Grand Jeu en Terre Sainte
Israël: non au gaz des Gazaouis

Par Michael Schwartz – Le 26 février 2015 – Source TomDispatch

Comment le gaz naturel de Gaza est devenu l’épicentre d’une lutte internationale pour le pouvoir

Devinez quoi? Presque toutes les guerres actuelles, les soulèvements et autres conflits au Moyen-Orient sont reliés par un seul fil, qui est aussi une menace: ces conflits s’inscrivent dans la concurrence toujours plus frénétique pour trouver, extraire et vendre des combustibles fossiles dont la consommation future garantit de conduire à une série de crises environnementales cataclysmiques.

Parmi les nombreux conflits autour des combustibles fossiles dans la région, l’un d’eux, enveloppé de menaces grandes et petites, a été largement négligé, et Israël en est l’épicentre. Ses origines remontent au début des années 1990, lorsque les dirigeants israéliens et palestiniens ont commencé à se disputer à propos de rumeurs faisant état de gisements de gaz naturel en Méditerranée, au large des côtes de Gaza. Au cours des décennies qui ont suivi, il s’est développé en un conflit sur plusieurs fronts qui a impliqué plusieurs armées et trois navires de guerre. Dans le processus, il a déjà infligé une misère effrayante à des dizaines de milliers de Palestiniens, et il menace d’ajouter plusieurs couches de misères aux gens qui vivent en Syrie, au Liban et à Chypre. Il pourrait même, éventuellement, plonger des Israéliens dans la misère.

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Israël: non au gaz des Gazaouis

L’économie russe
Un mort encore bien vivant.

Par M K Bhadrakumar – Le 27 février 2015 – Source Bhadrakumar

Une phase d’intense propagande anti-russe par l’Occident, sans précédent dans l’ère de l’après-guerre froide, touche probablement à sa fin. Les propagandistes devaient nous faire croire que l’économie russe est en lambeaux ou en chute libre ou réduite à un déchet en raison des intelligentes sanctions occidentales ourdies par les Etats-Unis, et que tard ou tard Moscou serait contrainte de s’aligner sur le diktat de l’Occident au sujet l’Ukraine.

Mais rien de tel ne s’est produit. Ou plutôt si, la Russie a affirmé encore plus fort sa volonté de sauvegarder ses intérêts légitimes de sécurité. Sur le terrain, la Russie a manœuvré à partir d’une position de force alors que l’opinion occidentale est fracturée, avec une partie importante de son opinion publique qui se soulève, en Europe, contre des politiques de sanctions qui ne mènent nulle part mais font du tort aux intérêts européens. L’Union européenne est appelée à se prononcer dans les prochains mois sur la poursuite des sanctions ou sur une restauration souhaitable des relations commerciales, compte tenu des tendances encourageantes constatées dernièrement grâce à l’accord de Minsk qui, lentement mais sûrement, gagne du terrain dans l’est de l’Ukraine.

Maintenant que la marée de la propagande commence à refluer, l’opinion rationnelle fait surface. Bloomberg a rédigé un article d’opinion intitulé Non, Obama, l’économie de la Russie n’est pas en ruines, avertissant que les rapports prédisant la disparition imminente de l’économie russe pourraient s’avérer prématurés.

Le magazine d’intérêt national en ligne a publié un rapport, dans une veine quelque peu similaire, concernant un colloque intitulé Le Secteur de l’énergie en  Russie et la chute du prix du pétrole, qui s’est tenu mardi à Washington sous les auspices du Centre pour l’intérêt national. Les opinions exprimées étaient que l’impact des sanctions et la baisse des prix du pétrole sur l’économie russe ne doivent pas être exagérés, même si les opinions divergent pour prévoir que les prix du pétrole seront revenus aux alentours de $80 le baril d’ici la fin de l’année. Le rapport est ici.

En effet, l’avenir de la coopération énergétique de la Russie avec l’Europe devient ici le point central du débat. Sans doute, l’Europe cherche-t-elle à diversifier ses sources d’approvisionnement hors de la Russie, à réduire le niveau élevé de dépendance moyenne actuel de 30% pour l’approvisionnement en gaz. Mais une analyse récente du professeur James Henderson, senior fellow à l’Institut d’Oxford pour les études sur l’énergie, arrive à une conclusion surprenante, je vais le citer longuement:

«Alors que l'idée même d'un partenariat énergétique stratégique entre la Russie et l'UE a disparu, en fait, les relations commerciales resteront solides. La Russie ne veut pas devenir dépendante des exportations vers un seul client puissant, comme la Chine, et utiliser ses options européennes comme un élément d'équilibrage de la même manière que les ventes vers l'Asie sont actuellement utilisées pour faire un contrepoids géopolitique et commercial aux dirigeants européens. En outre, les ventes totales en Europe vont probablement rester la plus grande source de revenus pour Gazprom, car même si la Chine devenait le plus gros client unique, et bien que la relation entre la Russie et ses clients à l'Ouest soit susceptible de rester politiquement houleuse dans un avenir prévisible, les avantages mutuels d'une issue commerciale rationnelle dans le secteur de l'énergie empêcheront probablement toute rupture importante dans le commerce du gaz. En outre, si Gazprom poursuit sa stratégie de croissance par des livraisons aux plate-formes de redistribution [hubs, NdT] plutôt que par la livraison au consommateur final, sa position de négociation puissante, en tant que producteur à faible coût, avec de vastes ressources de gaz proches de l'Europe, pourrait finalement aboutir à une part de marché en pleine expansion sur le long terme plutôt que par un déclin qui semble actuellement être le résultat souhaité par l'UE.»

