La chute de la société méditerranéenne pendant l’âge de bronze


Pourquoi ne comprenons-nous toujours pas l’effondrement des civilisations ?


 

Par Ugo Bardi – Le 7 décembre 2015 – Source cassandralegacy

Eric Cline a écrit un excellent livre sur la fin de l’Âge du Bronze dans la région méditerranéenne, mais, malheureusement, il ne parvient pas à une conclusion définitive sur les raisons de cet effondrement. Cline suggère que «plusieurs facteurs de stress» ont travaillé ensemble pour provoquer la disparition de cette civilisation. Mais c’est pour le moins décevant. C’est comme un mystère avec un assassinat où, à la fin, on nous dit que le tueur de Miss Scarlett aurait pu être le professeur Plum, Mme Peacock, Mme White, le révérend Green ou le colonel Moutarde, mais vraiment, il semble que tous l’aint poignardé simultanément.
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Histoire du wahhabisme : d’où vient État islamique ?


Vous ne pouvez pas comprendre EI sans connaître l’histoire du wahhabisme en Arabie saoudite.

... Et pourquoi serions nous surpris, en connaissant un peu le wahhabisme, que les insurgés modérés soient aussi rares que la mythique licorne ? Comment pouvons-nous envisager qu’un mouvement radical comme le wahhabisme puisse engendrer des modérés ? Ou imaginer qu’une doctrine comme «un dirigeant, une autorité, une mosquée : s’y soumettre ou être tué» puisse amener à la modération et à la tolérance ?
Alastair Crooke

Par Alastair Crooke – Le 27 octobre 2014 – Huffington Post

Ikhwan, la garde d’élite wahhabite en 1911

L’entrée dramatique d’EI sur la scène irakienne en a choqué plus d’un en Occident. Beaucoup sont resté perplexes, et horrifiés, par sa violence et son évident pouvoir d’attraction sur la jeunesse sunnite. D’autres trouvent l’ambivalence saoudienne, face à ce phénomène, à la fois troublante et inexplicable, se demandant : «Les Saoudiens ne comprennent ils pas qu’EI les menace aussi ?»

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L’arme psycho-historique contre la Russie

Extrait du rapport de l'historien A. Foursov au forum international «La russophobie et la guerre d'information contre la Russie»
Une conférence sur la russophobie dans notre situation est en retard au moins d'un quart de siècle. Je dis «notre situation» me référant à ce qui suit. Les trois ou quatre dernières années ont démontré à tout le monde – à tous ceux qui ne sont pas aveugles, qui voient – que l'Occident restera un ennemi de la Russie indépendamment du régime politique que nous aurons ; et voici que les militaires américains disent déjà que les relations entre les États-Unis et la Russie resteront conflictuelles même après le départ de Poutine. Alors que la ministre de la Défense allemande, mère de sept enfants, a déclaré le 22 juin 2015 qu'il fallait traiter la Russie à partir d'une position de force. Apparemment, la date de la déclaration n'a pas été choisie par hasard. Mme la ministre a oublié comment la tentative de son compatriote et fondateur de la première Union européenne [Adolf Hitler, NdT] de commencer le 22 juin 1941 [invasion de la Russie par les nazis, NdT] la conversation avec la Russie à partir d'une position de force s'est terminée. Elle pourrait au moins plaindre ses enfants ; le sort des enfants de Goebbels et le drapeau rouge sur le Reichstag sont-ils déjà oubliés ?

Cette conférence est tardive, mieux vaut tard que jamais, mais la perte de temps ou de rythme, comme diraient les joueurs d'échecs, est évidente. La clarté est toujours nécessaire, en particulier la clarté au regard des adversaires historiques, pour parler franchement, les ennemis. L'affaiblissement et la soumission de la Russie, l'effacement de l'identité russe en tant que nation formant l'État, dans le but de la prise de contrôle de ses ressources et de l'espace russe (l'importance et la valeur de ce dernier augmentent avec la menace de la catastrophe géoclimatique) est un objectif de longue date des groupes dirigeants de l'Occident. Dans sa forme systématique, cet objectif a été formulé dans le dernier tiers du XVIe siècle dans les versions catholique (les Habsbourg) et protestante (Angleterre, John Dee).

