous développer en Russie »

«Globalement, je pense qu’il y aura bientôt une percée… Nous misons sur le fait que la relation avec la Russie reviendra sous peu à un niveau normal.», répondit Winterkorn à une question sur les conséquences des sanctions anti-russes sur les activités de Volkswagen.

Selon les informations de l’Association des Activités Européennes (AEB), le volume de ventes de VW pour 2014 en Russie a diminué de 18%. En 2015, le volume de vente de nouvelles voitures pourrait encore diminuer de 25 à 50 % en Russie, selon différentes estimations.

Volkswagen n’écarte pas une chute globale de ses ventes dans le monde en 2015, en raison de problèmes économiques en Russie et au Brésil.

Traduit par Toma, relu par jj pour le Saker Francophone

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Le chef du Sénat polonais se voit refuser l’entrée en Russie

Le 2 mars 2015 – source SputnikNews

Le président du Sénat polonais et ancien militant des droits civiques Bogdan Borusewicz n’a pas pu, comme il le souhaitait, participer à l’enterrement du membre de l’opposition russe assassiné, Boris Nemtsov.

«J’ai appris que les autorités russes ne m’autorisaient pas à me rendre à l’enterrement», a déclaré Borusewicz lundi à Varsovie, selon l’Agence de presse allemande.

Il était surpris que la délivrance d’un visa pour entrer en Russie lui ait été refusée.

«Je voulais honorer la mort de Boris Nemtsov et tous les Russes qui pensent comme lui», a déclaré Borusewicz.

L’ancien militant des droits civiques avait, en août 1980, participé à la grève de Gdansk aux chantiers Lénine qui avait alors reçu un écho mondial.

Les funérailles solennelles du politicien Nemtsov auront lieu mardi matin à Moscou, dans le centre Sakharov, où le cercueil contenant le corps de Nemtsov sera exposé afin de lui rendre hommage. L’après-midi, Nemtsov devrait être enterré à Moscou, au cimetière des célébrités, Trojekurowo. Il était âgé de 55 ans.

Traduit par Toma, relu par jj pour le Saker Francophone

Note du traducteur

La Russie avait prévenu qu’elle se réservait le droit d’établir une liste de personnes sanctionnées, mais qu’elle ne la publierait pas, les demandeurs seraient informés de l’interdiction de séjour au moment de leur demande.

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Des militants du bataillon Doudaïev sont soupçonnés de l’assassinat de Nemtsov

Le 2 mars 2015 – Source Fort Russ

Adam Osmaev, commandant tchétchène du bataillon Doudaïev

L’enquête sur l’assassinat de Nemtsov s’oriente vers la possibilité que le crime ait été organisé par le commandant tchétchène du bataillon Djokhar Doudaïev, Adam Osmaev, dont le nom était aussi apparu dans l’affaire de la tentative d’assassinat de Vladimir Poutine.

Les enquêteurs étudient la possibilité que des militants, qui se sont battus contre les Républiques populaires du Donbass (RPD et RPL), aient effectué cette opération pour le compte des services secrets ukrainiens, avec l’idée que le meurtre du leader de l’opposition discréditerait les dirigeants russes et déstabiliserait la situation politique.

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L’Ukraine se prépare à démobiliser

Par Petr Ivanchenko – Le 3 mars 2015 – Source: Fort Russ

La démobilisation sanglante de l’Ukraine

Le ministre ukrainien de la Défense, Stepan Poltorak, a annoncé la démobilisation de toutes les troupes punitives enrôlées depuis un an ou plus. Cette mesure concerne les réservistes rappelés au front comme les conscrits.

«Nous allons achever la formation des nouvelles recrues en mars et avril, pour qu’elles puissent remplacer ceux qui sont au front en ce moment», a déclaré Poltorak

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Khodorkovski:
Il ne faut pas surestimer la dépendance de la Russie au pétrole

Le 27 février 2015 – Source SputnikNews

La Russie ne dépend pas, selon l’ancien magnat russe du pétrole et ex-chef de Yukos, Mikhaïl Khodorkovski, aussi fortement des combustibles fossiles qu’on nous le fait croire: 80% de l’économie russe est produite par ses citoyens. Selon le tycoon, le pays se trouverait face à de grands changements.

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«Les recettes du pétrole et du gaz représentent moins de la moitié du budget de l’Etat russe, a déclaré Khodorkovski jeudi soir au Chatham House, The Royal Institute of International Affairs, à Londres. En regroupant les budgets de l’État au niveau régional et local, le revenu tiré du gaz et du pétrole compte pour un quart des budgets environ.»