De toute évidence, la Russie continue de poursuivre une politique de l’énergie très ciblée, sans se laisser décourager par les prévisions apocalyptiques de chute libre de l’économie, politique fondée sur une estimation avisée qui est loin d’impliquer une cessation des relations avec l’Europe. Vue sous cette perspective, l’annulation par Moscou du projet de gazoduc South Stream devient un tournant dans sa stratégie d’exportation de gaz à long terme, provoqué par un concours de circonstances (comme la faiblesse de la demande de gaz, la législation anti-monopole de l’UE dans le secteur de l’énergie et le sentiment que Gazprom est moins bien accueilli que par le passé sur le marché européen), tournant qui invite à travailler sur une nouvelle plate-forme, à la frontière entre la Turquie et la Grèce, pour livrer du gaz dans l’Europe du Sud.

En effet, ceux qui se moquaient de la notion dite de Turkish Stream, d’abord vue comme un simple bluff de la Russie, sont de plus en plus nombreux à se taire et à comprendre que le projet est vital pour la Russie et pourrait être aussi réaliste que le projet Blue Stream existant pour la fourniture du gaz russe à la Turquie. Comme je l’ai laissé entendre dans un blog précédent – la Russie s’invite bruyamment dans la tente de l’UE – à propos de la possibilité d’extension des relations énergétiques entre la Russie et Chypre, la Russie se positionne ainsi intelligemment entre la Turquie et la Grèce comme un ami commun et un nouvel axe de l’énergie entre les trois pays pourrait bien se dessiner, ce qui renforcerait le profil de Moscou dans la région méditerranéenne.

Même une analyse récente par la Fondation Jamestown, un vétéran redoutable de la guerre froide, admet à contrecœur qu’«il est également de plus en plus évident que la coopération centrée sur l’énergie entre la Russie et la Turquie se traduira à Ankara par des mouvement politiques de rapprochement avec Moscou… à partir d’un point de vue stratégique encore plus large, la coopération énergétique de la Turquie et de la Russie apparaît comme un sérieux défi à la communauté euro-atlantique et à ses partenaires régionaux proches».

M K Bhadrakumar

Traduit par jj, relu par Diane pour le Saker Francophone

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La «guerre du gaz» entre la Russie et l’Ukraine menace l’approvisionnement des Républiques de Donetsk et de Lougansk

Le 20 février 2015 – Source Fort Russ

Medvedev , Premier Ministre russe

Medvedev: Si l’Ukraine ne paie pas le gaz, nous devrons prendre une décision difficile 

Vladimir Poutine a tenu une réunion d’urgence avec les membres permanents du Conseil de Sécurité de la Russie. Le président a donné à son gouvernement l’ordre d’appliquer strictement les termes du contrat signé avec l’Ukraine sur les livraisons de gaz.

« Je demande au gouvernement de la Fédération de Russie d’observer strictement les obligations contractuelles, et de les remplir à la lettre, » a souligné le président.
Dmitri Medvedev, à son tour, a déclaré que Kiev devrait payer pour toutes les livraisons de gaz à l’Ukraine, y compris les livraisons qui prennent le chemin du Donbass. Si l’Ukraine ne paie pas pour l’intégralité du gaz, la Russie sera obligée de prendre une décision difficile.

« Soit nos partenaires ukrainiens paient tout le gaz que nous livrons, soit nous serons obligés de prendre, à nouveau, une décision difficile« , a déclaré le Premier ministre.

Il y a quelques jours l’Ukraine a arrêté les livraisons de gaz aux républiques de Donetsk et de Lougansk. Cela a provoqué une situation d’urgence. La Russie disposait encore sur son territoire de réserves de gaz payées par l’ukrainien Naftogaz et donc le gouvernement russe a ordonné à Gazprom de rediriger une partie de ce carburant vers la RPD et la RPL.

Commentaire de J. Hawk, traducteur du russe

Après avoir perdu la guerre sur le champ de bataille, la junte la poursuit par d’autres moyens. Ils ont pris plusieurs mesures, dont l’arrêt de l’alimentation en gaz de la RPD et de la RPL, qui semble destiné à couper les deux républiques du reste de l’Ukraine et à forcer la Russie à les intégrer davantage dans ses propres systèmes énergétiques.

La réaction de la Russie est tout à fait appropriée – la Russie va simplement soustraire le gaz qu’elle envoie directement au Donbass du volume que l’Ukraine à déjà payé. Si l’Ukraine ne parvient pas à effectuer un prépaiement total, la Russie cessera de livrer du gaz à l’Ukraine. C’est cela la décision complexe ou compliquée ou difficile (le mot est particulièrement difficile à traduire parce que sa signification dépend du contexte) dont Medvedev a parlé.

Traduit de l’anglais par Dominique, relu par jj pour le Saker Francophone

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Gazprom ferme la porte à l’UE

Hier mercredi, l’UE a négocié avec Gazprom à Moscou.

L’UE se retrouve mal chaussée

Les négociateurs de l’UE avaient trois objectifs:

  1. Mettre la pression sur la Russie pour étendre la tarification spéciale hiver pour les fournitures de gaz à l’Ukraine qui doit prendre fin en Mars.
  2. Forcer la Russie à de nouvelles concessions unilatérales pour permettre tous les achats européens d’énergie au travers d’une nouvelle Union européenne de l’énergie.
  3. Faire pression sur la Russie pour ressusciter le projet de gazoduc South Stream annulé et le construire en conformité avec les règles restrictives du troisième paquet énergie (Third Energy Package). La réponse russe a été une douche froide.Tout d’abord, Gazprom a dit qu’il n’y a pas besoin d’un accord spécial d’été sur les achats de gaz ukrainien, alors qu’un contrat valable existe déjà.

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