Le désir de subjuguer le vaste territoire, détruire l'État le contrôlant, soumettre et briser le peuple constituant l'État était justifié par le caractère prétendument hostile aux Européens de l'État et du peuple russes, par leur agressivité – imaginaire, bien sûr: «Tu es coupable parce que j'ai faim». Un accent particulier était mis sur l'altérité religieuse des Russes, leur orthodoxie. Jusqu'aux années 1820, l'accentuation de l'altérité des Russes par rapport aux Européens de l'Ouest était principalement de nature religieuse, même s'il y avait une composante nationale, ou plus précisément, ethnique. Depuis les années 1820 la situation a changé : à la pointe de la guerre d'information et psychologique (psycho-historique) contre la Russie sont concentrées les composantes ethno-historique, nationale, culturelle et politique, formant la russophobie dans le sens strict. C'est là où la guerre psycho-historique de l'Occident contre la Russie commence sérieusement. C'est un changement qualitatif, mais avant que nous en parlions, il faut déterminer ce que l'on entend par les termes la guerre psycho-historique et la russophobie.

Par Andreï Foursov – Le 25 novembre 2015 – Source traduitdurusse.ru

Andreï Foursov

La guerre psycho-historique est un ensemble d’actions systématiques, ciblées et à long terme, ayant pour but d’établir un contrôle sur la psychosphère de la société, principalement sur la psychosphère de son élite intellectuelle et dirigeante, en allant progressivement au-delà des groupes cibles primaires, d’effacer la psychosphère attaquée et de lui substituer la sienne.

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Ici, les aubes sont calmes
Un film d’actualité sur la seconde Guerre Mondiale


Par Rosa Llorens – Le 14 novembre 2015

Que peut­-on faire quand on est cinq filles jeunes et dynamiques ? Chahuter avec les garçons, aller voir un match de foot, revendiquer contre des parents grincheux son droit à s’éclater par tous les bouts, dans un film franco­-turc, Mustang. S’engager dans l’armée, suivre une formation comme spécialiste de DCA, se battre pour sauver sa patrie de la barbarie nazie, dans le film de Renat Davletiarov, Ici, les aubes sont calmes.

 

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La propagande anti-soviétique de l’État français aux frais de la taxe sur l’audiovisuel


La question préalable des sources de la série Apocalypse Staline sur France 2


Annie Lacroix-Riz

Par Annie Lacroix-Riz – Le 7 mai 2015

Professeur émérite d’histoire contemporaine à Paris VII

L’histoire de la Guerre froide de Göbbels à l’ère américaine

Les trois heures de diffusion de la série « Apocalypse Staline » diffusée le 3 novembre 2015 sur France 2 battent des records de contrevérité historique, rapidement résumés ci-dessous.

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L’esprit de l’empire : l’approche de la stratégie par le romanesque

"...Allons-nous jamais comprendre que nous devons fonder nos décisions sur la réalité ? Peut-être, mais attendons-nous à recevoir encore quelques difficiles leçons du réel avant de l'avoir appris." Ugo Bardi

Par Ugo Bardi– 25 avril 2015 – Source http://cassandralegacy.blogspot.it

Vidéo : George Friedman: pourquoi les USA seront-ils éternellement les ennemis de la Russie

Dans cette vidéo M. George Friedman parle de questions stratégiques en Europe et fait valoir que l’objectif des États-Unis est de contenir la Russie, afin de maintenir leur hégémonie mondiale.

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Suite à une application rigoureuse du droit à la liberté d’expression interprété par les chiens de garde des médias dominants, la vidéo a été censurée après la publication de ce post, comme vous pouvez le remarquer sur la capture d’écran ci-dessus. Cela n’a bien sûr rien à voir avec le sujet de cette dernière.

Cependant par une non moins rigoureuse application du droit à la liberté d’expression vu par la vigilante communauté des internautes, cette vidéo a malgré tout fait le tour du Web et vous pouvez encore la retrouver ici – si vous lisez le russe ou comprenez l’anglais.