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Assassinat de Nemtsov: une attaque propagandiste contre Poutine?

Paul Craig Roberts

Paul Craig Roberts

Par Paul Craig Roberts – Le 27 février 2015 – Source paulcraigroberts.org 

Boris Nemtsov, un dissident politique extrêmement critique à l’égard du président Vladimir Poutine apparaît souvent comme un agent de Washington. Il a été tué aujourd’hui [le 27 février] dans une rue proche de la place Rouge.

Si Nemtsov n’a pas été assassiné par la CIA dans le but d’incriminer Poutine, il est fort probable qu’il ait été tué par des nationalistes russes qui l’on vu comme un agent de Washington.

Il faut se souvenir de l’affaire Magnitsky [un avocat fiscaliste mort en garde à vue en 2009, NdT] qui a débouché sur l’imposition de sanctions aux Russes résultant de la surréaction du Congrès états-unien à ce décès en prison: la mort de Nemtsov pourrait être imputée à Poutine. Les médias occidentaux répéteront à l’infini, sans preuve, que Poutine a tué celui qui le critiquait.

Je peux vous dire une chose, c’est que Poutine est beaucoup trop intelligent pour faire le jeu de Washington de cette manière. En plus, Nemtsov, bien que grande gueule, n’a eu aucun impact sur les 85% d’avis favorables à Poutine. Les soutiens de Nemtsov se trouvaient dans les ONG fondées en Russie par Washington. Si la CIA a assassiné Nemtsov, elle a tué ses propres atouts.

Il reste à voir si les bénéfices de la propagande justifient la perte par la CIA d’un critique de Poutine.

Paul Craig Roberts

Dr. Paul Craig Roberts était secrétaire adjoint au Trésor pour la politique économique et rédacteur en chef adjoint du Wall Street Journal. Il a été chroniqueur pour Business Week, Scripps Howard News Service et Creators Syndicate. Il a occupé de nombreux postes universitaires. Ses chroniques sur internet sont suivies dans le monde entier. Les derniers ouvrages de Roberts sont: The Failure of Laissez Faire CapitalismEconomic Dissolution of the West et How America Was Lost.

Traduit par Diane, relu par jj pour le Saker Francophone

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Que mijotent les BRICS et l’Allemagne?

Pepe Escobar

Pepe Escobar

Par Pepe Escobar – Le 28 février 2015 – Source Russia Today

Winston Churchill a déjà dit que sans guerre, il se sentait bien seul. L’empire perdu lui manquait énormément aussi. Le successeur de Churchill, l’Empire du Chaos, est aujourd’hui aux prises avec le même dilemme. C’est que certaines de ses guerres par procuration, comme en Ukraine, ne se passent pas très bien.

D’autant plus que la chute de l’empire se manifeste de plus en plus par une série de mesures prises par certains joueurs qui vont dans le sens d’un monde multipolaire.

Tout cela met évidemment dans tous leurs états les groupes de réflexion formant le royaume du baratin aux USA, qui y vont de leurs prévisions portant la marque de la CIA à propos de la désintégration prochaine de la Russie et de la montée de la dictature communiste en Chine. Bref, on se berce d’illusions (impérialistes) dans le peu de temps qui reste à la prolongation de l’hégémonie.

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Un assassinat pour notre temps de crise

Par Philippe Grasset – Le 2 mars 2015 – Source Dedefensa

 Il y avait une logique attendue face à cette sorte d’événements, dans tous les cas la raison nous le disait. Mais il faut se méfier de l’emploi exclusif de la raison pour la prévision, parce qu’elle est devenue, plus ou moins développée, la raison-subvertie par le Système ; même chez ceux qui parviennent à lutter contre l’influence du Système et qui le font en toute conscience, leur raison n’en subit pas moins quelques effets (et en général ils le savent et s’en gardent à mesure). C’est pourquoi il faut se garder de sacrifier à la prévision selon le mode classique rationnel (refuge de l’inconnaissance) et, une fois placé devant l’événement, encadrer strictement sa raison de l’expérience et surtout de l’intuition dont on doit espérer qu’elle est haute. Nous faisons ces considérations générales à propos de l’assassinat de l’opposant à Poutine Boris Nemtsov, vendredi soir, en plein cœur de Moscou, à quelques jets de pierre du Kremlin.

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