A titre de lot de consolation nous vous présentons une nouvelle fois une autre exhibition fameuse du même Friedman, sur le même thème, parue sur le site du Saker Francophone le 17 avril 2015 sous le titre RUSSIE-USA : Le masque tombe, le voile se lève. Continuer la lecture

House of War – Le Pentagone est incontrôlable


Nous avons repris et traduit en français l’entretien avec James Caroll mené par Mark Karlin sur Buzzflash.com Cet entretien est évoqué sur le site dedefensa.org et commenté par Philippe Grasset

"Plus la menace extérieure est grande, plus nous y gagnons à l'intérieur du pays. Et c'est là que réside la tragédie pour notre Nation [les USA] ; nous avons construit toute notre économie, notre culture et nos recherches académiques autour de l'idée que nous étions menacés par l'étranger. Ces menaces étaient d'abord une vue de l'esprit, mais la tragédie réside dans le fait que, par nos actions, nous avons amené ces menaces à se concrétiser...James Caroll

Le 20 juillet 2006 – Source dedefensa

BuzzFlash : Le titre de votre dernier livre est House of War: The Pentagon and the Disastrous Rise of American Power (Le Temple de la Guerre : Le Pentagone et la désastreuse expansion de la puissance US-américaine). Dans notre précédent entretien avec vous, à propos de votre livre Crusade: Chronicles of an Unjust War (Croisade : Chroniques d’une guerre injuste), nous avions touché à un sujet qui nous semble central dans  »House of War », qui est la question de vos connexions personnelles avec le Pentagone.

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Lorsque la conspiration n’est pas une théorie


Exemple d’une opération sous fausse bannière : l’invasion italienne de la Grèce en 1940


 

Par Ugo Bardi – 29 octobre 2015 – Source : cassandralegacy

L’attaque italienne contre la Grèce, qui a débuté en octobre 1940, a été l’une des plus grandes bévues militaires de l’histoire et on peut prétendre qu’elle a fait perdre la Seconde Guerre mondiale aux puissances de l’Axe. Ici, j’explique comment l’attaque a offert l’un des rares cas documentés d’une opération stratégique sous fausse bannière conçue dans le but de créer un prétexte pour une attaque militaire. (Image : fantassin italien de la guerre italo-grecque, de la couverture de Storia della Guerra di Grecia par Mario Cervi)

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Tertullien était un théoricien du complot


La propagande et l’irrationalité à l’époque de l’Empire romain en déclin, aujourd’hui quoi de neuf ?


 

Par Ugo Bardi – Le 26 octobre 2015 – Source http://cassandralegacy.blogspot.fr

Les Romains connaissaient bien l’art sombre que nous appelons la propagande aujourd’hui. A titre d’exemple, cette image d’un fragment de la colonne de Trajan à Rome, montre que les femmes daciennes torturaient les prisonniers romains nus. Cela faisait partie de la diabolisation de l’ennemi pendant la campagne en Dacie du début du IIe siècle après JC. Cependant, avec le lent déclin de l’Empire, sa propagande devenait de plus en plus forte et irréaliste. Des penseurs chrétiens tels que Tertullien ont réagi contre l’absurdité de la propagande officielle en lui opposant des idées qui étaient à l’époque considérées comme encore plus absurdes.
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Un miroir du passé : Les campagnes de Germanicus en Germanie il y a deux mille ans

Par Ugo Bardi – 4 octobre 2015 – Source : cassandralegacy

Note du Saker Francophone 

Ugo Bardi analyse le monde économique du point de vue de l'épuisement graduel des ressources bon marché. Il est aussi très cultivé et nous fait partager aujourd'hui un moment de l'histoire de l'Empire romain pour faire un parallèle avec notre époque. Il va faire parti de la galaxie d'auteurs qui sont mis en avant sur ce blog, avec d'autres textes passionnants, bien que à trop vouloir coller à la mode, certaines de ses approximations risquent de faire bondir les vrais historiens.

Scène de bataille montrant des soldats romains combattant des barbares. Ce relief est beaucoup plus vieux que les histoires abordées dans cet article, mais il donne une idée de la façon dont ces batailles ont été vus à l’époque romaine

Germanicus

Julius Caesar Germanicus, petit-fils de l’empereur Auguste, a été appelé Germanicus non pas parce qu’il aimait les peuples germaniques mais plutôt parce qu’il a été engagé dans une impitoyable campagne de terre brûlée contre eux. Malgré tout, il n’a pas réussi à accomplir grand chose. Cela a servi principalement à montrer que l’Empire romain, en dépit de toutes ses forces, ne pouvait pas conquérir la Germanie.

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